Norme 2 relative aux abris et aux établissements : planification physique Les pratiques locales de planification physique sont utilisées dans la mesure du possible, pour permettre un accès sûr et sécurisant aux abris et aux services et installations essentiels, ainsi que leur utilisation, et pour assurer un degré approprié d'intimité et de séparation entre les abris respectifs des ménages. |
Indicateurs clés (à lire conjointement avec les notes d'orientation)
La planification par zone ou groupée - par famille, par quartier, ou par groupe villageois selon ce qui est approprié - maintient les réseaux sociaux existants, favorise la sécurité et permet à la population affectée de s'autogérer (Cf. note d'orientation 1).
Tous les membres de la population affectée ont accès, en toute sécurité, à de l'eau, à des installations sanitaires, à des soins de santé, à des services d'enlèvement des déchets solides, à des cimetières et à des installations sociales, y compris des écoles, des lieux de culte, des points de rencontre et des zones de loisirs (Cf. notes d'orientation 2-4).
Les camps planifiés ou spontanés temporaires se basent sur une superficie minimale de 45 m2 par personne (Cf. note d'orientation 5).
La topographie de surface est utilisée ou augmentée pour faciliter le drainage de l'eau, et les conditions du sol se prêtent à l'excavation de trous de défécation lorsqu'il s'agit là du principal système d'assainissement (Cf. note d'orientation 6).
Il y a des routes et des chemins pour assurer un accès sûr, sécurisant et par tous les temps aux habitations et installations individuelles (Cf. note d'orientation 7).
Les abris collectifs sont dotés d'ouvertures permettant l'accès et l'évacuation en cas d'urgence, et ces ouvertures sont positionnées de manière à ce que l'accès soit bien surveillé et ne comporte pas de risque pour la sécurité des occupants (Cf. note d'orientation 8).
Les risques liés aux vecteurs sont réduits au minimum (Cf. note d'orientation 9).
Notes d'orientation
1. Planification groupée: pour les établissements collectifs, l'assignation d'espace dans les abris collectifs et de parcelles au sein de camps temporaires planifiés sera orientée par les pratiques sociales existantes et la fourniture et l'entretien des ressources communes, y compris les installations d'approvisionnement en eau et d'assainissement, la cuisine, la distribution d'aliments, etc. L'agencement des parcelles dans les camps temporaires devra préserver l'intimité et la dignité des ménages : les ouvertures des portes devront être décalées et chaque abri devra déboucher sur un espace commun. Des zones sûres et intégrées d'habitation seront également fournies pour les groupes vulnérables et les communautés déplacées qui englobent un nombre significatif d'adultes ou d'enfants non accompagnés. Pour les établissements dispersés, les principes de planification groupée s'appliqueront également, par exemple le retour de groupes de ménages à une zone géographique ou l'identification de familles d'accueil proches les unes des autres.
2. Accès aux services et aux installations: l'accès aux services essentiels, y compris l'approvisionnement en eau, les toilettes, les services de santé et sociaux, sera planifié de façon à développer au maximum l'utilisation des installations existantes ou réparées tout en réduisant au minimum les effets négatifs sur toute communauté voisine ou d'accueil. Des installations ou points d'accès supplémentaires seront fournis selon ce qui sera requis afin de satisfaire les besoins d'hébergement de la population cible, et planifiés de façon à assurer l'accès sans risque de tous les habitants. La structure sociale et les rôles assignés aux femmes et aux hommes de la population affectée et les besoins des groupes vulnérables se refléteront dans la planification et la prestation des services. Des zones de jeu sûres seront mises à la disposition des enfants, et l'accès à l'école et autres services d'éducation sera assuré dans la mesure du possible (Cf. chapitre relatif à l'approvisionnement en eau, l'assainissement et la promotion de l'hygiène, et norme 5 relative aux systèmes et infrastructures de santé, note d'orientation 1).
3. Restes humains: les coutumes sociales concernant le traitement des dépouilles mortelles seront respectées. Lorsque les coutumes varient, des zones séparées seront disponibles pour que chaque groupe social puisse suivre ses propres traditions dans la dignité. Lorsque les installations existantes comme les cimetières ou les crématoriums sont inadéquates, d'autres sites ou installations seront fournis. Les cimetières se situeront à au moins 30 mètres des sources souterraines utilisées pour l'approvisionnement en eau potable, et le fond des tombes se situera à au moins 1,5 m de la nappe phréatique. L'eau de surface des cimetières ne devra pas pénétrer dans les zones habitées. La communauté affectée aura également accès aux matériaux lui permettant de satisfaire les besoins relatifs à des bûchers funéraires culturellement acceptables et à d'autres rites funéraires (Cf. également norme 5 relative aux systèmes et infrastructures de santé, note d'orientation 8).
4. Services administratifs et zones de mise en quarantaine: selon les besoins, il faudra prendre des dispositions pour les bureaux administratifs, l'entreposage et l'hébergement du personnel afin de soutenir les activités de l'intervention suite à la catastrophe, ainsi que pour des zones de mise en quarantaine (Cf. norme 4 relative à la lutte contre les maladies transmissibles).
5. Superficie: la ligne directrice de planification de 45 m2 par personne inclut les parcelles des ménages et la surface nécessaire pour les routes, les chemins, les installations scolaires, les installations sanitaires, les pare-feu, les services administratifs, les installations d'entreposage de l'eau, les zones de distribution, les marchés et les espaces d'entreposage, plus des petits potagers pour chaque ménage. La planification de la superficie devra également prendre en compte l'évolution et la croissance de la population. Si la superficie minimale ne peut pas être fournie, on s'attachera à atténuer les conséquences d'une occupation plus dense (par exemple, séparation entre les ménages pour préserver leur intimité, espace pour les installations requises, etc).
6. Topographie et conditions du sol: pour les camps temporaires planifiés, la déclivité du site ne dépassera pas 6%, sauf si des mesures importantes de contrôle du drainage et de l'érosion sont prises, et il ne sera pas inférieur à 1% pour permettre un drainage adéquat. Il faudra peut-être encore prévoir des canaux de drainage pour réduire au minimum les risques d'inondations ou de formation de flaques ou mares. Le point le plus bas du site ne se situera pas à moins de 3 mètres au dessus du niveau estimé de la nappe phréatique durant la saison des pluies. Les conditions du sol influeront également sur le choix de l'emplacement des latrines et autres installations, et donc la planification des établissements. Par exemple, les roches fissurées peuvent disperser les eaux usées sur une surface importante, les argiles fines donnent une percolation médiocre et causent rapidement le dysfonctionnement des latrines, les roches volcaniques rendent l'évacuation des latrines difficile (Cf. norme 2 relative à l'élimination des excréments, et norme 1 relative au drainage).
7. Accès aux emplacements des abris: les voies d'accès existantes ou nouvelles éviteront la proximité de dangers. Dans la mesure du possible, ces voies éviteront également de créer des zones isolées ou cachées qui pourraient supposer une menace pour la sécurité personnelle des utilisateurs. L'érosion résultant de l'utilisation régulière des voies d'accès sera, autant que possible, réduite au minimum au travers d'une planification rigoureuse.
8. Accès et sorties de secours: les abris collectifs assureront un accès libre aux occupants tout en permettant une surveillance adéquate par les occupants eux-mêmes pour réduire au minimum toute menace potentielle pour la sécurité. Il faudra éviter les marches ou les dénivellations près des sorties des abris collectifs, et il faudra installer des balustrades sur tous les escaliers et les rampes. Dans la mesure du possible, on assignera aux occupants éprouvant des difficultés à marcher ou ne pouvant pas du tout marcher des espaces au rez-de-chaussée, adjacents aux sorties ou situés le long des voies d'accès, sans dénivellation. Tous les occupants du bâtiment se trouveront à une distance raisonnable d'au moins deux sorties, pour leur donner le choix de la sortie à prendre en cas d'incendie, et ces sorties seront très visibles.
9. Risques liés aux vecteurs: les zones de basse altitude, les bâtiments vides et les excavations (comme celles résultant de la construction en pisé) peuvent fournir des terrains de reproduction aux insectes et animaux nuisibles, qui peuvent constituer un risque pour la santé des ménages adjacents (Cf. norme 2 relative à la lutte antivectorielle).
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