Norme 5 relative aux abris et aux établissements : construction L'approche de la construction est conforme aux pratiques locales sûres dans ce domaine et porte au maximum les possibilités de moyens de subsistance au niveau local. |
Indicateurs clés (à lire conjointement avec les notes d'orientation)
Des matériaux et une main-d'œuvre locaux sont utilisés sans affecter négativement l'économie ou l'environnement locaux (Cf. notes d'orientation 1-2).
Les normes locales en ce qui concerne la qualité du travail et des matériaux sont utilisées comme références (Cf. note d'orientation 3).
Les spécifications relatives à la construction et aux matériaux atténuent les effets de catastrophes naturelles futures (Cf. note d'orientation 4).
Le type de construction et de matériaux utilisés permet l'entretien et l'amélioration des abris de chaque ménage en utilisant des outils et des ressources disponibles au niveau local (Cf. note d'orientation 5).
L'achat de matériaux et de main-d'œuvre et la supervision du processus de construction se font de façon transparente, en rendant des comptes et conformément aux pratiques acceptées au niveau international en matière de présentation d'offres, d'achat et d'administration de la construction (Cf. note d'orientation 6).
Notes d'orientation
1. Recherche de fournisseurs de matériaux et de main-d'œuvre pour construire les abris: il faut promouvoir le soutien aux moyens de subsistance au travers de l'achat au niveau local de matériaux de construction, de compétences spécialisées en matière de construction et de main-d'œuvre manuelle. Si l'on pense que la collecte et la fourniture locales de matériaux sont susceptibles d'avoir un effet négatif considérable sur l'économie locale ou sur l'environnement, il faudra prévoir des sources multiples, des matériaux et des processus de production alternatifs, ou bien la fourniture de systèmes d'abri de marque déposée ou de matériaux achetés au niveau régional ou international. La réutilisation de matériaux récupérés de bâtiments endommagés sera encouragée lorsqu'elle est faisable, soit comme matériaux primaires de construction (briques ou pierres de maçonnerie, bois de charpente, tuiles, etc.), soit comme matériaux secondaires (gravats pour les fondations ou pour aplanir les routes, etc.). Il faudra identifier les propriétaires de ces matériaux et se mettre d'accord sur ce point (Cf. norme 6 relative aux abris et aux établissements humains, note d'orientation 3).
2. Participation des ménages affectés: des programmes de formation dans divers domaines de compétences et des plans d'apprentissage peuvent favoriser la participation des individus à la phase de construction, en particulier de ceux qui ne possèdent ni les compétences ni l'expérience requises dans ce domaine. Les personnes qui sont moins à même d'entreprendre des tâches exigeantes sur les plans physique ou technique peuvent apporter des contributions complémentaires, comme le suivi des chantiers et les inventaires, la prestation de services temporaires de garde d'enfants ou d'hébergement et de préparation de repas à ceux qui prennent part aux travaux de construction, ainsi qu'un soutien administratif. Il faut prendre en compte les autres obligations, sur les plans du temps et du travail, de la population affectée. L'inclusion d'initiatives de type "vivres en échange de travail" peut fournir aux ménages affectés la sécurité alimentaire nécessaire pour qu'ils puissent participer. Les femmes célibataires, les ménages ayant à leur tête une femme et les femmes handicapées risquent tout particulièrement d'être victimes d'exploitation sexuelle lorsqu'ils demandent une assistance pour la construction de leur abri. La prestation d'une assistance par des équipes volontaires de travail issues de la communauté ou par une main-d'œuvre engagée par contrat pourrait venir compléter les contributions des bénéficiaires (Cf. norme relative à la participation).
3. Normes en matière de construction: il faut convenir de normes relatives aux bonnes pratiques avec les autorités compétentes pour garantir la satisfaction des exigences clés en matière de sécurité et de performances. Dans les lieux où des codes locaux ou nationaux applicables dans le domaine de la construction n'ont pas été habituellement observés ou mis en application, il faudra convenir d'une conformité progressive.
4. Prévention et atténuation des effets des catastrophes: la conception correspondra aux conditions climatiques connues, sera capable de résister à la pression possible exercée par les vents et la neige dans les climats froids. La résistance aux tremblements de terre et la capacité de charge du sol seront évaluées. Les changements recommandés ou effectués au niveau des normes de construction ou des pratiques communes de construction suite à la catastrophe seront appliqués dans le cadre d'une consultation avec les autorités locales et la population affectée par la catastrophe.
5. Amélioration et entretien: comme les interventions d'urgence dans le secteur des abris ne fournissent en général que le minimum nécessaire d'espace couvert et d'assistance matérielle, les familles affectées devront chercher d'autres moyens possibles d'accroître la mesure ou la qualité de l'espace couvert fourni. La forme de la construction et les matériaux utilisés devront permettre à chacun des ménages d'adapter progressivement ou d'améliorer l'abri, ou certains aspects de sa conception, afin de satisfaire ses besoins à plus long terme et d'entreprendre des réparations en utilisant les outils et les matériaux disponibles au niveau local.
6. Gestion des achats et de la construction: il faudra établir une chaîne d'approvisionnement et un système de gestion de la construction efficaces et adaptés à la reddition de comptes pour les matériaux, la main-d'œuvre et la supervision du chantier, en prenant en compte la recherche de fournisseurs, les achats, le transport, la manutention et l'administration, du point d'origine au site final, selon les besoins.
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