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3 Lutte contre les maladies non transmissibles
Les augmentations de la morbidité et de la mortalité dues à des maladies non transmissibles sont une caractéristique commune de nombreuses catastrophes. Les blessures sont en général la cause principale, suivies des catastrophes naturelles soudaines, comme les tremblements de terre et les ouragans. Les blessures résultant de la violence physique sont également associées à toutes les urgences complexes, et peuvent constituer une cause majeure de mortalité excessive durant les crises de ce type. Les besoins de santé génésique (SG) des populations affectées par des catastrophes ont fait l'objet d'une plus grande attention durant les quelques dernières années, en particulier du fait de la prise de conscience accrue des problèmes comme le VIH/sida, la violence contre l'un ou l'autre sexe (ou "sexiste"), les besoins de soins obstétricaux d'urgence et la disponibilité insuffisante des services de SG les plus fondamentaux dans de nombreuses communautés. La nécessité de programmes améliorés de SG a été tout particulièrement reconnue dans le cadre des urgences complexes, mais elle existe également dans bien d'autres types de catastrophe.
Bien que difficiles à quantifier, les problèmes de santé mentale et psychosociaux peuvent accompagner tout type de contexte de catastrophe et post-catastrophe. Les horreurs, pertes, incertitudes et autres facteurs de stress accompagnant les catastrophes peuvent faire courir aux personnes un risque accru de problèmes psychiatriques, psychologiques et sociaux de nature diverse. Enfin, on dispose de données qui indiquent une incidence accrue de complications aiguës de maladies chroniques associées aux catastrophes. Ces complications sont généralement dues à la perturbation des régimes de traitement en cours. Cependant, une variété d'autres facteurs de stress pourra venir précipiter une détérioration aiguë d'un problème médical chronique.
Norme 1 relative à la lutte contre les maladies non transmissibles: blessures Les personnes ont accès à des services appropriés pour la gestion des blessures.
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Indicateurs clés (à lire conjointement avec les notes d'orientation)
Dans les situations dans lesquelles il y a un grand nombre de patients blessés, un système standardisé de triage est mis en place pour orienter les prestataires de soins de santé dans les domaines de l'évaluation, de l'établissement de priorités, de la réanimation de base et de l'orientation vers des services spécialisés (Cf. notes d'orientation 1-2).
Des lignes directrices standardisées pour la prestation de services de soins d'urgence et de réanimation de base sont établies (Cf. note d'orientation 3).
Des protocoles standardisés sont établis pour l'orientation des patients blessés vers des services offrant des soins plus poussés, dont la chirurgie. Des moyens de transport appropriés sont organisés pour permettre aux patients de se rendre au service spécialisé.
Les services de traumatisme définitif et chirurgicaux ne sont établis que par des agences dotées des connaissances spécialisées et des ressources appropriées (Cf. note d'orientation 4).
Dans les situations pouvant donner lieu à un nombre potentiellement élevé de patients blessés, des plans d'urgence pour la gestion des victimes multiples sont développés pour les installations de santé concernées. Ces plans sont reliés à ceux mis en œuvre aux niveaux du district et de la région.
Notes d'orientation
1. Classement des services de traumatisme selon leur priorité: dans la plupart des catastrophes, il n'est pas possible de déterminer le nombre de personnes blessées qui vont nécessiter des soins cliniques. Suite à une catastrophe soudaine comme un tremblement de terre, entre 85 et 90% des personnes sauvées sont en général tirées des décombres par le personnel de secours ou bien par leurs voisins ou leur famille dans un délai de 72 heures. Par conséquent, lors de la planification des opérations de secours dans des régions sujettes aux catastrophes, il faudra surtout mettre l'accent sur la préparation de la population locale à apporter les soins initiaux. Il est important de noter que les interventions prioritaires dans le secteur de la santé sont conçues pour réduire la mortalité excessive évitable. Durant les conflits armés, la plupart des morts violentes traumatiques ont lieu dans des régions dangereuses éloignées des centres de santé, de sorte qu'elles ne peuvent pas en général être prévenues par des soins médicaux. Les interventions qui visent à protéger la population civile sont appelées à prévenir ces morts. Les interventions en matière de santé mises en œuvre durant un conflit doivent mettre l'accent sur les soins de santé publique et primaires basés au sein de la communauté, même dans les situations où il y a une incidence élevée de blessures violentes.
2. Le triage: il s'agit du processus consistant à catégoriser les patients en fonction de la gravité de leurs blessures ou de leur maladie, et d'établir des priorités entre les traitements selon les ressources disponibles et les chances de survie des patients. Le principe sous-jacent du triage est l'affectation de ressources limitées de la manière qui confère le plus grand avantage sur le plan de la santé au plus grand nombre possible de personnes. Le triage ne signifie pas forcément que les individus présentant les blessures les plus graves auront la priorité. Dans un contexte de blessés multiples et de ressources limitées, les personnes présentant les blessures les plus graves et potentiellement mortelles pourront, en fait, recevoir une priorité inférieure aux personnes qui ont des blessures auxquelles elles sont plus susceptibles de survivre. Il n'existe pas de système de triage standardisé, et au niveau international plusieurs systèmes sont utilisés. La plupart des systèmes précisent entre deux et cinq catégories de blessures, quatre étant le nombre le plus commun.
3. Soins d'urgence et soins médicaux de base: il est possible que des soins chirurgicaux et de traumatisme définitif ne soient pas facilement disponibles, en particulier dans les contextes où les ressources sont peu abondantes. Mais il est important de noter que les premiers secours, la réanimation de base et les procédures n'entraînant pas d'opération peuvent sauver des vies, même celles de personnes grièvement blessées. Des procédures simples comme le dégagement des voies respiratoires, le contrôle des hémorragies et l'administration de fluides intraveineux peuvent contribuer à stabiliser les personnes présentant des blessures potentiellement mortelles avant leur transfert vers un centre spécialisé. La qualité de la gestion médicale initiale fournie peut par conséquent affecter significativement les chances de survie d'un patient. D'autres procédures non opératoires, comme le lavage et le pansement des blessures, et l'administration d'antibiotiques et de prophylaxie du tétanos, sont également importantes. Beaucoup de patients grièvement blessés peuvent survivre pendant plusieurs jours, voire plusieurs semaines, sans intervention chirurgicale, pourvu que des soins d'urgence, médicaux et infirmiers appropriés leur soient dispensés.
4. Traumatisme et soins chirurgicaux: tous les prestataires de services de santé doivent être en mesure de dispenser des soins d'urgence et d'appliquer les techniques de réanimation de base aux patients blessés. De plus, il est important d'avoir une capacité de triage pouvant sauver des vies à des points stratégiques, avec un lien avec un système d'orientation vers des services spécialisés. Cependant, les soins de traumatisme définitif et la chirurgie de guerre sont des domaines spécialisés qui requièrent une formation spécifique et des ressources que peu d'agences possèdent. Les interventions chirurgicales non appropriées ou inadéquates peuvent faire plus de mal que l'absence de toute intervention. Seuls les organisations et les professionnels dotés des connaissances techniques spécialisées appropriées établiront donc ces services sophistiqués.
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