Le Croissant-Rouge d’Iraq compte quelque 18 000 volontaires. Selon Hassan Al Rawi, chef du département des secours et du relèvement en Iraq, seuls 10 pour cent d’entre eux collaboreront encore avec le Croissant-Rouge en 2006. Ce n’est pas de la mauvaise volonté : la difficile situation qui règne dans le pays impose d’innombrables contraintes aux Iraquiens. La formation peut contribuer à inciter les volontaires à rester fidèles à la Société nationale. Elle peut aussi ouvrir la voie à un emploi dans une autre organisation – connaître les normes SPHÈRE est un atout quand la course à l’emploi est effrénée. Lorsque les temps sont durs, les organisations reposant sur les volontaires sont confrontées à un véritable défi – comment motiver les gens et leur offrir des possibilités sans leur donner ’incitations financières ? Comme le dit Hassan, « chaque fois que nous avons un déficit de inancement une année, nous perdons des volontaires. Nous devons en permanence former des gens ». Le programme de gestion des catastrophes du Croissant-Rouge d’Iraq a été lancé en 1997, avec deux employés et un exemplaire du manuel SPHÈRE. Les normes minimales ont été utilisées pour élaborer les premiers plans de secours d’urgence du siège et des quatre sections opérationnelles du pays. Aujourd’hui, référence est faite à SPHÈRE dans toutes les activités de formation aux interventions d’urgence. Il s’agit de faire en sorte que le personnel clé de chaque section soit formé aux normes SPHÈRE, et qu’il y ait suffisamment de manuels SPHÈRE pour encourager les volontaires à apprendre les normes et à les utiliser. « Aujourd’hui en Iraq, beaucoup ont perdu l’envie de lire. Les gens vivent une situation de tension perpétuelle. La formation doit donc être fondée sur les réalités locales et doit proposer de vraies solutions », souligne Hassan Al Rawi.
Syrie – Préserver la motivation des volontaires
« Il nous a fallu 18 heures pour composer un assortiment approprié de produits alimentaires », dit Abdel Qader Abu Awad, délégué régional chargé de la préparation aux catastrophes à Amman. Il y a quelques mois, les volontaires ont travaillé jour et nuit pendant leur formation sur le terrain à Swiida (Syrie) afin de préparer un assortiment adéquat de vivres pour les bénéficiaires. Ils étaient si motivés qu’ils ont passé des heures à débattre de ce qu’il fallait prévoir et à peser les produits, dont eux-mêmes se nourriraient pendant la semaine de formation qu’ils allaient passer dans le désert syrien. Des efforts similaires ont été consacrés à la construction de latrines et d’autres installations sanitaires. Les volontaires qui n’avaient aucune expérience dans ces secteurs techniques ont appris « sur le tas » à établir un camp selon les normes minimales SPHÈRE. Aucun détail n’a été négligé – les volontaires ont été organisés en comités techniques suivant les secteurs définis dans SPHÈRE, puis sont passés d’un comité à l’autre, si bien qu’à la fin de la semaine tous avaient des notions de chaque aspect technique. Une épidémie de diarrhée ayant éclaté pendant la formation, les volontaires se sont chargés d’en déterminer l’origine et de prendre des mesures pour améliorer les conditions d’hygiène dans le camp improvisé. « La formation a été une expérience concrète, indique Abdel Qader. Les volontaires n’ont pas été formés à la préparation aux catastrophes et à l’intervention dans un bureau. Ils l’ont été sur le terrain. » Pour les volontaires, il n’y a pas meilleur moyen d’apprendre – et de rester attachés au Croissant-Rouge.
Maroc – Intensification des efforts d’intervention à travers les normes SPHÈRE
L’opération de secours organisée après le tremblement de terre d’Al-Hoceima (Maroc) a eu valeur de test pour la formation aux normes SPHÈRE que des volontaires avaient suivie à Agadir quelques mois auparavant. L’équipe nationale de 85 volontaires a mis en pratique, à la suite de l’un des séismes les plus violents que le Maroc ait connu depuis des décennies, la formation dont elle avait bénéficié. Le Croissant-Rouge marocain a aussi utilisé l’opération de secours pour évaluer les points faibles de l’intervention et déterminer quel type de formation complémentaire devait être assuré aux volontaires. Une augmentation des effectifs et une formation améliorée ayant été jugées nécessaires, le camp le plus important du genre au Moyen-Orient et en Afrique du Nord a été organisé en juillet 2004 dans le désert marocain, avec l’aide de la délégation régionale. La formation ne s’adressait pas aux personnes de santé fragile – les volontaires ont enduré des pluies battantes, des tempêtes de sable et des températures de près de 50°C. Plus de dix personnes ont été piquées par des scorpions ou d’autres insectes. Les derniers jours, les volontaires ont dû, à l’improviste, participer à un exercice de simulation. Au milieu de l’après-midi, les sirènes ont hurlé et des cris ont retenti tandis que les volontaires se rassemblaient. Des officiers des Forces armées royales ont participé au bouclage de la zone, instauré pour assurer une protection, et à l’organisation du trafic routier. La Protection civile a apporté son soutien en dispensant des soins aux « victimes », qui ont ensuite été évacuées. Le ministère de la Santé ainsi que la radio et la télévision nationales ont pris part à l’exercice. La simulation a mis en évidence le développement du réseau d’institutions collaborant avec le Croissant-Rouge marocain à la coordination de la préparation aux catastrophes et de l’intervention. Elle a en outre permis de remédier à certaines des insuffisances qui avaient été décelées à Al-Hoceima – la prochaine fois, le Croissant-Rouge marocain sera mieux préparé que jamais auparavant.
Jordanie – Surpasser les normes minimales SPHÈRE
« Chaque matin au petit déjeuner, un exposé sur SPHÈRE était fait aux volontaires du Croissant-Rouge jordanien et lecture était donnée du Code de conduite1», indique Ahmed Al-Hadid, l’ancien directeur du camp de réfugiés d’Al-Ruweished. Avant que ce camp ne soit établi, en mars 2003, il n’y avait qu’un désert. Compte tenu de la situation politique, nul ne savait combien de réfugiés, fuyant la guerre en Iraq, afflueraient en Jordanie. Le Croissant-Rouge jordanien et le bureau régional pour le Moyen-Orient devaient être prêts à toute éventualité – il pouvait y avoir aussi bien 100 que 100 000 réfugiés. Pendant la première guerre du Golfe, en 1991, 1,4 million de personnes avaient franchi la frontière et la Société nationale avait dû simplement affronter la situation – alors sans l’assistance de lignes directrices ou d’outils. Cette fois, les normes SPHÈRE ont été appliquées dans tous les domaines : anticipation de l’afflux de réfugiés ; préparation des entrepôts et des stocks ; mise en place des hôpitaux mobiles ; création d’installations pour les femmes et les enfants et préparation de l’assortiment de vivres. En fin de compte, 650 réfugiés sont arrivés au camp d’Al-Ruweished, pour la plupart des ressortissants de pays tiers fuyant l’Iraq pour la Jordanie ou d’autres pays. Un confort relatif les attendait dans le camp. Le personnel du Croissant-Rouge palestinien a pu offrir des services de qualité aux réfugiés – des services qui ont surpassé les normes minimales prescrites dans SPHÈRE et ont été fournis conformément aux principes consacrés par le Code de conduite. L’expérience a été un bel exemple de réussite : les normes minimales ont été surpassées et les volontaires ont appris à les appliquer tandis qu’ils se préparaient à une catastrophe. 1 Code de conduite pour le Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge et pour les ONG lors des opérations en cas de catastrophe.
Des normes strictes sont définies à l’échelon régional
« La stratégie du bureau régional pour le Moyen-Orient est réaliste et ciblée, déclare Abdel Qader. La formation à la gestion des catastrophes sur le plan national et dans les sections est la grande priorité ; la formation régionale constitue une autre étape. Il faut d’abord développer les capacités des Sociétés nationales ». Les délégués régionaux ont passé plus de 15 jours à travailler avec les Sociétés nationales, à les aider à renforcer leurs capacités à travers la formation et d’autres activités. Compte tenu du taux élevé de renouvellement des volontaires dans des pays comme l’Iraq ou de la faiblesse des effectifs de volontaires en Jordanie, la tâche est ardue. L’objectif principal du délégué régional chargé de la préparation aux catastrophes est de développer les capacités à travers la formation des équipes nationales d’intervention à la gestion des catastrophes. Tous les éléments de la préparation aux catastrophes et de l’intervention sont couverts : de la construction des camps, au rétablissement des liens familiaux et au soutien psychologique. Les normes SPHÈRE sont la référence permanente – « SPHÈRE est la base de la gestion des catastrophes », souligne Abdel Qader. C’est un outil de préparation et d’intervention. Des équipes nationales d’intervention ont été formées en Syrie, au Yémen et au Maroc. Une formation est prévue au Yémen, en Jordanie et en Syrie au cours de l’année à venir.
Pour de plus amples informations, veuillez contacter : Bureau Regional pour le Moyen-Orient, Al Shmeisani, Maroof Al Rasafi Street, Immeuble 19, Amman, Jordanie Courriel :
Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge Case Postale 372, CH-1211 Genève 19 - Suisse Courriel :
Site internet : www.ifrc.org
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