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Introduction Convertir en PDF Version imprimable

Comment utiliser ce chapitre

Ce chapitre décrit en détail huit normes essentielles relatives "au processus et aux personnes" qui revêtent une importance pour chacun des secteurs techniques. Ces normes sont : 1) participation, 2) évaluation initiale, 3) intervention, 4) ciblage, 5) suivi, 6) évaluation, 7) compétences et responsabilités des travailleurs humanitaires et 8) supervision, gestion et soutien du personnel. Chacune englobe les éléments suivants:

  • les normes minimales: elles sont de nature qualitative et précisent les niveaux minimaux à atteindre;

  • les indicateurs clés: ce sont des "signaux" qui indiquent si oui ou non la norme a été satisfaite. Ils constituent un moyen de mesurer et de communiquer l'impact, ou le résultat, des programmes ainsi que des processus et des méthodes utilisés. Les indicateurs peuvent être qualitatifs ou quantitatifs;

  • les notes d'orientation: elles englobent des aspects spécifiques à prendre en compte lors de l'application des normes et des indicateurs dans différentes situations, des suggestions sur la manière de faire face aux difficultés pratiques, et des conseils sur les questions prioritaires. Elles peuvent également aborder des questions cruciales liées aux normes ou aux indicateurs, et décrire des dilemmes, des controverses ou des lacunes dans les connaissances actuelles.



À la fin du chapitre on trouvera une liste de références choisies, qui indiquent des sources d'information sur les questions générales et également sur les questions spécifiques d'ordre technique liées aux normes.


 
Introduction

Ces normes communes sont liées à chacun des chapitres de ce manuel et font partie intégrante de tous ces chapitres. En mettant en œuvre les normes décrites ici, les organisations soutiendront la réalisation des normes décrites dans les chapitres techniques.



Liens avec les instruments juridiques internationaux

Chacun a le droit de vivre dans la dignité et le respect de ses droits de l'homme. Il incombe aux organisations humanitaires d'apporter une assistance d'une manière qui soit conforme aux droits de l'homme, y compris le droit à la participation, à la non-discrimination et à l'information, tels que stipulés dans l'ensemble des textes juridiques internationaux relatifs aux droits de l'homme, aux interventions humanitaires et aux réfugiés. Dans la Charte humanitaire et le Code de conduite pour le Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge et pour les organisations non gouvernementales lors des opérations de secours en cas de catastrophe, les organisations humanitaires s'engagent à rendre des comptes à ceux qu'elles cherchent à aider. Les normes communes décrivent dans leurs grands traits les responsabilités des organisations et des individus lorsqu'ils offrent une protection et une assistance.


Importance des normes communes à tous les secteurs

Les programmes qui cherchent à satisfaire les besoins des populations affectées par une catastrophe doivent se fonder sur une compréhension claire du contexte. Les évaluations initiales analyseront la nature de la catastrophe et son effet sur la population. Les capacités des personnes affectées et les ressources à leur disposition seront identifiées lors de l'évaluation de leurs besoins et vulnérabilités et des lacunes éventuelles au niveau des services de base. Aucun secteur ne peut être considéré isolément des autres, ou isolément de l'économie, des croyances religieuses et traditionnelles, des pratiques sociales, des facteurs politiques et de sécurité, des mécanismes d'adaptation ou des développements futurs prévus. Il est crucial de procéder à une analyse des causes et des effets de la catastrophe. Si le problème n'est pas correctement identifié et compris, il sera difficile, voire impossible, d'intervenir de façon appropriée.

L'intervention dépend d'un certain nombre de facteurs, y compris la capacité de l'organisation, son (ou ses) domaine(s) de connaissances spécialisées, ses contraintes budgétaires, sa familiarité avec la région ou la situation, et les risques pour son personnel en matière de sécurité. Les normes d'intervention décrites ici sont destinées à expliciter "qui fait quoi et quand". Une fois qu'une intervention appropriée a été déterminée, il faut établir des mécanismes de ciblage qui permettent aux organisations d'apporter une assistance, impartialement et sans discrimination, selon les besoins.

Des systèmes de suivi devront être établis dès le début du processus afin de mesurer de manière continue les progrès réalisés par rapport aux objectifs fixés et de vérifier que le programme demeure utile dans un contexte en évolution. Une évaluation pourra être effectuée soit durant soit après l'intervention, afin de déterminer l'efficacité globale du programme et d'en tirer des leçons susceptibles d'améliorer des programmes similaires à l'avenir.

La qualité de l'assistance humanitaire dépendra des compétences, des aptitudes, des connaissances et de l'engagement des membres du personnel et des volontaires, lesquels travaillent souvent dans des situations difficiles et parfois dangereuses. Une gestion et une supervision robustes sont des éléments clés de tout programme d'assistance et, conjointement avec le développement des capacités, peuvent contribuer à faire en sorte que les normes minimales de l'assistance humanitaire soient respectées. Étant donnée l'importance des questions de "genre" et autres questions transversales, il conviendra de prendre en compte la diversité des ressources humaines lors de la formation d'une équipe.

La participation des personnes affectées par la catastrophe - y compris les groupes vulnérables décrits ci-après - à l'évaluation, au développement, à la mise en œuvre et au suivi des interventions devra être portée au maximum afin de veiller à ce que toute intervention lors d'une catastrophe soit appropriée et de qualité. Le partage systématique des connaissances et des informations entre toutes les personnes prenant part à l'intervention est fondamental pour arriver à une compréhension commune des problèmes et à une coordination efficace entre les organisations.



Liens avec les autres chapitres

Il est crucial que ce chapitre soit lu en premier avant de passer au secteur technique qui intéresse plus particulièrement le lecteur.



Vulnérabilités et capacités des populations affectées par une catastrophe

Les groupes qui courent le plus fréquemment des risques lors de catastrophes sont les femmes, les enfants, les personnes âgées, les personnes handicapées et les personnes vivant avec le VIH/sida (PVVS). Dans certains contextes, les personnes peuvent aussi se retrouver en position de vulnérabilité en raison de leur origine ethnique, de leur affiliation religieuse ou politique, ou de leur déplacement. Il ne s'agit pas là d'une liste exhaustive, mais elle englobe les raisons les plus fréquemment identifiées. Les vulnérabilités spécifiques influent sur l'aptitude des personnes à s'adapter et à survivre dans le cadre d'une catastrophe, et celles qui courent le plus de risques devront être identifiées dans chaque contexte.

Tout au long du manuel, l'expression "groupes vulnérables" se réfère à tous ces groupes. Lorsque l'un quelconque de ces groupes court des risques, il est probable que les autres seront également menacés. Par conséquent, chaque fois que les groupes vulnérables sont mentionnés, on demande instamment aux utilisateurs de prendre en considération tous ceux énumérés ici. Il faut veiller tout particulièrement à protéger et à assister tous les groupes affectés de façon non discriminatoire et en fonction de leurs besoins spécifiques. Cependant, il faut également garder à l'esprit que les populations touchées par une catastrophe possèdent, et acquièrent, des compétences et des capacités propres pour faire face à la situation, lesquelles doivent être reconnues et soutenues.


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