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Chapitre 2: Normes Minimales dans les secteurs de l'approvisionnement en eau, de l'assainissement et de la promotion de l'hygiène

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Comment utiliser ce chapitre


Ce chapitre est divisé en six sections principales : (1) promotion de l'hygiène, (2) approvisionnement en eau, (3) élimination des excréments, (4) lutte antivectorielle, (5) gestion des déchets solides et (6) drainage. Chacune englobe les éléments suivants :

  • les normes minimales: elles sont de nature qualitative et précisent les niveaux minimaux à atteindre dans les interventions relatives à l'approvisionnement en eau et à l'assainissement ;
  • les indicateurs clés: ce sont des "signaux" qui indiquent si oui ou non la norme a été satisfaite. Ils constituent un moyen de mesurer et de communiquer l'impact, ou le résultat, des programmes ainsi que des processus et des méthodes utilisés. Les indicateurs peuvent être qualitatifs ou quantitatifs ;
  • les notes d'orientation: elles englobent des aspects spécifiques à prendre en compte lors de l'application des normes et des indicateurs dans différentes situations, des suggestions quant à la manière de faire face aux difficultés pratiques, et des conseils sur les questions prioritaires. Elles peuvent également aborder des questions cruciales liées aux normes ou aux indicateurs, et décrire des dilemmes, des controverses ou des lacunes dans les connaissances actuelles.

Les annexes comportent une liste de références choisies, qui indiquent des sources d'information sur les questions générales et également sur les questions spécifiques d'ordre technique relatives à ce chapitre.






Introduction

Liens avec les instruments juridiques internationaux

Les normes minimales dans le secteur de l'approvisionnement en eau, de l'assainissement et de la promotion de l'hygiène constituent l'expression pratique des principes et droits formulés dans la Charte humanitaire. Celle-ci traite des exigences les plus fondamentales afin de préserver la vie et la dignité des personnes affectées par des calamités ou des conflits, telles que stipulées dans l'ensemble des textes juridiques internationaux relatifs aux droits de l'homme, aux interventions humanitaires et aux réfugiés.

Chacun jouit du droit à l'eau. Ce droit est reconnu dans des instruments juridiques internationaux et il concerne de l'eau en quantité suffisante, salubre, acceptable, physiquement accessible et financièrement abordable pour l'utilisation personnelle et domestique. Une quantité adéquate d'eau salubre est nécessaire pour empêcher la mort par déshydratation, pour réduire le risque de maladies liées à l'eau et pour satisfaire les besoins de consommation, de cuisson des aliments et d'hygiène personnelle et domestique.

Le droit à l'eau est inextricablement lié aux autres droits de l'homme, y compris au droit à la santé, au droit au logement et au droit à de la nourriture en quantité suffisante. C'est pourquoi il fait partie des garanties essentielles à la survie humaine. Les acteurs publics et autres ont des responsabilités lorsqu'il s'agit de faire du droit à l'eau une réalité. En période de conflit armé, par exemple, il est interdit d'attaquer, de détruire, d'enlever ou de rendre inutiles les installations d'eau potable ou les systèmes d'irrigation.

Les normes minimales qui figurent dans ce chapitre ne constituent pas une expression complète du droit à l'eau. Cependant, les normes de Sphère reflètent l'essentiel de ce droit et contribuent à sa réalisation progressive dans le monde entier.


Importance de l'approvisionnement en eau, de l'assainissement et de la promotion de l'hygiène dans les situations d'urgence

L'eau et l'assainissement sont des facteurs déterminants cruciaux pour la survie durant les phases initiales d'une catastrophe. Les personnes sinistrées sont en général beaucoup plus prédisposées aux maladies et à la mort des suites de maladies, lesquelles sont largement liées à des réserves d'eau et à un assainissement inadéquats, ainsi qu'à une hygiène médiocre. Les plus significatives de ces maladies sont les maladies diarrhéiques et les maladies infectieuses transmises par voie oro-fécale (Cf. annexe 4). Parmi les autres maladies liées à l'eau et à l'assainissement figurent celles transmises par des vecteurs associés aux déchets solides et à l'eau.

Le principal objectif des programmes d'approvisionnement en eau et d'assainissement lors de catastrophes est de réduire la transmission des maladies oro-fécales et le contact avec des vecteurs de maladies par la promotion de bonnes pratiques d'hygiène, l'approvisionnement en eau potable salubre et la réduction des risques environnementaux pour la santé, et par l'établissement des conditions qui permettront aux personnes de vivre en bonne santé, dans la dignité, le confort et la sécurité. Le terme "assainissement", dans le contexte de Sphère, se réfère à l'élimination des excréments, à la lutte antivectorielle, à l'élimination des déchets solides et au drainage.

Le simple fait de fournir un nombre adéquat d'installations pour l'approvisionnement en eau et l'assainissement ne suffira pas, à lui seul, à en assurer l'utilisation optimale ou le meilleur impact possible sur la santé publique. Afin d'obtenir les avantages maximum de l'intervention, il faut impérativement faire en sorte que les personnes affectées par la catastrophe disposent des informations, des connaissances et de la compréhension nécessaires pour prévenir les maladies liées à l'eau et à l'assainissement, et mobiliser leur participation à la conception et à l'entretien de ces installations.

Dans la plupart des situations de catastrophe, ce sont les femmes et les enfants qui sont chargés d'aller chercher l'eau. Lorsqu'elles utilisent des installations communes d'approvisionnement en eau et d'assainissement, par exemple dans les situations de populations réfugiées ou déplacées, les femmes et les adolescentes peuvent courir le risque de violences ou d'exploitation sexuelles. Afin de réduire ces risques au minimum, et de garantir une intervention de meilleure qualité, il est important d'encourager, dans la mesure du possible, la participation des femmes aux programmes d'approvisionnement en eau et d'assainissement. Une participation équitable des femmes et des hommes à la planification, à la prise de décisions et à la gestion locale contribuera à faire en sorte que la population affectée dans son ensemble jouisse d'un accès sûr et facile aux services d'approvisionnement en eau et d'assainissement, et que ces services soient équitables et appropriés.


Liens avec les autres chapitres

Nombre des normes figurant dans les chapitres consacrés aux autres secteurs sont utiles pour le présent chapitre. Les progrès effectués dans la réalisation des normes dans un domaine particulier influencent souvent, voire déterminent, les progrès effectués dans d'autres domaines. Pour qu'une intervention soit efficace, il faut qu'il y ait une coordination et une collaboration étroites avec d'autres secteurs. La coordination avec les autorités locales et les autres organisations participant à l'intervention est également nécessaire pour veiller à ce que les besoins soient satisfaits, à ce que les efforts ne soient pas répétés, et à ce que la qualité des interventions en matière d'eau et d'assainissement soit optimisée.

Par exemple, lorsque les normes nutritionnelles n'ont pas été satisfaites, il devient plus urgent d'améliorer la qualité des services d'eau et d'assainissement, car la vulnérabilité des personnes face à la maladie aura significativement augmenté. Il en va de même pour les populations au sein desquelles la prévalence du VIH/sida est élevée, ou qui comptent une grande proportion de personnes âgées ou handicapées. Il faut décider des priorités sur la base d'informations solides partagées entre les secteurs au fur et à mesure de l'évolution de la situation. Lorsqu'il y a lieu, on fera référence à des normes ou notes d'orientation spécifiques figurant dans d'autres chapitres techniques.


Liens avec les normes communes à tous les secteurs

Le processus selon lequel une intervention est développée et mise en œuvre est crucial pour son efficacité. Ce chapitre devra être utilisé conjointement avec celui des normes communes à tous les secteurs, lesquelles englobent la participation, l'évaluation initiale, l'intervention, le ciblage, le suivi, l'évaluation, les compétences et responsabilités des travailleurs humanitaires, et la supervision, la gestion et le soutien du personnel (Cf. chapitre 1, page 21). En particulier, la participation des personnes affectées par la catastrophe - y compris les groupes vulnérables décrits ci-dessous - devra être portée au maximum dans toute intervention afin de veiller à ce que celle-ci soit appropriée et de bonne qualité.


Vulnérabilités et capacités des populations affectées par une catastrophe

Les groupes qui courent le plus fréquemment des risques lors de catastrophes sont les femmes, les enfants, les personnes âgées, les personnes handicapées et les personnes vivant avec le VIH/sida (PVVS). Dans certains contextes, les personnes peuvent aussi se retrouver en position de vulnérabilité en raison de leur origine ethnique, de leur affiliation religieuse ou politique, ou de leur déplacement. Il ne s'agit pas là d'une liste exhaustive, mais elle englobe les raisons les plus fréquemment identifiées. Les vulnérabilités spécifiques influent sur l'aptitude des personnes à s'adapter et à survivre dans le cadre d'une catastrophe, et celles qui courent le plus de risques devront être identifiées dans chaque contexte.

Tout au long du manuel, l'expression "groupes vulnérables" se réfère à tous ces groupes. Lorsque l'un quelconque de ces groupes court des risques, il est probable que les autres seront également menacés. Par conséquent, chaque fois que les groupes vulnérables sont mentionnés, on demande instamment aux utilisateurs de prendre en considération tous ceux énumérés ici. Il faut veiller tout particulièrement à protéger et à assister tous les groupes affectés de façon non discriminatoire et en fonction de leurs besoins spécifiques. Cependant, il faut également garder à l'esprit que les populations affectées par une catastrophe possèdent, et acquièrent, des compétences et des capacités propres pour faire face à la situation, lesquelles doivent être reconnues et soutenues.


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