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Approv. en eau Convertir en PDF Version imprimable
2 L'approvisionnement en eau

L'eau est essentielle à la vie, à la santé et à la dignité humaine. Dans certaines situations extrêmes, il peut ne pas y avoir suffisamment d'eau disponible pour pourvoir aux besoins fondamentaux ; c'est alors qu'il est d'une importance cruciale de fournir une quantité d'eau suffisante pour assurer la survie. Dans la plupart des cas, les principaux problèmes de santé sont causés par une hygiène médiocre due à l'insuffisance d'eau et à la consommation d'eau contaminée.


Norme 1 relative à l'approvisionnement en eau : accès et quantité d'eau
Toutes les personnes ont accès, de manière sûre et équitable, à une quantité d'eau suffisante pour couvrir les besoins de la consommation, de la cuisson des aliments et de l'hygiène personnelle et domestique. Les points d'eau publics sont suffisamment proches des foyers pour leur permettre d'utiliser le minimum requis d'eau.
Indicateurs clés (à lire conjointement avec les notes d'orientation)

  • L'utilisation moyenne d'eau pour la consommation, la cuisson des aliments et l'hygiène personnelle dans chaque foyer est d'au moins 15 litres par personne et par jour (Cf. notes d'orientation 1-8).
  • La distance maximale séparant tout foyer du point d'eau le plus proche est de 500 mètres (Cf. notes d'orientation 1, 2, 5 et 8).
  • Le temps passé à faire la queue au point d'eau ne dépasse pas 15 minutes (Cf. note d'orientation 7).
  • Il ne faut pas plus de trois minutes pour remplir un récipient de 20 litres (Cf. notes d'orientation 7-8).
  • Les points d'eau et les systèmes d'approvisionnement en eau sont entretenus de manière à ce que des quantités appropriées d'eau soient disponibles constamment ou à intervalles réguliers (Cf. notes d'orientation 2 et 8).

Notes d'orientation

1. Besoins:
les quantités d'eau nécessaires pour l'utilisation domestique varieront selon le climat, les installations sanitaires disponibles, les habitudes normales des personnes, leurs pratiques religieuses et culturelles, les aliments qu'elles préparent, les vêtements qu'elles portent, etc. Plus l'habitation est proche du point d'eau, plus la consommation d'eau a tendance à augmenter.



Cf. annexe 2 pour des conseils sur les quantités minimales d'eau nécessaires pour les institutions et autres utilisations.

2. Sélection de la source d'eau: les facteurs à prendre en compte sont la disponibilité et la durabilité d'une quantité suffisante d'eau ; si oui ou non il est nécessaire de traiter l'eau et, dans l'affirmative, la faisabilité de ce traitement ; si l'on dispose du temps, de la technologie ou des fonds requis pour développer une source ; la proximité de la source de la population affectée ; et l'existence de facteurs sociaux, politiques ou légaux éventuels concernant la source. En général, les sources provenant de la nappe phréatique sont préférables car elles requièrent un traitement moindre, en particulier celles dont l'approvisionnement est assuré par la pesanteur et qui ne requièrent pas de pompage. Les situations de catastrophe demandent souvent une combinaison d'approches et de sources durant la phase initiale. Toutes les sources doivent faire l'objet d'un suivi régulier pour éviter leur surexploitation.

3. Mesure: si l'on se contente de mesurer le volume d'eau pompé dans le système de distribution ou le temps de fonctionnement d'une pompe manuelle, on n'obtiendra pas une indication exacte de la consommation individuelle. Les enquêtes auprès des ménages, l'observation et les groupes de discussion communautaires constituent une méthode plus efficace pour la collecte de données concernant l'utilisation et la consommation d'eau.

4. Qualité et quantité: dans de nombreuses situations d'urgence, la transmission des maladies liées à l'eau est due autant à l'insuffisance d'eau pour l'hygiène personnelle et domestique qu'à la contamination de l'eau fournie. En attendant que les normes minimales relatives à la qualité et à la quantité soient atteintes, il faudra accorder la priorité à assurer un accès équitable à une quantité adéquate d'eau, même si elle est de qualité moyenne, et non à fournir une quantité insuffisante d'eau qui satisfasse la norme minimale de qualité. Il faut tenir compte du fait que les personnes vivant avec le VIH/sida ont besoin d'une quantité supplémentaire d'eau pour boire et pour leur hygiène personnelle. On veillera tout particulièrement à faire en sorte que les besoins en eau du bétail et des cultures soient satisfaits, en particulier dans les situations de sécheresse, dans lesquelles les vies et les moyens de subsistance en dépendent (Cf. annexe 2).

5. Couverture: durant la phase initiale d'une intervention, la première priorité est de satisfaire les besoins urgents de survie de la totalité de la population touchée par la catastrophe. Les personnes affectées par une urgence présentent une vulnérabilité très accrue face à la maladie, de sorte que les indicateurs doivent être respectés, même s'ils dépassent les normes de la population affectée ou d'accueil. Dans ces situations, on recommande aux organisations de planifier des programmes en vue d'accroître le niveau des installations d'approvisionnement en eau et d'assainissement de la population d'accueil elle aussi, afin d'éviter de susciter son animosité.

6. Nombre maximum de personnes par source d'eau: le nombre de personnes par source dépend du débit et de la disponibilité de l'eau à chaque source. Par exemple, les robinets ne fonctionnent souvent qu'à certains moments de la journée et les pompes manuelles et les puits ne fournissent pas constamment de l'eau si le taux de remplissage est faible. Les lignes directrices générales (lorsqu'il y a de l'eau en permanence) sont:



Ces lignes directrices supposent que le point d'eau est accessible durant environ huit heures par jour seulement ; si l'accès est possible pendant plus de temps, les personnes peuvent collecter plus que la quantité minimale journalière de 15 litres. Il faut utiliser ces cibles avec prudence, car le fait qu'elles soient atteintes ne garantit pas forcément une quantité minimale d'eau ni un accès équitable.

7. Temps passé à faire la queue: si le temps passé à faire la queue est excessif, cela indique que l'eau disponible est insuffisante (soit du fait d'un nombre inadéquat de points d'eau soit à cause du débit inadéquat des points d'eau). Les résultats négatifs potentiels d'une attente excessive sont : 1) la réduction de la consommation par personne ; 2) l'augmentation de la consommation d'eau provenant de sources de surface non protégées ; et 3) moins de temps disponible aux personnes chargées de collecter l'eau pour vaquer à d'autres occupations essentielles à la survie.

8. Accès et équité: même si une quantité suffisante d'eau est disponible pour pourvoir aux besoins minimaux, il faudra peut-être prendre des mesures supplémentaires pour assurer un accès équitable à tous les groupes. Les points d'eau devront se situer dans des zones accessibles à tous, indépendamment du sexe ou de l'ethnie, par exemple. Certaines pompes manuelles et récipients de transport de l'eau devront éventuellement être reconçus ou adaptés pour pouvoir être utilisés par les personnes vivant avec le VIH/sida, les personnes âgées et handicapées et les enfants. En milieu urbain, il faudra peut-être acheminer l'eau vers certains bâtiments pour que les toilettes continuent de fonctionner. Dans les situations où l'eau est rationnée ou pompée à certains moments seulement, il faudra planifier le système dans le cadre d'une consultation avec les utilisateurs. Il faudra convenir des moments où il est commode et sûr de se rendre aux sources pour les femmes et les autres personnes chargées d'aller chercher l'eau, et tous les usagers seront informés du moment et du lieu où l'eau sera disponible.


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