Norme 2 relative à l'approvisionnement en eau : qualité de l'eau L'eau est agréable au goût, et sa qualité est suffisante pour qu'elle puisse être bue et utilisée pour l'hygiène personnelle et domestique sans que cela ne comporte de risques significatifs pour la santé. |
Indicateurs clés (à lire conjointement avec les notes d'orientation)
- Une enquête sanitaire indique un faible risque de contamination fécale (Cf. note d'orientation 1).
- Il n'y a aucun coliforme fécal par 100 ml au point d'arrivée (Cf. note d'orientation 2).
- Les personnes préfèrent boire de l'eau collectée à une source protégée ou traitée que celle d'autres sources d'eau plus faciles d'accès (Cf. note d'orientation 3).
Lorsqu'elle est fournie par le biais de canalisations, ou par tout autre moyen dans les situations de risque ou en présence d'une épidémie diarrhéique, l'eau est traitée au moyen d'un désinfectant de manière à ce qu'il y ait un résidu de chlore libre au niveau du robinet de 0,5 mg par litre et que la turbidité soit inférieure à 5 NTU (Nephelometric Turbidity Unit) (Cf. notes d'orientation 5, 7 et 8).
Aucun effet négatif sur la santé n'est détecté suite à l'utilisation à court terme d'eau contaminée par des sources chimiques (y compris des résidus de produits chimiques de traitement) ou radiologiques, et les évaluations ne mettent pas en évidence une probabilité considérable de ce type d'effet (Cf. note d'orientation 6).
Notes d'orientation
1. Enquête sanitaire: il s'agit d'une évaluation initiale des conditions et des pratiques pouvant constituer un risque pour la santé publique. Cette évaluation doit englober les causes possibles de contamination de l'eau à la source, en cours de transport et au sein du foyer, ainsi que les pratiques de défécation, les systèmes de drainage et la gestion des déchets solides. Le mapping (établissement du profil) communautaire est une manière tout particulièrement efficace d'identifier où se situent les risques pour la santé publique et il favorise en outre la participation de la communauté à la recherche des moyens de réduire ces risques. Remarque : bien que les excréments d'animaux ne soient pas aussi nocifs que les excréments humains, ils peuvent contenir des organismes du type cryptosporidium, giardia, salmonelle, campylobacter, calcivirus ou autres organismes communs à l'origine de diarrhée humaine, et ils présentent donc vraiment un risque significatif pour la santé.
2. Qualité microbiologique de l'eau: les bactéries fécales coliformes (dont plus de 99% sont E. coli) constituent un indicateur du niveau de contamination par des déchets humains/animaux de l'eau et de la présence possible de pathogènes nocifs. Si des coliformes fécaux sont présents, l'eau devra être traitée. Cependant, durant la phase initiale d'une catastrophe, la quantité est plus importante que la qualité (Cf. norme 1 relative à l'approvisionnement en eau, note d'orientation 4).
3. Promotion des sources protégées: le simple fait de fournir des sources protégées ou de l'eau traitée n'aura guère d'impact si les personnes ne comprennent pas les avantages de cette eau pour leur santé et donc ne l'utilisent pas. Les personnes préféreront peut-être utiliser des sources non protégées, comme les rivières, les lacs et les puits non protégés, pour des raisons de goût, de proximité et de commodité sociale, par exemple. Dans ces cas, les techniciens et les agents de promotion de l'hygiène et de mobilisation communautaire doivent comprendre le raisonnement étayant ces préférences pour que les messages de promotion et les discussions les prennent en compte.
4. Contamination post-arrivée: une eau salubre au point d'arrivée peut néanmoins présenter un risque significatif pour la santé du fait de sa re-contamination éventuelle durant la collecte, l'emmagasinage et le tirage. Parmi les mesures pouvant être prises pour réduire ces risques au minimum figurent des pratiques améliorées de collecte et d'emmagasinage, la distribution de récipients adaptés à la collecte et à l'emmagasinage (Cf. norme 3 relative à l'approvisionnement en eau), le traitement avec un désinfectant à effet rémanent, ou bien le traitement au point d'utilisation. Il convient de tester régulièrement des échantillons d'eau au point d'utilisation afin de surveiller le degré de contamination éventuelle post-arrivée.
5. Désinfection de l'eau: l'eau doit être traitée au moyen d'un désinfectant à effet rémanent comme le chlore s'il existe un risque significatif de contamination de l'eau à la source ou au point d'arrivée. Ce risque sera déterminé par les conditions présentes au sein de la communauté, comme la densité démographique, les dispositions pour l'élimination des excréments, les pratiques en matière d'hygiène et la prévalence des maladies diarrhéiques. L'évaluation initiale des risques englobera en outre des données qualitatives sur la communauté, comme sa perception du goût et ses préférences (Cf. note d'orientation 6). L'eau acheminée par le biais de canalisations pour toute population considérable ou concentrée devra être traitée avec un désinfectant à effet rémanent et, en cas de risque ou d'existence d'une épidémie de diarrhée, l'eau destinée à la boisson sera traitée, soit avant sa distribution, soit au sein du foyer. Pour que l'eau puisse être traitée correctement, la turbidité doit être inférieure à 5 NTU.
6. Contamination chimique et radiologique: lorsque les documents hydrogéologiques ou les activités industrielles ou militaires suggèrent que l'eau fournie peut comporter des risques chimiques ou radiologiques pour la santé, ces risques seront évalués rapidement au moyen d'une analyse chimique. Il faudra alors procéder à une décision qui mette en balance les risques et les avantages à court terme pour la santé publique. La décision d'utiliser de l'eau potentiellement contaminée pour l'approvisionnement à plus long terme devra être prise sur la base d'une évaluation et d'une analyse professionnelles et plus approfondies des conséquences sur le plan de la santé.
7. Goût: bien que le goût ne soit pas en lui-même un problème direct pour la santé (par exemple eau légèrement saline), si l'eau salubre fournie n'a pas un goût agréable, les usagers boiront peut-être de l'eau provenant de sources risquées et mettront leur santé en danger. Ce risque existe également lorsque de l'eau chlorée est fournie, auquel cas il faut mener des activités de promotion pour veiller à ce que seules des sources salubres d'eau soient utilisées.
8. Qualité de l'eau pour les centres de santé : toute l'eau fournie aux hôpitaux, aux centres de santé et aux centres d'alimentation devra être traitée au moyen de chlore ou autre désinfectant à effet rémanent. Dans les situations où l'eau est susceptible d'être rationnée à cause de l'interruption de l'approvisionnement, le centre disposera de suffisamment de moyens d'emmagasinage de l'eau pour garantir un approvisionnement ininterrompu en eau sur la base du niveau normal d'utilisation (Cf. annexe 2).
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