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3 Élimination des excréments
L'élimination sans risques des excréments humains constitue la première barrière contre les maladies liées à ces derniers, car elle contribue à réduire la transmission directe ou indirecte. L'élimination sans risques des excréments est donc une priorité majeure, et dans la plupart des situations de catastrophe, elle doit être abordée aussi rapidement et avec des efforts aussi assidus que l'approvisionnement en eau salubre. La fourniture d'installations appropriées pour la défécation constitue l'une des mesures d'urgence essentielles pour la dignité, la sécurité, la santé et le bien-être des personnes.
Norme 1 relative à l'élimination des excréments : accès aux toilettes et nombre de toilettes Les personnes disposent d'un nombre adéquat de toilettes, suffisamment proches de leur habitation, pour leur permettre d'y accéder de façon rapide, sûre et acceptable à tout moment de la journée ou de la nuit. |
Indicateurs clés (à lire conjointement avec les notes d'orientation)
- Un maximum de 20 personnes se servent de chaque latrine (Cf. notes d'orientation 1-4).
- L'utilisation des toilettes est organisée par ménage (ou groupe de ménages) et/ou séparée pour les hommes et les femmes (Cf. notes d'orientation 3-5).
- Des toilettes séparées pour les femmes et les hommes sont disponibles dans les lieux publics (marchés, centres de distribution, centres de santé, etc.) (Cf. note d'orientation 3).
- Les toilettes communes ou publiques sont nettoyées et entretenues de façon à ce qu'elles soient utilisées par tous les usagers prévus (Cf. notes d'orientation 3-5).
- Les toilettes se situent à 50 mètres, au plus, des habitations (Cf. note d'orientation 5).
- Les toilettes sont utilisées de la façon la plus hygiénique possible, et les fèces des enfants sont éliminées immédiatement et de manière hygiénique (Cf. note d'orientation 6).
Notes d'orientation
1. Élimination sans risques des excréments: le but d'un programme d'élimination sans risques des excréments est de veiller à ce que l'environnement ne soit pas contaminé par les fèces humaines. Plus tous les groupes de la population affectée par la catastrophe y participeront, plus le programme sera susceptible de réussir. Dans les situations où il ne fait pas partie des traditions de la population d'utiliser des toilettes, il sera peut-être nécessaire de mener une campagne concertée d'éducation et de promotion afin d'encourager leur emploi et de créer une demande pour la construction de toilettes supplémentaires. Les catastrophes qui surviennent en milieu urbain et lors desquelles le système d'égouts est endommagé demanderont peut-être des solutions comme l'isolement des parties du système qui fonctionnent encore (et le déroutement des canalisations), l'installation de toilettes portables et l'utilisation de fosses septiques et de réservoirs pouvant être régulièrement vidangés.
2. Zones de défécation: durant la phase initiale d'une catastrophe, avant que des toilettes puissent être construites, il sera peut-être nécessaire de délimiter une zone pour la défécation ou pour la construction de latrines en tranchées. Ceci ne fonctionnera que si le site est correctement géré et entretenu.
3. Toilettes publiques: dans certaines situations initiales de catastrophe et dans les lieux publics où il est nécessaire de construire des toilettes à usage général, il est très important d'établir des systèmes pour le nettoyage et l'entretien satisfaisants de ces installations. Les données démographiques ventilées seront utilisées pour planifier le rapport entre le nombre de cabines réservées aux femmes et celles destinées aux hommes (d'environ 3/1). Dans la mesure du possible, des urinoirs seront prévus pour les hommes (Cf. annexe 3).
4. Toilettes communes: pour une population déplacée pour laquelle il n'y a pas de toilettes du tout, il ne sera pas toujours possible de fournir immédiatement une latrine pour 20 personnes. Dans ces cas, on peut adopter le chiffre de 50 personnes par latrine, en le réduisant à 20 dès que possible et en modifiant les dispositions de partage en conséquence. Toutes les toilettes communes doivent être dotées d'un système, mis au point avec la communauté, permettant de veiller à leur entretien et leur nettoyage. Dans certaines situations, les limites de place feront qu'il sera impossible d'arriver à ce chiffre. Dans ce cas, tout en demandant instamment un espace supplémentaire, il faudra garder à l'esprit que le but principal est de fournir et de maintenir un environnement sans fèces humaines.
5. Installations communes: dans les cas où quatre ou cinq familles se partagent une latrine, il est en général mieux entretenu, plus propre et par conséquent utilisé plus régulièrement lorsque les familles ont été consultées sur son emplacement et sa conception, lorsqu'elles sont chargées de son nettoyage et de son entretien et qu'on leur donne les moyens de le faire. Il est important d'organiser la gestion des installations partagées en collaboration avec les usagers prévus afin de décider des personnes qui auront accès aux toilettes et de la façon dont ces dernières seront entretenues et nettoyées. Il faudra faire des efforts pour donner aux personnes vivant avec le VIH/sida un accès facile à des toilettes, car elles souffrent fréquemment de diarrhée chronique et d'une mobilité réduite.
6. Fèces des enfants: il faudra accorder une attention particulière à l'élimination des fèces des enfants, lesquelles sont en général plus dangereuses que celles des adultes, car le niveau d'infection liée aux excréments est fréquemment plus élevé chez les enfants, qui manquent d'anti-corps. Les parents ou les adultes s'occupant d'eux devront y participer et il faudra concevoir des installations adaptées aux enfants. Il sera peut-être nécessaire de donner des informations aux parents ou aux personnes chargées de s'occuper des enfants sur l'élimination sans risques des fèces des bébés, et sur les bonnes pratiques quant au blanchissage de leurs couches.
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