Norme 2 relative à l'élimination des excréments : conception, construction et utilisation des toilettes Les toilettes sont situées, conçues, construites et entretenues de façon à être confortables, hygiéniques et d'utilisation sûre. |
Indicateurs clés (à lire conjointement avec les notes d'orientation)
- Les usagers (en particulier les femmes) ont été consultés et approuvent l'emplacement et la conception des toilettes (Cf. notes d'orientation 1-3).
- Les toilettes sont conçues, construites et situées de manière à ce qu'elles présentent les caractéristiques suivantes :
- elles peuvent être utilisées par toutes les sections de la population, y compris les enfants, les personnes âgées, les femmes enceintes et les personnes présentant des handicaps physiques et mentaux (Cf. note d'orientation 1) ;
- elles sont situées de manière à réduire au minimum les menaces pesant sur les usagers, en particulier les femmes et les filles, à n'importe quel moment de la journée ou de la nuit (Cf. note d'orientation 2) ;
- elles sont suffisamment faciles à maintenir propres pour inciter à l'utilisation et ne pas présenter de risques pour la santé ;
- elles donnent une mesure d'intimité conformément aux normes des usagers ;
- elles sont équipés d'un système permettant de jeter les serviettes et autres produits hygiéniques féminins, ou donnent aux femmes l'intimité nécessaire pour laver et faire sécher leurs serviettes hygiéniques en tissu (Cf. note d'orientation 4) ;
- elles réduisent au minimum la prolifération des mouches et des moustiques (Cf. note d'orientation 7).
- Toutes les toilettes construites qui utilisent une chasse d'eau ou un siphon hydraulique sont approvisionnées en eau de manière adéquate et régulière (Cf. notes d'orientation 1 et 3).
- Les latrines à fosse et les puits perdus (pour la plupart des sols) se situent à au moins 30 mètres de toute source de la nappe phréatique (source souterraine) et le fond des latrines est à au moins 1,5 mètres au-dessus du niveau hydrostatique. Les boues drainées ou débordant des systèmes de défécation ne doivent pas s'écouler dans la direction d'une source d'eau de surface ni d'une source (souterraine) peu profonde (Cf. note d'orientation 5).
- Les personnes se lavent les mains après la défécation et avant de manger et de préparer des aliments (Cf. note d'orientation 6).
- On fournit aux personnes des outils et du matériel pour la construction, l'entretien et le nettoyage de leurs propres toilettes si c'est approprié (Cf. note d'orientation 7).
Notes d'orientation
1. Installations acceptables: les programmes réussis d'élimination des excréments se basent sur une bonne compréhension des besoins divers des personnes, ainsi que sur la participation des usagers. Il ne sera peut-être pas possible de rendre toutes les toilettes acceptables pour tous les groupes, et il faudra peut-être construire des toilettes spéciales pour les enfants, les personnes âgées et les personnes handicapées, par exemple des pots, ou des toilettes dotées de cuvettes plus basses ou de mains courantes. Le type de toilettes construites dépendra des préférences et des habitudes culturelles des usagers prévus, des infrastructures déjà en place, de la disponibilité d'eau (pour les chasses d'eau et les siphons hydrauliques), des conditions du sol et de la disponibilité des matériaux de construction.
2. Installations sûres: si le choix de l'emplacement des toilettes n'est pas approprié, les femmes et les filles courent de plus grands risques d'agression, surtout la nuit. Il faut donc trouver des moyens de faire en sorte que les femmes se sentent, et soient, en sécurité lorsqu'elles utilisent les toilettes fournies. Dans la mesure du possible, les toilettes communes seront dotées d'un éclairage ou bien on fournira des torches aux familles. Il conviendra d'encourager les familles à participer à la recherche de moyens permettant d'améliorer la sécurité des usagers.
3. Toilette anale: il faut fournir de l'eau pour ceux qui s'en servent. Pour les autres, il s'agira de fournir du papier hygiénique ou d'autres produits. Il faut consulter les usagers sur les produits les plus appropriés sur le plan culturel et sur la manière de les éliminer sans risque.
4. Menstruation: les femmes et les filles qui ont leurs règles auront accès à des articles appropriés pour l'absorption et l'élimination des menstrues. On consultera les femmes sur ce qui est culturellement approprié (Cf. norme 2 relative aux articles non alimentaires).
5. Distance des systèmes de défécation des sources d'eau: les distances indiquées ci-dessus peuvent être accrues pour les roches fissurées ou le calcaire, ou réduites pour les sols légers. Lors de catastrophes, la pollution de la nappe phréatique ne sera peut-être pas une préoccupation immédiate si cette eau n'est pas consommée. Dans les environnements inondés ou affectés par une hausse du niveau de l'eau, il sera peut-être nécessaire de construire des toilettes surélevées ou des fosses septiques afin de contenir les excréments et de les empêcher de contaminer l'environnement.
6. Lavage des mains: on ne saurait surestimer l'importance de se laver les mains après la défécation et avant de manger ou de préparer des aliments. Les usagers auront à leur disposition des moyens de se laver les mains après avoir déféqué, avec du savon ou autre (de la cendre, par exemple), et on les encouragera à le faire. Il y aura une source d'eau constante près des toilettes à cet effet.
7. Toilettes hygiéniques: si les toilettes ne sont pas maintenues propres, elles peuvent devenir un foyer de transmission de maladies, et les personnes préféreront ne pas les utiliser. Elles seront plus susceptibles de rester propres si les usagers ont le sentiment d'en être les "propriétaires". On peut encourager ce sentiment au travers d'activités de promotion, en installant les toilettes à proximité des lieux où dorment les personnes, et en faisant participer les usagers aux décisions sur leur conception et leur construction, et sur les règles relatives à leur fonctionnement, leur entretien, leur suivi et leur utilisation corrects. L'entretien et la propreté des toilettes, la conception de latrines à aération améliorée (LAA) et à siphon hydraulique ou, plus simplement, l'utilisation d'un couvercle au-dessus d'un trou de défécation sont autant de mesures qui permettront de limiter la prolifération des mouches et des moustiques.
Pages vues: 9370
Seuls les utilisateurs enregistrés peuvent laisser un commentaire. SVP, connectez vous ou enregistrez vous. |