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4 Lutte antivectorielle
Un vecteur est un agent porteur de maladie, et les maladies à vecteur sont une cause importante de problèmes de santé et de mort dans de nombreuses situations de catastrophe. Les moustiques sont responsables de la transmission du paludisme, lequel est l'une des principales causes de morbidité et de mortalité. Les moustiques transmettent également d'autres maladies, comme la fièvre jaune et la fièvre dengue hémorragique. Les mouches ne piquant pas ou synanthropiques, comme la mouche domestique, la mouche calliphoride (chrysomia) et la mouche à viande, jouent un rôle important dans la transmission des maladies diarrhéiques. Les mouches qui piquent, les punaises de lit et les puces constituent un fléau douloureux et, dans certains cas, transmettent des maladies sérieuses comme le typhus et la peste. Les tiques transmettent la fièvre récurrente, de même que les poux, qui sont également porteurs du typhus. Les rats et les souris peuvent véhiculer des maladies comme la leptospirose; une espèce particulière de rats est responsable de la transmission de la fièvre Lassa. Ces rongeurs peuvent aussi être porteurs d’autres vecteurs, comme les puces, lesquelles peuvent transmettre la peste et le typhus murin.
Les maladies à vecteur peuvent être contrôlées par le biais de diverses initiatives, y compris la sélection d'emplacements appropriés et la fourniture d'abris, l'approvisionnement approprié en eau, l'élimination des excréments, la gestion des déchets solides et le drainage, la prestation de services de santé (y compris la mobilisation communautaire et la promotion des règles de santé), l'utilisation de contrôles chimiques, la protection des familles et des individus, et la protection efficace des lieux où sont entreposés les aliments. Bien que la nature des maladies à vecteur soit souvent complexe et que, pour aborder les problèmes liés aux vecteurs il soit parfois nécessaire de requérir l'aide de spécialistes, on peut en faire beaucoup pour contribuer à empêcher la propagation de ces maladies au moyen de mesures simples et efficaces, une fois que la maladie, son vecteur et leur interaction avec la population ont été identifiés.
Norme 1 relative à la lutte antivectorielle : protection des individus et des familles Toutes les personnes affectées par la catastrophe ont les connaissances et les moyens nécessaires pour se protéger des vecteurs porteurs de maladies et gênants qui sont susceptibles de représenter un risque significatif pour la santé ou le bien-être. |
Indicateurs clés (à lire conjointement avec les notes d'orientation)
- Toutes les populations courant le risque de contracter des maladies à vecteur comprennent les modes de transmission et les méthodes possibles de prévention (Cf. notes d'orientation 1-5).
- Toutes les populations ont accès à des abris dans lesquels les vecteurs ne trouvent pas refuge, qui n'encouragent pas leur prolifération et qui sont protégés par des mesures appropriées de lutte antivectorielle.
- Les personnes évitent le contact avec les moustiques durant les périodes où ils piquent le plus en utilisant tous les moyens non nocifs dont ils disposent. On accorde une attention particulière à la protection des groupes à haut risque comme les femmes enceintes et qui allaitent, les bébés, les nourrissons, les personnes âgées et les malades (Cf. note d'orientation 3).
- Les personnes qui disposent de moustiquaires traitées les utilisent efficacement (Cf. note d'orientation 3).
- Le contrôle des poux corporels est effectué lorsque la fièvre récurrente ou le typhus transmis par les poux constituent une menace (Cf. note d'orientation 4).
- La literie et les vêtements sont aérés et lavés régulièrement (Cf. note d'orientation 4).
- Les aliments sont protégés, à tout moment, de la contamination par des vecteurs comme les mouches, les insectes et les rongeurs.
Notes d'orientation
1. Définition du risque de maladie à vecteur: les décisions sur les interventions de lutte antivectorielle doivent se baser sur l'évaluation du risque de maladie potentiel, ainsi que sur les preuves cliniques d'un problème de maladie à vecteur. Parmi les facteurs qui influencent ce risque figurent:
- l'état immunitaire de la population, y compris le contact antérieur, le stress nutritionnel et autres formes de stress. Le mouvement de personnes (par exemple réfugiés, personnes déplacées à l'intérieur de leur propre pays) d'une zone non endémique à une zone endémique constitue une cause fréquente d'épidémies ;
- type et prévalence de pathogènes, aussi bien au niveau des vecteurs que des humains ;
- espèces, comportements et écologie des vecteurs ;
- nombre de vecteurs (saison, sites de reproduction, etc.) ;
- exposition accrue aux vecteurs : proximité, schéma des établissements, type d'abris, protection individuelle existante et mesures pour les éviter.
2. Indicateurs pour les programmes de lutte antivectorielle: parmi les indicateurs fréquemment utilisés pour mesurer l'impact des activités de lutte antivectorielle figurent les taux d'incidence des maladies à vecteur (tirés des données épidémiologiques, de celles fournies par la communauté et d'indicateurs de substitution, selon l'intervention) et les comptes de parasites (en utilisant des kits de diagnostic rapide ou la microscopie).
3. Mesures de protection individuelle contre le paludisme: s'il existe un risque significatif de paludisme, la prise systématique et opportune de mesures de protection, comme par exemple du matériel traité à l'insecticide, c'est-à-dire des tentes, des rideaux et des moustiquaires, est fortement recommandée. Les moustiquaires imprégnées présentent l'avantage supplémentaire de fournir une certaine protection contre les poux corporels et de tête, les puces, les tiques, les cafards et les punaises. Les vêtements à manches longues, la fumigation des habitations, les rouleaux d'encens, les sprays aérosols et les produits anti-moustiques sont parmi les autres méthodes de protection pouvant être utilisées contre les moustiques. Il est essentiel de veiller à ce que les utilisateurs comprennent l'importance de la protection et la manière d'utiliser correctement les outils pour que de telles mesures soient efficaces. Lorsque les ressources sont peu abondantes, elles seront dirigées vers les individus et les groupes courant le plus de risques, comme les enfants de moins de cinq ans, les personnes dont le système immunitaire est affaibli et les femmes enceintes.
4. Mesures de protection individuelle contre les autres vecteurs: la protection la plus efficace contre les poux corporels est une bonne hygiène personnelle et le lavage régulier des vêtements et de la literie. Les infestations peuvent être contrôlées au moyen du traitement personnel (application de poudres), de campagnes de lessive ou d'épouillage collectifs et de protocoles de traitement lorsque des personnes récemment déplacées arrivent dans un établissement humain. La propreté de l'environnement domestique, ainsi que de bonnes dispositions concernant l'enlèvement des ordures et l'entreposage des aliments, dissuaderont les rats et autres rongeurs d'entrer dans les habitations ou les abris.
5. Maladies hydriques : les personnes seront informées des risques pour la santé et devront éviter de se baigner dans des étendues d'eau lorsqu'il y a un risque connu de contracter des maladies comme la schistosomiase, le ver de Guinée ou la leptospirose (transmise par le contact avec l'urine des mammifères, en particulier celle des rats - Cf. annexe 4). Les organisations devront peut-être travailler en coopération avec la communauté pour trouver d'autres sources possibles d'eau afin de veiller à ce que l'eau destinée à toutes les utilisations soit traitée de façon appropriée.
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