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2.Groupes à risque Convertir en PDF Version imprimable

Norme 2 relative au soutien nutritionnel général: groupes à risque
Les besoins nutritionnels et de soutien des groupes à risque identifiés sont satisfaits.



Indicateurs clés (à lire conjointement avec les notes d'orientation)

  • Les nourrissons de moins de six mois sont exclusivement allaités au sein ou, dans des cas exceptionnels, ont accès à une quantité suffisante d'un substitut adéquat de lait maternel (Cf. notes d'orientation 1-2).

  • Les enfants de 6 à 24 mois ont accès à des aliments complémentaires nutritifs et énergétiques (Cf. note d'orientation 3).

  • Les femmes enceintes et qui allaitent ont accès à des nutriments et à un soutien supplémentaires (Cf. note d'orientation 4).

  • On accorde une attention particulière à la protection, à la promotion et au soutien des soins et de la nutrition des adolescentes (Cf. note d'orientation 4).

  • Une information, une éducation et une formation appropriées en matière de nutrition sont offertes aux professionnels compétents, aux personnes chargées des soins et aux organisations sur les pratiques d'alimentation des nourrissons et des enfants (Cf. notes d'orientation 1-4 et 8).

  • L'accès des personnes âgées à des aliments nutritifs et à un soutien nutritionnel appropriés est protégé, favorisé et soutenu (Cf. note d'orientation 5).

  • Les familles qui comptent en leur sein des personnes atteintes d'une maladie chronique, y compris des personnes vivant avec le VIH/sida, et des membres présentant des handicaps spécifiques ont accès à des aliments nutritifs appropriés et à un soutien nutritionnel adéquat (Cf. notes d'orientation 6-8).

  • Des systèmes basés au sein de la communauté sont en place pour assurer la prestation de soins appropriés aux individus vulnérables (Cf. note d'orientation 8).


Notes d'orientation

1. Alimentation des nourrissons: l'allaitement au sein exclusif est la manière la plus saine d'alimenter un nourrisson de moins de six mois. Les bébés qui sont allaités au sein exclusivement ne reçoivent aucune quantité d'aliments pré-lactation, d'eau, de thés ou d'aliments complémentaires. Les taux d'allaitement maternel exclusif sont en général faibles, de sorte qu'il est important de promouvoir et de soutenir l'allaitement au sein, en particulier lorsque les pratiques d'hygiène et de soins se sont détériorées et que le risque de contracter des infections est élevé. Il y a des cas exceptionnels dans lesquels un bébé ne peut pas être exclusivement allaité au sein (comme lorsque la mère est morte ou bien lorsqu'il est déjà alimenté par des moyens artificiels). Dans ces cas, il faut utiliser des quantités suffisantes d'un substitut adéquat de lait maternel, jugé selon les normes du Codex Alimentarius, et encourager la relactation si possible. Les substituts de lait maternel peuvent être dangereux du fait qu'il est difficile de les préparer dans des conditions sûres. Il ne faut en aucun cas utiliser des biberons, car ils ne sont pas hygiéniques. Les professionnels devront recevoir une formation pour assurer une protection, une promotion et un soutien adéquats concernant l'allaitement au sein, y compris la relactation. Si du lait maternisé est distribué, il faudra dispenser des conseils aux personnes chargées des soins sur la manière sûre de l'utiliser. L'achat et la distribution doivent être conformes au Code international de commercialisation de substituts de lait maternel et aux résolutions pertinentes de l'Assemblée mondiale de la santé.

2. Le VIH et l'alimentation des nourrissons: s'il n'est pas possible d'effectuer des tests volontaires et confidentiels pour le VIH/sida, toutes les mères doivent être aidées à allaiter. Il est trop risqué d'offrir des alternatives au lait maternel en cas de doute sur le statut de la mère. Si une femme a subi un test et sait qu'elle est séropositive, on recommande un moyen d'alimentation de remplacement s'il peut être administré de manière acceptable, faisable, financièrement abordable, durable et sûre. On offrira aux mères séropositives qui choisissent de ne pas allaiter leur bébé des conseils et un soutien spécifiques pendant au moins les deux premières années de la vie de l'enfant pour assurer son alimentation adéquate.

3. Alimentation des enfants en bas âge: il faudrait que l'allaitement au sein se poursuive pendant au moins les deux premières années de l'enfant. À l'âge de six mois, les jeunes enfants ont besoin d'aliments énergétiques en plus du lait maternel; on recommande que 30% du contenu énergétique de leur régime alimentaire provienne de sources de matières grasses. Lorsque les enfants de 6 à 24 mois n'ont pas accès au lait maternel, les aliments qu'ils consomment doivent suffire à satisfaire tous leurs besoins nutritionnels. Il faut faire des efforts pour conférer aux ménages les moyens et les compétences leur permettant de préparer des aliments complémentaires appropriés pour les enfants de moins de 24 mois. On y parviendra en fournissant des denrées alimentaires spécifiques, ou bien des ustensiles, du combustible et de l'eau. Lors de la vaccination contre la rougeole ou autres immunisations, il est courant d'administrer un supplément de vitamine A à tous les enfants de 6 à 59 mois. Les nourrissons et les jeunes enfants dont le poids était faible à la naissance peuvent aussi bénéficier de suppléments de fer, bien qu'il soit très difficile d'observer des protocoles quotidiens.

4. Femmes enceintes et allaitantes: parmi les risques associés à la consommation inadéquate de nutriments pour les femmes enceintes et allaitantes figurent les complications durant la grossesse, la mortalité maternelle, un poids faible de l'enfant à la naissance et des performances diminuées durant l'allaitement au sein. Les chiffres moyens de planification pour les rations générales prennent en compte les besoins supplémentaires des femmes enceintes et allaitantes. Lorsque la ration générale est inadéquate, une alimentation complémentaire peut s'avérer nécessaire pour prévenir la détérioration de leur état nutritionnel. Le fait de présenter un poids faible au moment de la conception est fortement associé à un poids faible de l'enfant à la naissance, ce qui veut dire que, lorsqu'ils existent, les mécanismes destinés à apporter un soutien nutritionnel aux adolescentes doivent être utilisés. Les femmes enceintes et allaitantes devront recevoir des suppléments quotidiens de fer et d'acide folique mais, comme dans le cas des enfants, il peut être problématique d'assurer la prise quotidienne de la dose recommandée. Il est donc important de veiller à ce que des mesures soient prises pour réduire la prévalence de carences en fer au travers d'un régime alimentaire diversifié (Cf. norme 1 relative au soutien nutritionnel général). Les femmes venant d'accoucher devront aussi recevoir de la vitamine A dans un délai de six semaines suivant l'accouchement.

5. Personnes âgées: elles peuvent être tout particulièrement affectées par les catastrophes. Parmi les facteurs de risque nutritionnels qui réduisent l'accès à la nourriture et peuvent accroître les besoins en nutriments figurent la maladie et les handicaps, le stress psychosocial, le froid et la pauvreté. Ces facteurs peuvent être exacerbés lorsque les réseaux normaux de soutien, formels ou informels, sont perturbés. Bien que les chiffres moyens pour la planification prennent en compte les besoins nutritionnels des personnes âgées, il faudra accorder une attention particulière à leurs besoins nutritionnels et de soins. Plus spécifiquement :

- les personnes âgées doivent être en mesure d'accéder facilement aux sources d'aliments (y compris ceux proposés dans le cadre de l'aide humanitaire);

- les aliments doivent être faciles à préparer et à consommer;

- les aliments doivent satisfaire les besoins supplémentaires de protéines et de micronutriments des personnes âgées.

Les personnes âgées jouent souvent un rôle important dans la prestation de soins aux autres membres du ménage et peuvent avoir besoin d'un soutien spécifique pour remplir cette fonction.

6. Personnes vivant avec le VIH/sida (PVVS): elles peuvent courir un risque plus important de malnutrition, à cause d'un certain nombre de facteurs. Parmi eux figurent la consommation réduite d'aliments du fait de la perte d'appétit ou des difficultés à manger, l'absorption médiocre des nutriments à cause de la diarrhée, des parasites ou de l'endommagement des cellules intestinales, les changements métaboliques, et les infections et maladies chroniques. Il y a des données qui indiquent que les besoins énergétiques des PVVS augmentent à chaque stade de l'infection. Les micronutriments sont tout particulièrement importants pour préserver la fonction immunitaire et promouvoir la survie. Les PVVS doivent veiller à ce qu'elles restent aussi bien nourries et saines que possible afin de retarder le commencement du sida. La mouture et la fortification de l'aide alimentaire ou la fourniture d'aliments fortifiés et composés sont parmi les stratégies possibles pour améliorer leur accès à un régime alimentaire adéquat et, dans certaines situations, il sera peut-être approprié d'augmenter la taille globale de la ration alimentaire, s'il y en a une (Cf. norme relative au ciblage).

7. Personnes handicapées: elles peuvent courir toute une gamme de risques nutritionnels susceptibles d'être exacerbés par l'environnement dans lequel elles vivent. Parmi ces risques nutritionnels figurent les difficultés à mâcher et à avaler, qui entraînent une consommation réduite d'aliments et la suffocation, une position ou posture peu appropriée pour manger, une mobilité réduite, laquelle affecte l'accès à la nourriture et à la lumière du jour (ce qui a un effet sur le bilan en vitamine D), la discrimination qui affecte l'accès à la nourriture, et la constipation, qui touche tout particulièrement les personnes atteintes de paralysie cérébrale. Les personnes handicapées sont plus susceptibles d'être séparées des membres de leur famille immédiate (et des personnes qui s'occupent normalement d'elles) lors d'une catastrophe. Il faut faire des efforts pour déterminer et réduire ces risques en veillant à leur accès physique à la nourriture (y compris celle fournie dans le cadre des secours humanitaires), en développant des mécanismes pour les aider à s'alimenter (par exemple fourniture de cuillères et de pailles, développement de systèmes de visites à domicile ou de services de proximité) et en leur fournissant des aliments très énergétiques.

8. Soins basés au sein de la communauté: les individus chargés des soins et ceux dont ils s'occupent peuvent avoir des besoins nutritionnels spécifiques, par exemple ils peuvent avoir moins de temps pour accéder aux aliments parce qu'ils sont malades/s'occupent de malades; ils peuvent avoir un besoin plus important de maintenir des pratiques d'hygiène qui peut être compromis; ils peuvent avoir moins de biens à échanger contre des aliments à cause des frais de traitement ou de funérailles; et ils peuvent être socialement stigmatisés et avoir un accès réduit aux mécanismes de soutien communautaires. La disponibilité des personnes dispensant des soins peut avoir changé suite à la catastrophe; par exemple, suite au dispersement des membres de leur famille ou à un décès, des enfants et des personnes âgées peuvent devenir les principales personnes chargées des soins. Il est important que les personnes chargées des soins soient soutenues et ne soient pas minées dans le cadre des soins dispensés aux membres des groupes vulnérables : il s'agit d'apporter un soutien et une protection en matière d'alimentation, d'hygiène, de santé et sur le plan psychosocial. On peut utiliser les réseaux sociaux existants pour dispenser une formation à des membres sélectionnés de la communauté afin qu'ils assument des responsabilités dans ces domaines.




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