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ii) Correction de la malnutrition
La malnutrition, y compris toute carence en micronutriments, est associée à un risque accru de morbidité et de mortalité pour les personnes affectées. Par conséquent, lorsque les taux de malnutrition sont élevés, il est nécessaire d'assurer un accès à des services destinés à corriger, en plus de prévenir, la malnutrition. L'impact de ces services se verra considérablement réduit s'il n'y a pas un soutien général approprié en place pour la population - par exemple, s'il y a un dysfonctionnement du système de contrôle de la filière d'approvisionnement en nourriture ("food pipeline" ou système de contrôle alimentaire), ou une insécurité alimentaire aiguë, ou encore si l'on procède à l'alimentation complémentaire sans jouir d'un soutien général pour des raisons de sécurité. Dans ces cas, le travail de plaidoyer en faveur d'un soutien nutritionnel général devra constituer un élément clé du programme (Cf. norme relative aux interventions).
Il y a de nombreuses manières d'aborder la malnutrition modérée, par exemple en améliorant la ration alimentaire générale, en renforçant la sécurité alimentaire, en favorisant l'accès aux soins de santé et à l'assainissement et l'eau potable. Lors de catastrophes, l'alimentation complémentaire ciblée est souvent la principale stratégie pour corriger la malnutrition modérée et prévenir la malnutrition grave (norme 1). Parfois, les taux de malnutrition sont si élevés qu'il peut être inefficace de cibler les personnes souffrant de malnutrition modérée ; dans ces cas, tous les individus qui satisfont certains critères définissant les personnes à risque (par exemple celles âgées de 6 à 59 mois) seront pris en charge. On parle alors d'alimentation complémentaire globale.
La malnutrition grave est corrigée au travers de soins thérapeutiques qui peuvent être dispensés selon diverses approches, dont les soins 24 heures sur 24 aux patients en consultation interne, les soins de jour et les soins à domicile (norme 2). La prestation de soins aux patients en consultation interne dépend de la réalisation des autres normes, comme la fourniture d'installations d'approvisionnement en eau et d'assainissement en bon état de marche (Cf. eau, assainissement et promotion de l'hygiène). La correction des carences en micronutriments (norme 3) dépend de la réalisation des normes relatives aux systèmes et aux infrastructures du secteur de la santé et du contrôle des maladies transmissibles (Cf. services de santé).
Norme 1 relative à la correction de la malnutrition: malnutrition modérée La malnutrition modérée est abordée.
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Indicateurs clés (à lire conjointement avec les notes d'orientation)
Dès le début, des objectifs clairement définis et convenus sont établis pour la mise en place et la clôture du programme (Cf. note d'orientation 1).
La couverture est >50% en milieu rural, >70% en milieu urbain et >90% dans les camps (Cf. note d'orientation 2).
Plus de 90% de la population cible peut faire l'aller-retour à pied en moins d'un jour, temps du traitement compris, jusqu'au centre de distribution des rations sèches établi dans le cadre des programmes d'alimentation complémentaire, et se trouve à 1 heure de marche au maximum pour les programmes d'alimentation d'appoint sur le site (Cf. note d'orientation 2).
Le pourcentage de personnes sortant des programmes d'alimentation complémentaire qui sont décédées est <3%, celui de celles s'étant rétablies est >75% et celui des personnes ayant abandonné est <15% (Cf. note d'orientation 3).
L'admission des personnes se base sur une évaluation par rapport à des critères anthropométriques internationalement acceptés (Cf. note d'orientation 4 et annexe 5).
Les programmes d'alimentation complémentaire ciblée sont liés aux structure de santé existantes, s'il y en a, et des protocoles sont suivis pour identifier les problèmes de santé et adresser les patients à des services spécialisés compétents (Cf. note d'orientation 5).
L'alimentation complémentaire se base sur la distribution de rations sèches à emporter, à moins qu'il n'y ait un raisonnement clair pour qu'elle ait lieu sur le site (Cf. note d'orientation 6).
Il y a des systèmes de suivi en place (Cf. note d'orientation 7).
Notes d'orientation
1. Conception de l'alimentation complémentaire ciblée: la conception des programmes doit se baser sur une compréhension de la complexité et de la dynamique de la situation en matière de nutrition. Les programmes d'alimentation complémentaire ciblée ne doivent être mis en œuvre que lorsque des études anthropométriques ont été menées ou sont prévues et si les causes sous-jacentes de la malnutrition modérée sont abordées simultanément. Des programmes d'alimentation complémentaire ciblée peuvent être mis en œuvre à court terme, avant la réalisation de la norme 1 relative au soutien nutritionnel général. L'objet du programme devra être clairement communiqué et discuté avec la population cible (Cf. norme relative à la participation).
2. Couverture: elle est calculée par rapport à la population cible, définie au début du programme, et elle peut être estimée dans le cadre d'une étude anthropométrique. Elle peut être affectée par l'acceptabilité du programme, l'emplacement des points de distribution, la sécurité pour le personnel et les personnes ayant besoin de traitements, les délais d'attente, la qualité des services et la fréquence des visites à domicile. Les centres de distribution doivent être proches de la population ciblée, afin de réduire les risques et les coûts associés aux déplacements sur de longues distances avec de jeunes enfants, et de limiter le risque de déplacements de population vers eux. Les communautés affectées devront prendre part à la décision sur l'emplacement des centres de distribution. La décision finale se basera sur une consultation large et sur la non-discrimination.
3. Indicateurs de sortie: les sortants d'un programme d'alimentation sont les personnes qui n'y sont plus inscrites. Le total des personnes sortantes se compose de celles qui ont abandonné, de celles qui se sont rétablies (y compris les individus adressés à des services spécialisés) et de celles qui sont décédées.
Pourcentage de sortants ayant abandonné = nombre de personnes ayant abandonné le programme x 100% nombre de sortants
Pourcentage de sortants décédés = nombre de morts dans le programme x 100% nombre de sortants
Pourcentage de sortants rétablis = nombre d'individus renvoyés guéris du programme x 100% nombre de sortants.
4. Critères d'admission: les individus autres que ceux qui satisfont les critères anthropométriques définissant la malnutrition peuvent aussi bénéficier d'une alimentation complémentaire, par exemple les personnes vivant avec le VIH/sida ou la tuberculose, ou encore les personnes handicapées. Les systèmes de suivi devront être ajustés si ces individus sont inclus. Dans les situations où les programmes d'alimentation d'urgence sont dépassés par le nombre d'individus présentant les conditions requises pour recevoir un traitement, il ne s'agira peut-être pas de la meilleure façon d'aborder les besoins de ces personnes, lesquelles continueront de courir des risques durant toute la catastrophe. Il peut s'avérer préférable d'identifier d'autres mécanismes possibles pour apporter un soutien nutritionnel à plus long terme, par exemple au travers d'un soutien communautaire à domicile ou de centres de traitement de la tuberculose.
5. Apports à la santé: les programmes d'alimentation complémentaire ciblée devront inclure des protocoles médicaux appropriés comme la fourniture de traitements anti-helminthes, la supplémentation en vitamine A et les immunisations, mais la prestation de ces services prendra en compte la capacité des services de santé existants. Dans les zones où il y a une prévalence élevée de certaines maladies (par ex. le VIH/sida), la qualité et la quantité des aliments complémentaires feront l'objet d'une attention spéciale.
6. Alimentation sur le site: on préfèrera les rations sèches à emporter, distribuées toutes les semaines ou toutes les deux semaines, à l'alimentation sur le site, mais leur taille doit tenir compte du partage qui a lieu au sein des ménages. L'alimentation sur le site ne sera envisagée que lorsque la sécurité est source de préoccupation. Lorsque le combustible, l'eau ou les ustensiles de cuisine sont peu abondants, comme au sein des populations déplacées ou en mouvement, les distributions d'aliments prêts à la consommation pourront être envisagées à court terme, pourvu qu'elles ne viennent pas perturber les habitudes traditionnelles en matière d'alimentation. Pour l'alimentation à emporter, on donnera des informations claires sur la manière de préparer les aliments complémentaires de façon hygiénique, sur la façon dont ils doivent être consommés, et quand, et sur l'importance de continuer à allaiter les enfants de moins de 24 mois (Cf. norme 3 relative à la gestion de l'aide alimentaire).
7. Systèmes de suivi: les systèmes assureront le suivi de la participation communautaire, de l'acceptabilité du programme (une bonne manière de la mesurer est d'examiner le taux d'abandon), des taux de réadmission, des quantités et de la qualité des aliments fournis, de la couverture du programme, des taux d'admission et de renvoi des programmes d'alimentation, et de facteurs externes comme les tendances de la morbidité, les niveaux de malnutrition au sein de la population, les niveaux d'insécurité alimentaire au sein des ménages et de la communauté, et la capacité des systèmes existants concernant la prestation des services. Il faudra enquêter sur les causes individuelles de réadmission, d'abandon et de non-rétablissement, ce de manière continue.
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