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2.Malnutrition grave Convertir en PDF Version imprimable
Norme 2 relative à la correction de la malnutrition: malnutrition grave
La malnutrition grave est abordée.



Indicateurs clés (à lire conjointement avec les notes d'orientation)

  • Dès le début, des objectifs clairement définis et convenus sont établis pour la mise sur pied et la clôture du programme (Cf. note d'orientation 1).

  • La couverture est >50% en milieu rural, >70% en milieu urbain et >90% dans les camps (Cf. note d'orientation 2).

  • Le pourcentage de personnes sortant des programmes de soins thérapeutiques qui sont décédées est <10%, celui des personnes rétablies est >75% et celui des personnes ayant abandonné est <15% (Cf. notes d'orientation 3-5).

  • Les critères de renvoi des programmes d'alimentation englobent les indices non anthropométriques comme un bon appétit et l'absence de diarrhée, de fièvre, d'infestation parasitaire et autres maladies non traitées (Cf. note d'orientation 4).

  • Le gain de poids moyen est >8 g par kg par personne et par jour (Cf. note d'orientation 6).

  • Les soins nutritionnels et médicaux sont dispensés conformément aux protocoles de soins thérapeutiques internationalement reconnus (Cf. note d'orientation 7).

  • On accorde autant d'attention à l'allaitement au sein et au soutien psychosocial, à l'hygiène et au travail de proximité avec la communauté qu'aux soins cliniques (Cf. note d'orientation 8).

  • Il doit y avoir au moins un auxiliaire chargé de veiller à la prise des repas pour 10 patients en consultation interne.

  • Il faut aborder les entraves à la prestation de soins aux individus souffrant de malnutrition et aux membres de leur famille qui sont affectés (Cf. note d'orientation 9).


Notes d'orientation

1. Lancement de soins thérapeutiques: parmi les facteurs à prendre en compte lors de l'ouverture de centres pour le traitement de la malnutrition grave figurent le nombre et le dispersement géographique des individus affectés, la situation en matière de sécurité, les critères recommandés pour l'établissement et la clôture des centres, et la capacité des structures de santé existantes. Les programmes d'alimentation thérapeutique ne doivent pas miner la capacité des systèmes de santé, ni permettre aux gouvernements de se démettre de leurs responsabilités de prestation de services. Dans la mesure du possible, les programmes viseront à développer et à renforcer les capacités existantes pour traiter la malnutrition grave. L'objet du programme devra être clairement communiqué et discuté avec la population cible (Cf. norme relative à la participation). Un programme de soins thérapeutiques ne devra commencer que s'il y a un plan en place pour que les patients restants, à la fin du programme, puissent finir leur traitement.

2. Couverture: elle est calculée en fonction de la population cible et peut être estimée dans le cadre d'une étude anthropométrique. Elle peut être affectée par l'acceptabilité du programme, l'emplacement des centres de traitement, la sécurité du personnel et de ceux qui nécessitent un traitement, les délais d'attente et la qualité des services.

3. Indicateurs de sortie: le délai nécessaire pour atteindre les indicateurs de sortie d'un programme d'alimentation thérapeutique est de 1 à 2 mois. Les sortants d'un programme d'alimentation sont ceux qui n'y sont plus inscrits. La population des personnes sortantes se compose de celles qui ont abandonné le programme, de celles qui se sont rétablies (y compris les personnes adressées à des services spécialisés) et de celles qui sont décédées (Cf. norme précédente, note d'orientation 3 pour la façon de calculer les indicateurs de sortie). Les taux de mortalité seront interprétés à la lumière des taux de couverture et de la gravité de la malnutrition traitée. On ne connaît pas la mesure dans laquelle les taux de mortalité sont affectés dans les situations où un important pourcentage de personnes admises sont séropositives, de sorte que les chiffres n'ont pas été ajustés pour ces situations.

4. Taux de rétablissement: une personne renvoyée (guérie) du programme d'alimentation ne doit présenter aucune complication médicale et doit être parvenue à un gain de poids suffisant, et l'avoir maintenu, (par ex. lors de deux pesages consécutifs). Les protocoles établis suggèrent des critères de renvoi qu'il faut respecter, afin d'éviter les risques associés à une sortie prématurée du programme. Les protocoles définissent également les limites pour la période moyenne que passent les patients dans des programmes d'alimentation thérapeutique, et visent à éviter de longues périodes de rétablissement (par exemple, en général, la durée du séjour est de 30 à 40 jours). Le VIH/sida et la tuberculose peuvent faire que certaines personnes souffrant de malnutrition ne se rétablissent pas. Les options pour un traitement ou des soins à plus long terme seront envisagées conjointement avec les services de santé et autres entités de soutien social et communautaire (Cf. normes 3 et 6 relatives à la lutte contre les maladies transmissibles). Les causes de la réadmission, de l'abandon et de l'absence de réaction devront être examinées et documentées de manière continue. Les individus devront faire l'objet d'un suivi, autant que possible, après leur renvoi et seront orientés vers des programmes spécialisés d'alimentation complémentaire lorsque c'est possible.

5. Taux d'abandon: ils peuvent être élevés lorsque le programme n'est pas accessible à la population. L'accessibilité peut être affectée par la distance du point de traitement par rapport à la communauté, par un conflit armé continu, par le manque de sécurité, par le degré de soutien offert à la personne administrant les soins ou à celle recevant le traitement, par le nombre de personnes chargées des soins qui restent à la maison pour s'occuper d'autres personnes à charge (il se peut qu'il soit très faible dans les situations de prévalence élevée de VIH/sida), et par la qualité des soins dispensés. Une personne qui abandonne un programme d'alimentation thérapeutique est un individu qui ne s'y présente pas depuis une période définie (par exemple depuis plus de 48 heures pour les patients en consultation interne).

6. Gain de poids: on peut arriver à des taux similaires de gain de poids chez les adultes et les enfants lorsqu'ils suivent un régime alimentaire similaire. Toutefois, les taux moyens de gain de poids peuvent occulter des situations où certains patients ne connaissent pas d'amélioration ou ne sont pas renvoyés guéris du programme d'alimentation. Des taux inférieurs peuvent être plus acceptables dans les programmes destinés aux patients en consultation externe, parce que les risques et les exigences pesant sur la communauté, par exemple sur le plan du temps, peuvent être bien moindres. Le gain moyen de poids à la sortie se calcule ainsi: (poids à la sortie (g) moins poids lors de l'admission (g))/(poids lors de l'admission (kg)) x durée du traitement (jours).

7. Protocoles: on trouvera les protocoles internationalement acceptés, y compris les définitions de l'absence de réaction, dans les références figurant en annexe 9. Pour pouvoir mettre en œuvre les protocoles de traitement, les membres du personnel clinique ont besoin d'une formation spéciale (Cf. normes relatives aux systèmes et infrastructures de santé). Les individus admis pour recevoir des soins thérapeutiques et qui subissent des tests ou sont suspectés d'être séropositifs doivent avoir un accès égal aux soins s'ils remplissent les critères d'admission. Ceci est également applicable aux cas de tuberculose. Les PVVS qui ne satisfont pas les critères d'admission requièrent souvent un soutien nutritionnel, mais la meilleure manière de l'offrir n'est pas dans le contexte d'un traitement pour une malnutrition grave dans les situations de catastrophe. Ces individus et leurs familles respectives devront être soutenus au moyen d'une gamme de services, dont des soins basés au sein de la communauté, des centres de traitement de la tuberculose et des programmes de prévention ciblant la transmission de la mère à l'enfant.

8. Soutien de l'allaitement au sein et soutien psychosocial: les mères qui allaitent ont besoin d'une attention spéciale pour les aider à assurer l'allaitement et l'alimentation optimale des nourrissons et des enfants en bas âge. Un espace réservé à l'allaitement peut être mis en place à cet effet. La stimulation affective et physique au travers du jeu est importante pour les enfants souffrant de malnutrition grave durant la période de réhabilitation. Les personnes dispensant des soins à des enfants souffrant de malnutrition grave ont souvent besoin d'un soutien social et psychosocial pour faire traiter leurs enfants. On peut y parvenir au travers de travaux de proximité et de programmes de mobilisation (Cf. norme 2 relative au soutien nutritionnel général).

9. Personnes dispensant les soins: il faut donner à toutes les personnes dispensant des soins à des individus souffrant de malnutrition grave les moyens de les alimenter et de les soigner durant le traitement, en leur offrant des conseils, des démonstrations et des informations en matière de santé et de nutrition. Les membres du personnel des programmes doivent être conscients de ce que les discussions avec les personnes chargées des soins peuvent dévoiler des violations individuelles des droits de l'homme (par ex. fait d'affamer délibérément les populations par les parties combattantes) et ils doivent suivre une formation dans les procédures destinées à faire face aux situations de ce type.


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