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1.Plan des rations Convertir en PDF Version imprimable
4 Normes minimales dans le secteur de l'aide alimentaire


Si le moyen normal qu'emploie une communauté pour accéder à la nourriture est compromis par une catastrophe (par exemple, perte des cultures due à une catastrophe naturelle, efforts délibérés pour affamer la population dans le cadre d'un conflit armé, réquisition de la nourriture par des soldats, ou déplacement forcé ou non forcé), il sera peut-être nécessaire de lancer une intervention d'aide alimentaire afin de subvenir aux besoins vitaux, de protéger ou de restaurer l'autosuffisance des personnes, et de réduire la nécessité pour elles d'adopter des stratégies d'adaptation potentiellement préjudiciables.

Chaque fois qu'une analyse détermine que l'aide alimentaire est une intervention appropriée, cette aide devra être entreprise d'une façon qui satisfait les besoins à court terme, mais aussi, dans la mesure du possible, qui contribue à restaurer la sécurité alimentaire à long terme. Les aspects suivants devront être pris en compte:

  • Les distributions générales (gratuites) ne sont introduites que lorsqu'elles sont absolument nécessaires, elles ciblent ceux qui ont le plus besoin de la nourriture, et elles cessent dès que possible.

  • Des rations sèches à préparer à domicile sont fournies dans la mesure du possible. L'alimentation en masse (fourniture de nourriture cuite consommée sur place) n'est organisée que pour une courte période initiale après une catastrophe d'envergure et soudaine ou un mouvement de population, situations dans lesquelles les personnes ne disposent pas des moyens pour cuisiner pour elles-mêmes, ou bien dans une situation d'insécurité où la distribution de rations sèches pourrait mettre les récipiendaires en situation de risque.

  • L'assistance alimentaire destinée aux réfugiés et aux personnes déplacées à l'intérieur de leur propre pays (PDIP) se base sur une évaluation préalable de leur situation et de leurs besoins, et non sur leur statut de réfugiés ou de PDIP.

  • Les denrées alimentaires ne sont importées que lorsqu'il y a un déficit à l'intérieur du pays ou aucune possibilité pratique de transférer les excédents disponibles vers la zone affectée par la catastrophe.

  • Lorsque l'aide alimentaire risque d'être réquisitionnée ou utilisée par des combattants dans un conflit armé, des mesures sont mises en place pour éviter qu'elle n'attise le conflit.

Les dispositions de distribution d'aide alimentaire doivent être tout particulièrement rigoureuses et se prêter à la reddition de comptes, étant donnés la valeur importante et le volume élevé dont il s'agit dans la plupart des programmes de secours humanitaires mis en place après une catastrophe. Les systèmes de livraison et de distribution doivent faire l'objet d'un suivi à chaque étape, y compris au niveau de la communauté. Une évaluation du programme sera effectuée régulièrement, et les conclusions en seront diffusées à toutes les parties prenantes et discutées avec elles, y compris la population affectée.

Les six normes relatives à l'aide alimentaire sont divisées en deux sous-catégories. La section "Planification de l'aide alimentaire" englobe la planification des rations, l'opportunité et l'acceptabilité de la nourriture, et son innocuité. La section "Gestion de l'aide alimentaire" traite de la manutention des aliments, de la gestion de la chaîne d'approvisionnement et de la distribution. L'annexe 8, en fin de chapitre, propose une liste de contrôle pour les aspects logistiques de la gestion de la chaîne d'approvisionnement.



L'évaluation initiale et l'analyse d'une situation d'urgence doivent identifier les propres sources de nourriture et de revenus des personnes, ainsi que toute menace éventuelle pesant sur ces sources. Elles doivent déterminer si une aide alimentaire est requise pour veiller à ce que les personnes soient en mesure de maintenir un état nutritionnel adéquat. Lorsqu'il a été établi que la distribution gratuite de nourriture est nécessaire, une ration générale appropriée doit être définie pour permettre aux ménages de pourvoir à leurs besoins nutritionnels, en tenant compte des aliments qu'ils peuvent se procurer eux-mêmes sans adopter des stratégies d'adaptation préjudiciables (Cf. norme 1 relative à l'analyse de la sécurité alimentaire, note d'orientation 3, et norme 1 relative à la sécurité alimentaire, note d'orientation 3).

Lorsqu'un programme d'alimentation complémentaire (PAC) se révèle nécessaire, une ration complémentaire appropriée doit être établie. Dans ce cas, la ration du PAC vient s'ajouter à toute ration générale à laquelle ont droit les individus (Cf. norme 1 relative à la correction de la malnutrition, note d'orientation 1).

Dans tous les cas, les denrées fournies doivent être choisies avec soin, dans le cadre d'une consultation avec la population affectée. Elles doivent être de bonne qualité, sans risques pour la consommation, et appropriées et acceptables pour les récipiendaires.


Norme 1 relative à la planification de l'aide alimentaire: planification des rations
Les rations destinées aux distributions générales de nourriture sont conçues pour combler la lacune entre les besoins de la population affectée et ses propres ressources alimentaires.



Indicateurs clés (à lire conjointement avec les notes d'orientation)

  • Les rations destinées à la distribution générale sont conçues sur la base des exigences standard de la planification initiale concernant la valeur énergétique, les protéines, les matières grasses et les micronutriments, exigences qui peuvent être ajustées au besoin selon la situation locale (Cf. note d'orientation 1; Cf. également normes relatives au soutien nutritionnel général, et annexe 7).

  • La ration distribuée réduit ou élimine la nécessité pour les personnes affectées par la catastrophe d'adopter des stratégies d'adaptation préjudiciables.

  • Lorsque c'est utile, la valeur de la ration sur le plan du transfert économique est calculée et est appropriée pour la situation locale (Cf. note d'orientation 2).


Notes d'orientation

1. Besoins nutritionnels: lorsque les personnes ont été déplacées et n'ont accès à aucun aliment, la ration distribuée doit satisfaire la totalité de leurs besoins nutritionnels. Cependant, la plupart des populations affectées par une catastrophe sont en mesure de se procurer quelques aliments par leurs propres moyens. Les rations devront donc être planifiées de manière à combler l'écart entre les besoins nutritionnels et ce que les personnes peuvent se procurer
elles-mêmes. Ainsi, si le besoin standard est de 2.100 kcal/personne/par jour, et que l'évaluation initiale détermine que les membres de la population cible peuvent, en moyenne, se procurer 500 kcal/personne/jour par leurs propres efforts ou ressources, la ration devra être conçue pour fournir 2.100 - 500 = 1.600 kcal/personne/jour. Des calculs similaires seront effectués pour ce qui est des matières grasses et des protéines. Des estimations convenues doivent être établies pour les quantités moyennes de nourriture auxquelles les personnes ont accès (Cf. norme relative à l'évaluation initiale de la sécurité alimentaire).


2. Contexte économique: lorsqu'il y a peu ou pas de nourriture disponible et que l'on peut s'attendre à ce que les personnes consomment toute (ou presque toute) la nourriture distribuée, la ration sera conçue strictement sur la base de critères nutritionnels, en prenant en compte les questions d'acceptabilité et le rapport coût-efficacité. Lorsque d'autres aliments sont disponibles et que l'on peut s'attendre à ce que les bénéficiaires échangent une partie de leur ration contre ces aliments, la valeur de transfert de la ration acquiert une importance. La valeur de transfert est la valeur de la ration sur le marché local, c'est-à-dire ce qu'il coûterait d'acheter les mêmes quantités des mêmes aliments sur le marché local.


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