Norme 2 relative à la gestion de l'aide alimentaire: gestion de la chaîne d'approvisionnement Les ressources d'aide alimentaire (denrées et fonds de soutien) sont bien gérées, au moyen de systèmes transparents et réceptifs aux besoins.
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Indicateurs clés (à lire conjointement avec les notes d'orientation)
Les ressources d'aide alimentaire parviennent aux bénéficiaires prévus.
Les capacités et les infrastructures logistiques relatives à la gestion de la chaîne d'approvisionnement (GCA) au niveau local sont évaluées, et un système de GCA coordonné et efficace est établi, en utilisant la capacité locale lorsque c'est possible (Cf. notes d'orientation 1-2).
Dans le cadre de l'évaluation, on examine la disponibilité de denrées alimentaires obtenues au niveau local (Cf. note d'orientation 3).
L'octroi de contrats pour les services de GCA est transparent, juste et ouvert (Cf. note d'orientation 4).
Le personnel, à tous les niveaux du système de GCA, a suivi une formation adéquate et observe les procédures relatives à la qualité et l'innocuité de la nourriture (Cf. note d'orientation 5).
Des systèmes appropriés financiers, d'inventaire et de présentation de rapports sont en place pour assurer la reddition de comptes à tous les niveaux du système de GCA (Cf. notes d'orientation 6-7).
On prend soin de réduire les pertes au minimum, notamment dues au vol, et on rend compte de toutes les pertes éventuelles (Cf. notes d'orientation 8-10).
Le système de contrôle de la filière d'approvisionnement en nourriture ("food pipeline") fait l'objet d'un suivi et d'une gestion de manière à éviter toute interruption de la distribution (Cf. note d'orientation 11).
Des informations sur les performances de la chaîne d'approvisionnement sont fournies à toutes les parties prenantes, ce de manière régulière (Cf. note d'orientation 12).
Notes d'orientation
1. Gestion de la chaîne d'approvisionnement (GCA): il s'agit d'une approche intégrée de la logistique en matière d'aide alimentaire. Elle commence par le choix des denrées et se poursuit par la recherche de fournisseurs, l'achat, l'assurance de la qualité, l'emballage, l'expédition, le transport, l'entreposage, la gestion de l'inventaire, l'assurance, etc. La chaîne fait intervenir de nombreux acteurs différents, et il est important que leurs activités soient coordonnées. Des pratiques appropriées de gestion et de suivi devront être adoptées pour veiller à ce que toutes les denrées soient sauvegardées jusqu'à leur distribution aux ménages récipiendaires.
2. Utilisation des services locaux: on effectuera une évaluation de la disponibilité et de la fiabilité des capacités locales avant de rechercher des fournisseurs en dehors de la zone. Des transporteurs et transitaires locaux ou régionaux ayant bonne réputation peuvent être engagés pour fournir des services de logistique. Ces agents sont dotés de connaissances précieuses sur les règlements, les procédures et les services locaux, et peuvent contribuer à garantir la conformité avec les lois du pays d'accueil, tout en accélérant les opérations de livraison.
3. Recherche de fournisseurs locaux ou importation: il faut évaluer la disponibilité des denrées alimentaires au niveau local, et les conséquences pour les systèmes de production et des marchés locaux de l'achat de nourriture à des fournisseurs locaux ou importée (Cf. norme relative à l'évaluation initiale et à l'analyse de la sécurité alimentaire, norme 2 relative à la sécurité alimentaire, et norme 4 relative à la sécurité alimentaire). Lorsqu'il y a plusieurs organisations différentes engagées dans la fourniture de nourriture, la recherche de fournisseurs locaux, y compris pour l'achat des produits de base, sera aussi coordonnée que possible. Parmi les autres sources de denrées alimentaires à l'intérieur du pays figureront éventuellement des prêts ou réaffectations provenant de programmes d'aide alimentaire existants ou de réserves céréalières nationales, et des prêts de fournisseurs commerciaux, ou des échanges avec ceux-ci.
4. Impartialité: des procédures de passation de contrat justes et transparentes sont essentielles pour éviter tout soupçon de favoritisme ou de corruption. Les emballages de l'aide alimentaire ne porteront aucun message politiquement ou religieusement motivé, ni de nature à causer une discorde.
5. Compétences et formation: il faudra mobiliser des praticiens de la GCA et des responsables de l'aide alimentaire expérimentés pour mettre sur pied le système de GCA et former le personnel. Parmi les types de connaissances spécialisées utiles figurent la gestion des contrats, la gestion du transport et de l'entreposage, la gestion des inventaires, l'analyse du "food pipeline" (système de contrôle de la filière d'approvisionnement en nourriture) et la gestion de l'information, le suivi des cargaisons, la gestion des importations, etc. Lorsqu'une formation est dispensée, elle englobera le personnel des organisations partenaires.
6. Présentation de rapports: la plupart des donateurs d'aide alimentaire ont des exigences spécifiques relatives à la présentation de rapports; les responsables de la chaîne d'approvisionnement devront être au fait de ces exigences et établir des systèmes qui y répondent, tout en satisfaisant les besoins de la gestion quotidienne. Il s'agira entre autres de signaler rapidement tout retard ou écart dans la chaîne d'approvisionnement. Les informations sur le "food pipeline" et autres rapports de GCA seront diffusés de manière transparente.
7. Documentation: un stock suffisant de documentation et de formulaires (récépissés, livres d'inventaire, formulaires de comptes rendus, etc.) sera disponible dans tous les lieux où l'aide alimentaire est reçue, entreposée, et/ou expédiée afin de maintenir une piste de vérification documentée des transactions.
8. Entreposage: des entrepôts dédiés (exclusivement destinés à la nourriture) sont préférables à des installations partagées. Lors de la sélection d'un entrepôt, il faut établir qu'aucun produit dangereux n'a précédemment été entreposé à cet endroit et qu'il n'y a pas de risque de contamination. Parmi les autres facteurs à prendre en compte figurent la sécurité, la capacité, la facilité d'accès, la solidité (du toit, des murs, des portes et du sol) et l'absence de risque d'inondation.
9. Élimination des denrées impropres à la consommation humaine: les denrées endommagées devront être contrôlées par des inspecteurs qualifiés, comme des médecins, des laboratoires de santé publique, etc. pour les certifier comme propres ou non à la consommation humaine. Parmi les méthodes d'élimination des denrées inadaptées figureront éventuellement leur vente pour en faire des aliments pour animaux, l'enfouissement ou l'incinération. Dans le cas de leur transformation éventuelle en aliments pour animaux, il faut obtenir la certification que la denrée est adaptée à cet usage. Dans tous les cas, il faut veiller à ce qu'aucune des denrées impropres ne réintègre la chaîne d'approvisionnement alimentaire humaine ou animale, et à ce que leur élimination ne nuise pas à l'environnement ni ne contamine les sources d'eau environnantes.
10. Menaces pesant sur la chaîne d'approvisionnement: dans une situation de conflit armé, il est possible que l'aide alimentaire soit pillée ou réquisitionnée par les parties combattantes; il faut donc prendre en considération la sécurité des itinéraires de transport et des entrepôts. Dans toutes les situations de catastrophe, il existe un potentiel de pertes dues au vol, ce à tous les niveaux de la chaîne d'approvisionnement ; par conséquent, il est recommandé de mettre en place et de surveiller des systèmes de contrôle à tous les points d'entreposage, de transfert et de distribution afin de réduire ce risque au minimum. Des systèmes internes de contrôle devront assurer la division des obligations/responsabilités afin de réduire le risque de collusion. Les stocks seront vérifiés régulièrement afin de détecter tout détournement de nourriture. Si un détournement est découvert, des mesures seront prises non seulement pour s'assurer de l'intégrité de la chaîne d'approvisionnement, mais aussi pour analyser et aborder les conséquences plus générales sur les plans politique et de la sécurité (conflit armé attisé par le détournement de stocks, par exemple).
11. Analyse du système de contrôle de la filière d'approvisionnement en nourriture ("food pipeline"): il faut effectuer une analyse régulière du "food pipeline" et partager les informations utiles sur les niveaux de stock, les arrivages prévus, les distributions, etc. parmi toutes les entités intervenant dans la chaîne d'approvisionnement. Le "pistage" (ou tracking) et la prévision régulières des niveaux de stock tout le long de la chaîne d'approvisionnement devraient mettre en lumière les manques ou problèmes anticipés suffisamment à l'avance pour que l'on puisse trouver des solutions.
12. Fourniture d'informations: il faudra envisager d'utiliser les médias locaux ou les méthodes traditionnelles de diffusion des nouvelles afin de maintenir la population informée de l'approvisionnement en nourriture et des opérations. On renforcera ainsi la transparence. On pourra s'assurer le concours des groupes de femmes pour contribuer à fournir à la communauté des informations sur les programmes d'aide alimentaire.
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