Rapport sur les consultations menées pour informer les décisions sur
L’avenir de Sphère après 2004

Mai 2004
Bureau du Projet Sphère

 

TABLE DES MATIERES

1. Résumé

1.1 Vue d’ensemble
1.2 Principales conclusions
1.2.1 Faut-il maintenir le Projet Sphère ?
1.2.2 Sphère, ses produits, ses services et son soutien
1.2.3 Structures potentielles pour Sphère à l’avenir
1.2.4 Financement
1.2.5 Durée
1.2.6 Le soutien de Sphère à l’amélioration de la qualité et de la responsabilité de l’aide humanitaire
1.3 Options pour l’avenir
1.3.1 Faut-il maintenir le Projet Sphère ?
1.3.2 Structures potentielles pour Sphère à l’avenir
1.3.3 Activités
1.3.4 Financement

2. Remerciements

3. Contexte

4. Buts et objectifs

5. Approche et méthodologie

5.1 Participants
5.2 Réunions de consultation
5.3 Interviews semi-structurées
5.4 Forum de discussion en ligne, en collaboration avec Aid Workers Network (AWN)
5.5 Consultations au niveau des communautés
5.6 Analyse de l’utilisation du temps du personnel du Projet et analyse de l’utilisation du site Internet (www.sphereproject.org)
5.7 Promotion du processus de consultation

6. Compilation et analyse des données

7. Analyse du processus de consultation

8. Résultats de l’analyse

8.1 Faut-il maintenir le Projet Sphère?
8.2 Produits et services du Projet Sphère
8.2.1 Le Manuel Sphère, Chartre Humanitaire et normes minimales pour les interventions lors de catastrophes
8.2.2 Les formations Sphère
8.2.3 Le site Internet
8.2.4 Les vidéos
8.3 Structures potentielles pour Sphère à l’avenir
8.3.1 Indépendance ?
8.3.2 Orientations politiques et direction
8.3.3 Structures
8.4 Financement
8.5 Durée
8.6 Le Projet Sphère et l’amélioration de la qualité et de la responsabilité de l’assistance humanitaire
8.6.1 Poursuite de la diffusion et de l’institutionnalisation, surtout auprès des communautés locales et des gouvernements
8.6.2 Relations avec d’autres initiatives en matière de qualité et de responsabilité de l’action humanitaire
8.6.3 Evaluation et suivi de l’utilisation et de l’impact de Sphère
8.6.4 Sphère en tant que langage commun dans le domaine de la qualité et de la responsabilité
8.6.5 Sphère en tant qu’approche basée sur les droits

9. Annexes


1. Résumé

1.1 Présentation
Le Projet Sphère a été mis sur pied en 1997 par un groupe d’ONG humanitaires conjointement avec le mouvement de la Croix Rouge et du Croissant Rouge. Sphère se fonde sur deux convictions essentielles : premièrement, que toutes les mesures possibles devraient être entreprises pour atténuer les souffrances humaines résultant des calamités et des conflits, et deuxièmement que les personnes touchées par une catastrophe ont le droit de vivre dignement et ont en conséquence, le droit à l’assistance.

Le Manuel Sphère – Charte humanitaire et normes minimales pour les interventions lors de catastrophes – établit une série de normes minimales, d’indicateurs et de consignes à utiliser dans le cadre de situations d’urgence humanitaire. L’édition 2004, révisée du Manuel est le produit de 18 mois de travail et représente la participation de plus de 4.000 personnes appartenant à 400 organisations dans 80 pays différents.

Avec en perspective la fermeture, fin 2004, du Projet Sphère sous sa forme actuelle, identifier des mécanismes permettant de pérenniser et de développer les acquis du Projet au-delà de 2004 s’est avéré une priorité-clé de la phase finale d’activité (Phase III et Extension, d’octobre 2003 à décembre 2004). Dans le but d’informer les décisions du Comité de gestion sur la meilleure façon d’y parvenir, il a été décidé qu’un processus de consultation devrait être mené pour permettre à toutes les personnes concernées par Sphère de faire entendre leur opinion.

Ceux qui ont entrepris le processus de consultation ont clairement fait comprendre à leurs interlocuteurs que le but de cet exercice était de recueillir des données et d’entendre différentes perspectives émanant d’une gamme variée de parties prenantes mais que la prise de décision restait la prérogative du Comité de gestion du Projet Sphère qui délibérera de juin à septembre 2004.

Le processus de consultation s’est déroulé entre février et avril 2004. Un peu plus de 400 personnes (cf. section 5.1 pour plus de détails) y ont participé par le biais de réunions de consultation, d’interviews et/ou du forum de discussion en ligne géré par Aid Workers Network.

Les deux premières parties de ce rapport présentent les principales conclusions des consultations, ainsi que les options possibles pour l’avenir, telles qu’elles sont apparues à l’issue de ce processus. Les buts, les objectifs et les principales questions soulevées lors des consultations sont traitées dans la section 4, alors que l’approche et la méthodologie employées sont décrites dans la section 5. La compilation et l’analyse des données sont détaillées dans la section 6 et c’est le processus de suivi qui est analysé dans la section 7. Dans la section 8, les conclusions sont présentées de manière détaillée en indiquant la relation de chacune d’entre elles avec la question-clé correspondante.

1.2 Principales conclusions
Les conclusions principales du processus de consultation sont exposées dans cette section. Ces conclusions sont basées sur les questions-clés qui ont été posées lors du processus de consultation (cf. section 4) et regroupées selon les titres utilisés dans la section 8 de ce document. Sur la base de ces conclusions, une série d’options principales à prendre en considération pour déterminer l’avenir de Sphère ont été formulées dans la section 1.3.

1.2.1 Faut-il maintenir le Projet Sphère?
Les consultations ont révélé qu’une majorité écrasante de personnes s’est prononcée en faveur du maintien de Sphère sous une forme ou une autre (cf. détails dans la section 8.1). Différents aspects de Sphère ont été identifiés comme précieux et sont énumérés en détail dans les sections suivantes. A ce stade, une vaste majorité de personnes interrogées se montre convaincue qu’il faut maintenir le Projet Sphère. Seules 3 personnes sur plus de 400 personnes ayant participé (0.75%) à la consultation ont exprimé une opinion négative par rapport à Sphère.

Plusieurs personnes interrogées ont fait remarquer que le Projet Sphère n’avait été opérationnel que pendant 4 ans et qu’ils considéraient cette période comme courte comparée au but du projet d’améliorer la qualité de l’assistance humanitaire à travers la mise en place et l’usage de normes et d’indicateurs. Même dans le cas des grosses organisations, précurseurs de ‘l’institutionnalisation’, de nombreuses personnes ont relevé la quantité de travail qu’il reste encore à effectuer pour obtenir une utilisation plus cohérente et plus effective de Sphère. Les changements fréquents de personnel et les emplois du temps surchargés caractéristiques du travail humanitaire ont été cités comme raisons pour expliquer ces insuffisances.

Au niveau local, les ONG et les gouvernements qui ne connaissent pas Sphère sont encore nombreux. Les personnes interrogées ont affirmé que les exemples d’endroits où l’application de Sphère avait été discutée avec les communautés étaient encore peu nombreux. Ce qui semble indiquer que, jusqu’ici, les progrès en matière de responsabilité envers les personnes touchées par les catastrophes sont encore insuffisants. Il est important de prendre en considération cette question de la durée, dans la mesure où les ONG ont fréquemment une attitude critique face au financement de projets à court terme (3 à 5 ans) parce qu’il s’agit d’une période de temps inadaptée qui ne permet pas aux principales parties prenantes de s’approprier et d’intégrer durablement les idées et les concepts nouveaux. C’est une préoccupation du même ordre que les ONG semblent avoir identifiée en ce qui concerne Sphère.

Il ressort nettement que les effets positifs que Sphère a eu jusqu’ici ne doivent surtout pas être gâchés, et qu’au contraire, il convient de s’en servir pour progresser. Les personnes consultées semblaient convaincues que, sans une structure destinée à soutenir les révisions du Manuel et à promouvoir son utilisation effective, les progrès accomplis à ce jour en viendraient à se déliter et que Sphère ne serait qu’un livre de plus condamné à rester sur les étagères. La grande majorité des participants au processus de consultation considère qu’une telle perspective serait une perte pour la communauté humanitaire du fait de la valeur intrinsèque attachée à Sphère.

1.2.2 Le Projet Sphère, ses produits, ses services et son soutien

a) Le Manuel Sphère
Comme exposé dans la section 8.2.1, c’est le Manuel de Sphère, Charte humanitaire et normes minimales pour les interventions lors de catastrophes, qui a engrangé le soutien le plus conséquent (74% des participants au processus de consultation ont exprimé leur soutien au Manuel). Il est considéré comme l’essence même de Sphère et il est perçu comme très précieux. Une valeur considérable est attachée à sa capacité à fournir un point de référence et un ‘langage’ commun pour faciliter la coordination entre les différents acteurs du milieu humanitaire. C’est dans ce sens que la contribution de Sphère en terme d’amélioration de la qualité des interventions humanitaires est perçue comme la plus significative. Il est important de souligner que cet aspect spécifique a été relevé entre autres par des personnes consultées au Timor Oriental à qui le Manuel était présenté pour la première fois.

De nombreuses personnes consultées ont rapporté que le Manuel était considéré comme un document ‘vivant’ qui a besoin d’être mis à jour régulièrement. Pendant les consultations, la version 2004 révisée a reçu de manière générale un accueil favorable, particulièrement l’importance donnée à la contextualisation des situations (‘questions transversales’).

Au sujet de la fréquence avec laquelle le Manuel devrait être mis à jour, la périodicité la plus fréquemment mentionnée pour de futures révisions était toutes les quelques années (entre 3 et 5). A la lumière de cette information, il apparaît important de ne pas prévoir de nouvelle révision dans l’immédiat mais plutôt de concentrer les efforts sur une dissémination et une utilisation plus large du Manuel.

Pour atteindre ce but, les personnes consultées ont insisté sur la nécessité d’améliorer l’accessibilité du Manuel à tous les usagers potentiels. Une série de suggestions a été fournie sur la manière d’y parvenir. A continuation se trouvent quelques unes des suggestions qui ont été avancées :

• Traductions dans le plus de langues possibles ;
• Production d’éditions moins coûteuses ;
• Production de formats plus maniables, par exemple des versions format poche pour le terrain ;
• Création de versions plus graphiques, avec un langage simplifié à l’intention des personnes du terrain et des communautés locales.

L’importance de pouvoir disposer du Manuel sous forme de livre, par opposition à une version électronique sur CD ou sur le site Internet, a également été soulignée. La version livre était généralement considérée comme beaucoup plus accessible et plus susceptible d’être utilisée sur le terrain.

En ce qui concerne les futures révisions du Manuel, deux aspects à développer ont plus particulièrement fait l’objet de commentaires de la part des personnes consultées. Parmi les domaines sectoriels, l’éducation est perçue comme ce qui est le domaine à étoffer prioritairement dans une version future. D’autre part, la possibilité d’adapter les indicateurs pour leur conférer plus de pertinence au niveau régional, a été mentionnée à plusieurs reprises comme un changement utile.

b) Formation
Comme le prouvent les commentaires de la section 8.2.2, une très forte demande pour une poursuite de la formation a été exprimée. Le besoin d’insister davantage sur l’importance des ateliers de formation de Sphère (cours de base d’une demi journée à trois journées sur l’utilisation de Sphère) par rapport aux cours de formation des formateurs/FdF (cours de huit jours pour former des gens capables ensuite d’animer d’autres formations) a été fortement souligné. 44% des participants au processus de consultation ont manifesté qu’il soutiennent le maintien des ateliers Sphère. Les personnes consultées considéraient qu’un plus grand nombre d’utilisateurs du Manuel devraient avoir accès à une formation pratique et appropriée à leur contexte, de manière à pouvoir utiliser le Manuel avec plus d’efficacité. Le sentiment était donc que les cours de formation devraient être mieux ciblés, qu’ils devraient avoir lieu à différents niveaux, particulièrement au niveau national, et qu’ils devraient inclure les agences gouvernementales, les ONG et les communautés locales.

Une augmentation des cours de formation, tels qu’identifiés ci-dessus, implique la nécessité de pouvoir compter sur un nombre accru de personnes ayant déjà suivi avec succès un cours de FdF pouvant prendre en charge des cours de formation. Il a été mentionné que les personnes ayant assisté à une FdF trouvent parfois difficile d’obtenir le soutien de leur organisation, particulièrement en terme de disponibilité et de ressources pour pouvoir organiser des formations Sphère. L’établissement d’un réseau actif de personnes ayant participé à une FdF et d’experts disposés à faire de la formation a été proposé pour résoudre ce problème. La possibilité de rétablir une fonction au bureau central de Sphère capable d’assurer la prise en charge de ces cours d’une demi-journée à trois journées a également été contemplée.

La question de la garantie de la qualité des formations de Sphère a également été évoquée, et il apparaît évident que c’est un point qu’il faudra traiter dans le cadre de l’avenir de Sphère. Certaines personnes consultées ont proposé une approche unique qui consisterait à se concentrer sur la qualité du matériel, alors que d’autres étaient en faveur d’un contrôle plus rigoureux, éventuellement sous la forme d’une accréditation des formateurs par un organisme centralisé de formation.

c) Site Internet du Projet Sphère http://www.sphereproject.org
Le site Internet est considéré comme une ressource très utile de Sphère, et il ressort qu’il devrait être maintenu, comme cela est souligné dans la section 8.2.3 (35% des participants à la consultation ont affirmé qu’il soutenait la poursuite du site Internet). Les personnes consultées ont affirmé que même si les utilisateurs de Sphère n’avaient pas tous une possibilité d’accès à Internet, l’accès était en augmentation constante et qu’il existait donc encore un potentiel de développement pour ce service. Le site Internet pourrait se transformer en un forum permettant d’encourager les pratiques éprouvées avec si possible une part d’interactivité. C’est un aspect qui pourrait être développé en prenant comme point de départ l’expérience des discussions en ligne sur l’avenir de Sphère qui ont eu lieu sur le site de Aid Workers Network et qui ont démontré que les utilisateurs de Sphère trouvent très intéressant de pouvoir partager leurs expériences et leurs idées sur Internet.

d) Vidéos Sphère
La section 8.2.4 révèle que plusieurs personnes consultées ont mentionné le matériel vidéo comme utile. En particulier, la vidéo de 9 minutes d’introduction à Sphère est toujours perçue comme un outil efficace qui devrait être maintenu. Cependant, d’autres personnes consultées ont insisté sur le fait que le matériel audiovisuel n’était ni très utile ni très pertinent dans leur pays ou dans leur contexte régional. L’élaboration de ce type de matériel n’aurait donc pas lieu de faire partie des activités de Sphère à l’avenir.

1.2.3 Structures potentielles pour Sphère à l’avenir
L’opinion selon laquelle Sphère devrait conserver son indépendance vis à vis à toute organisation ou donateur (cf. section 8.3.1 pour plus de détails) a été émise par une majorité écrasante de personnes consultées. L’indépendance, comprise selon ces termes, est considérée comme un élément-clé du succès de Sphère à ce jour car elle permet une position plus marquée dans la défense des idées et une plus grande liberté d’action. C’est une force qui devrait être maintenue pour l’avenir. Une telle indépendance n’exclut pas qu’une organisation plus importante en taille puisse continuer à héberger Sphère.

Comme indiqué sous la section 8.3.2, pratiquement tous ceux qui ont exprimé une opinion sur l’organe de gouvernance de Sphère ont déclaré qu’il devrait être plus inclusif et qu’il devrait mieux représenter ceux qui utilisent Sphère dans la pratique. Cela impliquerait d’y faire participer une gamme plus large d’ONG, particulièrement des ONG ‘non occidentales’ ainsi que peut-être des donateurs et des agences des Nations Unies (73% des personnes consultées ayant exprimé une opinion sur le Comité de gestion étaient en faveur d’un élargissement de sa base). Un système d’élection au Comité ou d’alternance des membres sont des mécanismes qui ont été envisagés. La possibilité d’établir, en parallèle avec l’organe de gouvernance de Sphère, un comité consultatif incluant des donateurs et des représentants des Nations Unies a également été soulevée.

De nombreuses personnes consultées ont manifesté le sentiment qu’à l’avenir les opérations et le processus de fonctionnement du Comité de gestion de Sphère devraient garantir plus de transparence dans la manière dont les décisions sont prises. Plusieurs personnes ont indiqué qu’elles pensaient que les informations concernant le budget devrait être publiées sur le site Internet. A également été soulevée la nécessité d’une meilleure circulation des informations au niveau des réseaux des membres du Comité. Par exemple, certaines personnes travaillant pour des organisations qui sont représentées au Comité de gestion ont été surprises de ne pas avoir été avisées du processus de consultation par leur propre organisation plutôt que directement par le Bureau du Projet Sphère.

En ce qui concerne les autres structures de Sphère pour l’avenir, les personnes consultées se sont très largement montrées en faveur d’un petit bureau central (par là elles entendaient 1 à 3 personnes) afin de garantir à Sphère un certain degré de cohésion, de continuité et de légitimité (72% des personnes consultées qui ont exprimé une opinion sur les structures de Sphère se sont prononcées en faveur d’un bureau central). Selon les personnes interrogées, un tel bureau servirait à fournir l’élan extérieur nécessaire et pourrait agir comme point de référence et comme une sorte de point central à partir duquel Sphère pourrait se développer. Recommander le maintien d’un bureau strictement Sphère était également une manière de reconnaître le manque de disponibilités des employés à l’intérieur des organisations concernées.

De nombreux participants sont favorables à l’idée d’établir des ‘points de contact’ Sphère au niveau régional et national. Les participants n’ont pas précisé la forme de ces éventuels points de contact, mais ils sont nombreux à s’être référés à la possibilité de s’appuyer sur des réseaux et des organisations déjà existants. Le besoin de concentrer plus d’efforts au niveau national et régional a été soulevé et paraît important pour apporter le soutien nécessaire à une utilisation optimale de Sphère dans des contextes spécifiques. Il s’agit de mieux adapter les informations destinées aux utilisateurs de Sphère à l’endroit où ils travaillent. Combiner des points de contact nationaux et régionaux avec un bureau central, assorti d’un gros effort sur la circulation des informations entre les différents niveaux de manière à favoriser une amélioration de l’apprentissage et de la qualité, est une solution qui a semblé retenir l’attention de nombreuses personnes.

1.2.4 Financement
La majorité des personnes consultées (57% des personnes qui ont exprimé une opinion concernant le financement) ont manifesté qu’elles étaient en faveur du maintien de la situation actuelle, c'est-à-dire un financement provenant à la fois d’ONG et de donateurs (tel que décrit sous 8.4). Il a été souligné que les ressources requises pour Sphère à l’avenir justifieraient ce type de financement combiné : il ne serait pas réaliste d’attendre des ONG qu’elles soutiennent à elles seules le niveau d’investissement nécessaire à l’ensemble des activités envisagées. Une certaine vigilance serait cependant nécessaire pour éviter la possibilité qu’un donateur acquiert une influence excessive. Dans ce sens, c’est toute une gamme de donateurs potentiels qui a été citée, y compris certaines agences des Nations Unies. La possibilité qu’un bureau central jouant un rôle de coordination en matière de financement a été soulevée de manière à éviter, par exemple, que les mêmes donateurs ne soient sollicités à plusieurs reprises pour financer des activités de Sphère dans différents endroits du monde.

Une proportion moins importante de ceux qui ont exprimé une opinion sur le financement de Sphère a dit préférer l’idée d’un financement entièrement couvert par les ONG. Il a été souligné que dans ce cas les principaux utilisateurs de Sphère auraient un sentiment encore plus fort que le Projet leur appartient. De la même manière, la possibilité de graduer le niveau des cotisations et d’accepter des contributions en nature (comme par exemple des heures de travail, des traductions du Manuel, etc.) a été soulevée pour permettre à des organisations aux ressources moins importantes d’apporter leur contribution au financement de Sphère.

1.2.5 Durée
Les personnes consultées qui ont exprimé une opinion sur la structure que Sphère devrait prendre à l’avenir (cf. section 8.4 pour plus de détails), ont affirmé dans leur grande majorité qu’il ne fallait pas fixer d’échéance à Sphère, c'est-à-dire que le projet devrait être maintenu aussi longtemps qu’il existe un besoin d’améliorer la qualité et la responsabilité de l’assistance humanitaire. Ces mêmes participants ont émis l’avis que des passages en revue réguliers seraient nécessaires pour évaluer dans quelle mesure Sphère continue à remplir des besoins réels. Dans cette logique, il faudrait fermer Sphère dès le moment où ces besoins ne sont plus remplis.

Quelques participants ont proposé que Sphère soit maintenu pour une durée limitée et ont suggéré qu’une stratégie claire et des indicateurs soient élaborés pour déterminer un calendrier. Ce groupe considérait qu’il conviendrait de déterminer la clôture de Sphère en fonction de l’atteinte d’indicateurs donnés, et que les périodes d’extension devraient dépendre du résultat de ces évaluations.

1.2.6 Le Projet Sphère et l’amélioration de la qualité et de la responsabilité en matière d’assistance humanitaire
La plupart des personnes qui ont exprimé une opinion sur la manière dont Sphère pourrait contribuer plus efficacement à l’amélioration de la qualité et de la responsabilité, avait la conviction que la meilleure manière d’y parvenir était de poursuivre l’orientation actuelle basée sur la promotion de Sphère et son ‘institutionnalisation’, c'est-à-dire de continuer à soutenir une incorporation efficace de Sphère aux politiques et à la pratique des agences humanitaires. Cette priorité est toute aussi valable pour les agences dans lesquelles une intégration de Sphère est déjà supposée avoir eu lieu – mais où il existe une différence entre connaissance théorique et utilisation dans la réalité de Sphère – que pour les autres, pour lesquelles il s’agit d’un concept nouveaux. Les agences des Nations Unies, les gouvernements dans les pays touchés et les ONG locales sont les cibles qui ont été le plus souvent mentionnées pour une promotion plus active de Sphère. Les communautés directement touchées par des catastrophes doivent également être sensibilisées à l’existence de Sphère, ce qui selon les personnes consultées, est un domaine dans lequel très peu de travail a été accompli à ce jour.

Pour combler ces lacunes, la mise en place d’un soutien technique plus important pour permettre un usage efficace de Sphère aux différents niveaux concernés a été proposée. Cela pourrait inclure l’élaboration de lignes directrices plus claires sur la manière de procéder à l’institutionnalisation de Sphère, ainsi que la présence de personnel de soutien en situation d’urgence.

En ce qui concerne la relation de Sphère avec d’autres initiatives sur la qualité et la responsabilité (comme HAP International, ALNAP), la section 8.6.2 souligne la nécessité exprimée par les personnes consultées d’établir des liens plus claires entre ces différentes initiatives et de mieux expliquer leurs différences et leurs similarités ainsi que la manière dont elles interagissent et travaillent ensemble. Même si la possibilité d’initiatives conjointes est une idée qui reçoit un soutien important, personne n’a exprimé le désir de voir s’effectuer une fusion de Sphère avec l’une d’entre elles.

Les participants ont clairement exprimé qu’ils considéraient cruciale une amélioration du contrôle et de l’évaluation de l’utilisation de Sphère ainsi que de ses résultats et de son impact (cf. section 8.6.2 pour plus de détails). Planifier un travail de ce type impliquerait de prendre en considération les défis en terme de méthodologie et les ressources qu’il serait nécessaire de consacrer à de telles activités. Il n’y a eu que peu de commentaires sur la manière de trouver ces ressources et sur leur localisation.

Les personnes consultées ont reconnu à quel point Sphère avait contribué à l’amélioration de la qualité et de la responsabilité (cf. section 8.6.4) en facilitant le dialogue et en contribuant à la circulation des pratiques éprouvées. Elles sont convaincues qu’il s’agit d’une contribution très utile qui devrait être poursuivie. Les personnes consultées ont exprimé le sentiment qu’il conviendrait de consacrer un soin particulier à la responsabilité et notamment à une participation plus importante des personnes touchées par les catastrophes.

Finalement, comme indiqué dans la section 8.6.5, une proportion significative des personnes consultées était en faveur d’une approche basée sur les droits telle que promue par Sphère. Cependant, le besoin de prêter une attention accrue au lien entre les principes et la pratique a été souligné. Les personnes consultées considéraient que c’est un aspect auquel il serait plus aisé de parvenir en travaillant plus étroitement avec les communautés touchées. Il faudrait pour cela les aider à prendre conscience de leurs droits, ce qui leur permettrait d’engager le dialogue avec ceux qui fournissent l’assistance humanitaire afin de débattre conjointement des moyens les plus efficaces à mettre en œuvre pour convertir ces droits en réalité dans un contexte donné.

1.3 Options pour l’avenir
Sur la base des résultats énumérés ci-dessus et à la lumière du processus de consultation les options détaillées à continuation devraient être prises en considération pour l’avenir de Sphère au-delà de 2004.

1.3.1 Faut-il maintenir le Projet Sphère ?
La vaste majorité des personnes consultées considère Sphère comme une ressource précieuse pour le secteur humanitaire et pense qu’il faudrait qu’une structure, sous une forme ou une autre, soit maintenue pour soutenir ce travail. Le plus grand nombre de ceux qui ont exprimé une opinion sur la durée du maintien de Sphère a répondu qu’il ne devrait pas y avoir d’échéance préétablie mais que Sphère devrait être poursuivi avec des passages en revue périodiques pour vérifier qu’il continue à répondre à de vrais besoins au sein de la communauté humanitaire. Une proportion moins importante des personnes consultées pensait que toute période d’extension devrait être limitée, avec comme échéance finale le moment où les indicateurs de succès seraient atteints.

1.3.2 Structures potentielles pour Sphère à l’avenir

Indépendance
Le processus de consultation a eu pour conclusion pratiquement unanime que Sphère devait conserver son indépendance face à toute organisation ou donateur. Il pourrait continuer à être hébergé par une organisation de taille plus importante à condition que son identité reste indépendante.

Structure de gouvernance
La proposition la plus populaire concernant l’organe de gouvernance du Sphère de l’avenir consistait en un comité regroupant une gamme plus étendue de membres. Il faudrait, en particulier, que les ONG du ‘Sud’ y soient représentées. La proposition d’étendre le futur Comité de gestion à des donateurs et à des représentants d’agences des Nations Unies a reçu un accueil moins favorable; la création d’un comité consultatif comprenant des représentant de ces deux groupes apparaissait par contre comme une option possible. De manière générale, les membres du Comité de gestion de Sphère devraient être des personnes dont la fonction implique qu’ils sont en contact avec une utilisation pratique de Sphère.

A l’avenir, l’organe de gouvernance de Sphère devrait être plus transparent dans ses procédures. Pour atteindre cet objectif les mécanismes suivants ont été mentionnés : élection des membres et publication sur le site Internet des comptes ainsi que des raisons sous-tendant les décisions et les procédures du comité.

Structure opérationnelle
La structure opérationnelle qui a émergé avec le plus de force du processus de consultation était celle d’un bureau central travaillant en collaboration avec des points de contact Sphère au niveau régional et local. Le bureau central de Sphère qui a été proposé était généralement qualifié de ‘petit’, même si ce terme n’a pas été défini. Des consultants pourraient être associés à ce bureau et pourraient fournir un soutien technique sur l’application de Sphère dans des situations d’urgence.
Les points de contact nationaux et régionaux pourraient se baser au sein de structures déjà existantes, comme par exemple certaines entités de coordination des agences humanitaires déjà localisées à ces niveaux. Ces centres seraient à même de favoriser l’échange d’informations sur l’usage de Sphère au sein de la région et de canaliser la relation avec un bureau central de Sphère. Ils pourraient également apporter leur soutien au processus consistant à chercher un accord en vue d’adapter les indicateurs Sphère au contexte local.

1.3.3 Activités
Selon les personnes consultées, les produits Sphère les plus importants et qui doivent être conservés à l’avenir, sont : le Manuel, la formation et le site Internet. La future structure de Sphère devrait soutenir une dissémination plus large du Manuel, plus particulièrement par le biais de traductions et en cherchant des moyens pour le rendre moins coûteux et plus facilement disponible. La capacité de prendre en charge les révisions futures du Manuel devrait être prévue puisqu’il est apparu nécessaire qu’elles aient lieu régulièrement (tous les 3 à 5 ans est la périodicité qui a été le plus souvent mentionnée)

Il faudrait continuer à soutenir les efforts de formation, qu’il s’agisse des ateliers de formation de Sphère ou des cours de formation des formateurs (FdF). La manière exacte d’y parvenir n’a pas été précisé. Mieux tirer parti des personnes ayant déjà suivi un cours de formateur et qui sont capables d’animer des ateliers Sphère est un élément sur lequel de nombreuses personnes consultées ont insisté. Dans ce sens il a été suggéré d’établir un réseau et une banque de données qui les regrouperaient. Il faudrait également déterminer une politique de garantie de la qualité en matière de formation Sphère.

Le site Internet devrait être maintenu et développé pour inclure, par exemple, la banque de donnée des personnes ayant déjà suivi une FdF. La possibilité d’introduire un aspect interactif au site permettant de l’utiliser comme forum de discussion et de référence sur Sphère a été proposée.

La vidéo de Sphère de 9 minutes est considérée comme très utile et il faudrait continuer à la distribuer.

1.3.4 Financement
Dans ce domaine, la conclusion générale de la consultation était que le financement de Sphère devrait continuer à être constitué d’un mélange de fonds provenant d’ONG et de donateurs gouvernementaux. Certaines personnes ont également avancé la possibilité de recevoir des contributions émanant des agences des Nations Unies. Il a également été suggéré de recourir à l’autofinancement à partir des cotisations et à un système de contributions en nature pour que les utilisateurs aient plus le sentiment que Sphère leur appartient. La vente des matériaux Sphère pourrait également contribuer à cette base de financement.

 


2. Remerciements

Nous tenons à remercier tous ceux qui ont participé au processus de consultation, soit en tant que participants, ou en tant qu’animateurs ou organisateurs de réunions. Tous sont énumérés dans les annexes 1 et 2 du présent document. Sans leur bonne volonté et leur disponibilité parfois dans des délais très courts, ces consultations n’auraient pas été possibles.

Nous tenons également à remercier Mark Hammersley, Paul Currion et nos collègues de Aid Workers Network pour leur soutien en ce qui concerne l’animation du forum de discussion en ligne.

Nous remercions tout particulièrement les différents spécialistes qui ont participé à la révision du Manuel ainsi que les animateurs des Formations de Formateurs de Sphère pour leur contribution à la rédaction du document préparatoire au processus de consultation et des documents d’orientation destinés aux animateurs de réunions de consultation.

Nous remercions également Randolph Kent, Mohamed Hamza, et tout particulièrement Isobel McConnan pour leur soutien en ce qui concerne la conception et la mise en œuvre du processus, ainsi que Jan Cossar pour sa patience et ses conseils lors de la préparation du présent rapport.

Finalement, Careen Abb et Huzeifa Bodal méritent aussi tous nos remerciements pour l’analyse et le traitement des données.

Equipe du Projet Sphère
Alison Joyner, Responsable de Projet
Verónica Foubert, Chargée de Projet
Elly Proudlock, Assistante


3. Contexte


Pourquoi les consultations sur l’avenir du Projet Sphère?

Le Projet Sphère a été initié en 1997 par un groupe d’ONG humanitaires, conjointement avec le mouvement de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge. Sphère est fondé sur deux convictions principales :

• qu’il faut prendre toutes les mesures possibles pour atténuer les souffrances humaines causées par les calamités ou les conflits
• que les personnes affectées par une catastrophe ont le droit de vivre dans la dignité et par conséquent de recevoir une assistance.

Le Manuel Sphère – Charte Humanitaire et Normes Minimales pour les Interventions lors de Catastrophes – décrit des normes minimales, des indicateurs et des notes de référence à utiliser lors d’interventions humanitaires d’urgence. L’édition 2004 révisée du Manuel est le produit de 18 mois de travail et de l’implication de plus de 4000 personnes appartenant à 400 organisations dans 80 pays.

L’échéance du Projet Sphère, au terme de sa troisième phase, était prévue pour octobre 2003. Cependant, le Comité de gestion a décidé qu’il fallait plus de temps pour promouvoir l’utilisation et l’institutionnalisation de Sphère au sein des organisations, conformément à l’objectif initial du Projet qui était la production et la diffusion du Manuel. En particulier, le projet d’expérimentation de Sphère à l’échelle nationale dans cinq pays (Honduras, Salvador, Nicaragua, RDC et Inde) a démarré plus tard que prévu, à la fin de l’année 2003.

Pendant l’extension de la Phase III, de novembre 2003 à décembre 2004, le Projet s’est concentré sur les cours de formation des formateurs, la promotion des outils Sphère et la mise en œuvre de Sphère à l’échelle nationale. Autre priorité pendant cette période : déterminer les moyens nécessaires à la poursuite et au développement du travail de Sphère après 2004. Afin d’informer les décisions du Comité de gestion sur la question, il a été décidé de réaliser un processus de consultation de manière à permettre au utilisateurs de Sphère et aux parties concernées de donner leur avis.
Tous ceux qui ont pris part à ce processus de consultation ont fait clairement savoir à leur interlocuteurs que le but des consultions consistait à recueillir le plus d’informations possibles et d’entendre les points de vues de toute une gamme de parties concernées mais que la prise de décision quant à elle restait la prérogative du Comité de gestion de Sphère. Le Comité délibérera sur la question entre juin et septembre 2004.

De la même manière, il a été clairement communiqué que les consultations sont indépendantes de l’évaluation de Sphère menée récemment par l’Université de Columbia (Etats-Unis) en collaboration avec l’Université de Makerere (Ouganda). Les consultations ne concernent que l’avenir du Projet Sphère, tandis que la portée de l’évaluation était beaucoup plus étendue (cf. http://www.sphereproject.org/index_eval.htm). Néanmoins, les principales conclusions de l’évaluation ont été présentées et expliquées au cours des réunions de consultation, à l’aide d’un document produit par le Projet Sphère (cf. annexe 9), et bien entendu, les décisions sur l’avenir du Projet tiendront compte des résultats de l’évaluation.

Le processus de consultation s’est déroulé de février à avril 2004. Un peu plus de 400 personnes sans compter les organisateurs et les animateurs (cf. section 5.1 pour plus de détails), y ont participé par le biais de réunions de consultation, d’interviews et/ou du forum de discussion en ligne géré par Aid Workers Network (AWN).

 


4. Buts et objectifs


Le principal objectif des consultations consistait à rassembler des informations et des opinions qui contribueront à informer la prise de décisions du Comité de gestion de Sphère sur les activités du Projet Sphère au-delà de 2004.
Plus précisément ses objectifs étaient:

1. Comprendre comment différentes parties prenantes envisagent le travail du Projet Sphère dans l’avenir, dans un contexte où des changements majeurs interviennent dans le secteur humanitaire ;
2. Garantir la poursuite d’une approche participative, cruciale dans le développement de Sphère, et du maintien de cette approche au centre de la prise de décisions concernant son avenir.

Les consultations avaient pour but de répondre à six questions-clés:

1. Parmi les produits et services fournis par le Projet Sphère, quels sont ceux qui vous ont paru le plus utiles et quels sont ceux qui devraient être maintenus au-delà de décembre 2004 ?
2. Qui devrait se charger de les fournir ? Comment devraient-ils être financés ? Pendant combien de temps ?
3. Quelles sont les structures qui pourraient sous-tendre les activités relatives au Projet Sphère à l’avenir ? Quelles sont les ressources qui devraient être mises à disposition à cet effet ?
4. Le Projet Sphère devrait-il maintenir son indépendance? Si oui, pour quelles raisons?
5. Quelles seraient les autres possibilités pour « héberger » les différents éléments du Projet Sphère (le Manuel, les formations, le site Internet, etc.) ?
6. Comment le Projet Sphère pourrait-il contribuer d’avantage à l’amélioration de la qualité et de la responsabilité en matière d’assistance humanitaire?

Les informations recueillies pendant les consultations pour répondre à ces questions sont présentées dans la section 8.

 


5. Approche et méthodologie


Les consultations se sont déroulées entre la mi-février et la fin du mois d’avril 2004, afin de permettre au Comité de gestion de commencer à considérer les options pour l’avenir dès le mois de juin 2004. Etant donné ces délais serrés, une approche qualitative a été choisie, de façon à ce que le processus de consultation puisse être géré depuis le bureau Sphère à Genève tout en impliquant des personnes du monde entier.
Les consultations se sont déroulées sous forme de réunions, d’interviews et de contributions à un forum de discussion en ligne. Afin de faciliter la compilation et l’analyse des informations recueillies, des notes d’orientation comprenant des suggestions pour l’ordre du jour et pour les sessions de travail ont été fournies aux animateurs des réunions de consultation (Cf. annexe 4). D’autres documents ont également été mis à disposition des organisateurs et animateurs de réunions ; ces documents sont disponibles au bureau du Projet, ou sur demande : (alison.joyner@ifrc.org). En ce qui concerne les interviews, les même questions ont été posées à toutes les personnes interrogées afin de faciliter la comparaison des réponses ; les participants étaient libres, néanmoins, d’apporter plus de commentaires à leur gré. Le forum de discussion en ligne s’est tenu sur la base de deux articles et de six questions postés progressivement sur 8 semaines. Les questions posées reflètent les questions-clés énoncées dans la section 4 du présent rapport, en outre tous les participants ont répondu aux mêmes questions afin de faciliter la comparaison des réponses.

Aussi bien les réunions que les interviews et le forum de discussion se sont inspirés des questions-clés énumérées à la section 4 ci-dessus.

5.1 Participants

Conformément à l’objectif n°2 cité ci-dessus, le processus de consultation a été mené de façon à inclure une large palette de parties concernées : personnel national et international d’agences humanitaires nationales et internationales (ONG, Nations unies, Mouvement de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge) ; représentants des communautés touchées par les catastrophes (dans la mesure du possible) ; donateurs ; représentants gouvernementaux ; universitaires ; représentants de groupes de pression ; autres personnes ayant coopéré étroitement avec le Projet Sphère.

Le nombre total de personnes identifiées ayant participé au processus de consultation est de 393 (cf. liste de l’annexe 2), sans compter les organisateurs et les animateurs des différentes réunions. Nous ne connaissons pas les noms des participants aux réunions qui se sont tenues à Bam et à Rome, c’est pourquoi ce chiffre de 393 est légèrement inférieur à la réalité. Nous pouvons donc estimer que le nombre total de participants est légèrement supérieur à 400 personnes.

Il n’est pas possible de fournir une analyse complète du profil des participants car il n’a pas été demandé aux personnes qui ont pris part aux discussions en ligne d’indiquer la nature de leur poste.

Cependant, à partir des données recueillies il est possible d’indiquer que 186 participants travaillaient dans des ONG et parmi eux, 133 (72%) venaient d’ONG représentées au Comité de gestion. 66 participants supplémentaires provenaient de la Fédération Internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant Rouge et des Sociétés nationales elles-mêmes. Ainsi 199 des personnes consultées provenait d’organisations représentées au Comité de gestion, c'est-à-dire environ la moitié des 400 personnes au total. Le processus de consultation représente donc un complément significatif aux informations recueillies par les membres du Comité de gestion lors de consultations internes menées fin 2003, en préparation du processus de consultation.

266 personnes ont participé aux réunions en groupe, mais comme spécifié plus haut, il nous manque les renseignements personnels des personnes ayant assisté à deux de ces réunions. Parmi les participants des réunions pour lesquels nous avons des renseignements, 147 provenaient d’ONG, 57 du Mouvement Croix Rouge/Croissant Rouge et 1 d’une autre ‘initiative sur la qualité et la responsabilité’. 24 représentants de gouvernement ont participé aux réunions ainsi que 5 donateurs et 9 représentants d’agences des Nations Unies. Parmi les personnes restantes se trouvaient des universitaires et des personnes qui n’ont pas spécifié leur affiliation.

Sur les 97 personnes qui ont été interviewées, 40 provenaient d’ONG internationales et nationales, 2 d’organisations de formation, 9 du Mouvement de la Croix Rouge/Croissant Rouge et 8 d’agences des Nations Unies. Il y a eu également 6 représentants de donateurs (de plus, 2 des représentants d’ONG agissaient en tant qu’intermédiaire d’un donateur), 6 universitaires et 4 indépendants. Il y avait aussi 4 ex-employés de Sphère, 7 spécialistes ayant participé à la révision du Manuel Sphère et 7 animateurs des cours de formation de formateurs.

Dans le choix des représentants d’ONG à interviewer, un soin particulier a été apporté afin que les personnes sélectionnées aient l’expérience de Sphère, soit en tant que membre d’une agence-pilote, soit sur le terrain (cf. annexe 8 pour des informations plus détaillées sur ces organisations).

65 personnes ont participé au forum de discussion en ligne animé par Aid Workers Network. Les participants étaient libres de fournir leurs coordonnées ou de ne pas le faire, c’est pourquoi il n’a pas été possible d’analyser plus en détail la composition de ce groupe.

Il n’a pas été considéré approprié que les 13 membres du Comité de gestion participent aux consultations, dans la mesure où ils seront amenés à prendre des décisions sur la base des informations recueillies.

5.2 Réunions de consultation

Au moment de la préparation du rapport final, des rapports concernant 22 réunions menées dans 20 pays différents avaient été reçus (cf. annexe 1, liste des réunions et des sites) :

Asie/ Pacifique: Inde (2), Afghanistan, Australie, Philippines, Indonésie
Moyen Orient: Iran, Emirats Arabes Unis
Europe: Suisse (2), Italie, Lettonie, Pays Bas, Hongrie
Afrique: Angola, Lesotho, Kenya, Zimbabwe
Amérique Centrale et du Sud: Honduras (2), Salvador, Pérou

Le bureau Sphère a reçu en plus 26 expressions d’intérêts, qui n’ont toutefois pas abouti à la tenue d’une réunion. A noter également que 2 rapports de réunion n’avaient pas encore été reçus. Malheureusement il n’a pas été possible d’inclure des citations provenant des réunions dont les rapports sont arrivés après le 10 mai. Cependant les informations que ces rapports contiennent apparaissent dans les chiffres qui sont indiqués par rapport aux points de vue exprimés au cours du processus de consultation, tels que présentés dans la section 8 et dans l’annexe 3.

Toutes les réunions, exceptées la réunion régionale en Australie et la première réunion tenue à Genève, étaient le fruit d’offres spontanées émanant principalement de représentants d’ONG et du Mouvement Croix Rouge/Croissant Rouge, suite à l’invitation à participer au processus de consultation envoyée par la responsable du Projet Sphère (cf. section 5.7 ci-dessous). Toutes les réunions, sauf une, se sont tenues sous les auspices, d’organisations membres du Comité de gestion ou d’autres ONG, parmi lesquelles trois organisations qui participent au programme pilote. Une des réunions s’est déroulée sous les auspices d’une agence des Nations Unies.

Les personnes ayant manifesté leur intérêt d’organiser une réunion de consultation ont reçu des notes d’orientation préparées par le bureau Sphère. Ces notes contenaient une suggestion d’ordre du jour pour la tenue de réunions d’une journée ou d’une demie journée (cf. annexe 4), des notes détaillées pour les animateurs et organisateurs, et des informations de base sur le Projet Sphère. Ce document est disponible sur demande auprès du bureau du Projet Sphère (info@sphereproject.org). La moitié des réunions ont été organisées en suivant l’ordre du jour proposé dans les notes d’orientation. Les réunions n’ayant pas suivi l’ordre du jour proposé, principalement par manque de temps, en ont adapté le format.

Pour faciliter les réunions, un système de vote était proposé dans les notes d’orientation. Ce système devait constituer un moyen permettant de retranscrire l’ordre de priorité attaché aux idées exprimées au cours de chaque réunion. Cependant, dans la pratique, seule la moitié des réunions ont eu recours à ce système. Cela signifie qu’il n’a pas toujours été possible de faire ressortir le nombre de personnes ayant exprimé une idée donnée lors d’une réunion. En conséquence, et par souci de cohérence, il a été supposé que toutes les idées retranscrites dans les rapports avaient reçu un soutien relativement généralisé de la part de tous les participants. C’est ainsi que les chiffres indiqués sous la colonne des réunions, dans l’annexe 3, représentent le total des personnes participant à chacune des réunions dans laquelle cette idée a été mentionnée.

Les animateurs de réunions de consultation ont été sélectionnés en fonction de leur expérience en matière d’utilisation de Sphère et d’animation de réunions ou de formations.

La plupart des réunions regroupaient des participants travaillant dans un même pays ou dans une même région. De plus, deux réunions spécifiquement régionales ont eu lieu. A Sydney, le Australian Council for International Development a organisé une réunion regroupant des ONG et des représentants de donateurs gouvernementaux d’Australie, de Nouvelle Zélande et des Iles Pacifiques. Au Honduras, Catholic Relief Services a organisé une réunion à laquelle ont assisté des représentants originaires du Nicaragua, du Salvador et du Honduras.

Les participants aux réunions de consultation travaillaient dans des contextes humanitaires très variés : conflits et situations post-conflictuelles, instabilités chroniques à échelle réduite, différents stades de reconstruction après des catastrophes naturelles (variant de l’ouragan Mitch à des tremblements de terre). Dans la plupart des institutions représentées, la préparation aux catastrophes faisait déjà partie de la planification des programmes. Parmi les participants se trouvaient des personnes ayant une grande expérience de Sphère, de son utilisation et de ses implications alors que d’autres étaient encore très néophytes en la matière.

Les organisations hôtes des réunions de consultation ont reçu une contribution pour une valeur de 500 USD maximum aux coûts qui y étaient associés, (rafraîchissements et autres), sur présentation du rapport de réunion et des factures. Les organisations hôtes et participantes ont fourni le cas échéant, un soutien en nature ou en espèce, pour compléter cette contribution. Par exemple, la plupart des animateurs n’ont pas été rétribués pour le temps qu’ils ont consacré aux réunions parce qu’ils étaient membres d’une organisation participante ou parce qu’ils avaient décidé d’offrir gracieusement leur temps dans le cas des consultants indépendants.

5.3 Les interviews semi-structurées

Un total de 89 interviews semi-structurées a été mené, 82 par la Responsable de Projet (en anglais et en français) et 7 par la Chargée de Projet (en espagnol). 45 de ces interviews ont été menées sous forme de réunions en face à face par la Responsable de Projet. 7 personnes ont répondu par écrit aux questions de l’interview par manque de temps en fin de processus. 96 personnes au total ont donc répondu aux questions de l’interview.

Les questions qui ont servi de base à ces interviews se trouvent dans l’annexe n°6. Les personnes interviewées ont été sélectionnées en fonction de leur degré d’implication dans le Projet Sphère. Il s’agit de personnes ayant été impliquées dans la création de Sphère et dans ses changements ultérieurs, de personnes possédant une connaissance approfondie du Projet Sphère ou encore de personnes ayant une grande expérience de l’utilisation de Sphère sur le terrain.

Cependant, il convient de remarquer que parmi les interviews menées lors d’une visite sur le terrain au Timor Oriental, 9 des interviews ont été réalisées avec des personnes qui n’avaient aucune connaissance préalable du Projet ; les informations recueillies de la sorte fournissent un point de comparaison utile. Un rapport séparé sur la visite au Timor Oriental est disponible sur demande auprès du bureau Sphère (Alison.joyner@ifrc.org).

5.4 Le Forum de discussion en ligne, en collaboration avec le Aid Workers Network (AWN)

En étroite collaboration avec le bureau du Projet Sphère, le Aid Workers Network a animé une discussion en ligne sur l’avenir du Projet en anglais, français et espagnol. Un forum de discussion interactif est resté en ligne pendant tout le mois d’avril et de mai. La discussion avait pour point de départ deux articles et six questions envoyés à la fois aux personnes se trouvant sur les listes d’adresses électroniques d’AWN et de Sphère. Les questions et les articles avaient été formulés conjointement par AWN et le Projet Sphère et c’est AWN qui s’est chargé d’animer la discussion et de relancer les questions pour stimuler le débat.

Près de 200 personnes se sont inscrites pour recevoir les questions et les articles et 65 ont fait parvenir des contributions à la discussion du forum. A la fin du mois d’avril le forum comptait quelques 109 contributions, une indication que les participants ont réellement suivi la discussion et qu’ils y ont contribué à plusieurs reprises. La plupart des contributions étaient anonymes, et étant donné la nature publique du forum, même des personnes sans connaissances préalables de Sphère ont participé à la discussion. Afin de susciter l’attention de participants potentiels, les questions-clés n’ont pas été posées directement ; des questions d’ordre plus général, faisant appel à l’expérience personnelle des personnes intéressées ont été utilisées pour les deux ou trois premières questions (cf. annexe 7 pour des informations détaillées sur toutes les questions).

Ainsi, la première question invitait les gens à indiquer quels éléments du Manuel Sphère ils avaient utilisé dans leur travail, et de quelle façon. La deuxième et la troisième question amenaient les participants à se prononcer sur les avantages et les inconvénients liés à l’utilisation de Sphère dans leur travail, ainsi qu’à donner leur avis sur les aspects de Sphère qui devraient être développés à l’avenir ; ces questions suscitaient des réponses correspondant à la première question-clé (cf. section 4). La quatrième question, sur le soutien fourni par le bureau Sphère a permis de recueillir des informations relatives à la question-clé n°2. Les deux dernières questions d’AWN portaient sur les structures et ressources futures de Sphère, la première traitant les questions-clés N°3/4/5/6 et la deuxième la question-clé n° 2.

5.5 Les consultations au niveau des communautés

Il était prévu, dans la mesure du possible, d’impliquer des représentants des populations touchées par les catastrophes, notamment par l’intermédiaire des organisations ayant une bonne connaissance des communautés et ayant déjà travaillé avec ces dernières sur des questions relatives ou affines à Sphère. Il s’est cependant avéré qu’il n’y avait que très peu d’endroits où les personnes touchées par des catastrophes disposaient de suffisamment de connaissances sur le Projet Sphère pour pouvoir participer constructivement à une consultation sur son avenir. Plusieurs organisations avaient manifesté qu’elles étaient prêtes à mener une réunion de consultation au niveau communautaire, mais aucune n’a finalement eu lieu. Il s’agit là d’une indication, décevante mais peut être prévisible, du fait que l’usage de Sphère n’est que rarement explicite pour les communautés touchées. C’est un point qui ressort avec force des conclusions du processus de consultation.

Des suggestions, concernant les domaines à couvrir en relation avec les questions-clés lors de consultations au niveau communautaire, avaient été envoyées aux personnes qui avaient manifesté un intérêt à organiser une réunion de ce type (cf. annexe 5).

5.6 Analyse de l’utilisation du temps du personnel du Projet Sphère et de l’utilisation du site Internet (www.sphereproject.org)

A mesure qu’ils préparaient un rapport d’analyse sur l’utilisation de leur temps et sur l’utilisation du site Internet, le personnel du Projet Sphère s’est rendu compte qu’il serait sans doute plus utile qu’ils se concentrent sur les leçons qu’ils ont tiré de leur expérience de gestion du Projet. Le document qu’ils ont produit décrit donc, par exemple, les procédures de préparation et de traduction des outils Sphère, la gestion du site Internet et les besoins que ces tâches impliquent en terme d’effectifs et de compétences. Ce document sera utilisé afin d’informer les décision du Comité de gestion sur l’avenir du Projet ; il est disponible sur demande auprès du bureau du Projet Sphère (Alison.joyner@ifrc.org).

5.7 Promotion du processus de consultation

Des informations sur le processus de consultation, ses raisons et les moyens d’y participer ont été postés sur le site Internet du Projet (www.sphereproject.org) en anglais, en français et en espagnol. Cette section du site a été mise à jour régulièrement, notamment en ce qui concerne les dates et les lieux des réunions de consultation prévues et déjà effectuées.

Le lancement du processus a également été annoncé en utilisant les listes d’adresses électroniques du Projet Sphère et de Aid Workers Network. Les formateurs Sphère, les personnes ayant suivi une formation de formateurs, et les spécialistes ayant contribué à la révision du Manuel, sont des personnes qui ont été contactées individuellement pour solliciter leur soutien. Par ailleurs, les représentants du Comité de gestion ont encouragé les membres de leurs organisations respectives à participer aux consultations par le biais des réunions et du forum de discussion.


6. Compilation et analyse des données


Les données ont été recueillies sous forme de rapports de réunion (dont certains suivent le format proposé dans les notes d’orientation), de notes d’entretien, et de contributions postées sur le site Internet de AWN.

Toutes les données ont été analysées en fonction des six questions-clés ; les réponses des participants ont ainsi été classées thématiquement sous l’entête de chacune des questions-clés. Une feuille de données Excel a été préparée pour chacune des sources (réunions, interviews, discussion en ligne), avec de légères variations, compte tenu des différences expliquées ci-dessus. A mesure que les données ont été analysées, un décompte a été effectué du nombre de fois que chaque idée aété soulevée. A la fin de ce processus, les données des trois feuilles initiales ont été rassemblées sur une feuille unique, la Feuille d’analyse globale des données recueillies (cf. annexe 3).

Les chiffres se rapportant à chaque idée fournissent une indication approximative du nombre de personnes l’ayant soutenue pendant les consultations. Il est à noter, cependant, qu’il n’y a pas eu uniformité dans les méthodes utilisées pour recueillir ces données et que de ce fait les chiffres ne sont pas entièrement fiables d’un point de vue statistique. Par exemple : l’importance de Sphère en tant que langage commun dans le milieu de l’humanitaire à été mentionné par 47 personnes au total ; le fait que d’autres participants n’aient pas évoqué cette idée n’implique pas pour autant qu’ils aient un avis contraire. Le même phénomène se répète pour bon nombre des avis exprimés.

Par ailleurs, comme cela est mentionné plus haut dans la section 5.2, un système de vote avait été proposé afin de pouvoir identifier au cours des réunions l’importance comparative que les participants portaient à chacune des idées débattues. Dans la pratique, le système de vote n’a été utilisé que dans un nombre limité de réunions. Le chiffre attribué à chaque idée représente donc le nombre de personnes présentes à la réunion, partant du principe que les idées enregistrées sont celles qui ont fait l’objet d’un certain consensus.

En dehors des feuilles de données initiales, les détails relatifs aux idées et aux opinions exprimées ont été compilés pour former plus de vingt répertoires thématiques, en fonction des six questions-clés. Ces répertoires forment la base de l’analyse détaillée des idées qui ont émergé du processus; c’est également de ces répertoires que sont tirées les citations.

Les informations issues de la feuille de données unique (cf. annexe 3), et des répertoires thématiques, ont été analysées ensemble et sont présentées autour des six questions-clés dans la section 8 du présent rapport.

Comme indiqué à l’annexe 3, les idées enregistrées et comptées dans la feuille de données unique fournissent des réponses très générales aux questions-clés. Etant donné les courts délais impartis, nous n’avons pas eu le temps d’établir des statistiques plus détaillées sur la diversité des opinions qui se retrouvent dans ces catégories de réponses. En conséquence, même l’analyse la plus détaillée des réponses données à chacune des questions ne fournit qu’une approximation au nombre exact de personnes ayant exprimé chaque opinion. Nous ne sommes donc pas en mesure à ce stade de fournir une estimation plus précise du poids de chacune des opinions.


7. Analyse du processus de consultation


Le facteur temps constitue la principale contrainte à laquelle le processus de consultation ait été confronté. Des personnes déjà très occupées ont été sollicitées pour consacrer du temps et de l’énergie au processus et ce dans des délais très courts. Le fait qu’il y ait eu un nombre plus important de manifestations d’intérêt pour organiser des réunions (50) que de réunions s’étant réellement déroulées (24 au total, même si 2 rapports n’ont pas été reçus) illustre bien à quel point ce problème de temps a influé. Cela illustre également le niveau, tout à fait significatif, d’intérêt que le processus a suscité, démontrant le niveau apparemment élevé de l’engagement envers Sphère dans de nombreux contextes différents. En outre, la répartition géographiquement et contextuellement très variée des réunions qui ont eu lieu est positive : le temps a manqué pour relancer les gens et les inciter à organiser des réunions dans des endroits particuliers, ce qui signifie que les réunions qui ont eu lieu ont été organisées spontanément.

Il est également à noter que toutes les communications concernant les consultations se sont faites par email ou par l’intermédiaire du site Internet ; nous n’avons pas eu le temps de franchir la « fracture numérique » en contactant des participants potentiels sans accès à la communication électronique par d’autres moyens, par exemple par l’intermédiaire des partenaires locaux de certaines organisations.

Comme indiqué plus haut, bien que des notes d’orientation aient été mises à disposition des animateurs, dans l’ensemble, les indications fournies n’ont pas été très bien suivies, surtout par manque de temps. Dans d’autres cas, les animateurs et/ou les participants ont trouvé que les indications données étaient contraignantes ou inadaptées, et ils ont donc adopté leur propre approche. Bien que constructives d’un point de vue conceptuel, ces différences ont entraîné un manque de cohérence au niveau des rapports produits, ce qui a eu les répercussions sur la compilation et l’analyse des données, déjà indiquées dans la section 6.

Le fait que malheureusement aucune consultation ne se soit déroulée au niveau communautaire reflète peut-être aussi un manque de temps. Cependant, seules 4 manifestations d’intérêt avaient été transmises à ce sujet, ce qui tendrait à suggérer que les contextes dans lesquels Sphère est suffisamment connu des personnes touchées par les catastrophes sont peu nombreux. Le temps constitue donc une limitation bien réelle. Cette constatation est en elle-même une conclusion importante par rapport à la diffusion de Sphère.

Deux mois est également une période courte pour une consultation en ligne ; il est à noter que la discussion a suscité plus d’intérêt vers la fin et que les gens ont continué à poster leurs commentaires une fois la date d’échéance passée (19 contributions ont été postées après le 30 avril 2004). Seule une proportion relativement faible des contributions en ligne se sont avérées pertinentes par rapport aux questions-clés. Cependant, les débats lancés dans le forum ont permit de soulever des idées intéressantes, ces dernières ont généralement été enregistrées sous la rubrique « autres idées ». D’autres idées, notamment en ce qui concerne l’utilisation de Sphère dans différents contextes, ont également été exprimées lors des réunions et des interviews. Il est prévu de rassembler ces idées sous forme d’un document de référence qui pourrait s’avérer utile à l’avenir.

Pour finir, certaines personnes ont fortement réagi au processus de consultation lui-même. Ainsi, lors d’une réunion qui s’est tenue au Honduras, les participants ont réagi au fait que le processus soit exclusivement de nature consultative, et que les décisions restent l’entière prérogative du Comité de gestion. Ces participants se sont sentis frustrés d’avoir du s’exprimer sans pour autant avoir de pouvoir décisionnel.


8. Résultats de l’analyse


Les questions-clés énumérées dans la section 4 ont été regroupées en six sections afin d’éviter les répétitions. Pour plus de clarté, le titre de chaque section sera suivi de la question-clé correspondante. Lorsqu’un lieu est indiqué à coté de la source d’une citation il s’agit du lieu de travail de la personne citée.


8.1 Faut-il maintenir le Projet Sphère?

La question sous-entendue dans le processus de consultation était celle de savoir si le Projet Sphère devait être poursuivi. De toutes les personnes ayant participé aux consultations, seules trois ont soulevé des points négatifs qui pourraient impliquer qu’il vaudrait mieux ne pas poursuivre le Projet Sphère. Ainsi, un participant au forum de discussion en ligne a demandé combien d’argent avait été injecté dans un projet qui n’a rien apporté à la communauté humanitaire. Deux autres participants en ligne ont fait part de leur inquiétude à voir les normes minimales devenir des « normes obligatoires » qui tendraient à annuler la spécificité des bénéficiaires et qui risqueraient d’être utilisées à mauvais escient.

En dehors de ces exemples, aucune des 393 personnes qui ont participé aux consultations n’a suggéré qu’il faudrait mettre fin au projet. Au contraire, et comme exposé dans les sections suivantes, une majorité écrasante de participants s’est prononcée en faveur d’une structure qui continuerait à promouvoir et à diffuser les principes du Projet Sphère.

8.2 Produits, services et soutien du Projet Sphère

Question-clé n°1 : « Parmi les produits et services fournis par le Projet Sphère, quels sont ceux qui vous ont paru les plus utiles et quels sont ceux qui devraient être maintenus au-delà de décembre 2004 ?

Veuillez noter que les points concernant le soutien fourni par le bureau Sphère sous sa forme actuelle (cf. section A5 de l’annexe 3) sont couverts à la section 8.3.3, Structures.

8.2.1 Le Manuel Sphère, Chartre humanitaire et normes minimales pour les interventions lors de catastrophes
Comme indiqué dans l’annexe 3, c’est le Manuel Sphère qui a reçu le soutien le plus unanime : 289 sur 393 (74%) des participants identifiés (cf. section A1 de l’annexe 3). Le Manuel a été fréquemment été décrit comme étant la clef de voûte du Projet.

« (C’est) la clé de voûte. Sans le Manuel il serait très difficile de donner un sens à la formation ou de faire du site Internet une réalité.»

Indépendant

Le rôle du Manuel en tant que point de référence non partisan pour différents secteurs a été tout particulièrement relevé, tout comme son importance pour favoriser une approche intégrée et coordonnée au niveau du terrain.

« Tout ce qui fournit des conseils, des points de référence, devrait être poursuivi.»

Représentant d’une agence des Nations Unies

« L’employer signifie coordonner avec d’autres acteurs qui prennent part aux interventions d’urgence, qu’ils viennent des ONG ou des gouvernements.»

Personne ayant contribué par le biais d’ AWN

« Le Manuel est une manière d’expliquer les activités inhérentes à la vie : l’équilibre entre eau et assainissement, santé, nutrition, abris, etc. est important à tous les niveaux –modifier ne serait-ce qu’un de ces éléments aurait des répercussions sur tous les autres.»

Représentant de la Fédération internationale des Sociétés Croix/Croissant Rouge

De nombreux participants considèrent que le Manuel de Sphère a fourni une base concrète pour un travail plus efficace ainsi qu’un langage commun permettant de discuter d’opérations particulières et d’engager le débat sur des questions humanitaires plus générales :

« C’est un outil de référence très utile pour le développement de propositions. Par exemple, dans le cadre de l’approvisionnement en eau dans le Darfour Ouest (le Manuel) a permi d’obtenir ce qui était nécessaire.»

Représentant d’une ONG, USA

« C’est un excellent outil permettant la promotion d’une approche analytique et l’amélioration de la qualité de l’intervention humanitaire.»

Représentant d’une agence donatrice

« C’est une référence en ce qui concerne les normes et les indicateurs, un langage universel pour nous tous, difficile de faire mieux.»

Représentant d’une institution universitaire

Dans l’ensemble, les personnes consultées ont réagi favorablement aux changements apportés à la version 2004 :

« Le Manuel nous est très précieux et la nouvelle édition est bien meilleure que la précédente.»

Réunion de Jakarta, 17.05.04

« Dans le Manuel 2004, les explications sont plus nombreuses ce qui le rend plus clair.»

Indépendant

« La nouvelle (édition) est bien meilleure que la précédente, je parle en tant que professionnel de santé.»

Indépendant

Pratiquement toutes les personnes qui ont exprimé une opinion sur le Manuel pensaient qu’il fallait prévoir des révisions à l’avenir. Le Manuel a été décrit comme un document ‘vivant’ qui a besoin d’être régulièrement remis à jour afin de conserver sa pertinence et de tenir compte des développements nouveaux.

« Le Manuel Sphère n’est pas une bible et ne devrait pas en devenir une. Il fixe ce qui est approprié à un moment donné – il a un contexte dans le temps.»

Représentant d’une initiative sur la Qualité et la Responsabilité

Il est cependant intéressant de noter que le sentiment général était qu’il faudrait utiliser et faire circuler l’édition 2004 pendant un certain temps avant la prochaine révision. Selon une majorité de personnes consultées, le laps de temps à prévoir avant la prochaine révision serait de 3 à 5 ans.

« (Nous) devons le faire circuler – il n’est pas souhaitable d’avoir un nouveau Manuel avant plusieurs années, nous devons nous concentrer sur celui-ci.»

Représentant d’une ONG, basé au siège

« Il n’y a aucun doute, il faut des mises à jour… (mais) pas de nouvelle édition avant plusieurs années.»

Représentant d’une institution universitaire

« Une nouvelle version du Manuel devrait sortir tous les cinq ans…»

Indépendant

« Amélioration et révision du Manuel tous les trois ans.»

Réunion de Luanda, 28.02.04

C’est l’éducation qui a été mentionnée le plus fréquemment comme secteur à ajouter lors d’une révision future. Lorsque interrogés sur ce choix les gens expliquaient généralement qu’ils entendaient par là le droit à l’éducation ; il a d’ailleurs été suggéré à une occasion que le droit à l’éducation devrait être ajouté à la Charte humanitaire.

« Occupez-vous de l’éducation – tant que les gens n’auront pas une vision plus claire de ce qu’une éducation de qualité signifie dans différents contextes, ils ne se renderont pas compte de ce que cela représente.»

Universitaire

« Le débat sur s’il faut inclure l’éducation devrait se poursuivre. Il faudrait, pour le moins prévoir un lien entre Sphère et le matériel éducatif destiné aux situations de catastrophes humanitaires.»

Ancien employé de Sphère

« Incluez l’éducation dans la prochaine révision du Manuel ! »

Réunion de Luanda, 28.02.04

« (A l’avenir, incluez) l’éducation primaire. »

Réunion de Rome, 29.02.04

« AJOUTEZ AU MANUEL UN CHAPITRE SUR L’EDUCATION ! »

Réunion d’Afghanistan, 03.05.04

« Sphère pourrait envisager de donner une place plus proéminente aux normes minimales en terme d’éducation, peut être même une section à part entière.»

Réunion de Manille, 03.05.04


Les autres domaines dont il faudrait envisager l’inclusion sont la protection, les aspects psychosociaux des interventions et des lignes directrices en matière de promotion et sensibilisation. Eviter certaines terminologies superflues est une question qui a été évoquée dans ce contexte, accompagnée d’une suggestion qui proposait, en particulier, d’éliminer le terme ‘bénéficiaire’. Une personne a suggéré que le développement de normes dans des secteurs nouveaux pourrait être délégué à des groupes de spécialistes qui seraient responsables de l’élaboration des normes et des indicateurs pertinents et auraient pour cela le droit d’utiliser la méthodologie développée par Sphère.
Egalement, dans le cadre des modifications à apporter dans des versions futures du Manuel, plusieurs personnes ont remarqué qu’il faudrait reconnaître et insister davantage sur les différences qui existent dans des contextes spécifiques. La même remarque s’appliquerait également au cas de certains groupes vulnérables ou types particuliers de populations touchées :

« Il est encore possible d’apporter des améliorations, en ce qui concerne les thèmes transversaux de manière générale… (nous) continuons à traiter les gens comme s’ils étaient tous les mêmes, sans prendre en considération les besoins différents et les vulnérabilités particulières.»

Ancien Spécialiste Thématique

Dans ce contexte, plusieurs références ont été faites à la possibilité d’adapter les indicateurs au niveau régional ou national :

« Les bureaux ou les organisations régionales pourraient peut-être essayer de créer des indicateurs au cas par cas – sans avoir à utiliser les mêmes indicateurs pour le monde entier, ni même à l’intérieur d’une région.»

Représentant d’une ONG, basé au siège

«Il faut réviser et adapter le Manuel au contexte socioculturel et régional.»

Réunion du Pérou, 20.04.04

« Il faut utiliser ce qui est faisable, réaliste, approprié au contexte et développer ensuite ce qui est le plus adapté à des circonstances données. Il ne faut pas chercher à jauger uniquement en fonction d’indicateurs extérieurs.»

Représentant d’une agence des Nations Unies

« Il devrait être possible de développer sur le terrain des indicateurs proportionnels et appropriés à la situation locale, en impliquant également la participation des ONG locales et en considérant la communauté dans son intégralité (dans le cadre de la planification d’urgence)… »

Réunion de La Haye, 27.04.04

Ainsi, un exemple de lacune identifiée dans la version actuelle du Manuel concerne le manque de références au bétail qui accompagne parfois les personnes déplacées. La crise des réfugiés soudanais au Tchad illustre cette problématique.

« Dans le Manuel, il n’y a aucune référence aux animaux. Les réfugiés arrivent avec leurs troupeaux qui prennent l’eau avant les gens. Priorité aux humains – les humains passent avant les animaux mais c’est loin d’être parfait. Il n’y a pas de quantité d’eau établie pour une vache. Les animaux finissent par mourir et cela entraîne d’autres problèmes pratiques – il faut les enterrer et les éloigner, les animaux malades contaminent les autres animaux. C’est alors leur richesse qui meurt.»

Représentant d’un ONG, basé au siège

Il y a eu des références positives à La Charte Humanitaire (24 personnes parmi lesquelles 2 réunions, cf. annexe 3, section A1) et à la nécessité de la rendre plus proéminente :

« Il faut élaborer un cadre pour le respect de la charte.»

Formateur Sphère

« Il faut donner à la charte humanitaire beaucoup plus de proéminence ; augmenter l’importance de la Charte Humanitaire.»

Réunion de Nairobi, 29.04.04

En relation avec cette question, a surgit également la nécessité d’insister davantage et de manière plus générale sur une approche fondée sur les droits.

« Un chapitre plus important sur l’approche basée sur les droits de l’homme devrait être inclus dans le Manuel Sphère de manière à incorporer des références à la société civile et au développement.»

Réunion Afghanistan, 03.05.04

D’autre part, la Charte Humanitaire a également été critiquée. La citation suivante est relativement longue de manière à permettre l’élaboration du point argumenté de manière détaillée :

« La Charte humanitaire – a toujours entraîné des discussions utiles… elle soulève toute une série de questions de base qui sont essentielles – que faisons-nous en tant qu’humanitaires, pourquoi le faisons-nous, etc. ? (Cependant) c’est du droit international pour fantoches. La Charte est simplificatrice, elle place une importance inadéquate sur un certain nombre de points. Par exemple, qui est représenté par le ‘nous’ ?... La valeur du Manuel serait-elle amoindrie si la Charte n’existait pas ?... Le Code de Conduite apporte une dimension éthique qui est importante ; pourquoi ne pas lui consacrer une place plus proéminente. Indiquez que le droit international définit les obligations des parties au conflit, que chaque organisation a son mandat, qu’il existe pratiquement un consensus par rapport au Code de Conduite et que ce qui est important alors, c’est de nous concentrer sur les normes techniques.»

Formateur Sphère

Quelques personnes ont fait savoir qu’elles étaient opposées à ce que d’autres secteurs soient ajoutés à des éditions futures du Manuel en argumentant que les indicateurs étaient trop nombreux et trop ambitieux. Une prochaine révision devrait donc avoir pour but de réduire la taille du Manuel et de mieux en cibler les priorités :

« S’il devait y avoir une prochaine version, elle devrait être beaucoup plus simple, plus rationnelle et s’attacher aux priorités. Les discussions devraient porter sur ce qu’il convient de retirer plutôt que ce qu’il faut ajouter ; tout ajout devrait être compensé par une suppression.»

Représentant d’une agence donatrice

L’importance de traduire le Manuel Sphère dans le plus grand nombre possible de langues, comme moyen essentiel pour sa dissémination et son utilisation efficace, est un élément qui a été spécifiquement mentionné par 69 personnes, soit 24% des personnes qui ont exprimé une opinion sur le Manuel (cf. section A de l’ Annexe 3). Par exemple :


« Il y a eu de nombreuses demandes pour une traduction de la nouvelle édition en langue indonésienne, et, en attendant, pour que des exemplaires de la version anglaise soit disponibles en plus grand nombre. On nous a demandé s’il serait possible d’en imprimer des exemplaires à coût réduit pour une utilisation locale.»

Réunion de Jakarta, 17.05.04

« Il faut le traduire en langues locales telles que le Kiswahili.»

Réunion de Nairobi, 29.04.04

« L’accès aux traductions est un problème : les gens ont-ils les moyens de se les procurer ? Les langues ? Il faut trouver de l’aide pour faire traduire le Manuel.»

Représentant de la Fédération internationale des Sociétés de la Croix/Croissant Rouge

« Il faut plus de livres, dans plus de langues et qu’ils soient plus largement disponibles.»

Formateur Sphère

Comme le soulignent les deux derniers points, la disponibilité du Manuel dans les langues nécessaires est liée à son accessibilité en termes de coût. Plusieurs références ont élaboré plus avant sur cet aspect en soulignant l’importance de développer des versions du Manuel qui seraient plus appropriées à certains contextes et à certains publics spécifiques. Plus particulièrement, des photos et des exemples tirés de différents pays ont été montrés afin de suggérer des moyens pour rendre le Manuel plus facile à utiliser. Des versions ‘populaires’ du Manuel, à usage des communautés ont également été proposées.

« Certains mots sont difficiles à comprendre. Serait-il possible de prévoir une révision en utilisant un langage simplifié, en gardant à l’esprit les personnes qui vont mettre le Manuel en application ? Il faut donner plus d’exemples, plus d’études de cas – le simplifier… inclure des illustrations au Manuel serait très utile. Il est possible de décrire et d’expliquer à travers des illustrations.»

Représentant d’une ONG, Cambodge

« Le vocabulaire est un problème aggravé par la traduction… Il vaut mieux utiliser des phrases plus longues que du jargon.»

Représentant d’une ONG, Bosnie Herzégovine


«Développez et publiez une version populaire du Manuel Sphère.»

Réunion du Pérou, 20.04.04

Le besoin d’avoir des versions simplifiées et plus petites du Manuel, plus maniables à utiliser sur le terrain a également été soulevé:

« Nous avons besoin d’une version terrain, pour pouvoir nous y référer rapidement en cas d’urgence.»

Personne ayant contribué par le biais d’AWN

« Une version poche – pour pouvoir se référer facilement aux normes-clés sur le terrain (pour complémenter le Manuel). »

Représentant de la Fédération internationale des Sociétés de la Croix/Croissant Rouge

Egalement lié au problème de l’accessibilité, le besoin de pouvoir disposer de versions à coût réduit du Manuel a été soulevé plusieurs fois :

« Faites que le Manuel soit plus accessible : c’est difficile pour les gens de se le procurer.»

Représentant d’une ONG, Timor Oriental

« Il faut que le Manuel soit moins cher.»

Représentant d’une agence des Nations Unies

« Il faudrait que le Manuel soit disponible aussi facilement et à aussi bas prix que possible.»

Indépendant

Même si l’addition du CD Rom à l’édition 2004 a été très bien accueillie par beaucoup, plusieurs personnes ont tout de même insisté sur l’importance de faciliter l’accès au livre en soi, comme étant le format le plus utile sur le terrain.

« Ne vous laissez pas entraîner par la technologie informatique – ignorez les machines, le livre est beaucoup plus important que les CD Rom et autres.»

Représentant de la Fédération internationale des Sociétés de la Croix/Croissant Rouge

"Nous avons toujours besoin du livre, sur le terrain le CD Rom ne suffit pas."

Représentant d’une agence des Nations Unies

Enfin, il est important de remarquer que des personnes qui, au Timor Oriental, n’avaient jamais vu le Manuel auparavant, étaient elles aussi enthousiasmées par son potentiel. Elles ont tout particulièrement insisté sur la valeur d’un document unique fournissant un langage commun et un point de référence à l’ensemble du travail humanitaire :


« Utile comme référence.»

Représentant d’une ONG, Timor Oriental

« Ce livre devrait être distribué par centaines au gouvernement à tous les niveaux, aux écoles, aux églises.»

Représentant d’une agence des Nations Unies, Timor Oriental

« Je ne l’avais jamais vu auparavant, il a l’air fantastique ; il crée un langage commun, un seul livre de référence. Soutenir une approche basée sur les droits de l’homme : une manière de surmonter les résistances face aux distributions ciblées au Timor Oriental.»

Représentant d’une ONG, Timor Oriental

8.2.2 Les formations Sphère
Après le Manuel, ce sont les cours de formation Sphère qui ont été le plus souvent mentionnés. Au total, 171 participants, soit 44% des 393 participants (cf. section A2 de l’annexe 3), ont fait référence à l’importance des formations, surtout dans le but d’assurer la bonne utilisation du Manuel. Les commentaires suivants en sont l’illustration :

« …Sans les cours de formation, il n’est pas aisé de bien comprendre le Manuel … »

Représentant d’une ONG, Europe

« Une formation appropriée est nécessaire ainsi que des livres d’exercices pour faciliter l’utilisation du Manuel.»

Représentant d’ONG, Timor Oriental

« Sans la formation adéquate, le Manuel peut vous donner l’impression erronée que vous êtes un spécialiste.»

Formateur Sphère

« La formation… contribue à garantir que les gens vont utiliser le Manuel.»

Ancien employé Sphère

74 participants ont spécifiquement fait l’éloge du matériel de formation de Sphère comme instrument de soutien à la formation. Les modules de formation de Sphère sont conçus dans l’optique d’animer des ateliers de formation sur Sphère d’une demie à trois journées. Pendant la période 2000 à 2002, le bureau du Projet Sphère a organisé des ateliers de formations de trois jours partout dans le monde en utilisant des modules différents adaptés aux différents contextes. Par la suite, le projet s’est concentré sur l’organisation de cours de formation de formateurs (FdF) qui durent huit jours et permettent aux participants d’organiser et d’animer à leur tour des cours de formation Sphère en utilisant le matériel Sphère.

Il convient de remarquer qu’un grand nombre de personnes consultées, en se référant à la formation Sphère, avaient en tête les ateliers et les cours de formation menés au niveau national et adaptés à la langage et au contexte, plutôt que les cours de formation de formateurs (241 personnes contre 140, c'est-à-dire 63% contre 37%). Une personne s’est étendue tout particulièrement sur ce point :

…« les cours de formation dispensés au niveau du terrain dans toute une série de langues sont plus utiles que les cours de FdF parce que peu de gens, dans une situation d’urgence, ont le temps d’organiser une formation lorsqu’ils reviennent sur leur lieu de travail.»

Personne ayant contribué par le biais d’AWN

Un groupe important de personnes s’est prononcé en faveur de formations plus nombreuses et mieux ciblées. Ainsi, lors de la réunion de consultation régionale qui s’est tenue à Sydney, les personnes réunies ont demandé :

Des formations mieux ciblées
• Par pays
• Par type d’opération humanitaire
• Par type d’organisation
Réunion de Sydney, 25.03.04

Plusieurs personnes ont mis l’accent sur le besoin de cibler plus particulièrement les ONG nouvelles et les ONG locales au niveau de chaque pays :

…“Il faut promouvoir les formations Sphère pour les ONG nationales des pays sujets aux catastrophes, et qu’elles soient de nature très pratique ; c'est-à-dire qu’elles se concentrent sur les points forts des ONG locales et sur des activités qui ne nécessitent pas de grands moyens logistiques. Par exemple : la sélection et la planification de sites, la construction de latrines, la fourniture de produits non alimentaires, etc. C’est le « comment faire », et pas seulement le « pourquoi faire », qu’il faut enseigner.»

Représentant d’ONG

La Formation au niveau des communautés et avec les autorités gouvernementales locales est un élément qui a également été mentionné, particulièrement comme un moyen pour informer les communautés de leurs droits à recevoir un niveau d’assistance approprié :

« - Une formation Sphère à l’intention des communautés comme point de départ d’un programme.
- Une augmentation de la formation à destination des responsables gouvernementaux.»

Réunion de Nairobi, 29.04.04

“Il faut inclure d’autres structures qui ne sont pas habituellement impliquées, comme par exemple les écoles, les universités, les écoles d’architecture et la communauté – des bénéficiaires – il faut différents niveaux de formation.»

Réunion de Luanda, 28.02.04


70 participants (41% de ceux qui ont exprimé une opinion sur les ateliers) ont expressément mentionné qu’il fallait organiser des formations qui aient lieu à l’échelle nationale ou régionale et qu’elles soient conçues de manière à s’adapter le plus précisément possible aux personnes et aux endroits concernés :

… « Les cours de formation doivent être impartis par des personnes qui connaissent très bien la langue utilisée et le contexte d’application, afin de les rendre le plus pertinents possible pour les participants. La formation devrait être utilisée pour renforcer les capacités de ceux qui en ont besoin : les ONG, les gouvernements, les représentants de l’ONU.»

Représentant d’ONG, Timor Oriental

C’est dans ce contexte que la nécessité de compter sur des formateurs capables d’adapter et de développer le matériel de formation Sphère au contexte local particulier a été soulignée:

« (Par exemple) … toutes les études de cas ne sont pas appropriées, c’est au formateur de modifier le matériel selon les besoins.»

Indépendant

De nombreux participants ont souligné l’utilité des formations inter-agences et ont particulièrement insisté sur la nécessité d’impliquer certains ministères gouvernementaux, ainsi que des donateurs. Le potentiel d’une telle approche a été particulièrement bien décrit par un participant au forum en ligne d’AWN, qui a cité l’exemple suivant tiré d’une formation à laquelle il avait participé :

« ... Une des choses les plus encourageantes dans la formation a été d’entendre un haut représentant du gouvernement (un participant), expliquer que Sphère serait intégré comme matériel de référence lors de la révision de la politique nationale de gestion des catastrophes.»

Personne ayant contribué par le biais d’AWN

Le point suivant illustre également la nécessité d’associer Sphère aux formations de préparation et de gestion des catastrophes en général, surtout au niveau des gouvernements nationaux ; c’est un point qui a été spécifiquement soulevé à cinq reprises.

Sur les 140 participants qui ont mentionné les cours de formation de formateurs de Sphère, la plupart se sont exprimé très favorablement sur la qualité des cours. Pensant au fait qu’il y a encore des besoins de formation, plusieurs personnes ont mentionné à quel point il est important de pouvoir compter sur un nombre plus élevé de personnes ayant suivi un cours de FdF, et de mieux utiliser ceux qui sont déjà disponibles. L’idée de développer un registre central et/ou un réseau de personnes qui ont été formées pour impartir des cours de formation Sphère a été soulevée comme un moyen pour renforcer ce processus par un total de 61 participants (cf. section D6 de l’annexe 3). Un exemple de cette opinion a été recueilli lors de la réunion de Manille :


« Sphère devrait trouver des mesures plus créatives pour mobiliser les personnes qui ont été formées et les organiser au sein d’un réseau d’activistes et de praticiens.»

Réunion de Manille, 03.05.04

Un système de ce type pourrait d’une part permettre aux formateurs Sphère de partager leurs expériences et les informations qu’ils recueillent, et d’autres part aider ceux qui cherchent des formateurs à les trouver. L’une des limites de la FdF citée par plusieurs personnes, est la difficulté de libérer sur des périodes aussi longues des employés qui sont déjà très occupés par leur travail :

…“Le grand défi qui se pose aux cours de FdF est que les personnes formées puissent (ensuite) trouver le temps de s’occuper de formation ; les gens ont d’autres tâches à accomplir, ce n’est donc pas facile.»

Représentant d’ONG, basé au siège

Des opinions variées ont été exprimées concernant différents moyens pour garantir la qualité de la formation. De nombreuses personnes se sont accordées à reconnaître l’importance de cette question tout en admettant que dans la réalité il serait difficile de mettre en place un système de contrôle efficace. Certaines personnes pensent que la qualité du matériel est primordiale et que pour le reste les utilisateurs devraient se charger de garantir la qualité des cours :

« Faites des mises à jour régulières, sortez du matériel de formation de bonne qualité et assurez-vous de sa disponibilité ; laissez ensuite le soin aux gens de les interpréter et de les utiliser selon leurs besoins. »

Formateur Sphère

« Assurez-vous le concours des bonnes personnes pour l’élaboration du matériel de formation et ensuite n’insistez pas sur trop de contrôle… Dans un monde parfait, tout le monde serait suivi, mais dans la prat