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Chapitre 1 :
Normes minimales communes à tous les secteurs
Table des matières
Comment utiliser ce chapitre
Introduction
1. Participation
2. Évaluation initiale
3. Intervention
4. Ciblage
5. Suivi
6. Évaluation
7. Compétences et responsabilités
des travailleurs humanitaires
8. Supervision, gestion et soutien du personnel
Annexe
1 : Références
Comment utiliser ce chapitre
Ce chapitre décrit en
détail huit normes essentielles relatives "au processus et
aux personnes" qui revêtent une importance pour chacun des
secteurs techniques. Ces normes sont : 1) participation, 2) évaluation
initiale, 3) intervention, 4) ciblage, 5) suivi, 6) évaluation,
7) compétences et responsabilités des travailleurs humanitaires
et 8) supervision, gestion et soutien du personnel. Chacune englobe les
éléments suivants:
- les normes minimales:
elles sont de nature qualitative et précisent
les niveaux minimaux à atteindre;
- les indicateurs clés:
ce sont des "signaux" qui indiquent si oui ou non la norme
a été satisfaite. Ils constituent un moyen de mesurer
et de communiquer l'impact, ou le résultat, des programmes ainsi
que des processus et des méthodes utilisés. Les indicateurs
peuvent être qualitatifs ou quantitatifs;
- les notes d'orientation:
elles englobent des aspects spécifiques à prendre en compte
lors de l'application des normes et des indicateurs dans différentes
situations, des suggestions sur la manière de faire face aux
difficultés pratiques, et des conseils sur les questions prioritaires.
Elles peuvent également aborder des questions cruciales liées
aux normes ou aux indicateurs, et décrire des dilemmes, des controverses
ou des lacunes dans les connaissances actuelles.
À la fin du chapitre on trouvera une liste de
références choisies, qui indiquent des sources d'information
sur les questions générales et également sur les
questions spécifiques d'ordre technique liées aux normes.

Introduction
Ces normes communes sont liées à chacun des chapitres de
ce manuel et font partie intégrante de tous ces chapitres. En mettant
en uvre les normes décrites ici, les organisations soutiendront
la réalisation des normes décrites dans les chapitres techniques.
Liens avec les instruments juridiques internationaux
Chacun a le droit de vivre dans la dignité et le respect de ses
droits de l'homme. Il incombe aux organisations humanitaires d'apporter
une assistance d'une manière qui soit conforme aux droits de l'homme,
y compris le droit à la participation, à la non-discrimination
et à l'information, tels que stipulés dans l'ensemble des
textes juridiques internationaux relatifs aux droits de l'homme, aux interventions
humanitaires et aux réfugiés. Dans la Charte humanitaire
et le Code de conduite pour le Mouvement international de la Croix-Rouge
et du Croissant-Rouge et pour les organisations non gouvernementales lors
des opérations de secours en cas de catastrophe, les organisations
humanitaires s'engagent à rendre des comptes à ceux qu'elles
cherchent à aider. Les normes communes décrivent dans leurs
grands traits les responsabilités des organisations et des individus
lorsqu'ils offrent une protection et une assistance.
Importance des normes communes à tous
les secteurs
Les programmes qui cherchent à satisfaire les besoins des populations
affectées par une catastrophe doivent se fonder sur une compréhension
claire du contexte. Les évaluations initiales analyseront la nature
de la catastrophe et son effet sur la population. Les capacités
des personnes affectées et les ressources à leur disposition
seront identifiées lors de l'évaluation de leurs besoins
et vulnérabilités et des lacunes éventuelles au niveau
des services de base. Aucun secteur ne peut être considéré
isolément des autres, ou isolément de l'économie,
des croyances religieuses et traditionnelles, des pratiques sociales,
des facteurs politiques et de sécurité, des mécanismes
d'adaptation ou des développements futurs prévus. Il est
crucial de procéder à une analyse des causes et des effets
de la catastrophe. Si le problème n'est pas correctement identifié
et compris, il sera difficile, voire impossible, d'intervenir de façon
appropriée.
L'intervention dépend d'un certain nombre de facteurs, y compris
la capacité de l'organisation, son (ou ses) domaine(s) de connaissances
spécialisées, ses contraintes budgétaires, sa familiarité
avec la région ou la situation, et les risques pour son personnel
en matière de sécurité. Les normes d'intervention
décrites ici sont destinées à expliciter "qui
fait quoi et quand". Une fois qu'une intervention appropriée
a été déterminée, il faut établir des
mécanismes de ciblage qui permettent aux organisations d'apporter
une assistance, impartialement et sans discrimination, selon les besoins.
Des systèmes de suivi devront être établis dès
le début du processus afin de mesurer de manière continue
les progrès réalisés par rapport aux objectifs fixés
et de vérifier que le programme demeure utile dans un contexte
en évolution. Une évaluation pourra être effectuée
soit durant soit après l'intervention, afin de déterminer
l'efficacité globale du programme et d'en tirer des leçons
susceptibles d'améliorer des programmes similaires à l'avenir.
La qualité de l'assistance humanitaire dépendra des compétences,
des aptitudes, des connaissances et de l'engagement des membres du personnel
et des volontaires, lesquels travaillent souvent dans des situations difficiles
et parfois dangereuses. Une gestion et une supervision robustes sont des
éléments clés de tout programme d'assistance et,
conjointement avec le développement des capacités, peuvent
contribuer à faire en sorte que les normes minimales de l'assistance
humanitaire soient respectées. Étant donnée l'importance
des questions de "genre" et autres questions transversales,
il conviendra de prendre en compte la diversité des ressources
humaines lors de la formation d'une équipe.
La participation des personnes affectées par la catastrophe -
y compris les groupes vulnérables décrits ci-après
- à l'évaluation, au développement, à la mise
en uvre et au suivi des interventions devra être portée
au maximum afin de veiller à ce que toute intervention lors d'une
catastrophe soit appropriée et de qualité. Le partage systématique
des connaissances et des informations entre toutes les personnes prenant
part à l'intervention est fondamental pour arriver à une
compréhension commune des problèmes et à une coordination
efficace entre les organisations.
Liens avec les autres chapitres
Il est crucial que ce chapitre soit lu en premier avant de passer au secteur
technique qui intéresse plus particulièrement le lecteur.
Vulnérabilités et capacités
des populations affectées par une catastrophe
Les groupes qui courent le plus fréquemment des risques lors de
catastrophes sont les femmes, les enfants, les personnes âgées,
les personnes handicapées et les personnes vivant avec le VIH/sida
(PVVS). Dans certains contextes, les personnes peuvent aussi se retrouver
en position de vulnérabilité en raison de leur origine ethnique,
de leur affiliation religieuse ou politique, ou de leur déplacement.
Il ne s'agit pas là d'une liste exhaustive, mais elle englobe les
raisons les plus fréquemment identifiées. Les vulnérabilités
spécifiques influent sur l'aptitude des personnes à s'adapter
et à survivre dans le cadre d'une catastrophe, et celles qui courent
le plus de risques devront être identifiées dans chaque contexte.
Tout au long du manuel, l'expression "groupes vulnérables"
se réfère à tous ces groupes. Lorsque l'un quelconque
de ces groupes court des risques, il est probable que les autres seront
également menacés. Par conséquent, chaque fois que
les groupes vulnérables sont mentionnés, on demande instamment
aux utilisateurs de prendre en considération tous ceux énumérés
ici. Il faut veiller tout particulièrement à protéger
et à assister tous les groupes affectés de façon
non discriminatoire et en fonction de leurs besoins spécifiques.
Cependant, il faut également garder à l'esprit que les populations
touchées par une catastrophe possèdent, et acquièrent,
des compétences et des capacités propres pour faire face
à la situation, lesquelles doivent être reconnues et soutenues.
Les normes minimales
Norme commune 1: participation
La population affectée par la
catastrophe participe activement à l'évaluation, à
la conception, à la mise en uvre, au suivi et à
l'évaluation du programme d'assistance. |
Indicateurs clés (à lire
conjointement avec les notes de référence)
- Les femmes et les hommes de tous âges des populations affectées
par la catastrophe et de la population locale en général,
y compris les groupes vulnérables, reçoivent des informations
sur le programme d'assistance et sont encouragés à présenter
des commentaires à l'organisme chargé de l'assistance
durant toutes les étapes du projet (Cf. note d'orientation 1).
- Les objectifs et plans écrits du programme d'assistance devront
refléter les besoins, les préoccupations et les valeurs
des personnes affectées par la catastrophe, en particulier celles
appartenant aux groupes vulnérables, et contribuer à leur
protection (Cf. notes d'orientation 1-2).
- Toutes les étapes des programmes sont conçues de manière
à porter au maximum l'utilisation des compétences et des
capacités locales (Cf. notes d'orientation 3-4).
Notes d'orientation
1. Représentation de tous les groupes:
la participation des personnes affectées par la catastrophe à
la prise de décisions tout au long du projet (évaluation
initiale, conception, mise en uvre, suivi et évaluation)
contribue à garantir l'équité et l'efficacité
des programmes. Il faudra faire des efforts spéciaux pour veiller
à ce que chaque groupe de la population soit représenté
dans le cadre du programme d'assistance, y compris les groupes vulnérables
et marginalisés. La participation est un moyen efficace pour garantir
que les programmes se basent sur la coopération spontanée
des personnes affectées par la catastrophe et qu'ils respectent
la culture locale, lorsque ceci n'a pas pour effet de saper les droits
des individus. Les programmes d'assistance doivent refléter l'interdépendance
des individus, des ménages et des communautés et veiller
à ce que les éléments de protection ne soient pas
négligés.
2. Communication et transparence: le partage
des informations et des connaissances entre toutes les personnes concernées
est fondamental pour parvenir à mieux comprendre le problème
et à apporter une assistance coordonnée. Les résultats
des évaluations devront être activement communiqués
à toutes les organisations et à tous les individus concernés.
Il faudra établir des mécanismes pour permettre aux personnes
de faire des commentaires sur le programme, par exemple par le biais de
réunions publiques ou au travers d'organisations à base
communautaire. Pour les individus qui doivent garder la maison ou sont
handicapés, des programmes spécifiques de proximité
seront peut-être requis.
3. Capacité locale: la participation au
programme doit renforcer le sentiment de dignité et d'espoir des
personnes en temps de crise et doit être encouragée de différentes
façons. Les programmes doivent être conçus de manière
à se baser sur la capacité locale sans miner les stratégies
d'adaptation propres des personnes.
4. Durabilité à long terme: en général,
c'est au cours du renforcement des capacités locales face aux catastrophes
que l'on observe des changements positifs à long terme. Un programme
d'intervention lors d'une catastrophe devra soutenir et/ou compléter
les services et les institutions locales déjà en place et
être durable au-delà de la période de prestation de
l'assistance externe. Les organisations gouvernementales locales et nationales
ont des responsabilités fondamentales vis-à-vis des populations
et doivent être consultées lors de la conception à
plus long terme des programmes lorsque c'est faisable.
Norme minimale 2 : évaluation initiale
Les évaluations permettent de
comprendre les circonstances de la catastrophe et d'analyser les menaces
pesant sur la vie, la dignité, la santé et les moyens
de subsistance afin de déterminer, dans le cadre d'une consultation
avec les autorités compétentes, si une intervention
externe est requise et, dans l'affirmative, quelle devra en être
la nature. |
Indicateurs clés (à lire
conjointement avec les notes de référence)
- Les informations sont recueillies en utilisant des procédures
standardisées et mises à la disposition de tous de manière
à permettre une prise de décisions transparente (Cf. note
d'orientation 1-6).
- L'évaluation prend en considération tous les secteurs
techniques (eau et assainissement, nutrition, nourriture, abris, santé),
ainsi que l'environnement physique, social, économique, politique
et la sécurité (Cf. note d'orientation 7).
- Au travers d'une consultation, l'évaluation prend en compte
les interventions des autorités locales et nationales et des
autres acteurs et organisations (Cf. note d'orientation 7).
- Les capacités et stratégies locales d'adaptation à
la catastrophe, tant celles de la population affectée que celles
de la population environnante, sont identifiées (Cf. note d'orientation
8).
- Dans la mesure du possible, les données sont ventilées
par sexe et par âge (Cf. note d'orientation 9).
- L'évaluation est étayée par les droits des personnes
affectées par les catastrophes, tels que définis dans
les textes internationaux.
- L'évaluation prend en compte la responsabilité des
autorités compétentes de protéger et d'apporter
une assistance à la population sur le territoire sur lequel elles
exercent un contrôle, et elle tient également compte des
lois, des normes et des lignes directrices nationales applicables là
où se trouve la population affectée, pourvu qu'elles soient
conformes au droit international.
- L'évaluation englobe une analyse de l'environnement dans lequel
sont menées les opérations, y compris les facteurs qui
affectent la sûreté et la sécurité personnelles
de la population affectée et des membres du personnel humanitaire
(Cf. note d'orientation 10).
- Les estimations des nombres de personnes affectées sont vérifiées
par recoupement et validées avec le plus grand nombre possible
de sources, et la base de l'estimation est indiquée.
- Les conclusions de l'évaluation sont mises à la disposition
des autres secteurs, des autorités locales et nationales et des
représentants de la population affectée. Des recommandations
sont faites sur la nécessité d'une assistance externe,
et sur les interventions appropriées qui devraient être
reliées aux stratégies de sortie ou de transition (Cf.
note d'orientation 11).
On trouvera des listes de contrôle pour l'évaluation pour
chacun des secteurs dans les annexes figurant à la fin de chaque
chapitre technique.
Notes d'orientation
1. Les évaluations initiales constituent
la base de la prestation de toute assistance immédiate éventuellement
nécessaire et permettent en outre d'identifier les domaines sur
lesquels il faudra concentrer un bilan plus détaillé. Une
évaluation initiale n'est pas une fin en soi, mais doit être
perçue comme une première étape dans un processus
continu de révisions et de mises à jour de la stratégie
de suivi, en particulier lorsque la situation évolue rapidement,
ou bien lorsqu'il se produit des développements cruciaux comme
d'importants mouvements de population ou la flambée d'une maladie.
Souvent, il ne sera pas possible d'aborder de manière adéquate
ou de consulter tous les secteurs ou groupes de la population. Lorsqu'il
en est ainsi, il faudra préciser clairement quels groupes ont été
omis, et s'efforcer de retourner à eux à la première
occasion.
2. Les listes de contrôle: elles sont un
moyen utile de veiller à ce que les domaines clés soient
examinés ; des exemples de listes de contrôle sont proposés
dans les annexes de chacun des chapitres techniques de ce manuel. On trouvera
des informations supplémentaires à ce sujet dans l'annexe
1 (Références).
3. Opportunité: une évaluation initiale
sera effectuée dès que possible après le début
de la catastrophe, tout en pourvoyant aux besoins vitaux ou autres besoins
cruciaux. Il est conseillé de produire un rapport dans un délai
de quelques jours, et d'opter pour un format et un contenu qui permettront
aux planificateurs et aux analystes d'identifier facilement les priorités
et de concevoir rapidement un programme approprié. Une évaluation
plus approfondie sera nécessaire par la suite afin d'identifier
les lacunes dans l'assistance et de fournir des informations de référence.
4. L'équipe d'évaluation: une équipe
mixte et équilibrée de généralistes et de
spécialistes techniques compétents et munis d'un mandat
clair, qui s'efforce de faire participer la population d'une façon
culturellement acceptable, améliorera la qualité de l'évaluation.
Il est crucial d'avoir des connaissances sur le contexte local et une
expérience préalable des catastrophes dans le pays ou la
région.
5. Collecte des informations: les membres de l'équipe
devront bien comprendre les objectifs et la méthodologie de l'évaluation,
ainsi que leurs propres rôles, avant que le travail sur le terrain
ne démarre, et utiliseront normalement un mélange de méthodes
quantitatives et qualitatives appropriées pour le contexte. Certains
individus ou groupes ne seront peut-être pas en mesure de s'exprimer
ouvertement, auquel cas on envisagera de prendre des dispositions spéciales
pour recueillir des informations "sensibles". Les informations
seront traitées avec le plus grand soin et la confidentialité
doit en être assurée. Une fois le consentement de l'individu
obtenu, on envisagera peut-être de transmettre ces informations
à des acteurs ou institutions appropriés. Les membres du
personnel qui travaillent dans des situations de conflit doivent être
conscients du fait que les informations recueillies peuvent être
sensibles, être employées abusivement ou compromettre l'aptitude
même de l'organisation à opérer.
6. Sources d'information: les informations pour
le rapport d'évaluation initiale peuvent être compilées
à partir de sources primaires, y compris l'observation directe
et les discussions avec des individus clés, comme les membres du
personnel d'organisations, les autorités locales, les leaders communautaires
(hommes et femmes), les aînés, les enfants, le personnel
soignant, les enseignants, les commerçants et autres acteurs concernés,
et à partir de sources secondaires, comme les documents et rapports
existants (publiés ou pas), le matériel historique approprié
et les données sur la situation pré-urgence. Les plans nationaux
ou régionaux de préparation en vue de catastrophes éventuelles
constituent aussi une source importante d'information. Il est crucial
de comparer les informations secondaires aux résultats de l'observation
et du jugement direct afin de réduire au minimum les partis pris
potentiels. Les méthodes utilisées pour recueillir des informations
et les limites des données obtenues devront être clairement
communiquées afin de brosser un tableau réaliste de la situation.
Le rapport de l'évaluation initiale indiquera clairement les préoccupations
spécifiques et les recommandations exprimées par tous les
groupes, notamment ceux qui sont tout particulièrement vulnérables.
7. Évaluations sectorielles: il n'est pas toujours possible
de procéder à une évaluation multisectorielle durant
la phase initiale d'une catastrophe, évaluation qui pourrait par
ailleurs retarder les actions visant à satisfaire les besoins cruciaux
dans des secteurs spécifiques. Lorsque des évaluations sectorielles
individuelles sont effectuées, il faut accorder une attention supplémentaire
aux liens avec les autres secteurs et à des questions plus larges
de contexte et de protection, dans le cadre d'une consultation avec d'autres
acteurs et organisations.
8. Relation avec la population d'accueil: la fourniture
d'installations et la prestation d'un soutien aux populations déplacées
peut donner lieu à un certain ressentiment au sein de la communauté
d'accueil, en particulier lorsque les ressources existantes sont limitées
et doivent être partagées avec les nouveaux venus. Pour réduire
au minimum les tensions, il faudra consulter les populations d'accueil.
Il faudra également, dans la mesure du possible, que le développement
d'infrastructures et de services pour les populations déplacées
entraîne une amélioration durable des moyens de subsistance
des populations d'accueil.
9. Ventilation des données: cette opération
est importante pour des raisons diverses. Elle permet aux utilisateurs
de l'évaluation de vérifier l'exactitude des résultats
et de procéder à des comparaisons avec des études
antérieures sur le même domaine. En plus de l'âge,
du sexe, de la vulnérabilité, etc., il est utile d'inclure
la taille moyenne des familles et le nombre de ménages comme informations
clés ventilées, car ceci facilitera la planification d'une
intervention plus appropriée. Au début d'une catastrophe,
il peut s'avérer difficile de ventiler les informations par âge
et par sexe. Cependant, la mortalité et la morbidité des
enfants de moins de cinq ans seront documentées dès le début,
car cette section de la population est en général soumise
à des risques tout particulièrement importants. Dans la
mesure où le temps et les conditions le permettent, on tentera
de ventiler encore plus les informations, afin de déceler d'autres
différences éventuelles en fonction de l'âge, du sexe
et de la vulnérabilité.
10. Contexte sous-jacent: l'évaluation
initiale et l'analyse ultérieure devront prendre en compte les
questions sous-jacentes relatives à la sécurité,
aux structures, ainsi qu'au contexte politique, économique, démographique
et environnemental. De même, il faudra prendre en considération
tous les changements survenus dans les conditions de vie et les structures
communautaires des populations d'accueil et déplacées par
rapport à la phase pré-catastrophe.
11. Rétablissement: l'analyse et la planification
pour la période de rétablissement post-catastrophe devront
faire partie de l'évaluation initiale, car l'aide externe peut
ralentir le rétablissement si elle n'est pas apportée d'une
manière qui soutient les propres mécanismes de survie de
la population locale.
Norme commune 3 : intervention
Une intervention humanitaire est requise
dans les situations où les autorités compétentes
ne sont pas en mesure de répondre aux besoins de protection
et d'assistance de la population se trouvant sur le territoire sous
leur contrôle, ou ne sont pas disposées à le faire,
et lorsque l'évaluation initiale et l'analyse indiquent que
ces besoins ne sont pas satisfaits. |
Indicateurs clés (à lire
conjointement avec les notes de référence)
- Lorsque des personnes risquent la mort suite à une catastrophe,
les programmes donnent la priorité aux besoins à satisfaire
pour sauver des vies (Cf. note d'orientation 1).
- Les programmes et les projets sont conçus pour soutenir et
protéger la population affectée et pour promouvoir ses
moyens de subsistance, de manière à atteindre ou à
dépasser les normes minimales de Sphère, telles qu'elles
sont illustrées par les indicateurs clés (Cf. note d'orientation
2).
- Il y a une coordination et un échange d'informations efficaces
entre les personnes affectées par l'intervention post-catastrophe
et celles qui y prennent part. Les organisations humanitaires entreprennent
des activités sur la base des besoins, lorsque leurs connaissances
techniques spécialisées et leur capacité peuvent
avoir l'impact le plus important dans le programme global d'assistance
(Cf. note d'orientation 3).
- Organisations, programmes and projects that " Les organisations,
les programmes et les projets qui ne peuvent pas répondre aux
besoins identifiés ou qui ne sont pas à même d'atteindre
les normes minimales communiquent leurs lacunes éventuelles pour
que d'autres entités puissent apporter leur aide (Cf. notes d'orientation
4-5).
- Dans les situations de conflit, le programme d'assistance tient compte
de l'impact possible de l'intervention sur la dynamique de la situation
(Cf. note d'orientation 6).
Notes d'orientation
1. Répondre aux besoins réels: l'intervention
humanitaire doit être organisée de manière à
satisfaire les besoins se dégageant de l'évaluation. Il
faut veiller à ne pas inclure dans les filières de livraison
des articles superflus qui pourraient entraver l'acheminement des articles
essentiels.
2. Atteindre les normes minimales: les programmes
et les projets de l'intervention seront conçus de manière
à combler l'écart entre les conditions de vie existantes
et les normes minimales de Sphère. Il est néanmoins important
de faire la distinction entre les besoins urgents et les besoins chroniques
de la population affectée. Dans de nombreux cas, les besoins humanitaires
et les ressources qui seraient requises pour permettre à une communauté,
une zone, une région, voire un pays d'atteindre les normes minimales
dépassent de loin les ressources disponibles. Une organisation
ne peut pas s'attendre à obtenir ce résultat à elle
seule, et les communautés, leurs voisins, les gouvernements d'accueil,
les bailleurs de fonds et les autres organisations locales et internationales
ont tous un rôle important à jouer. La coordination entre
les entités qui interviennent dans une situation de catastrophe
est essentielle pour combler les lacunes cruciales.
3. Capacité et connaissances spécialisées:
dans les situations où une organisation est hautement spécialisée,
ou bien munie d'un mandat pour répondre à certains besoins
(ou groupes) particuliers, elle cherchera à produire l'impact humanitaire
le plus important possible en utilisant sa propre base de ressources et
de compétences. Toutefois, même dans les limites spécifiques
de ses connaissances spécialisées ou de son mandat, il est
probable que les besoins humanitaires globaux dépasseront ses ressources
organisationnelles. Lorsqu'une organisation constate que sa capacité
dépasse les besoins, elle devra signaler cette capacité
à la communauté plus large des entités humanitaires
qui sont intervenues et apporter sa contribution au moment et aux endroits
où le besoin s'en fait sentir.
4. Signaler les lacunes: bien que les organisations
humanitaires préfèrent faire état des succès
de leurs programmes et d'évaluations positives d'initiatives en
cours afin de faciliter le financement de programmes futurs, elles doivent
toutefois être prêtes à reconnaître rapidement
les lacunes dans leur capacité de satisfaire les besoins fondamentaux.
5. Partage des informations: les organisations
qui identifient des besoins cruciaux doivent en informer la communauté
dans son ensemble dès que possible, afin de permettre aux organisations
qui disposent des ressources et de la capacité les plus appropriées
d'intervenir. Dans la mesure du possible, elles utiliseront la terminologie,
les normes et les procédures reconnues pour aider les autres à
préparer leurs interventions plus rapidement et efficacement. L'utilisation
de formats et de lignes directrices standard pour les questionnaires,
convenus entre le gouvernement d'accueil et les organisations au niveau
du pays, peuvent considérablement faciliter la tâche à
cet égard.
6. Porter au maximum l'impact positif et limiter les
dommages: les conflits et la concurrence pour obtenir des ressources
peu abondantes entraînent souvent une insécurité accrue,
l'emploi abusif ou le détournement de l'aide, sa distribution inéquitable
ou sa déviation. Comprendre la nature et la source du conflit contribue
à faire en sorte que l'aide soit distribuée de manière
impartiale et réduit ou évite les effets négatifs.
Dans les situations de conflit, une analyse des acteurs, des mécanismes,
de la problématique et du contexte du conflit devra être
effectuée avant la planification du programme.
Norme commune 4 : ciblage
L'assistance ou les services humanitaires
sont fournis de manière équitable et impartiale, sur
la base de la vulnérabilité et des besoins des individus
ou groupes affectés par la catastrophe. |
Indicateurs clés (à lire
conjointement avec les notes de référence)
-
Les critères de ciblage doivent se baser sur une analyse
complète de la vulnérabilité (Cf. note d'orientation
1).
-
Les mécanismes de ciblage sont convenus entre les membres
de la population affectée (y compris les représentants
de groupes vulnérables) et les acteurs appropriés. Les
critères de ciblage sont clairement définis et diffusés
largement (Cf. notes d'orientation 2-3).
-
Les mécanismes et les critères de ciblage ne doivent
pas miner la dignité et la sécurité des individus,
ni accroître leur vulnérabilité face à
l'exploitation (Cf. notes d'orientation 2-3).
-
Les systèmes de distribution sont suivis pour veiller à
ce que les critères de ciblage soient respectés et à
ce que des mesures correctives opportunes soient prises au besoin
(Cf. notes d'orientation 4-5).
Notes d'orientation
1. But du ciblage: il consiste à satisfaire
les besoins des plus vulnérables, tout en apportant une aide d'une
manière efficace visant à réduire la dépendance
au minimum.
2. Mécanismes de ciblage: il s'agit des
outils disponibles pour apporter, de manière impartiale et non
discriminatoire, une assistance répondant aux besoins des populations.
Ces outils, parmi lesquels figurent le ciblage basé sur les informations
fournies par la communauté (ciblage communautaire), le ciblage
administratif et l'auto-ciblage, peuvent être utilisés seuls
ou conjointement. Les travailleurs des organisations devront être
conscients du fait que l'auto-ciblage peut parfois exclure certains groupes
vulnérables. Pour veiller à ce que la population affectée
par une catastrophe soit consultée et approuve les décisions
relatives au ciblage, un groupe représentatif de femmes et d'hommes,
de garçons et de filles, et de personnes issues des groupes vulnérables
devra être inclus dans le processus de consultation. Dans les situations
de conflit, il est essentiel de comprendre la nature et la source du conflit
et la manière dont ces aspects peuvent influer sur les décisions
administratives et communautaires portant sur le ciblage de l'assistance.
3. Critères de ciblage: ils sont en général
liés au niveau ou au degré de vulnérabilité
d'une communauté, d'un ménage ou d'un individu, lesquels
sont déterminés par les risques que présente la catastrophe
et la capacité d'adaptation des récipiendaires. La dignité
individuelle peut être involontairement minée par des critères
et des mécanismes de ciblage inadaptés et il faut prendre
des mesures appropriées pour éviter ce cas de figure. En
voici quelques exemples:
- Dans le cadre d'un ciblage administratif ou communautaire, les demandes
d'informations peuvent porter sur les biens d'un individu. Ce genre
de question peut être perçu comme indiscret et peut potentiellement
miner les structures sociales.
- Les ménages qui comptent en leur sein des enfants souffrant
de malnutrition sont souvent ciblés pour recevoir une assistance
alimentaire sélective. Cette approche peut nuire à la
dignité des personnes, car elle peut encourager les parents à
empêcher leurs enfants de prendre du poids pour qu'ils continuent
de recevoir des rations sélectives. Ceci peut également
s'appliquer lorsque des rations générales sont fournies.
- Lorsque l'assistance est ciblée au travers de systèmes
locaux de clans, les personnes qui ne font pas partie de ces systèmes
(par ex. les individus déplacés) sont susceptibles d'être
exclues.
- Les femmes, les filles et les garçons déplacés
peuvent être soumis à la coercition sexuelle.
- Les personnes souffrant du VIH/sida peuvent être stigmatisées.
La confidentialité devra être observée à
tout moment.
4. L'accès aux installations et aux services et
leur utilisation: l'utilisation des installations et des biens
fournis est affectée par de nombreux facteurs, comme leur facilité
d'accès, leur sécurité, leur commodité, leur
qualité et s'ils sont oui ou non appropriés pour les besoins
et les coutumes. L'accès peut être tout particulièrement
limité dans des situations de conflit armé, et par des facteurs
comme la corruption, l'intimidation et l'exploitation (y compris à
des fins sexuelles). Dans la mesure du possible, les facteurs qui limitent
l'utilisation des installations seront rectifiés au travers de
la mobilisation de la communauté ou de révisions apportées
au programme. Il est essentiel de veiller à ce que la phase de
consultation avant et pendant la mise en uvre du programme englobe
une discussion adéquate avec les femmes, les enfants et les autres
groupes vulnérables, pour lesquels les obstacles à l'utilisation
de ces installations ou services seront probablement les plus considérables.
5. Suivi des erreurs d'exclusion et d'inclusion: lorsqu'un système
de ciblage ne parvient pas à atteindre toutes les personnes vulnérables
dans le besoin après une catastrophe, leur situation peut rapidement
devenir critique. Il faut prendre des dispositions pour mettre à
jour et affiner les systèmes de ciblage et de distribution afin
d'assurer une couverture plus efficace.
Norme commune 5 : suivi
L'efficacité du programme dans
sa manière de répondre aux problèmes est évaluée
et les changements qui surviennent dans le contexte plus général
sont continuellement suivis, en vue d'améliorer le programme
ou de le retirer progressivement, selon ce qui sera requis. |
Indicateurs clés (à lire
conjointement avec les notes de référence)
-
Les informations recueillies pour le suivi sont opportunes et utiles,
elles sont enregistrées et analysées de manière
exacte, logique, cohérente, régulière et transparente,
et elles influent sur le programme en cours (Cf. notes d'orientation
1-2).
-
Des systèmes sont mis en place pour veiller à la collecte
régulière d'informations dans chacun des secteurs techniques
et pour déterminer si oui ou non les indicateurs de chaque
norme sont satisfaits.
-
Les femmes, les hommes et les enfants de tous les groupes affectés
sont consultés régulièrement et prennent part
aux activités de suivi (Cf. note d'orientation 3).
-
Des systèmes sont mis en place pour permettre un flux d'informations
entre le programme, les autres secteurs, les groupes affectés
de la population, les autorités locales compétentes,
les bailleurs de fonds et les autres acteurs, selon les besoins (Cf.
note d'orientation 4).
Notes d'orientation
1. Utilisation des informations découlant du suivi
: les situations de catastrophes sont instables et dynamiques.
Il est donc essentiel de disposer d'informations mises à jour régulièrement
pour veiller à ce que les programmes restent appropriés
et efficaces. Un suivi régulier permet aux responsables de déterminer
les priorités, d'identifier les problèmes naissants, de
suivre les tendances, de déterminer l'effet de leurs interventions
et d'orienter les modifications apportées à leurs programmes.
Les informations découlant du suivi continu des programmes peuvent
être utilisées pour les révisions, les évaluations
et à d'autres fins. Dans certaines situations, un changement de
stratégie peut être requis pour réagir à des
changements importants au niveau des besoins ou du contexte.
2. Utilisation et diffusion des informations:
les informations recueillies doivent revêtir une utilité
directe pour le programme - autrement dit, elles doivent être pertinentes
et suivies d'une action. Elles doivent également être documentées
et mises à la disposition, ce de façon proactive, des autres
secteurs et organisations, ainsi que de la population affectée.
Les moyens de communication utilisés (méthodes de diffusion,
langue, etc.) doivent être accessibles et adaptés au public
visé.
3. Personnes prenant part au suivi: devront prendre
part au suivi les personnes en mesure de recueillir, de façon culturellement
acceptable, en particulier en termes de "genre" et de compétences
linguistiques, des informations auprès de tous les groupes de la
population affectée. Les pratiques culturelles locales exigeront
éventuellement que les femmes ou les groupes minoritaires soient
consultés séparément par des individus considérés
comme culturellement acceptables.
4. Partage des informations: les activités
de suivi et d'évaluation requièrent une consultation et
une coopération étroites entre les secteurs. Par exemple,
durant une épidémie de choléra, il faut que les organisations
chargées de l'approvisionnement en eau et de l'assainissement et
celles responsables de la santé se partagent continuellement les
informations dont elles disposent. Les mécanismes de coordination
comme les réunions régulières et l'utilisation de
panneaux d'affichage peuvent faciliter cet échange d'informations.
Norme commune 6 : évaluation
On procède à un examen
systématique et impartial de l'action humanitaire, dans le
but de tirer des enseignements qui permettront d'améliorer
les pratiques et les politiques générales, ainsi que
la reddition de comptes. |
Indicateurs clés (à lire
conjointement avec les notes de référence)
- Le programme est évalué en se référant
aux objectifs déclarés et aux normes minimales convenues
afin d'en mesurer l'opportunité, l'efficacité, la couverture,
la cohérence et l'impact globaux sur la population affectée
(Cf. note d'orientation 1).
- Les évaluations prennent en compte les vues et les opinions
de la population affectée, ainsi que celles de la communauté
d'accueil si elles sont différentes.
- La collecte d'informations à des fins d'évaluation est
indépendante et impartiale.
- Les résultats de chaque exercice d'évaluation sont
utilisés pour améliorer les pratiques à l'avenir
(Cf. note d'orientation 2).
Notes d'orientation
1. Établissement de critères: évaluer
les programmes d'assistance humanitaire n'est pas tâche aisée
; en effet, les catastrophes se caractérisent par des changements
rapides et un degré élevé d'incertitude. Bien que
les méthodes qualitatives soient plus aptes à rendre la
nature complexe des interventions lors de catastrophes, les personnes
qui évaluent ce type de programme doivent être disposées
à utiliser différentes méthodes, et à comparer
et mettre en balance les résultats pour arriver à des conclusions
valides.
2. Utilisation ultérieure des informations:
les évaluations font l'objet de rapports écrits, lesquels
sont diffusés dans l'intérêt de la transparence et
de la reddition de comptes, et permettent l'apprentissage de leçons
entre programmes et organisations, ce qui aboutit à l'amélioration
des politiques générales et des pratiques dans le domaine
humanitaire.
Norme commune 7 : compétences
et responsabilités des travailleurs humanitaires
Les travailleurs humanitaires possèdent
les qualifications, les attitudes et l'expérience adéquates
pour planifier et mettre efficacement en uvre des programmes
appropriés. |
Indicateurs clés (à lire
conjointement avec les notes de référence)
-
Les travailleurs humanitaires ont des qualifications techniques
appropriées et des connaissances sur les cultures et coutumes
locales, et/ou une expérience préalable du travail en
situation d'urgence. De plus, les travailleurs connaissent bien les
droits de l'homme et les principes humanitaires.
-
Les membres du personnel sont bien informés des tensions et
sources de conflit potentielles entre la population directement touchée
par la catastrophe et les communautés d'accueil. Ils sont conscients
des conséquences de la prestation d'une assistance humanitaire,
et font tout particulièrement attention aux groupes vulnérables
(Cf. note d'orientation 1).
-
Les membres du personnel sont capables de reconnaître les activités
abusives, discriminatoires ou illégales, et de s'abstenir de
mener des activités de ce type (Cf. note d'orientation 2).
Notes d'orientation
1. Les membres du personnel doivent être conscients
de la mesure dans laquelle les crimes violents, y compris le viol et autres
formes de brutalité contre les femmes, les filles et les garçons,
peuvent devenir plus nombreux en situation de crise. La peur du harcèlement
et du viol force les femmes à former des alliances avec des soldats
et d'autres hommes occupant des positions d'autorité ou de pouvoir.
Les hommes jeunes sont vulnérables face à la conscription
forcée dans les forces combattantes. Les membres du personnel et
les partenaires de terrain doivent savoir comment diriger vers les entités
compétentes les femmes, les hommes et les enfants qui cherchent
à obtenir réparation pour des violations de leurs droits
humains, et doivent en outre bien connaître les procédures
à suivre pour diriger les survivants de viols et de violences sexuelles
vers des services d'assistance socio-psychologique, médicaux ou
ayant trait à la contraception.
2. Les membres du personnel humanitaire doivent comprendre
que la responsabilité du contrôle de la gestion et de la
distribution des ressources précieuses présentes dans les
programmes d'intervention lors de catastrophes les place, eux et les autres
personnes intervenant dans leur livraison, dans une position de pouvoir
relatif par rapport aux autres. Les membres du personnel doivent avoir
conscience du risque d'abus ou de corruption lié à l'exercice
de ce pouvoir. Ils doivent être conscients du fait que les femmes
et les enfants sont souvent exploités et contraints à adopter
des comportements humiliants et dégradants. On ne peut pas demander
des services sexuels en échange d'une assistance humanitaire, et
les travailleurs humanitaires ne doivent pas non plus s'impliquer dans
un quelconque échange de ce type. Les activités comme le
travail forcé et l'utilisation et le trafic de drogues illicites
sont également interdites.
Norme commune 8 : supervision,
gestion et soutien du personnel
Les travailleurs humanitaires bénéficient
d'une supervision et d'un soutien pour garantir la mise en uvre
efficace du programme d'assistance humanitaire. |
Indicateurs clés (à lire
conjointement avec les notes de référence)
-
Les responsables ont des comptes à rendre concernant leurs
décisions et au moment de garantir une sécurité
adéquate et l'observation des codes/règles de conduite,
et doivent apporter un soutien à leur personnel (Cf. note d'orientation
1).
-
Les membres du personnel technique et de gestion reçoivent
la formation, les ressources et le soutien logistique nécessaires
pour s'acquitter de leurs responsabilités (Cf. note d'orientation
2).
-
Les membres du personnel qui travaillent dans le cadre des programmes
comprennent le but des activités qu'on leur demande d'effectuer
et la méthode à suivre, et reçoivent un feedback
(réactions et commentaires) ultérieur sur leurs performances.
-
On remet à tous les membres du personnel une description
de leur poste, indiquant clairement la ou les personne(s) de laquelle
(ou desquelles) ils relèvent ; leurs performances font en outre
l'objet d'évaluations écrites périodiques.
-
Tous les membres du personnel sont orientés pour ce qui est
des questions de santé et de sécurité par rapport
à la région et à l'environnement dans lesquels
ils doivent travailler (Cf. note d'orientation 3).
-
Les membres du personnel suivent une formation appropriée
en matière de sécurité.
-
Des systèmes de renforcement des capacités pour les
membres du personnel sont mis en place et font l'objet d'un suivi
systématique (Cf. notes d'orientation 4-5).
-
La capacité des organisations nationales et locales est développée
afin de favoriser la durabilité à long terme.
Notes d'orientation
1. Les dirigeants, à tous les niveaux,
ont des responsabilités particulières en ce qui concerne
l'établissement et/ou le maintien de systèmes favorisant
la mise en uvre de programmes et de politiques générales
utiles, et l'observation des règles/codes de conduite. Certaines
organisations humanitaires sont d'ores et déjà dotées
de codes ou de règles liés à la conduite du personnel
ou de l'institution dans les domaines de la protection des enfants ou
de l'exploitation et des abus sexuels. L'importance de ces règles
étant reconnue par un nombre croissant d'entités, de nombreuses
organisations humanitaires sont en train de mettre au point des codes
de conduite. Le succès de ces codes repose en très grande
partie sur leur stricte observation, sur laquelle les dirigeants ont des
comptes à rendre.
2. Les organisations humanitaires doivent veiller
à ce que leurs effectifs soient qualifiés et compétents,
et à ce qu'ils aient suivi une formation et une préparation
appropriées, avant d'être assignés à une situation
d'urgence. Lors du déploiement d'équipes d'intervention
en situation d'urgence, les organisations chercheront à assurer
un équilibre entre les femmes et les hommes au sein de leur personnel
et parmi leurs volontaires. Il sera peut-être nécessaire
de leur dispenser un soutien et une formation continus pour veiller à
ce qu'ils puissent s'acquitter de leurs responsabilités.
3. Tous les membres du personnel devront recevoir
des briefings appropriés sur les questions de sécurité
et de santé avant leur déploiement et à leur arrivée
sur le terrain. Ils seront vaccinés et auront reçu leurs
médicaments de prophylaxie contre le paludisme (au besoin) avant
leur déploiement. À leur arrivée, ils devront recevoir
des informations visant à réduire au minimum les risques
de sécurité, et seront également mis au fait des
aspects suivants : la sécurité relative à la nourriture
et à l'eau, la prévention du VIH/sida et autres maladies
infectieuses endémiques, la disponibilité de soins médicaux,
les politiques générales et les procédures en matière
d'évacuation médicale, et l'indemnisation des travailleurs.
4. Il faudra faire des efforts spéciaux
pour promouvoir la diversité à tous les niveaux de l'organisation.
5. Le renforcement des capacités est un
objectif explicite durant la phase de réhabilitation postérieure
à une catastrophe. Il sera également entrepris, dans la
mesure du possible, durant la phase de catastrophe/prestation de secours
elle-même, en particulier lorsqu'elle est très longue.
Annexe 1
Références
NB: Les titres "officiels" des documents sont
indiqués dans la mesure du possible, mais dans les cas où
il n'existe pas de version officielle ou lorsqu'elle nous est inconnue,
la traduction française des titres des documents, rapports ou publications
est ajoutée entre parenthèses à titre indicatif.
Grâce au programme Forced Migration Online (Migration forcée
en ligne) du Refugee Studies Centre (Centre des études sur les
réfugiés) de l'université d'Oxford, bon nombre de
ces documents ont reçu l'autorisation de reproduction et sont disponibles
sur un lien spécial du projet Sphère sur le site Web: http://www.forcedmigration.org
Participation
ALNAP Global Study (Étude mondiale d'ALNAP) : Participation by
Affected Populations in Humanitarian Action: Practitioner Handbook (Participation
des populations affectées à l'action humanitaire : manuel
du praticien) (à paraître): http://www.alnap.org
http://www.hapinternational.org
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