MANUEL
FORMATION

A PROPOS DE SPHÈRE

TABLE DES MATIÈRES:

Qu'est-ce que Sphère ?
La Charte humanitaire
Normes communes à tous les secteurs
Eau, assainissement et promotion de l'hygiène
Sécurité alimentaire, nutrition et aide alimentaire
Abris, établissements humains et articles non alimentaires
Services de santé
Annexes

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Chapitre 2: Normes minimales dans les secteurs de l'approvisionnement en eau, de l'assainissement et de la promotion de l'hygiène

 

Table des matières

Comment utiliser ce chapitre
Introduction
1. Promotion de l'hygiène
2. Approvisionnement en eau
3. Élimination des excréments
4. Lutte antivectorielle
5. Gestion des déchets solides
6. Drainage

Annexe 1: Liste de contrôle pour l'évaluation initiale des besoins en matière d'approvisionnement en eau et d'assainissement
Annexe 2 : Lignes directrices pour la planification des quantités minimales d'eau pour les institutions et autres utilisations
Annexe 3 : Nombre minimal de toilettes dans les lieux publics et les institutions dans les situations de catastrophe
Annexe 4 : Maladies liées à l'eau et aux excréments et mécanismes de transmission
Annexe 5 : Références

 



Comment utiliser ce chapitre

Ce chapitre est divisé en six sections principales : (1) promotion de l'hygiène, (2) approvisionnement en eau, (3) élimination des excréments, (4) lutte antivectorielle, (5) gestion des déchets solides et (6) drainage. Chacune englobe les éléments suivants :

  • les normes minimales: elles sont de nature qualitative et précisent les niveaux minimaux à atteindre dans les interventions relatives à l'approvisionnement en eau et à l'assainissement ;
  • les indicateurs clés: ce sont des "signaux" qui indiquent si oui ou non la norme a été satisfaite. Ils constituent un moyen de mesurer et de communiquer l'impact, ou le résultat, des programmes ainsi que des processus et des méthodes utilisés. Les indicateurs peuvent être qualitatifs ou quantitatifs ;
  • les notes d'orientation: elles englobent des aspects spécifiques à prendre en compte lors de l'application des normes et des indicateurs dans différentes situations, des suggestions quant à la manière de faire face aux difficultés pratiques, et des conseils sur les questions prioritaires. Elles peuvent également aborder des questions cruciales liées aux normes ou aux indicateurs, et décrire des dilemmes, des controverses ou des lacunes dans les connaissances actuelles.

Les annexes comportent une liste de références choisies, qui indiquent des sources d'information sur les questions générales et également sur les questions spécifiques d'ordre technique relatives à ce chapitre.


 

 

Introduction


Liens avec les instruments juridiques internationaux

Les normes minimales dans le secteur de l'approvisionnement en eau, de l'assainissement et de la promotion de l'hygiène constituent l'expression pratique des principes et droits formulés dans la Charte humanitaire. Celle-ci traite des exigences les plus fondamentales afin de préserver la vie et la dignité des personnes affectées par des calamités ou des conflits, telles que stipulées dans l'ensemble des textes juridiques internationaux relatifs aux droits de l'homme, aux interventions humanitaires et aux réfugiés.

Chacun jouit du droit à l'eau. Ce droit est reconnu dans des instruments juridiques internationaux et il concerne de l'eau en quantité suffisante, salubre, acceptable, physiquement accessible et financièrement abordable pour l'utilisation personnelle et domestique. Une quantité adéquate d'eau salubre est nécessaire pour empêcher la mort par déshydratation, pour réduire le risque de maladies liées à l'eau et pour satisfaire les besoins de consommation, de cuisson des aliments et d'hygiène personnelle et domestique.

Le droit à l'eau est inextricablement lié aux autres droits de l'homme, y compris au droit à la santé, au droit au logement et au droit à de la nourriture en quantité suffisante. C'est pourquoi il fait partie des garanties essentielles à la survie humaine. Les acteurs publics et autres ont des responsabilités lorsqu'il s'agit de faire du droit à l'eau une réalité. En période de conflit armé, par exemple, il est interdit d'attaquer, de détruire, d'enlever ou de rendre inutiles les installations d'eau potable ou les systèmes d'irrigation.

Les normes minimales qui figurent dans ce chapitre ne constituent pas une expression complète du droit à l'eau. Cependant, les normes de Sphère reflètent l'essentiel de ce droit et contribuent à sa réalisation progressive dans le monde entier.


Importance de l'approvisionnement en eau, de l'assainissement et de la promotion de l'hygiène dans les situations d'urgence

L'eau et l'assainissement sont des facteurs déterminants cruciaux pour la survie durant les phases initiales d'une catastrophe. Les personnes sinistrées sont en général beaucoup plus prédisposées aux maladies et à la mort des suites de maladies, lesquelles sont largement liées à des réserves d'eau et à un assainissement inadéquats, ainsi qu'à une hygiène médiocre. Les plus significatives de ces maladies sont les maladies diarrhéiques et les maladies infectieuses transmises par voie oro-fécale (Cf. annexe 4). Parmi les autres maladies liées à l'eau et à l'assainissement figurent celles transmises par des vecteurs associés aux déchets solides et à l'eau.

Le principal objectif des programmes d'approvisionnement en eau et d'assainissement lors de catastrophes est de réduire la transmission des maladies oro-fécales et le contact avec des vecteurs de maladies par la promotion de bonnes pratiques d'hygiène, l'approvisionnement en eau potable salubre et la réduction des risques environnementaux pour la santé, et par l'établissement des conditions qui permettront aux personnes de vivre en bonne santé, dans la dignité, le confort et la sécurité. Le terme "assainissement", dans le contexte de Sphère, se réfère à l'élimination des excréments, à la lutte antivectorielle, à l'élimination des déchets solides et au drainage.

Le simple fait de fournir un nombre adéquat d'installations pour l'approvisionnement en eau et l'assainissement ne suffira pas, à lui seul, à en assurer l'utilisation optimale ou le meilleur impact possible sur la santé publique. Afin d'obtenir les avantages maximum de l'intervention, il faut impérativement faire en sorte que les personnes affectées par la catastrophe disposent des informations, des connaissances et de la compréhension nécessaires pour prévenir les maladies liées à l'eau et à l'assainissement, et mobiliser leur participation à la conception et à l'entretien de ces installations.

Dans la plupart des situations de catastrophe, ce sont les femmes et les enfants qui sont chargés d'aller chercher l'eau. Lorsqu'elles utilisent des installations communes d'approvisionnement en eau et d'assainissement, par exemple dans les situations de populations réfugiées ou déplacées, les femmes et les adolescentes peuvent courir le risque de violences ou d'exploitation sexuelles. Afin de réduire ces risques au minimum, et de garantir une intervention de meilleure qualité, il est important d'encourager, dans la mesure du possible, la participation des femmes aux programmes d'approvisionnement en eau et d'assainissement. Une participation équitable des femmes et des hommes à la planification, à la prise de décisions et à la gestion locale contribuera à faire en sorte que la population affectée dans son ensemble jouisse d'un accès sûr et facile aux services d'approvisionnement en eau et d'assainissement, et que ces services soient équitables et appropriés.

 

Liens avec les autres chapitres

Nombre des normes figurant dans les chapitres consacrés aux autres secteurs sont utiles pour le présent chapitre. Les progrès effectués dans la réalisation des normes dans un domaine particulier influencent souvent, voire déterminent, les progrès effectués dans d'autres domaines. Pour qu'une intervention soit efficace, il faut qu'il y ait une coordination et une collaboration étroites avec d'autres secteurs. La coordination avec les autorités locales et les autres organisations participant à l'intervention est également nécessaire pour veiller à ce que les besoins soient satisfaits, à ce que les efforts ne soient pas répétés, et à ce que la qualité des interventions en matière d'eau et d'assainissement soit optimisée.

Par exemple, lorsque les normes nutritionnelles n'ont pas été satisfaites, il devient plus urgent d'améliorer la qualité des services d'eau et d'assainissement, car la vulnérabilité des personnes face à la maladie aura significativement augmenté. Il en va de même pour les populations au sein desquelles la prévalence du VIH/sida est élevée, ou qui comptent une grande proportion de personnes âgées ou handicapées. Il faut décider des priorités sur la base d'informations solides partagées entre les secteurs au fur et à mesure de l'évolution de la situation. Lorsqu'il y a lieu, on fera référence à des normes ou notes d'orientation spécifiques figurant dans d'autres chapitres techniques.

 

Liens avec les normes communes à tous les secteurs

Le processus selon lequel une intervention est développée et mise en œuvre est crucial pour son efficacité. Ce chapitre devra être utilisé conjointement avec celui des normes communes à tous les secteurs, lesquelles englobent la participation, l'évaluation initiale, l'intervention, le ciblage, le suivi, l'évaluation, les compétences et responsabilités des travailleurs humanitaires, et la supervision, la gestion et le soutien du personnel (Cf. chapitre 1, page 21). En particulier, la participation des personnes affectées par la catastrophe - y compris les groupes vulnérables décrits ci-dessous - devra être portée au maximum dans toute intervention afin de veiller à ce que celle-ci soit appropriée et de bonne qualité.

 

Vulnérabilités et capacités des populations affectées par une catastrophe

Les groupes qui courent le plus fréquemment des risques lors de catastrophes sont les femmes, les enfants, les personnes âgées, les personnes handicapées et les personnes vivant avec le VIH/sida (PVVS). Dans certains contextes, les personnes peuvent aussi se retrouver en position de vulnérabilité en raison de leur origine ethnique, de leur affiliation religieuse ou politique, ou de leur déplacement. Il ne s'agit pas là d'une liste exhaustive, mais elle englobe les raisons les plus fréquemment identifiées. Les vulnérabilités spécifiques influent sur l'aptitude des personnes à s'adapter et à survivre dans le cadre d'une catastrophe, et celles qui courent le plus de risques devront être identifiées dans chaque contexte.

Tout au long du manuel, l'expression "groupes vulnérables" se réfère à tous ces groupes. Lorsque l'un quelconque de ces groupes court des risques, il est probable que les autres seront également menacés. Par conséquent, chaque fois que les groupes vulnérables sont mentionnés, on demande instamment aux utilisateurs de prendre en considération tous ceux énumérés ici. Il faut veiller tout particulièrement à protéger et à assister tous les groupes affectés de façon non discriminatoire et en fonction de leurs besoins spécifiques. Cependant, il faut également garder à l'esprit que les populations affectées par une catastrophe possèdent, et acquièrent, des compétences et des capacités propres pour faire face à la situation, lesquelles doivent être reconnues et soutenues.

 

Les normes minimales

1 Promotion de l'hygiène

Le but de tout programme d'approvisionnement en eau et d'assainissement est de promouvoir une bonne hygiène personnelle et environnementale afin de protéger la santé. La promotion de l'hygiène est définie ici comme le mélange des connaissances, des pratiques et des ressources de la population d'une part, et des connaissances et des ressources de l'organisation de l'autre, qui à elles toutes permettent d'éviter des comportements risqués dans le domaine de l'hygiène. Les trois facteurs clés sont 1) l'échange des informations et des connaissances, 2) la mobilisation des communautés et 3) la fourniture de matériel et d'installations essentiels. L'efficacité de toute activité de promotion de l'hygiène repose sur l'échange d'informations entre l'organisation et la communauté affectée. Un tel échange permettra en effet d'identifier les problèmes clés en matière d'hygiène et de concevoir, de mettre en œuvre et de suivre un programme de promotion des règles d'hygiène garantissant l'utilisation optimale des installations et l'impact maximum sur la santé publique. La mobilisation de la communauté est tout particulièrement importante durant les catastrophes car il faut chercher à encourager les personnes à prendre des mesures pour protéger leur santé et utiliser au mieux les installations et les services fournis, plutôt qu'insister sur la diffusion de messages. Il faut souligner que la promotion de l'hygiène ne devra jamais remplacer un assainissement et un approvisionnement en eau de qualité, lesquels sont fondamentaux pour une bonne hygiène.

La promotion de l'hygiène fait partie intégrante de toutes les normes de ce chapitre. On la présente ici comme une norme primordiale dotée d'indicateurs. Dans le cadre de chaque norme relative à l'approvisionnement en eau, à l'élimination des excréments, à la lutte antivectorielle, à la gestion des déchets solides et au drainage, d'autres indicateurs spécifiques sont proposés.


Norme 1 relative à la promotion des règles d'hygiène : conception et mise en œuvre des programmes
Toutes les installations et les ressources fournies reflètent les vulnérabilités, les besoins et les préférences de la population affectée. Les usagers prennent part à la gestion et à l'entretien des installations d'hygiène lorsque c'est approprié.


Indicateurs clés (à lire conjointement avec les notes d'orientation)

  • Les risques clés en matière d'hygiène revêtant une importance pour la santé publique sont identifiés (Cf. note d'orientation 1).
  • Les programmes comportent un mécanisme efficace permettant la contribution représentative et participative de tous les usagers, y compris lors de la conception initiale des installations (Cf. notes d'orientation 2, 3 et 5).
  • Tous les groupes de la population jouissent d'un accès équitable aux ressources ou aux installations nécessaires pour continuer d'appliquer ou pour parvenir à appliquer les pratiques qui sont encouragées en matière d'hygiène (Cf. note d'orientation 3).
  • Les messages et activités de promotion des règles d'hygiène abordent les comportements et les opinions fausses clés et ciblent tous les groupes d'usagers. Les représentants de ces groupes prennent part à la planification, à la formation, à la mise en œuvre, au suivi et à l'évaluation (Cf. notes d'orientation 1, 3 et 4, et norme relative à la participation).
  • Les usagers assument la responsabilité de la gestion et de l'entretien des installations selon ce qui sera approprié, et les différents groupes y contribuent de manière équitable (Cf. notes d'orientation 5-6).

 

Notes d'orientation

1. Évaluation des besoins: : il est nécessaire de procéder à une évaluation afin d'identifier les comportements clés en matière d'hygiène qu'il faut aborder et le succès probable de l'activité de promotion. Les principaux risques tourneront vraisemblablement autour de l'élimination des excréments, de l'utilisation et de l'entretien des toilettes, du fait que les usagers ne se lavent pas les mains avec du savon ou substitut, de la collecte et de l'entreposage non hygiéniques de l'eau, et de l'entreposage et de la préparation non hygiéniques des aliments. L'évaluation examinera les ressources dont dispose la population, ainsi que les connaissances, les pratiques et les comportements locaux, de manière à ce que les messages soient utiles et pratiques. Elle accordera une attention particulière aux besoins des groupes vulnérables. S'il n'est pas possible de consulter l'un des groupes, il faudra le signaler clairement dans le rapport d'évaluation initiale et rectifier ce problème dès que possible (Cf. norme relative à la participation, et liste de contrôle pour l'évaluation initiale, annexe 1).

2. Partage des responsabilités: il incombe, en fin de compte, à tous les membres de la population affectée d'adopter de bonnes pratiques en matière d'hygiène. Tous les acteurs qui interviennent après la catastrophe devront s'efforcer de favoriser des pratiques hygiéniques en veillant à ce que les connaissances et les installations soient accessibles, et ils devront être capables de démontrer que ce résultat a été obtenu. Dans le cadre de ce processus, les groupes vulnérables de la population affectée devront participer à l'identification des pratiques et conditions comportant des risques et assumer la responsabilité de réduire ces risques de manière mesurable. On pourra y parvenir au travers d'activités de promotion, de la formation et de la facilitation de changements de comportements, en se basant sur des activités culturellement acceptables et qui ne surchargent pas les bénéficiaires.

3. Parvenir à toutes les sections de la population: les programmes de promotion des règles d'hygiène doivent impliquer tous les groupes de la population, par le biais d'animateurs qui peuvent accéder à différents groupes et sont munis des compétences leur permettant de travailler avec eux (par exemple, dans certaines cultures il n'est pas acceptable qu'une femme parle à des hommes qu'elle ne connaît pas). Les matériaux seront conçus de manière à ce que les messages parviennent aux membres de la population qui sont analphabètes. L'emploi de méthodes et matériaux participatifs culturellement appropriés permet aux groupes de planifier et de suivre leurs propres améliorations en matière d'hygiène. En gros, dans la situation d'un camp, il devrait y avoir deux agents de promotion de l'hygiène/mobilisateurs de la communauté pour 1.000 membres de la population cible. Pour en lire plus sur les articles relatifs à l'hygiène, Cf. norme 2 relative aux articles non alimentaires.

4. Cibler les risques et comportements prioritaires en matière d'hygiène: les objectifs de la promotion de l'hygiène et les stratégies de communication dans ce domaine seront clairement définis et classés par ordre de priorité. Les enseignements tirés de l'évaluation des risques, tâches et responsabilités de différents groupes devront être utilisés pour planifier l'assistance et établir des priorités, de manière à ce que les idées erronées (par exemple sur le mode de transmission du VIH/sida) soient abordées et à ce que le flux d'information entre les acteurs humanitaires et la population affectée soit approprié et ciblé.

5. Gestion des installations: dans la mesure du possible, il fait partie des bonnes pratiques de former des comités de l'eau et/ou de l'assainissement, composés de représentants des divers groupes d'usagers, et dont la moitié des membres seront des femmes. Ces comités seront chargés de gérer les installations communes comme les points d'eau, les toilettes publiques et les zones réservées à la toilette et à la lessive, de participer aux activités de promotion de l'hygiène et également de servir de mécanisme pour assurer la représentation et promouvoir la durabilité.

6. Fardeau excessif: il est important de veiller à ce qu'aucun groupe ne croule sous le poids de la responsabilité des activités de promotion de l'hygiène ou de gestion des installations, et à ce que chaque groupe ait une influence et des avantages équitables (comme par exemple la formation). Tous les groupes, toutes les femmes et tous les hommes n'ont pas les mêmes besoins et intérêts, et il est bon de reconnaître que la participation des femmes ne doit pas faire que les hommes, ou d'autres groupes de la population, n'assument aucune responsabilité.


2 L'approvisionnement en eau

L'eau est essentielle à la vie, à la santé et à la dignité humaine. Dans certaines situations extrêmes, il peut ne pas y avoir suffisamment d'eau disponible pour pourvoir aux besoins fondamentaux ; c'est alors qu'il est d'une importance cruciale de fournir une quantité d'eau suffisante pour assurer la survie. Dans la plupart des cas, les principaux problèmes de santé sont causés par une hygiène médiocre due à l'insuffisance d'eau et à la consommation d'eau contaminée.

 

Norme 1 relative à l'approvisionnement en eau : accès et quantité d'eau
Toutes les personnes ont accès, de manière sûre et équitable, à une quantité d'eau suffisante pour couvrir les besoins de la consommation, de la cuisson des aliments et de l'hygiène personnelle et domestique. Les points d'eau publics sont suffisamment proches des foyers pour leur permettre d'utiliser le minimum requis d'eau.

Indicateurs clés (à lire conjointement avec les notes d'orientation)

  • L'utilisation moyenne d'eau pour la consommation, la cuisson des aliments et l'hygiène personnelle dans chaque foyer est d'au moins 15 litres par personne et par jour (Cf. notes d'orientation 1-8).
  • La distance maximale séparant tout foyer du point d'eau le plus proche est de 500 mètres (Cf. notes d'orientation 1, 2, 5 et 8).
  • Le temps passé à faire la queue au point d'eau ne dépasse pas 15 minutes (Cf. note d'orientation 7).
  • Il ne faut pas plus de trois minutes pour remplir un récipient de 20 litres (Cf. notes d'orientation 7-8).
  • Les points d'eau et les systèmes d'approvisionnement en eau sont entretenus de manière à ce que des quantités appropriées d'eau soient disponibles constamment ou à intervalles réguliers (Cf. notes d'orientation 2 et 8).

 

Notes d'orientation

1. Besoins: les quantités d'eau nécessaires pour l'utilisation domestique varieront selon le climat, les installations sanitaires disponibles, les habitudes normales des personnes, leurs pratiques religieuses et culturelles, les aliments qu'elles préparent, les vêtements qu'elles portent, etc. Plus l'habitation est proche du point d'eau, plus la consommation d'eau a tendance à augmenter.


Cf. annexe 2 pour des conseils sur les quantités minimales d'eau nécessaires pour les institutions et autres utilisations.

2. Sélection de la source d'eau: les facteurs à prendre en compte sont la disponibilité et la durabilité d'une quantité suffisante d'eau ; si oui ou non il est nécessaire de traiter l'eau et, dans l'affirmative, la faisabilité de ce traitement ; si l'on dispose du temps, de la technologie ou des fonds requis pour développer une source ; la proximité de la source de la population affectée ; et l'existence de facteurs sociaux, politiques ou légaux éventuels concernant la source. En général, les sources provenant de la nappe phréatique sont préférables car elles requièrent un traitement moindre, en particulier celles dont l'approvisionnement est assuré par la pesanteur et qui ne requièrent pas de pompage. Les situations de catastrophe demandent souvent une combinaison d'approches et de sources durant la phase initiale. Toutes les sources doivent faire l'objet d'un suivi régulier pour éviter leur surexploitation.

3. Mesure: si l'on se contente de mesurer le volume d'eau pompé dans le système de distribution ou le temps de fonctionnement d'une pompe manuelle, on n'obtiendra pas une indication exacte de la consommation individuelle. Les enquêtes auprès des ménages, l'observation et les groupes de discussion communautaires constituent une méthode plus efficace pour la collecte de données concernant l'utilisation et la consommation d'eau.

4. Qualité et quantité: dans de nombreuses situations d'urgence, la transmission des maladies liées à l'eau est due autant à l'insuffisance d'eau pour l'hygiène personnelle et domestique qu'à la contamination de l'eau fournie. En attendant que les normes minimales relatives à la qualité et à la quantité soient atteintes, il faudra accorder la priorité à assurer un accès équitable à une quantité adéquate d'eau, même si elle est de qualité moyenne, et non à fournir une quantité insuffisante d'eau qui satisfasse la norme minimale de qualité. Il faut tenir compte du fait que les personnes vivant avec le VIH/sida ont besoin d'une quantité supplémentaire d'eau pour boire et pour leur hygiène personnelle. On veillera tout particulièrement à faire en sorte que les besoins en eau du bétail et des cultures soient satisfaits, en particulier dans les situations de sécheresse, dans lesquelles les vies et les moyens de subsistance en dépendent (Cf. annexe 2).

5. Couverture: durant la phase initiale d'une intervention, la première priorité est de satisfaire les besoins urgents de survie de la totalité de la population touchée par la catastrophe. Les personnes affectées par une urgence présentent une vulnérabilité très accrue face à la maladie, de sorte que les indicateurs doivent être respectés, même s'ils dépassent les normes de la population affectée ou d'accueil. Dans ces situations, on recommande aux organisations de planifier des programmes en vue d'accroître le niveau des installations d'approvisionnement en eau et d'assainissement de la population d'accueil elle aussi, afin d'éviter de susciter son animosité.

6. Nombre maximum de personnes par source d'eau: le nombre de personnes par source dépend du débit et de la disponibilité de l'eau à chaque source. Par exemple, les robinets ne fonctionnent souvent qu'à certains moments de la journée et les pompes manuelles et les puits ne fournissent pas constamment de l'eau si le taux de remplissage est faible. Les lignes directrices générales (lorsqu'il y a de l'eau en permanence) sont:


Ces lignes directrices supposent que le point d'eau est accessible durant environ huit heures par jour seulement ; si l'accès est possible pendant plus de temps, les personnes peuvent collecter plus que la quantité minimale journalière de 15 litres. Il faut utiliser ces cibles avec prudence, car le fait qu'elles soient atteintes ne garantit pas forcément une quantité minimale d'eau ni un accès équitable.

7. Temps passé à faire la queue: si le temps passé à faire la queue est excessif, cela indique que l'eau disponible est insuffisante (soit du fait d'un nombre inadéquat de points d'eau soit à cause du débit inadéquat des points d'eau). Les résultats négatifs potentiels d'une attente excessive sont : 1) la réduction de la consommation par personne ; 2) l'augmentation de la consommation d'eau provenant de sources de surface non protégées ; et 3) moins de temps disponible aux personnes chargées de collecter l'eau pour vaquer à d'autres occupations essentielles à la survie.

8. Accès et équité: même si une quantité suffisante d'eau est disponible pour pourvoir aux besoins minimaux, il faudra peut-être prendre des mesures supplémentaires pour assurer un accès équitable à tous les groupes. Les points d'eau devront se situer dans des zones accessibles à tous, indépendamment du sexe ou de l'ethnie, par exemple. Certaines pompes manuelles et récipients de transport de l'eau devront éventuellement être reconçus ou adaptés pour pouvoir être utilisés par les personnes vivant avec le VIH/sida, les personnes âgées et handicapées et les enfants. En milieu urbain, il faudra peut-être acheminer l'eau vers certains bâtiments pour que les toilettes continuent de fonctionner. Dans les situations où l'eau est rationnée ou pompée à certains moments seulement, il faudra planifier le système dans le cadre d'une consultation avec les utilisateurs. Il faudra convenir des moments où il est commode et sûr de se rendre aux sources pour les femmes et les autres personnes chargées d'aller chercher l'eau, et tous les usagers seront informés du moment et du lieu où l'eau sera disponible.

 

Norme 2 relative à l'approvisionnement en eau : qualité de l'eau
L'eau est agréable au goût, et sa qualité est suffisante pour qu'elle puisse être bue et utilisée pour l'hygiène personnelle et domestique sans que cela ne comporte de risques significatifs pour la santé.


Indicateurs clés (à lire conjointement avec les notes d'orientation)

  • Une enquête sanitaire indique un faible risque de contamination fécale (Cf. note d'orientation 1).
  • Il n'y a aucun coliforme fécal par 100 ml au point d'arrivée (Cf. note d'orientation 2).
  • Les personnes préfèrent boire de l'eau collectée à une source protégée ou traitée que celle d'autres sources d'eau plus faciles d'accès (Cf. note d'orientation 3).
  • Des mesures sont prises pour réduire au minimum la contamination post-arrivée (Cf. note d'orientation 4).

  • Lorsqu'elle est fournie par le biais de canalisations, ou par tout autre moyen dans les situations de risque ou en présence d'une épidémie diarrhéique, l'eau est traitée au moyen d'un désinfectant de manière à ce qu'il y ait un résidu de chlore libre au niveau du robinet de 0,5 mg par litre et que la turbidité soit inférieure à 5 NTU (Nephelometric Turbidity Unit) (Cf. notes d'orientation 5, 7 et 8).

  • Aucun effet négatif sur la santé n'est détecté suite à l'utilisation à court terme d'eau contaminée par des sources chimiques (y compris des résidus de produits chimiques de traitement) ou radiologiques, et les évaluations ne mettent pas en évidence une probabilité considérable de ce type d'effet (Cf. note d'orientation 6).

 

Notes d'orientation

1. Enquête sanitaire: il s'agit d'une évaluation initiale des conditions et des pratiques pouvant constituer un risque pour la santé publique. Cette évaluation doit englober les causes possibles de contamination de l'eau à la source, en cours de transport et au sein du foyer, ainsi que les pratiques de défécation, les systèmes de drainage et la gestion des déchets solides. Le mapping (établissement du profil) communautaire est une manière tout particulièrement efficace d'identifier où se situent les risques pour la santé publique et il favorise en outre la participation de la communauté à la recherche des moyens de réduire ces risques. Remarque : bien que les excréments d'animaux ne soient pas aussi nocifs que les excréments humains, ils peuvent contenir des organismes du type cryptosporidium, giardia, salmonelle, campylobacter, calcivirus ou autres organismes communs à l'origine de diarrhée humaine, et ils présentent donc vraiment un risque significatif pour la santé.

2. Qualité microbiologique de l'eau: les bactéries fécales coliformes (dont plus de 99% sont E. coli) constituent un indicateur du niveau de contamination par des déchets humains/animaux de l'eau et de la présence possible de pathogènes nocifs. Si des coliformes fécaux sont présents, l'eau devra être traitée. Cependant, durant la phase initiale d'une catastrophe, la quantité est plus importante que la qualité (Cf. norme 1 relative à l'approvisionnement en eau, note d'orientation 4).

3. Promotion des sources protégées:
le simple fait de fournir des sources protégées ou de l'eau traitée n'aura guère d'impact si les personnes ne comprennent pas les avantages de cette eau pour leur santé et donc ne l'utilisent pas. Les personnes préféreront peut-être utiliser des sources non protégées, comme les rivières, les lacs et les puits non protégés, pour des raisons de goût, de proximité et de commodité sociale, par exemple. Dans ces cas, les techniciens et les agents de promotion de l'hygiène et de mobilisation communautaire doivent comprendre le raisonnement étayant ces préférences pour que les messages de promotion et les discussions les prennent en compte.

4. Contamination post-arrivée: une eau salubre au point d'arrivée peut néanmoins présenter un risque significatif pour la santé du fait de sa re-contamination éventuelle durant la collecte, l'emmagasinage et le tirage. Parmi les mesures pouvant être prises pour réduire ces risques au minimum figurent des pratiques améliorées de collecte et d'emmagasinage, la distribution de récipients adaptés à la collecte et à l'emmagasinage (Cf. norme 3 relative à l'approvisionnement en eau), le traitement avec un désinfectant à effet rémanent, ou bien le traitement au point d'utilisation. Il convient de tester régulièrement des échantillons d'eau au point d'utilisation afin de surveiller le degré de contamination éventuelle post-arrivée.

5. Désinfection de l'eau: l'eau doit être traitée au moyen d'un désinfectant à effet rémanent comme le chlore s'il existe un risque significatif de contamination de l'eau à la source ou au point d'arrivée. Ce risque sera déterminé par les conditions présentes au sein de la communauté, comme la densité démographique, les dispositions pour l'élimination des excréments, les pratiques en matière d'hygiène et la prévalence des maladies diarrhéiques. L'évaluation initiale des risques englobera en outre des données qualitatives sur la communauté, comme sa perception du goût et ses préférences (Cf. note d'orientation 6). L'eau acheminée par le biais de canalisations pour toute population considérable ou concentrée devra être traitée avec un désinfectant à effet rémanent et, en cas de risque ou d'existence d'une épidémie de diarrhée, l'eau destinée à la boisson sera traitée, soit avant sa distribution, soit au sein du foyer. Pour que l'eau puisse être traitée correctement, la turbidité doit être inférieure à 5 NTU.

6. Contamination chimique et radiologique: lorsque les documents hydrogéologiques ou les activités industrielles ou militaires suggèrent que l'eau fournie peut comporter des risques chimiques ou radiologiques pour la santé, ces risques seront évalués rapidement au moyen d'une analyse chimique. Il faudra alors procéder à une décision qui mette en balance les risques et les avantages à court terme pour la santé publique. La décision d'utiliser de l'eau potentiellement contaminée pour l'approvisionnement à plus long terme devra être prise sur la base d'une évaluation et d'une analyse professionnelles et plus approfondies des conséquences sur le plan de la santé.

7. Goût: bien que le goût ne soit pas en lui-même un problème direct pour la santé (par exemple eau légèrement saline), si l'eau salubre fournie n'a pas un goût agréable, les usagers boiront peut-être de l'eau provenant de sources risquées et mettront leur santé en danger. Ce risque existe également lorsque de l'eau chlorée est fournie, auquel cas il faut mener des activités de promotion pour veiller à ce que seules des sources salubres d'eau soient utilisées.

8. Qualité de l'eau pour les centres de santé : toute l'eau fournie aux hôpitaux, aux centres de santé et aux centres d'alimentation devra être traitée au moyen de chlore ou autre désinfectant à effet rémanent. Dans les situations où l'eau est susceptible d'être rationnée à cause de l'interruption de l'approvisionnement, le centre disposera de suffisamment de moyens d'emmagasinage de l'eau pour garantir un approvisionnement ininterrompu en eau sur la base du niveau normal d'utilisation (Cf. annexe 2).

 

Norme 3 relative à l'approvisionnement en eau : installations et matériel pour l'utilisation de l'eau
Les personnes disposent d'installations et de matériel suffisants pour pouvoir collecter, emmagasiner et utiliser des quantités suffisantes d'eau pour la boisson, la cuisson des aliments et l'hygiène personnelle, et pour veiller à ce que l'eau destinée à être bue reste salubre jusqu'à sa consommation.

 

Indicateurs clés (à lire conjointement avec les notes d'orientation)

  • Chaque ménage dispose d'au moins deux récipients propres pour collecter l'eau, de 10 à 20 litres chacun, ainsi que de suffisamment de récipients destinés à l'emmagasinage de l'eau afin qu'il y ait toujours de l'eau au sein du foyer (Cf. note d'orientation 1).
  • Les récipients de collecte et d'emmagasinage de l'eau sont dotés de goulots étroits et/ou de couvercles, ou d'autres moyens sûrs d'emmagasinage, de tirage et de manutention, et leur utilisation est démontrée (Cf. note d'orientation 1).
  • Il y a au moins 250 g de savon disponible par personne et par mois pour assurer l'hygiène personnelle.
  • Lorsque des installations communes pour le bain sont nécessaires, il y a suffisamment de cabines disponibles, séparées pour les hommes et les femmes, et elles sont employées de façon appropriée et équitable (Cf. note d'orientation 2).
  • Lorsque des installations communes pour la lessive sont nécessaires, il y a au moins un lavoir pour 100 personnes, et des zones privées où les femmes peuvent laver et faire sécher leurs sous-vêtements et serviettes hygiéniques en tissu.
  • La participation de tous les groupes vulnérables est activement encouragée pour ce qui est du choix de l'emplacement des installations pour le bain et de leur construction et/ou de la production et la distribution de savon, et/ou de l'utilisation de moyens alternatifs (Cf. note d'orientation 2).

Notes d'orientation

1. Collecte et emmagasinage de l'eau: les personnes ont besoin de récipients pour aller chercher l'eau, l'emmagasiner et l'utiliser pour laver, cuisiner et faire leur toilette. Ces récipients doivent être propres, hygiéniques et faciles à porter, et être adaptés aux habitudes et besoins locaux, sur les plans de la taille, de la forme et de la conception. Les enfants, les personnes handicapées, les personnes âgées et les PVVS auront éventuellement besoin de récipients plus petits ou spécialement conçus pour transporter l'eau. La capacité d'emmagasinage requise dépendra de la taille du ménage et de la constance de la disponibilité d'eau. Par exemple, environ 4 litres par personne seraient appropriés pour des situations dans lesquelles l'eau est disponible constamment tous les jours. La promotion et le suivi de la collecte, de l'emmagasinage et du tirage sans risques donnent l'occasion de discuter des questions relatives à la contamination de l'eau avec les groupes vulnérables, en particulier les femmes et les enfants.

2. Installations communes pour la toilette et le bain: il est possible que les personnes aient besoin d'un espace où elles puissent se baigner dans l'intimité et la dignité. S'il est impossible de créer un tel espace au niveau du foyer, des installations centrales s'avéreront nécessaires. Lorsqu'il n'y a pas de savon ou qu'il n'est pas très utilisé, on peut fournir d'autres moyens, comme de la cendre, du sable propre, de la soude ou différentes plantes permettant de laver et/ou de frotter. Le lavage des vêtements est une activité essentielle à l'hygiène, en particulier pour les enfants, et les ustensiles de préparation et de consommation des aliments doivent eux aussi être lavés. Le nombre, l'emplacement, la conception, la sécurité, le caractère approprié et commode des installations seront décidés dans le cadre d'une consultation avec les usagers, en particulier les femmes, les adolescentes et les personnes handicapées. L'emplacement des installations dans des zones centrales, accessibles et bien éclairées peut contribuer à la garantie de la sécurité des usagers.

3 Élimination des excréments

L'élimination sans risques des excréments humains constitue la première barrière contre les maladies liées à ces derniers, car elle contribue à réduire la transmission directe ou indirecte. L'élimination sans risques des excréments est donc une priorité majeure, et dans la plupart des situations de catastrophe, elle doit être abordée aussi rapidement et avec des efforts aussi assidus que l'approvisionnement en eau salubre. La fourniture d'installations appropriées pour la défécation constitue l'une des mesures d'urgence essentielles pour la dignité, la sécurité, la santé et le bien-être des personnes.

 

Norme 1 relative à l'élimination des excréments : accès aux toilettes et nombre de toilettes
Les personnes disposent d'un nombre adéquat de toilettes, suffisamment proches de leur habitation, pour leur permettre d'y accéder de façon rapide, sûre et acceptable à tout moment de la journée ou de la nuit.


Indicateurs clés (à lire conjointement avec les notes d'orientation)

  • Un maximum de 20 personnes se servent de chaque latrine (Cf. notes d'orientation 1-4).
  • L'utilisation des toilettes est organisée par ménage (ou groupe de ménages) et/ou séparée pour les hommes et les femmes (Cf. notes d'orientation 3-5).
  • Des toilettes séparées pour les femmes et les hommes sont disponibles dans les lieux publics (marchés, centres de distribution, centres de santé, etc.) (Cf. note d'orientation 3).
  • Les toilettes communes ou publiques sont nettoyées et entretenues de façon à ce qu'elles soient utilisées par tous les usagers prévus (Cf. notes d'orientation 3-5).
  • Les toilettes se situent à 50 mètres, au plus, des habitations (Cf. note d'orientation 5).
  • Les toilettes sont utilisées de la façon la plus hygiénique possible, et les fèces des enfants sont éliminées immédiatement et de manière hygiénique (Cf. note d'orientation 6).


Notes d'orientation


1. Élimination sans risques des excréments: le but d'un programme d'élimination sans risques des excréments est de veiller à ce que l'environnement ne soit pas contaminé par les fèces humaines. Plus tous les groupes de la population affectée par la catastrophe y participeront, plus le programme sera susceptible de réussir. Dans les situations où il ne fait pas partie des traditions de la population d'utiliser des toilettes, il sera peut-être nécessaire de mener une campagne concertée d'éducation et de promotion afin d'encourager leur emploi et de créer une demande pour la construction de toilettes supplémentaires. Les catastrophes qui surviennent en milieu urbain et lors desquelles le système d'égouts est endommagé demanderont peut-être des solutions comme l'isolement des parties du système qui fonctionnent encore (et le déroutement des canalisations), l'installation de toilettes portables et l'utilisation de fosses septiques et de réservoirs pouvant être régulièrement vidangés.

2. Zones de défécation: durant la phase initiale d'une catastrophe, avant que des toilettes puissent être construites, il sera peut-être nécessaire de délimiter une zone pour la défécation ou pour la construction de latrines en tranchées. Ceci ne fonctionnera que si le site est correctement géré et entretenu.

3. Toilettes publiques: dans certaines situations initiales de catastrophe et dans les lieux publics où il est nécessaire de construire des toilettes à usage général, il est très important d'établir des systèmes pour le nettoyage et l'entretien satisfaisants de ces installations. Les données démographiques ventilées seront utilisées pour planifier le rapport entre le nombre de cabines réservées aux femmes et celles destinées aux hommes (d'environ 3/1). Dans la mesure du possible, des urinoirs seront prévus pour les hommes (Cf. annexe 3).

4. Toilettes communes: pour une population déplacée pour laquelle il n'y a pas de toilettes du tout, il ne sera pas toujours possible de fournir immédiatement une latrine pour 20 personnes. Dans ces cas, on peut adopter le chiffre de 50 personnes par latrine, en le réduisant à 20 dès que possible et en modifiant les dispositions de partage en conséquence. Toutes les toilettes communes doivent être dotées d'un système, mis au point avec la communauté, permettant de veiller à leur entretien et leur nettoyage. Dans certaines situations, les limites de place feront qu'il sera impossible d'arriver à ce chiffre. Dans ce cas, tout en demandant instamment un espace supplémentaire, il faudra garder à l'esprit que le but principal est de fournir et de maintenir un environnement sans fèces humaines.

5. Installations communes: dans les cas où quatre ou cinq familles se partagent une latrine, il est en général mieux entretenu, plus propre et par conséquent utilisé plus régulièrement lorsque les familles ont été consultées sur son emplacement et sa conception, lorsqu'elles sont chargées de son nettoyage et de son entretien et qu'on leur donne les moyens de le faire. Il est important d'organiser la gestion des installations partagées en collaboration avec les usagers prévus afin de décider des personnes qui auront accès aux toilettes et de la façon dont ces dernières seront entretenues et nettoyées. Il faudra faire des efforts pour donner aux personnes vivant avec le VIH/sida un accès facile à des toilettes, car elles souffrent fréquemment de diarrhée chronique et d'une mobilité réduite.

6. Fèces des enfants: il faudra accorder une attention particulière à l'élimination des fèces des enfants, lesquelles sont en général plus dangereuses que celles des adultes, car le niveau d'infection liée aux excréments est fréquemment plus élevé chez les enfants, qui manquent d'anti-corps. Les parents ou les adultes s'occupant d'eux devront y participer et il faudra concevoir des installations adaptées aux enfants. Il sera peut-être nécessaire de donner des informations aux parents ou aux personnes chargées de s'occuper des enfants sur l'élimination sans risques des fèces des bébés, et sur les bonnes pratiques quant au blanchissage de leurs couches.

 

Norme 2 relative à l'élimination des excréments : conception, construction et utilisation des toilettes
Les toilettes sont situées, conçues, construites et entretenues de façon à être confortables, hygiéniques et d'utilisation sûre.

 

Indicateurs clés (à lire conjointement avec les notes d'orientation)

  • Les usagers (en particulier les femmes) ont été consultés et approuvent l'emplacement et la conception des toilettes (Cf. notes d'orientation 1-3).
  • Les toilettes sont conçues, construites et situées de manière à ce qu'elles présentent les caractéristiques suivantes :


      - elles peuvent être utilisées par toutes les sections de la population, y compris les enfants, les personnes âgées, les femmes enceintes et les personnes présentant des handicaps physiques et mentaux (Cf. note d'orientation 1) ;

      - elles sont situées de manière à réduire au minimum les menaces pesant sur les usagers, en particulier les femmes et les filles, à n'importe quel moment de la journée ou de la nuit (Cf. note d'orientation 2) ;

      - elles sont suffisamment faciles à maintenir propres pour inciter à l'utilisation et ne pas présenter de risques pour la santé ;

      - elles donnent une mesure d'intimité conformément aux normes des usagers ;

      - elles sont équipés d'un système permettant de jeter les serviettes et autres produits hygiéniques féminins, ou donnent aux femmes l'intimité nécessaire pour laver et faire sécher leurs serviettes hygiéniques en tissu (Cf. note d'orientation 4) ;

      - elles réduisent au minimum la prolifération des mouches et des moustiques (Cf. note d'orientation 7).

  • Toutes les toilettes construites qui utilisent une chasse d'eau ou un siphon hydraulique sont approvisionnées en eau de manière adéquate et régulière (Cf. notes d'orientation 1 et 3).
  • Les latrines à fosse et les puits perdus (pour la plupart des sols) se situent à au moins 30 mètres de toute source de la nappe phréatique (source souterraine) et le fond des latrines est à au moins 1,5 mètres au-dessus du niveau hydrostatique. Les boues drainées ou débordant des systèmes de défécation ne doivent pas s'écouler dans la direction d'une source d'eau de surface ni d'une source (souterraine) peu profonde (Cf. note d'orientation 5).
  • Les personnes se lavent les mains après la défécation et avant de manger et de préparer des aliments (Cf. note d'orientation 6).
  • On fournit aux personnes des outils et du matériel pour la construction, l'entretien et le nettoyage de leurs propres toilettes si c'est approprié (Cf. note d'orientation 7).

 

Notes d'orientation

1. Installations acceptables: les programmes réussis d'élimination des excréments se basent sur une bonne compréhension des besoins divers des personnes, ainsi que sur la participation des usagers. Il ne sera peut-être pas possible de rendre toutes les toilettes acceptables pour tous les groupes, et il faudra peut-être construire des toilettes spéciales pour les enfants, les personnes âgées et les personnes handicapées, par exemple des pots, ou des toilettes dotées de cuvettes plus basses ou de mains courantes. Le type de toilettes construites dépendra des préférences et des habitudes culturelles des usagers prévus, des infrastructures déjà en place, de la disponibilité d'eau (pour les chasses d'eau et les siphons hydrauliques), des conditions du sol et de la disponibilité des matériaux de construction.

2. Installations sûres: si le choix de l'emplacement des toilettes n'est pas approprié, les femmes et les filles courent de plus grands risques d'agression, surtout la nuit. Il faut donc trouver des moyens de faire en sorte que les femmes se sentent, et soient, en sécurité lorsqu'elles utilisent les toilettes fournies. Dans la mesure du possible, les toilettes communes seront dotées d'un éclairage ou bien on fournira des torches aux familles. Il conviendra d'encourager les familles à participer à la recherche de moyens permettant d'améliorer la sécurité des usagers.

3. Toilette anale: il faut fournir de l'eau pour ceux qui s'en servent. Pour les autres, il s'agira de fournir du papier hygiénique ou d'autres produits. Il faut consulter les usagers sur les produits les plus appropriés sur le plan culturel et sur la manière de les éliminer sans risque.

4. Menstruation: les femmes et les filles qui ont leurs règles auront accès à des articles appropriés pour l'absorption et l'élimination des menstrues. On consultera les femmes sur ce qui est culturellement approprié (Cf. norme 2 relative aux articles non alimentaires).

5. Distance des systèmes de défécation des sources d'eau: les distances indiquées ci-dessus peuvent être accrues pour les roches fissurées ou le calcaire, ou réduites pour les sols légers. Lors de catastrophes, la pollution de la nappe phréatique ne sera peut-être pas une préoccupation immédiate si cette eau n'est pas consommée. Dans les environnements inondés ou affectés par une hausse du niveau de l'eau, il sera peut-être nécessaire de construire des toilettes surélevées ou des fosses septiques afin de contenir les excréments et de les empêcher de contaminer l'environnement.

6. Lavage des mains: on ne saurait surestimer l'importance de se laver les mains après la défécation et avant de manger ou de préparer des aliments. Les usagers auront à leur disposition des moyens de se laver les mains après avoir déféqué, avec du savon ou autre (de la cendre, par exemple), et on les encouragera à le faire. Il y aura une source d'eau constante près des toilettes à cet effet.

7. Toilettes hygiéniques:
si les toilettes ne sont pas maintenues propres, elles peuvent devenir un foyer de transmission de maladies, et les personnes préféreront ne pas les utiliser. Elles seront plus susceptibles de rester propres si les usagers ont le sentiment d'en être les "propriétaires". On peut encourager ce sentiment au travers d'activités de promotion, en installant les toilettes à proximité des lieux où dorment les personnes, et en faisant participer les usagers aux décisions sur leur conception et leur construction, et sur les règles relatives à leur fonctionnement, leur entretien, leur suivi et leur utilisation corrects. L'entretien et la propreté des toilettes, la conception de latrines à aération améliorée (LAA) et à siphon hydraulique ou, plus simplement, l'utilisation d'un couvercle au-dessus d'un trou de défécation sont autant de mesures qui permettront de limiter la prolifération des mouches et des moustiques.

4 Lutte antivectorielle

Un vecteur est un agent porteur de maladie, et les maladies à vecteur sont une cause importante de problèmes de santé et de mort dans de nombreuses situations de catastrophe. Les moustiques sont responsables de la transmission du paludisme, lequel est l'une des principales causes de morbidité et de mortalité. Les moustiques transmettent également d'autres maladies, comme la fièvre jaune et la fièvre dengue hémorragique. Les mouches ne piquant pas ou synanthropiques, comme la mouche domestique, la mouche calliphoride (chrysomia) et la mouche à viande, jouent un rôle important dans la transmission des maladies diarrhéiques. Les mouches qui piquent, les punaises de lit et les puces constituent un fléau douloureux et, dans certains cas, transmettent des maladies sérieuses comme le typhus et la peste. Les tiques transmettent la fièvre récurrente, de même que les poux, qui sont également porteurs du typhus. Les rats et les souris peuvent véhiculer des maladies comme la leptospirose et la salmonellose, et peuvent être les hôtes d'autres vecteurs, par exemple les puces, lesquelles peuvent transmettre la fièvre de Lassa, la peste et autres infections.

Les maladies à vecteur peuvent être contrôlées par le biais de diverses initiatives, y compris la sélection d'emplacements appropriés et la fourniture d'abris, l'approvisionnement approprié en eau, l'élimination des excréments, la gestion des déchets solides et le drainage, la prestation de services de santé (y compris la mobilisation communautaire et la promotion des règles de santé), l'utilisation de contrôles chimiques, la protection des familles et des individus, et la protection efficace des lieux où sont entreposés les aliments. Bien que la nature des maladies à vecteur soit souvent complexe et que, pour aborder les problèmes liés aux vecteurs il soit parfois nécessaire de requérir l'aide de spécialistes, on peut en faire beaucoup pour contribuer à empêcher la propagation de ces maladies au moyen de mesures simples et efficaces, une fois que la maladie, son vecteur et leur interaction avec la population ont été identifiés.


Norme 1 relative à la lutte antivectorielle : protection des individus et des familles
Toutes les personnes affectées par la catastrophe ont les connaissances et les moyens nécessaires pour se protéger des vecteurs porteurs de maladies et gênants qui sont susceptibles de représenter un risque significatif pour la santé ou le bien-être.

 

Indicateurs clés (à lire conjointement avec les notes d'orientation)

  • Toutes les populations courant le risque de contracter des maladies à vecteur comprennent les modes de transmission et les méthodes possibles de prévention (Cf. notes d'orientation 1-5).
  • Toutes les populations ont accès à des abris dans lesquels les vecteurs ne trouvent pas refuge, qui n'encouragent pas leur prolifération et qui sont protégés par des mesures appropriées de lutte antivectorielle.
  • Les personnes évitent le contact avec les moustiques durant les périodes où ils piquent le plus en utilisant tous les moyens non nocifs dont ils disposent. On accorde une attention particulière à la protection des groupes à haut risque comme les femmes enceintes et qui allaitent, les bébés, les nourrissons, les personnes âgées et les malades (Cf. note d'orientation 3).
  • Les personnes qui disposent de moustiquaires traitées les utilisent efficacement (Cf. note d'orientation 3).
  • Le contrôle des poux corporels est effectué lorsque la fièvre récurrente ou le typhus transmis par les poux constituent une menace (Cf. note d'orientation 4).
  • La literie et les vêtements sont aérés et lavés régulièrement (Cf. note d'orientation 4).
  • Les aliments sont protégés, à tout moment, de la contamination par des vecteurs comme les mouches, les insectes et les rongeurs.

Notes d'orientation

1. Définition du risque de maladie à vecteur: les décisions sur les interventions de lutte antivectorielle doivent se baser sur l'évaluation du risque de maladie potentiel, ainsi que sur les preuves cliniques d'un problème de maladie à vecteur. Parmi les facteurs qui influencent ce risque figurent:


- l'état immunitaire de la population, y compris le contact antérieur, le stress nutritionnel et autres formes de stress. Le mouvement de personnes (par exemple réfugiés, personnes déplacées à l'intérieur de leur propre pays) d'une zone non endémique à une zone endémique constitue une cause fréquente d'épidémies ;

- type et prévalence de pathogènes, aussi bien au niveau des vecteurs que des humains ;

- espèces, comportements et écologie des vecteurs ;

- nombre de vecteurs (saison, sites de reproduction, etc.) ;

- exposition accrue aux vecteurs : proximité, schéma des établissements, type d'abris, protection individuelle existante et mesures pour les éviter.


2. Indicateurs pour les programmes de lutte antivectorielle: parmi les indicateurs fréquemment utilisés pour mesurer l'impact des activités de lutte antivectorielle figurent les taux d'incidence des maladies à vecteur (tirés des données épidémiologiques, de celles fournies par la communauté et d'indicateurs de substitution, selon l'intervention) et les comptes de parasites (en utilisant des kits de diagnostic rapide ou la microscopie).

3. Mesures de protection individuelle contre le paludisme: s'il existe un risque significatif de paludisme, la prise systématique et opportune de mesures de protection, comme par exemple du matériel traité à l'insecticide, c'est-à-dire des tentes, des rideaux et des moustiquaires, est fortement recommandée. Les moustiquaires imprégnées présentent l'avantage supplémentaire de fournir une certaine protection contre les poux corporels et de tête, les puces, les tiques, les cafards et les punaises. Les vêtements à manches longues, la fumigation des habitations, les rouleaux d'encens, les sprays aérosols et les produits anti-moustiques sont parmi les autres méthodes de protection pouvant être utilisées contre les moustiques. Il est essentiel de veiller à ce que les utilisateurs comprennent l'importance de la protection et la manière d'utiliser correctement les outils pour que de telles mesures soient efficaces. Lorsque les ressources sont peu abondantes, elles seront dirigées vers les individus et les groupes courant le plus de risques, comme les enfants de moins de cinq ans, les personnes dont le système immunitaire est affaibli et les femmes enceintes.

4. Mesures de protection individuelle contre les autres vecteurs: la protection la plus efficace contre les poux corporels est une bonne hygiène personnelle et le lavage régulier des vêtements et de la literie. Les infestations peuvent être contrôlées au moyen du traitement personnel (application de poudres), de campagnes de lessive ou d'épouillage collectifs et de protocoles de traitement lorsque des personnes récemment déplacées arrivent dans un établissement humain. La propreté de l'environnement domestique, ainsi que de bonnes dispositions concernant l'enlèvement des ordures et l'entreposage des aliments, dissuaderont les rats et autres rongeurs d'entrer dans les habitations ou les abris.

5. Maladies hydriques : les personnes seront informées des risques pour la santé et devront éviter de se baigner dans des étendues d'eau lorsqu'il y a un risque connu de contracter des maladies comme la schistosomiase, le ver de Guinée ou la leptospirose (transmise par le contact avec l'urine des mammifères, en particulier celle des rats - Cf. annexe 4). Les organisations devront peut-être travailler en coopération avec la communauté pour trouver d'autres sources possibles d'eau afin de veiller à ce que l'eau destinée à toutes les utilisations soit traitée de façon appropriée.

 

Norme 2 relative à la lutte antivectorielle : mesures de protection physiques, environnementales et chimiques
Le nombre de vecteurs de maladies qui représentent un risque pour la santé des personnes et de vecteurs gênants qui représentent un risque pour le bien-être des personnes sera maintenu à un niveau acceptable.

 

Indicateurs clés (à lire conjointement avec les notes d'orientation)

  • Les populations déplacées sont installées dans des lieux qui réduisent au minimum leur contact avec les moustiques (Cf. note d'orientation 1).
  • Les sites de reproduction et de repos des vecteurs sont modifiés lorsque c'est faisable (Cf. notes d'orientation 2-4).
  • Un contrôle intensif des mouches est effectué dans les établissements densément peuplés lorsqu'il existe un risque d'épidémie de diarrhée ou lorsqu'une telle épidémie s'est déclarée.
  • La densité de population des moustiques est maintenue à un seuil assez bas pour éviter des niveaux excessifs de transmission et d'infection (Cf. note d'orientation 4).
  • Les personnes ayant contracté le paludisme sont diagnostiquées tôt et soumises à un traitement (Cf. note d'orientation 5).


Notes d'orientation

1. La sélection du site est importante si l'on veut réduire au minimum le contact de la population avec le risque de maladies à vecteur ; elle doit être l'un des facteurs clés lorsque l'on envisage différents sites possibles. En ce qui concerne le contrôle du paludisme, par exemple, les camps devront être situés à entre 1 et 2 km contre le vent des sites importants de reproduction, comme les marécages ou les lacs, chaque fois qu'il est possible de fournir une source d'eau salubre supplémentaire (Cf. normes 1 et 2 relatives aux abris et aux établissements humains).

2. Contrôle environnemental et chimique des vecteurs: il y a un certain nombre de mesures fondamentales relevant de l'ingénierie environnementale qui peuvent être prises pour réduire les possibilités de reproduction des vecteurs. Il s'agit, entre autres, de l'élimination appropriée des excréments humains et animaux (Cf. section relative à l'élimination des excréments), l'enlèvement approprié des ordures pour lutter contre les mouches et les rongeurs (Cf. section sur la gestion des déchets solides), et le drainage de l'eau stagnante pour contrôler les moustiques (Cf. section sur le drainage). Ces mesures prioritaires en matière de santé environnementale auront un impact sur la densité démographique de certains vecteurs. Il ne sera peut-être pas possible d'avoir un impact suffisant sur tous les sites de reproduction, d'alimentation et de repos dans un établissement ou à proximité, même à long terme, et il sera peut-être nécessaire de recourir à des mesures localisées de contrôle chimique ou de protection individuelle. Par exemple, le traitement des espaces fermés par pulvérisation peut réduire le nombre de mouches adultes et empêcher une épidémie de diarrhée, ou contribuer à réduire au minimum le fardeau représenté par la maladie si on l'utilise pendant une épidémie.

3. Conception de l'intervention: les programmes de lutte antivectorielle peuvent n'avoir aucun impact sur les maladies s'ils ciblent le mauvais vecteur, s'ils utilisent des méthodes inefficaces, ou s'ils ciblent le bon vecteur, mais au mauvais endroit ou au mauvais moment. Les programmes de contrôle chercheront au départ à répondre aux trois objectifs suivants : 1) réduire la densité démographique du vecteur, 2) réduire le contact humains/vecteur et 3) réduire les sites de reproduction du vecteur. Les programmes médiocrement exécutés peuvent aller à l'encontre du but recherché. Des études détaillées, et souvent des conseils d'experts, sont nécessaires et seront demandés à des organisations nationales et internationales du domaine de la santé, tandis que l'on demandera conseil au niveau local sur les caractéristiques et tendances des maladies, les sites de reproduction, les variations saisonnières des nombres des vecteurs et de l'incidence des maladies, etc.

4. Contrôle environnemental des moustiques: le contrôle environnemental vise principalement à éliminer les sites de reproduction des moustiques. Les trois principales espèces de moustiques responsables de la transmission de maladies sont : Culex (filariase), Anopheles (paludisme et filariase) et Aedes (fièvre jaune et dengue). Les moustiques Culex se reproduisent dans les eaux stagnantes saturées de matière organique comme les latrines, les Anopheles dans des eaux de surface relativement non polluées comme les flaques, les cours d'eau lents et les puits, et les Aedes dans des récipients d'eau comme les bouteilles, les seaux, les pneus, etc. Le contrôle environnemental des moustiques peut se faire, par exemple, au moyen d'un bon drainage, de latrines à aération améliorée en bon état de marche, de l'utilisation de couvercles sur les trous de défécation des latrines à fosse et sur les récipients d'eau, et en maintenant les puits couverts ou en les traitant avec un larvicide (par exemple dans les zones où la fièvre dengue est endémique).

5. Traitement du paludisme: les stratégies de contrôle du paludisme qui visent à réduire la densité démographique des moustiques en éliminant les sites de reproduction, en réduisant le taux quotidien de survie des moustiques et en limitant leur habitude de piquer les humains devront être mises en œuvre en même temps que le diagnostic rapide et le traitement au moyen de médicaments anti-paludéens efficaces. Des campagnes encourageant le diagnostic et le traitement rapides devront être lancées et soutenues. Dans le contexte d'une approche intégrée, la recherche active de cas par des agents de proximité formés et le traitement au moyen de médicaments anti-paludéens efficaces seront plus susceptibles de réduire le fardeau constitué par le paludisme que la recherche passive de cas au travers de services de santé centralisés (Cf. norme 5 relative à la lutte contre les maladies transmissibles).

 

Norme 3 relative à la lutte antivectorielle : sécurité du contrôle chimique
Les mesures de contrôle chimique des vecteurs sont mises en œuvre de manière à ce que les membres du personnel, les personnes affectées par le désastre et l'environnement local soient suffisamment protégés, et de façon à éviter la création d'une résistance aux substances utilisées.

 

Indicateurs clés (à lire conjointement avec les notes d'orientation)

  • Les membres du personnel sont protégés par les moyens suivants : formation, vêtements de protection, utilisation des installations prévues pour le bain, supervision et restriction du nombre d'heures passées à manipuler des produits chimiques.
  • Le choix, la qualité, le transport et l'entreposage des substances chimiques utilisées pour la lutte antivectorielle, l'équipement d'application et l'élimination des substances sont conformes aux normes internationales, et on peut rendre des comptes à leur sujet à n'importe quel moment (Cf. note d'orientation 1).
  • Les communautés sont informées des risques potentiels des substances utilisées dans le contrôle chimique des vecteurs et du calendrier de l'application. Elles sont protégées durant et après l'application de poisons et de pesticides, conformément aux procédures convenues au niveau international (Cf. note d'orientation 1).

 

Note d'orientation

1. Protocoles nationaux et internationaux: il existe des normes et des protocoles internationaux clairs, publiés par l'OMS, tant pour le choix que pour l'application de substances chimiques dans le cadre de la lutte antivectorielle, qui doivent être observés à tout moment. Les mesures de lutte antivectorielle aborderont deux préoccupations principales: l'efficacité et la sécurité. Si les normes nationales concernant le choix des substances chimiques sont inférieures aux normes internationales et entraînent un impact faible ou inexistant, ou un danger pour la santé et la sécurité, l'organisation devra consulter et faire pression sur l'autorité nationale compétente pour obtenir la permission d'adhérer aux normes internationales.


5 Gestion des déchets solides

Si l'on n'élimine pas les déchets solides organiques, on court un risque important de prolifération des mouches et des rats (Cf. section sur la lutte antivectorielle) et de pollution de l'eau de surface. Les déchets solides non ramassés et qui s'accumulent, en plus des débris laissés par une catastrophe naturelle ou un conflit, peuvent créer en outre un environnement déprimant et laid, qui décourage les efforts en vue d'améliorer d'autres aspects de la santé environnementale. Les déchets solides bloquent souvent les canaux du système de drainage et entraînent des problèmes de santé environnementale associés aux eaux stagnantes et aux eaux de surface polluées.

 

Norme 1 relative à la gestion des déchets solides : enlèvement et élimination
Les personnes ont un environnement qui est suffisamment non contaminé par les déchets solides pour être acceptable, et disposent des moyens d'éliminer leurs ordures ménagères de manière pratique et efficace.


Indicateurs clés (à lire conjointement avec les notes d'orientation)

  • Les membres de la population affectée participent à la conception et à la mise en œuvre du programme de gestion des déchets solides.
  • Les ordures ménagères sont placées dans des conteneurs, tous les jours, pour être enlevées régulièrement, brûlées ou enfouies dans une fosse à ordures désignée.
  • Tous les ménages ont accès à un conteneur d'ordures et/ou ne se trouvent pas à plus de 100 mètres d'une fosse à ordures commune.
  • Il y a au moins un conteneur d'ordures de 100 litres pour 10 familles, lorsque les ordures ménagères ne sont pas enfouies sur le site
  • Les ordures sont enlevées du site de l'établissement avant qu'elles ne deviennent gênantes ou ne présentent un risque pour la santé (Cf. notes d'orientation 1, 2 et 6).
  • Les déchets d'origine médicale sont mis de côté et éliminés séparément, et il y a une fosse correctement désignée, construite et exploitée, ou bien un incinérateur muni d'une fosse à cendre profonde, dans les limites de chaque centre de santé (Cf. notes d'orientation 3 et 6).
  • Il n'y a pas de déchets d'origine médicale dangereux ou contaminés (aiguilles, verre, pansements, médicaments, etc.), à quelque moment que ce soit, dans les espaces d'habitation ou publics (Cf. note d'orientation 3).
  • Il y a des fosses à ordures clairement indiquées et bien clôturées, des poubelles ou des zones réservées à cet effet dans les lieux publics, comme les marchés et les zones d'abattage, et un système d'enlèvement régulier est en place (Cf. note d'orientation 4).
  • L'élimination finale des déchets solides est effectuée dans des endroits et selon des méthodes permettant d'éviter la création de problèmes sanitaires et environnementaux pour les populations locales et affectées (Cf. notes d'orientation 5-6).


Notes d'orientation

1. Enfouissement des déchets : si les déchets doivent être enfouis sur le site, soit dans des fosses prévues pour chaque ménage soit dans des fosses communes, ils doivent être recouverts au minimum une fois par semaine d'une fine couche de terre afin d'éviter qu'ils n'attirent des vecteurs comme les mouches et les rongeurs, et ne deviennent leur lieu de reproduction. Si les fèces ou les couches des enfants sont jetées, elles doivent être recouvertes de terre immédiatement après. Les décharges doivent être clôturées afin d'empêcher tout accident et d'éviter que les enfants et les animaux ne s'y rendent ; il faut également veiller à empêcher la contamination de la nappe phréatique par les eaux de lessivage.

2. Type et quantité des déchets: les déchets produits par les établissements humains varient énormément en composition et en quantité, selon le niveau et le type d'activité économique, les aliments de base consommés et les pratiques locales en matière de recyclage et/ou d'élimination des déchets. L'impact des déchets solides sur la santé des personnes doit être évalué et il conviendra de prendre des mesures appropriées, si nécessaire. Le recyclage des déchets solides au sein de la communauté doit être encouragé, pourvu qu'il ne présente aucun risque significatif pour la santé. Il faudra éviter de distribuer des produits qui génèrent une grande quantité de déchets solides du fait de leur emballage ou de leur traitement sur le site.

3. Déchets médicaux: la gestion médiocre des déchets d'origine médicale expose la communauté, les agents sanitaires et les éboueurs au risque d'infections, d'effets toxiques et de blessures. Dans une situation de catastrophe, les types les plus dangereux de déchets sont susceptibles d'être des objets tranchants ou non-tranchants infectieux (pansements de plaies, tissus tachés de sang et matière organique, comme les placentas, etc.). Les différents types de déchets doivent faire l'objet d'un tri à la source. Les déchets non infectieux (papier, emballages en plastique, déchets alimentaires, etc.) peuvent être jetés comme les autres déchets solides. Les objets tranchants ou pointus contaminés, en particulier les aiguilles et les seringues utilisées, devront être placés dans une boîte de sécurité immédiatement après leur emploi. On peut éliminer les boîtes de sécurité et les autres déchets infectieux sur le site en les enfouissant, en les incinérant ou par d'autres méthodes sûres.

4. Déchets des marchés: la plus grande partie des déchets des marchés peut être traitée de la même manière que les ordures ménagères. Les déchets des abattoirs nécessiteront éventuellement un traitement particulier et des installations spéciales pour éliminer les déchets liquides produits, et pour veiller à ce que l'abattage soit réalisé dans des conditions hygiéniques et conformément aux lois locales. Les déchets des abattoirs peuvent souvent être jetés dans une grande fosse munie d'un couvercle doté d'un trou et située à côté de l'abattoir. On peut faire couler le sang, etc. de l'abattoir vers la fosse au travers d'une rigole couverte d'une plaque (ce qui réduit l'accès des mouches à la fosse). De l'eau doit être mise à disposition pour assurer le nettoyage.

5. Dépôt d'ordures contrôlé/enfouissement sanitaire des déchets:
l'enlèvement à grande échelle des déchets doit être effectué en dehors du site en procédant soit à leur dépôt de manière contrôlée soit à leur enfouissement sanitaire. Cette méthode ne sera possible que si l'on dispose de suffisamment de place et si l'on a accès à un équipement mécanique. L'idéal est que les déchets déposés soient recouverts de terre à la fin de chaque journée afin d'éviter d'attirer les charognards ou de favoriser la reproduction des vecteurs.

6. Bien-être du personnel: tous les membres du personnel qui s'occupent de la gestion des déchets solides et qui ramassent, transportent ou jettent des déchets devront être équipés de vêtements de protection, au minimum de gants et dans l'idéal de blouses, de bottes et de masques de protection. On doit leur fournir du savon et de l'eau pour qu'ils puissent se laver les mains et le visage. Les membres du personnel qui manipulent des déchets d'origine médicale doivent être informés des méthodes correctes d'entreposage, de transport et d'élimination de ces déchets et des risques associés à leur mauvaise gestion.


6 Drainage

L'eau de surface dans les établissements humains ou à proximité peut provenir des eaux usées des ménages ou des points d'eau, des fuites éventuelles dans les toilettes et les égouts, de l'eau de pluie ou des crues. Les principaux risques pour la santé associés à l'eau de surface sont : la contamination de l'eau fournie à la population et du milieu de vie, les dégâts occasionnés aux toilettes et aux habitations, la reproduction des vecteurs de maladie et la noyade. L'eau de pluie et les eaux de crues peuvent empirer la situation de drainage dans un établissement et accroître encore le risque de contamination. Afin de réduire les risques potentiels pour la population, il faudra mettre en œuvre un bon plan de drainage. Ce dernier tiendra compte non seulement du drainage des eaux pluviales au travers de la planification du site, mais également de l'évacuation des eaux usées à l'aide d'un système de drainage à petite échelle sur le site même. Cette section aborde les problèmes et les activités liés au drainage à petite échelle. Le drainage à grande échelle est en général déterminé par la sélection et le développement du site (Cf. Abris, établissements et articles non alimentaires, chapitre 4).

 

Norme 1 relative au drainage : installations de drainage
Les personnes ont un environnement dans lequel sont réduits au minimum les risques de santé et autres risques posés par l'érosion due à l'eau et par l'eau stagnante, y compris les eaux pluviales, les eaux de crues, les eaux usées des ménages et celles provenant de centres médicaux.

 

Indicateurs clés (à lire conjointement avec les notes d'orientation)

  • Il n'y a pas d'eaux usées stagnantes dans les zones proches des habitations et des points d'eau, et les égouts destinés aux eaux pluviales ne sont pas bloqués (Cf. notes d'orientation 1, 2, 4 et 5).
  • Les abris, les sentiers et les installations d'approvisionnement en eau et d'assainissement ne sont ni submergés ni érodés par l'eau (Cf. notes d'orientation 2-4).
  • Le drainage au niveau des points d'eau est bien planifié, construit et entretenu. Il s'agit entre autres du drainage des zones réservées à la lessive et à la toilette, ainsi que des points de collecte d'eau (Cf. notes d'orientation 2 et 4).
  • Les eaux usées ne polluent pas les sources de surface ou souterraines (de la nappe phréatique) et n'entraînent pas non plus une érosion (Cf. note d'orientation 5).
  • Un nombre suffisant d'outils appropriés est fourni pour de petites installations de drainage et leur entretien au besoin (Cf. note d'orientation 4).


Notes d'orientation

1. Sélection et planification du site: la manière la plus efficace de contrôler les problèmes de drainage est de bien choisir le site et de bien agencer l'établissement (Cf. normes 1-4 relatives aux abris et aux établissements).

2. Eaux usées: les eaux grises ou eaux usées domestiques sont classifiées comme des vidanges lorsqu'elles sont mélangées aux excréments humains. À moins que l'établissement ne se situe là où il y a déjà un système d'égouts en place, on ne permettra pas que les eaux usées des ménages se mélangent aux déchets humains. Les vidanges sont plus difficiles et plus coûteuses à traiter que les eaux usées domestiques. Au niveau des points d'eau et des zones réservées à la lessive et à la toilette, on encouragera la création de petits jardins afin d'utiliser les eaux usées. Il faut accorder une attention spéciale aux efforts visant à empêcher que les eaux usées des zones réservées à la lessive et à la toilette ne contaminent les sources d'eau.

3. Drainage et élimination des excréments: il faut veiller tout particulièrement à empêcher les débordements des toilettes et des égouts afin d'éviter les dégâts structurels et les fuites.

4. Promotion: il est essentiel de faire participer la population affectée à la fourniture de petites installations de drainage, car elle a souvent une bonne connaissance de l'écoulement naturel des eaux usées et de l'emplacement idéal des canaux. D'autre part, si elle comprend les risques, physiques et sanitaires, en présence et qu'elle a apporté son assistance lors de la construction du système de drainage, elle sera plus susceptible de l'entretenir (Cf. section sur la lutte antivectorielle). Il faudra alors éventuellement apporter un soutien technique et des outils.

5. Évacuation sur le site: dans la mesure du possible, et si les conditions du sol sont favorables, le drainage des points d'eau et des zones de lavage devra se faire sur le site plutôt que par le biais de canaux ouverts, qui sont difficiles à entretenir et se bloquent souvent. Des techniques simples et peu coûteuses comme les puits perdus peuvent être utilisées pour l'évacuation des eaux usées. Lorsque l'évacuation ailleurs que sur le site est la seule possibilité, les canaux sont préférables aux canalisations. Les canaux seront conçus de manière à permettre l'écoulement rapide des eaux grises par temps sec et serviront également au transport des eaux pluviales. Lorsque l'inclinaison est supérieure à 5%, des techniques d'ingénierie devront être appliquées afin d'empêcher une érosion excessive. Le drainage des résidus de tous processus de traitement de l'eau devra être minutieusement contrôlé pour empêcher l'utilisation de cette eau et la contamination des sources de surface ou souterraines (de la nappe phréatique).


Annexe 1

Liste de contrôle pour l'évaluation initiale des besoins en matière d'approvisionnement en eau et d'assainissement

Cette liste de questions est principalement destinée à être utilisée dans le but d'évaluer les besoins, d'identifier les ressources autochtones et de décrire les conditions locales. Elle n'englobe pas de questions visant à déterminer les ressources externes nécessaires en sus de celles immédiatement et localement disponibles.


1 Généralités

  • Combien de personnes ont été affectées et où se trouvent-elles? Ventilez les données le plus possible en fonction du sexe, de l'âge, des handicaps, etc.

  • Quels sont les mouvements probables des personnes? Quels sont les facteurs de sécurité en présence pour les personnes affectées et pour les interventions potentielles d'aide humanitaire?

  • Quelles sont les maladies actuelles ou potentielles liées à l'eau et aux installations sanitaires? Quelles sont la mesure et l'évolution prévue des problèmes?

  • Qui sont les personnes clés à consulter ou à contacter?

  • Qui sont les personnes vulnérables au sein de la population et pourquoi?

  • Y a-t-il un accès égal pour tous aux installations existantes?

  • Quels sont les risques spéciaux en matière de sécurité pour les femmes et les filles?

  • Quelles sont les pratiques en matière d'eau et d'assainissement auxquelles la population était habituée avant l'urgence?


2 Approvisionnement en eau

  • Quelle est la source actuelle d'eau et qui en sont les utilisateurs actuels?

  • Combien y a-t-il d'eau disponible par personne et par jour?

  • Quelle est la fréquence journalière/hebdomadaire de l'approvisionnement en eau?

  • L'eau disponible à la source est-elle suffisante pour les besoins à court terme et à long terme de tous les groupes de la population?

  • Y a-t-il des points de collecte de l'eau suffisamment proches des habitations des personnes? Sont-ils sûrs?

  • L'approvisionnement en eau actuel est-il fiable? Combien de temps durera-t-il?

  • Les personnes disposent-elles d'un nombre suffisant de récipients de la taille et du type appropriés?

  • La source d'eau est-elle contaminée ou risque-t-elle d'être contaminée (contamination microbiologique ou chimique/radiologique)?

  • Le traitement est-il nécessaire? Est-il possible? Quel est le traitement nécessaire?

  • La désinfection est-elle nécessaire, même si l'eau fournie n'est pas contaminée?

  • Y a-t-il d'autres sources possibles à proximité?

  • Quelles sont les convictions et les pratiques traditionnelles concernant la collecte, l'emmagasinage et l'utilisation de l'eau?

  • Y a-t-il des obstacles entravant l'utilisation de l'eau disponible?

  • Est-il possible de déplacer la population si les sources d'eau sont inadéquates?

  • Est-il possible de fournir de l'eau au moyen de camions-citernes si les sources d'eau sont inadéquates?

  • Quelles sont les questions clés en matière d'hygiène liées à l'approvisionnement en eau?

  • Les personnes disposent-elles des moyens d'utiliser l'eau de façon hygiénique?


3 Élimination des excréments

  • Quelle est la pratique actuelle en ce qui concerne la défécation? S'il s'agit de la défécation à l'air libre, y a-t-il une zone désignée? Est-elle