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| Chapitre 3: Table des matières Comment utiliser ce chapitre Annexe 2: Liste de contrôle pour l'évaluation initiale de la sécurité alimentaire Annexe 3: Interventions dans le domaine de la sécurité alimentaire Annexe 4: Liste de contrôle pour l'évaluation initiale de la nutrition Annexe 5: Comment mesurer la malnutrition aiguë Annexe 6: Importance pour la santé publique de la carence en vitamine A et en iode Annexe 7: Besoins nutritionnels Annexe 8: Liste de contrôle relative à la logistique de la gestion de la chaîne d'approvisionnement Annexe 9: Références
Comment utiliser ce chapitre Ce chapitre est divisé en quatre sections: 1)
Normes relatives à l'évaluation initiale et l'analyse de
la sécurité alimentaire et de la nutrition, 2) Normes relatives
à la sécurité alimentaire, 3) Normes relatives à
la nutrition, et 4) Normes relatives à l'aide alimentaire. Tandis
que les normes relatives à la sécurité alimentaire
et à la nutrition sont une expression pratique du droit à
la nourriture, les normes relatives à l'aide alimentaire sont davantage
axées sur les opérations. Les normes relatives à
l'aide alimentaire peuvent contribuer à la réalisation des
normes relatives à la sécurité alimentaire et à
la nutrition.
Les annexes en fin de chapitre comportent des listes de contrôle pour les évaluations initiales, des exemples d'intervention dans le domaine de la sécurité alimentaire, des conseils sur la façon de mesurer la malnutrition aiguë et de déterminer l'importance pour la santé publique des carences en micronutriments; ces annexes indiquent également les besoins nutritionnels et incluent une liste de références choisies, qui orientent le lecteur vers des sources d'information sur les questions générales et les questions spécifiques d'ordre technique liées à ce chapitre.
Introduction
Liens avec les instruments juridiques internationaux Les normes minimales dans les secteurs de la sécurité alimentaire, de la nutrition et de l'aide alimentaire constituent l'expression pratique des principes et droits formulés dans la Charte humanitaire. Celle-ci traite des exigences les plus fondamentales afin de préserver la vie et la dignité des personnes affectées par des calamités ou des conflits, telles que stipulées dans l'ensemble des textes juridiques internationaux relatifs aux droits de l'homme, aux interventions humanitaires et aux réfugiés. Chacun jouit du droit à une quantité suffisante de nourriture. Ce droit est reconnu dans des instruments juridiques internationaux et englobe le droit à ne pas souffrir de la faim. Parmi les aspects clés du droit à de la nourriture en quantité suffisante figurent:
Les acteurs publics et autres ont des responsabilités liées à la réalisation du droit à la nourriture. Il y a de nombreuses situations dans lesquelles le non-accomplissement de ces obligations et les violations du droit international - y compris, par exemple, le fait d'affamer délibérément des populations ou de détruire leurs moyens de subsistance comme stratégie de guerre - ont des effets dévastateurs sur la sécurité alimentaire et la nutrition. En période de conflits armés, il est interdit pour les combattants d'attaquer ou de détruire les denrées alimentaires, les zones agricoles destinées à la production de denrées alimentaires, les cultures ou le bétail. Dans ces situations, les acteurs humanitaires peuvent contribuer à réaliser les droits des populations affectées, par exemple en apportant une assistance alimentaire selon des méthodes conformes aux obligations du droit national et des droits de l'homme internationaux. Les normes minimales figurant dans ce chapitre ne constituent pas une
expression complète du droit à la nourriture en quantité
suffisante. Cependant, les normes de Sphère reflètent le
contenu central du droit à la nourriture et contribuent à
la réalisation progressive de ce droit au niveau mondial.
L'importance de la sécurité alimentaire, de la nutrition et de l'aide alimentaire dans les situations de catastrophe L'accès à la nourriture et le maintien d'un état nutritionnel adéquat sont des facteurs déterminants cruciaux pour la survie des personnes lors d'une catastrophe. La malnutrition peut être le problème de santé publique le plus sérieux et peut être une cause principale de mort, directement ou indirectement. La faculté de récupération des moyens de subsistance et la sécurité alimentaire ultérieure des personnes déterminent leur santé et leur nutrition à court terme, mais également leur survie et bien-être futurs. L'aide alimentaire peut être importante au moment de protéger la sécurité alimentaire et la nutrition et de prendre des mesures pour qu'elles soient assurées, dans le cadre d'une combinaison de mesures variées. Les normes relatives à la sécurité alimentaire sont moins détaillées que celles concernant la nutrition ou l'aide alimentaire, principalement parce que la sécurité alimentaire est un domaine divers doté d'un ensemble limité de bonnes pratiques dans les situations de catastrophe. Dans le cadre de ce chapitre, on emploie les
définitions suivantes:
Comme ce sont en général les
femmes qui assument la responsabilité globale de la nourriture
au sein du ménage et parce qu'elles sont les principales récipiendaires
de l'aide alimentaire, il est important d'encourager autant que possible
leur participation à la conception et à la mise en uvre
des programmes.
Liens avec les autres chapitres Nombre des normes figurant dans les chapitres consacrés aux autres secteurs sont utiles pour le présent chapitre. Les progrès effectués dans la réalisation des normes dans un domaine particulier influencent souvent, voire déterminent, les progrès effectués dans d'autres domaines. Pour qu'une intervention soit efficace, il faut qu'il y ait une coordination et une collaboration étroites avec d'autres secteurs. La coordination avec les autorités locales et les autres organisations participant à l'intervention est également nécessaire pour veiller à ce que les besoins soient satisfaits, à ce que les efforts ne soient pas répétés, et à ce que la qualité des interventions en matière de sécurité alimentaire, de nutrition et d'aide alimentaire soit optimisée. Par exemple, les besoins concernant les ustensiles de cuisine, le combustible et l'eau pour la consommation d'aliments, et pour le maintien de la santé publique, sont abordés dans les normes relatives à l'eau, l'assainissement et la promotion de l'hygiène, aux services de santé et aux abris, aux établissements humains et aux articles non alimentaires. Ces besoins ont un impact direct sur l'aptitude des ménages à accéder à la nourriture et sur le maintien d'un état nutritionnel adéquat. On fait référence à des normes ou notes d'orientation spécifiques figurant dans d'autres chapitres techniques lorsqu'il y a lieu de le faire.
Liens avec les normes communes
à tous les secteurs Le processus selon lequel une intervention est développée et mise en uvre est crucial pour son efficacité. Ce chapitre devra être utilisé conjointement avec celui des normes communes à tous les secteurs, lesquelles englobent la participation, l'évaluation initiale, l'intervention, le ciblage, le suivi, l'évaluation, les compétences et responsabilités des travailleurs humanitaires, et la supervision, la gestion et le soutien du personnel (Cf. chapitre 1). En particulier, la participation des personnes affectées par la catastrophe - y compris les groupes vulnérables décrits ci-dessous - devra être portée au maximum dans toute intervention afin de veiller à ce que cette dernière soit appropriée et de bonne qualité.
Vulnérabilités et capacités des populations affectées par la catastrophe Les groupes qui courent le plus fréquemment des risques lors de catastrophes sont les femmes, les enfants, les personnes âgées, les personnes handicapées et les personnes vivant avec le VIH/sida (PVVS). Dans certains contextes, les personnes peuvent aussi se retrouver en position de vulnérabilité en raison de leur origine ethnique, de leur affiliation religieuse ou politique, ou du fait qu'elles ont été déplacées. Il ne s'agit pas là d'une liste exhaustive, mais elle englobe les raisons les plus fréquemment identifiées. Les vulnérabilités spécifiques influent sur l'aptitude des personnes à s'adapter et à survivre dans le cadre d'une catastrophe, et celles qui courent le plus de risques devront être identifiées dans chaque contexte. Tout au long du manuel, l'expression "groupes vulnérables"
se réfère à tous ces groupes. Lorsque l'un quelconque
de ces groupes court des risques, il est probable que les autres seront
également menacés. Par conséquent, chaque fois que
les groupes vulnérables sont mentionnés, on demande instamment
aux utilisateurs de prendre en considération tous ceux énumérés
ici. Il faut veiller tout particulièrement à protéger
et à assister tous les groupes affectés de façon
non discriminatoire et en fonction de leurs besoins spécifiques.
Cependant, il faut également garder à l'esprit que les populations
affectées par une catastrophe possèdent, et acquièrent,
des compétences et des capacités propres pour faire face
à la situation, lesquelles doivent être reconnues et soutenues.
Les normes minimales 1 Évaluation initiale et analyse de la sécurité alimentaire et de la nutrition Ces deux normes découlent des normes relatives à l'évaluation initiale commune et à la participation, et elles s'appliquent toutes deux chaque fois que des interventions en matière de nutrition ou de sécurité alimentaire sont planifiées ou préconisées. Ces évaluations sont approfondies et exigent une quantité considérable de temps et de ressources pour être effectuées correctement. Dans une situation de crise aiguë et pour une intervention immédiate, une évaluation rapide sera suffisante pour décider si oui ou non une assistance immédiate est requise et, dans l'affirmative, quelles dispositions devront être prises. Des listes de contrôle pour les évaluations initiales sont proposées dans les annexes 1-2.
Indicateurs clés
(à lire conjointement avec les notes d'orientation)
Notes d'orientation 1. Portée de l'analyse:
la sécurité alimentaire varie en fonction des moyens de
subsistance des personnes, de leur situation géographique, de leur
position sociale, de la nature de la catastrophe et de la saison à
laquelle elle se produit, ainsi que des interventions associées.
L'axe central de l'évaluation reflétera la manière
dont la population se procurait de la nourriture et des revenus avant
la catastrophe, et la façon dont cette dernière a affecté
la situation. Par exemple, dans les zones urbaines et périurbaines,
l'axe portera peut-être sur un examen de l'approvisionnement du
marché en produits alimentaires, tandis qu'en milieu rural il s'agira
davantage de la production alimentaire. Lorsque les personnes ont été
déplacées, la sécurité alimentaire de la population
d'accueil doit également être prise en compte. Les évaluations
initiales de la sécurité alimentaire pourront être
entreprises lors de la planification du retrait progressif d'un programme,
ainsi qu'avant d'en entamer un. Dans un cas comme dans l'autre, elles
devront être coordonnées entre toutes les parties concernées
afin de réduire au minimum la répétition des efforts.
Les évaluations rassemblant de nouvelles informations devront venir
compléter les données secondaires obtenues de sources d'information
existantes. 2. Contexte: l'insécurité
alimentaire peut être le résultat de facteurs macro-économiques
et sociopolitiques structurels plus larges, comme par exemple des politiques
générales nationales et internationales, des processus ou
institutions qui affectent l'accès des personnes à de la
nourriture adéquate sur le plan nutritionnel. Ceci est en général
défini comme l'insécurité alimentaire chronique,
dans la mesure où elle est un état à long terme qui
est le résultat de vulnérabilités structurelles,
mais elle peut être aggravée par l'impact d'une catastrophe. 3. Stratégies d'adaptation:
l'évaluation initiale et l'analyse doivent prendre en compte les
différents types de stratégies d'adaptation, qui les applique
et si oui ou non elles fonctionnent. Bien que ces stratégies varient,
on distingue néanmoins divers stades bien distincts d'adaptation.
Les stratégies d'adaptation adoptées au début ne
sont pas forcément anormales, elles sont réversibles et
ne causent pas de dégâts à long terme (par exemple
collecte d'aliments sauvages, vente de biens non essentiels ou envoi d'un
membre de la famille travailler ailleurs). Les stratégies ultérieures,
parfois appelées stratégies de crise, peuvent nuire de manière
permanente à la sécurité alimentaire (par exemple
vente de terres, migration, sous l'effet de la détresse, de familles
entières ou encore déforestation). Certaines stratégies
d'adaptation utilisées par les femmes et les filles tendent à
les exposer à un risque accru d'infection par le VIH (par exemple
prostitution et relations illicites, ou violences sexuelles lors de leurs
déplacements vers des zones dangereuses). Des mouvements migratoires
plus importants peuvent favoriser la transmission du VIH. Les stratégies
d'adaptation peuvent également affecter l'environnement (par exemple
surexploitation de ressources naturelles communes). Il est important que
la sécurité alimentaire soit protégée et soutenue
avant que toutes les options non préjudiciables ne soient épuisées. 4. Capacités locales: la participation de la communauté et d'institutions locales appropriées à toutes les étapes de l'évaluation initiale et de la planification revêt une importance vitale. Les programmes se baseront sur les besoins et seront adaptés au contexte local particulier. Dans les zones sujettes à des catastrophes naturelles récurrentes ou à des conflits de longue durée, il peut y avoir des systèmes locaux d'alerte précoce et d'intervention d'urgence. Les communautés qui ont déjà subi des sécheresses ou des inondations par le passé auront peut-être leurs propres plans d'urgence. Il est important de soutenir les capacités locales de ce type. 5. Méthodologie:
il est important d'examiner avec soin la portée des évaluations
initiales et des procédures d'enquêtes, même si elles
sont informelles. Le processus documenté dans le rapport doit être
à la fois logique et transparent, et refléter les procédures
reconnues pour l'évaluation initiale de la sécurité
alimentaire. Les approches méthodologiques doivent être coordonnées
entre les organisations et avec le gouvernement, pour faire en sorte que
les informations et les analyses soient complémentaires et cohérentes
: les informations pourront ainsi être comparées au fil du
temps. Les évaluations initiales effectuées par plusieurs
organisations sont en général préférables.
La triangulation de sources et de types différents d'informations
relatives à la sécurité alimentaire est essentielle
pour aboutir à une conclusion cohérente pour différentes
sources, par exemple évaluations des cultures, images satellite,
bilans des ménages, etc. Une liste de contrôle des principaux
domaines à prendre en compte dans le cadre d'une évaluation
initiale est proposée en annexe 1. Une liste de contrôle
pour la révision de la méthodologie est présentée
en annexe 2. 6. Sources d'information:
dans de nombreuses situations, il existe une abondance d'informations
secondaires concernant la situation pré-catastrophe, y compris
la disponibilité de nourriture en temps normal, l'accès
à la nourriture qu'ont normalement différents groupes, les
groupes qui souffrent le plus de l'insécurité alimentaire,
et les effets de crises antérieures sur la disponibilité
de nourriture et l'accès de différents groupes à
celle-ci. L'utilisation efficace des informations secondaires permet,
durant le rassemblement de données primaires lors de l'évaluation
initiale, de se concentrer sur ce qui est essentiel dans la nouvelle situation.
7. Planification à long terme:
certes, la satisfaction des besoins immédiats et la protection
des biens productifs auront toujours la priorité durant les étapes
initiales d'une crise, mais les interventions seront néanmoins
toujours planifiées dans une optique à plus long terme.
Ceci requiert des connaissances techniques spécialisées
dans une gamme de secteurs, ainsi que des aptitudes à travailler
en étroite collaboration avec les membres de la communauté,
y compris les représentants de tous les groupes. La participation
des membres de la communauté à toutes les étapes
de l'évaluation initiale et de la planification du programme est
vitale, notamment pour leurs manières de voir les possibilités
et les risques à long terme. Les recommandations doivent se baser
sur une compréhension robuste et démontrée par un
personnel doté des qualifications et de l'expérience appropriées.
L'équipe d'évaluation englobera des experts sectoriels compétents,
par exemple des agronomes, des agroéconomistes, des vétérinaires,
des scientifiques sociaux, et des experts en eau et en assainissement
ou dans d'autres secteurs appropriés. (Cf. norme relative à
la participation). 8. Insécurité alimentaire et état nutritionnel: l'insécurité alimentaire est l'une des trois causes sous-jacentes de la malnutrition, de sorte que partout où elle règne, il y a un risque de malnutrition, y compris de carences en micronutriments. La prise en compte de son incidence sur la situation nutritionnelle est une partie essentielle de l'évaluation initiale de la sécurité alimentaire. Cependant, il ne faut pas supposer que l'insécurité alimentaire est la seule cause de malnutrition, sans prendre en compte les facteurs causaux possibles liés à la santé et aux soins.
Indicateurs clés
(à lire conjointement avec les notes d'orientation)
Notes d'orientation 1. Causes sous-jacentes:
les causes immédiates de la malnutrition sont la maladie et/ou
une consommation inadéquate de nourriture (laquelle peut être
le résultat de l'insécurité alimentaire), un environnement
médiocre sur les plans social et des soins ou de la santé
publique, ou un accès inadéquat aux services médicaux
aux niveaux du ménage et de la communauté. Ces causes sous-jacentes
sont influencées par d'autres causes fondamentales, dont les ressources
humaines, structurelles, naturelles et économiques, le contexte
politique, culturel et de sécurité, les infrastructures
formelles et informelles, les mouvements démographiques (forcés
ou non) et les entraves aux mouvements. La compréhension des causes
de la malnutrition dans chaque contexte spécifique est une condition
sine qua non de tout programme de nutrition. Des informations, tant quantitatives
que qualitatives, sur les causes de la malnutrition peuvent être
rassemblées à partir de sources primaires ou secondaires,
y compris les profils existants de santé et de nutrition, les comptes
rendus de recherches, les informations d'alerte précoce, les dossiers
des centres de santé, les rapports sur la sécurité
alimentaire et les groupes d'assistance communautaire. On trouvera une
liste de contrôle pour l'évaluation initiale de la nutrition
en annexe 4. 2. Prise de décisions:
elle se basera sur une compréhension de chacune des trois causes
sous-jacentes possibles de la malnutrition, ainsi que sur les résultats
des études anthropométriques. Dans une crise aiguë,
toutefois, les décisions concernant la mise en uvre de la
distribution générale de nourriture ne devront pas attendre
les résultats de ces études, car celles-ci peuvent prendre
jusqu'à trois semaines. Il devrait, toutefois, être possible
d'utiliser les conclusions des études anthropométriques
pour influencer les décisions portant sur les interventions qui
visent à corriger la malnutrition. 3. Études anthropométriques: elles fournissent une estimation de la prévalence de malnutrition. La pratique la plus généralement acceptée consiste à évaluer les niveaux de malnutrition parmi les enfants âgés de 6 à 59 mois et à les utiliser comme indicateurs de substitution pour la population dans son ensemble. Cependant, d'autres groupes peuvent être touchés en plus grande mesure ou courir des risques nutritionnels plus importants. Lorsqu'il en est ainsi, la situation de ces groupes sera évaluée, bien qu'il puisse être difficile de procéder au mesurage (Cf. annexe 5). Les lignes directrices internationales stipulent qu'un échantillon représentatif doit être utilisé pour les études ; l'adhésion aux lignes directrices nationales peut favoriser la coordination et la comparabilité des comptes rendus. Lorsque des données représentatives sont disponibles sur les tendances de l'état nutritionnel, elles sont préférables à un chiffre unique de prévalence. Il peut également être utile de recueillir les taux de couverture des immunisations durant une étude anthropométrique, tout comme des données rétrospectives sur la mortalité, en utilisant un cadre différent pour l'échantillonnage. Les rapports devront toujours décrire les causes probables de la malnutrition, et l'dème nutritionnel sera signalé séparément. 4. Carences en micronutriments: si l'on sait que la population présentait des carences en vitamine A, en iode ou en fer avant la catastrophe, on peut supposer que ceci continuera d'être un problème durant la catastrophe. Lorsque l'analyse des situations de santé et de sécurité alimentaire suggère un risque de carences en micronutriments, il faudra prendre des mesures visant à améliorer la quantification de certaines carences (Cf. également norme 1 relative au soutien nutritionnel général, et norme 3 relative à la correction de la malnutrition).
2 Normes minimales dans le secteur de la sécurité alimentaire La sécurité
alimentaire englobe l'accès à la nourriture (y compris son
caractère financièrement abordable), l'adéquation
de l'approvisionnement en nourriture ou de sa disponibilité, et
la stabilité de l'approvisionnement et de l'accès au fil
du temps. Elle concerne également la qualité, la variété
et l'innocuité de la nourriture, et la consommation et l'utilisation
biologique des aliments. La faculté
de récupération des moyens de subsistance des personnes,
et leur vulnérabilité face à l'insécurité
alimentaire, sont largement déterminées par les ressources
dont elles disposent, et la manière dont ces ressources ont été
affectées par la catastrophe. Parmi ces ressources figurent les
biens économiques et financiers (comme l'argent liquide, les crédits,
les économies et les investissements) et le capital physique, naturel,
humain et social. Pour les personnes affectées par une catastrophe,
la préservation, le recouvrement et le développement des
ressources nécessaires à leur sécurité alimentaire
et à leurs moyens de subsistance futurs constituent en général
une priorité. Dans les situations
de conflit, l'insécurité et la menace du conflit peuvent
sérieusement restreindre les activités liées aux
moyens de subsistance et l'accès aux marchés. Les ménages
peuvent subir une perte directe de leurs biens, soit parce qu'ils doivent
les abandonner pour fuir, soit parce que ces biens ont été
détruits ou réquisitionnés par les parties en conflit. La première norme concernant la sécurité alimentaire, qui découle de la norme relative à l'évaluation initiale et l'analyse de la sécurité alimentaire, est une norme générale qui s'applique à tous les aspects des programmes relatifs à la sécurité alimentaire dans les situations de catastrophe, y compris les questions liées à la survie et à la préservation des biens. Les trois autres normes concernent la production primaire, la génération de revenus et l'emploi, et l'accès aux marchés, y compris les biens et les services. L'annexe 3 décrit une gamme d'interventions dans le secteur de la sécurité alimentaire. Il y a évidemment un certain chevauchement entre les différentes normes relatives à la sécurité alimentaire, car les interventions dans ce domaine ont souvent des objectifs multiples, liés à des aspects différents, et sont donc couvertes par plus d'une norme (notamment celles applicables aux secteurs de l'eau, de la santé et des abris). De plus, un ensemble équilibré de programmes est requis pour atteindre toutes les normes dans le secteur de la sécurité alimentaire. Les interventions en situation de catastrophe doivent soutenir et/ou compléter les services gouvernementaux existants sur les plans de la structure, de la conception et de la durabilité à long terme.
Indicateurs clés
(à lire conjointement avec les notes d'orientation)
Notes d'orientation 1. Classement selon leur priorité des interventions destinées à sauver des vies: bien que la distribution d'aliments soit l'intervention la plus fréquemment entreprise afin de pallier l'insécurité alimentaire dans les situations de catastrophe, d'autres types d'intervention peuvent également aider les personnes à satisfaire leurs besoins immédiats de nourriture. On peut donner les exemples suivants d'interventions de ce type: la vente d'aliments subventionnés (lorsque les personnes ont un certain pouvoir d'achat, mais que l'approvisionnement est inadéquat), l'amélioration du pouvoir d'achat au travers de programmes d'emploi (y compris "vivres en échange de travail" - food-for-work - FFW), et les initiatives de déstockage ou les distributions d'argent. En milieu urbain en particulier, la priorité sera peut-être de rétablir l'approvisionnement normal du marché et de revitaliser les activités économiques porteuses d'emplois. Les stratégies de ce type seront peut-être plus appropriées que la distribution de nourriture, parce qu'elles maintiennent la dignité des personnes, soutiennent les moyens de subsistance et de ce fait réduisent la vulnérabilité future. Les organisations ont la responsabilité de prendre en compte ce que font les autres pour veiller à ce que l'intervention conjuguée apporte des contributions et des services complémentaires. Les distributions générales de nourriture ne devront être introduites qu'en cas d'absolue nécessité et devront cesser dès que possible. La distribution générale gratuite de nourriture ne sera peut-être pas appropriée lorsque:
2. Soutien, protection et promotion
de la sécurité alimentaire: parmi les mesures appropriées
visant à soutenir la sécurité alimentaire peuvent
figurer une variété d'interventions et de travaux de plaidoyer
(Cf. annexe 3). Bien qu'à court terme il puisse s'avérer
impossible d'arriver à la sécurité alimentaire sur
la seule base des propres stratégies relatives aux moyens de subsistance
des personnes, les stratégies existantes qui contribuent à
la sécurité alimentaire des ménages et préservent
leur dignité devront être protégées et soutenues
autant que possible. Les interventions dans le secteur de la sécurité
alimentaire ne cherchent pas forcément à récupérer
complètement les biens perdus suite à la catastrophe, mais
à empêcher que leur érosion ne se poursuive et à
promouvoir un processus de récupération. 3. Risques associés aux stratégies d'adaptation: de nombreuses stratégies d'adaptation supposent des frais ou comportent des risques qui peuvent accroître la vulnérabilité. Par exemple:
Ces effets progressifs et débilitants doivent
être reconnus, et il faut entreprendre des interventions précoces
afin de décourager les stratégies de ce type et d'empêcher
la perte des biens. Certaines stratégies d'adaptation peuvent également
nuire à la dignité, lorsque les personnes se voient obligées
d'entreprendre des activités socialement dégradantes ou
inacceptables. Cependant, dans de nombreuses sociétés, certaines
stratégies (comme envoyer un membre de la famille travailler ailleurs
lors de difficultés) sont des traditions bien établies.
4. Stratégies de sortie
et de transition: il faut réfléchir à ces
stratégies dès le début du programme, surtout si
l'intervention peut avoir des répercussions à long terme,
par exemple la prestation de services gratuits qui seraient normalement
payants, comme l'accès au crédit ou à des services
vétérinaires. Avant de clôturer le programme ou de
faire la transition vers une nouvelle phase, il doit y avoir des preuves
que la situation s'est améliorée. 5. Accès aux connaissances,
aux compétences et aux services: il faut concevoir et planifier
des structures qui offrent des services adéquats en collaboration
avec les utilisateurs, de manière à ce qu'elles soient appropriées
et bien entretenues, si possible au-delà de la durée de
vie du projet. Certains groupes ont des besoins très spécifiques
; par exemple, les enfants devenus orphelins à cause du sida peuvent
être privés du transfert d'informations et de compétences
qui a lieu au sein des familles. 6. Impact environnemental:
dans la mesure du possible, la base de ressources naturelles pour la production
et les moyens de subsistance de la population affectée - et des
populations d'accueil - devra être préservée. Il faut
tenir compte de l'impact du programme sur l'environnement durant l'évaluation
initiale et la planification de toute intervention. Par exemple, les personnes
qui vivent dans des camps ont besoin de combustible pour faire la cuisine,
ce qui peut rapidement entraîner la déforestation au niveau
local. La distribution de denrées dont la cuisson est longue, comme
certains haricots secs, demandera plus de combustible de cuisine, ce qui
pourrait affecter l'environnement (Cf. norme 2 relative à la planification
de l'aide alimentaire). Dans la mesure du possible, les interventions
viseront à protéger l'environnement de toute dégradation
supplémentaire. Par exemple, les programmes de déstockage
réduisent la pression de la pâture des animaux sur les prés
durant une sécheresse, augmentant du même coup la quantité
de nourriture disponible pour le bétail ayant survécu. 7. Couverture, accès et
acceptabilité: les bénéficiaires et leurs
caractéristiques devront être décrits et leur nombre
estimé avant de déterminer le niveau de participation des
différents groupes (en accordant une attention particulière
aux groupes vulnérables). La participation est en partie déterminée
par la facilité d'accès et l'acceptabilité des activités
pour les participants. Bien que certaines mesures de sécurité
alimentaire soient destinées aux personnes économiquement
actives, elles doivent néanmoins être non discriminatoires
et tenter d'offrir un accès aux groupes vulnérables, tout
en protégeant les personnes à charge, y compris les enfants.
Diverses contraintes, dont la capacité de travailler, la charge
de travail à la maison, les responsabilités de garde et
de prestation de soins aux enfants, aux malades chroniques ou aux personnes
handicapées, et la restriction de l'accès physique, peuvent
limiter la participation des femmes, des personnes handicapées
et des personnes âgées. Pour surmonter ces contraintes, il
faut identifier les activités adaptées aux capacités
de ces groupes ou mettre sur pied des structures de soutien appropriées.
Les mécanismes de ciblage basés sur l'auto-sélection
devront normalement être établis dans le cadre d'une consultation
complète de tous les groupes de la communauté (Cf. norme
relative au ciblage). 8. Suivi: outre le suivi de routine (Cf. normes relatives au suivi et à l'évaluation), il est également nécessaire de suivre la situation générale en matière de sécurité alimentaire afin de déterminer si le programme continue d'être approprié, de planifier le retrait progressif de certaines activités ou l'introduction de modifications ou de nouveaux projets au besoin, et d'identifier la nécessité éventuelle de travaux de plaidoyer. Les systèmes d'information locaux et régionaux sur la sécurité alimentaire, y compris les systèmes d'alerte précoce contre la famine, constituent d'importantes sources d'information.
Indicateurs clés
(à lire conjointement avec les notes d'orientation)
Notes d'orientation 1. Viabilité de la production primaire: pour être viables, les stratégies de production alimentaire doivent avoir une chance raisonnable de se développer de manière adéquate et de réussir. Cette chance peut être influencée par une variété de facteurs, dont:
La production ne doit pas affecter négativement
l'accès des autres groupes aux ressources naturelles essentielles
pour la vie comme l'eau. 2. Développement technologique : parmi les "nouvelles" technologies peuvent figurer des variétés de cultures ou des espèces de bétail améliorées, de nouveaux outils ou engrais. Dans la mesure du possible, les activités de production alimentaire doivent suivre les modèles existants et/ou être liées aux plans nationaux de développement. Les nouvelles technologies ne seront introduites durant une catastrophe que si elles ont été précédemment mises à l'épreuve dans la zone locale et si l'on sait qu'elles sont appropriées. Lorsqu'elles sont introduites, les nouvelles technologies doivent être accompagnées de consultations appropriées de la communauté, de la mise à disposition d'informations, d'un programme de formation et d'autres formes de soutien utiles. La capacité des services de vulgarisation au sein des départements gouvernementaux locaux, des ONG et autres au moment de faciliter tous ces processus sera évaluée et, au besoin, renforcée. 3. Amélioration du choix:
parmi les exemples d'interventions qui offrent aux producteurs
un plus grand choix figurent les contributions en argent ou le crédit
à la place des intrants productifs, ou pour les compléter,
et les foires de semences, qui donnent aux agriculteurs l'occasion de
sélectionner les graines de leur choix. La production ne doit pas
avoir de conséquences négatives sur le plan nutritionnel,
comme lors du remplacement de cultures vivrières par des cultures
de rapport. La fourniture de fourrage pour les animaux durant une sécheresse
peut apporter un avantage nutritionnel humain plus direct aux pastoralistes
que la prestation d'une assistance alimentaire. 4. Opportunité et acceptabilité
: parmi les exemples d'intrants productifs on peut citer les semences,
les outils, les engrais, le bétail, l'équipement de pêche,
le matériel de chasse, les services de prêts et de crédits,
les informations sur le marché, les services de transport, etc.
La fourniture d'intrants agricoles et la prestation de services vétérinaires
doivent être organisées de manière à ce qu'elles
coïncident avec les saisons appropriées de l'agriculture et
de l'élevage; par exemple, la fourniture de semences et d'outils
doit précéder la saison des plantations. Le déstockage
d'urgence du bétail pendant une sécheresse doit avoir lieu
avant que ce dernier ne subisse une mortalité excessive, tandis
que la reconstitution du cheptel doit commencer une fois que le rétablissement
est bien assuré, par exemple après les pluies suivantes.
5. Semences: il faut donner
la priorité aux graines locales, afin que les agriculteurs puissent
employer leurs propres critères pour en établir la qualité.
Les variétés locales doivent être approuvées
par les agriculteurs et les membres du personnel agricole local. Les semences
doivent être adaptées aux conditions locales et résistantes
aux maladies. Les semences provenant d'endroits autres que la région
doivent être munies des certificats adéquats et il faut vérifier
qu'elles sont appropriées pour les conditions locales. Les semences
hybrides peuvent convenir lorsque les agriculteurs les connaissent bien
et ont une expérience de leur culture. On ne peut déterminer
cet aspect qu'en consultant la communauté. Lorsque des graines
sont fournies gratuitement, les agriculteurs préféreront
peut-être des semences hybrides aux variétés locales
parce qu'elles sont, autrement, coûteuses. Il faut également
observer les politiques générales gouvernementales concernant
les semences hybrides avant de les distribuer. Il ne faut pas distribuer
des semences transgéniques sauf si elles ont été
approuvées par les autorités nationales ou autres entités
dirigeantes. 6. Impact sur les moyens de subsistance
ruraux: la production primaire de nourriture peut ne pas être
viable s'il y a un manque de ressources naturelles vitales. Promouvoir
une production qui exige un accès accru ou modifié à
des ressources naturelles disponibles au niveau local peut intensifier
les tensions au sein de la population locale, en plus de restreindre encore
davantage l'accès à l'eau et à d'autres biens essentiels.
Il faut se montrer prudent lorsque l'on fournit des ressources financières,
sous la forme de subventions ou de prêts, car elles peuvent également
accroître le risque d'insécurité locale (Cf. norme
3 relative à la sécurité alimentaire, note d'orientation
5). De plus, la fourniture gratuite d'intrants peut perturber les mécanismes
traditionnels de soutien et de redistribution sociaux. 7. Achat d'intrants au niveau local
: il faut tenter de se procurer les intrants et les services destinés
à la production alimentaire, comme les services vétérinaires,
les semences, etc. au travers des systèmes d'approvisionnement
existants au sein des pays. Cependant, avant d'entreprendre des achats
locaux, il faut déterminer si ces derniers risquent de fausser
le marché, par exemple en faisant augmenter le prix de produits
peu abondants. 8. Suivi de l'usage: on
peut estimer les indicateurs du processus et du rendement de la production,
du traitement et de la distribution de nourriture, par exemple surface
plantée, quantité de semences plantées par hectare,
production, nombre de progénitures dans les troupeaux, etc. Il
est important de déterminer la manière dont les producteurs
utilisent les intrants du projet, en vérifiant par exemple que
les semences sont effectivement plantées, et que les outils, les
engrais, les filets et le matériel de pêche sont utilisés
comme prévu. La qualité des intrants doit être examinée
sur le plan de leur acceptabilité et des préférences
des producteurs. Il est important pour l'évaluation de prendre
en considération l'incidence du projet sur la nourriture disponible
au sein des ménages, par exemple réserves alimentaires des
ménages, quantité et qualité de la nourriture consommée,
ou quantité de nourriture vendue ou donnée. Lorsque le projet
vise à accroître la production d'un type spécifique
d'aliment, comme les produits d'origine animale ou à base de poisson,
ou encore les légumineuses riches en protéines, l'utilisation
de ces produits par les ménages devra faire l'objet d'une enquête.
Les résultats des analyses de ce type pourront être validés
par recoupement avec les études nutritionnelles (pourvu que les
facteurs déterminants de l'état nutritionnel relatifs à
la santé et aux soins soient également pris en compte). 9. Effets imprévus ou négatifs des intrants: par exemple, effet des changements des caractéristiques de la main-d'uvre durant les saisons agricoles ultérieures, effet des interventions sur les stratégies d'adaptation alternatives et existantes (par ex. détournement de la main-d'uvre), les caractéristiques du travail des femmes et leurs effets sur les soins dispensés aux enfants, l'assiduité scolaire et l'effet sur l'éducation, les risques pris afin d'accéder aux terres et aux autres ressources essentielles.
Indicateurs clés
(à lire conjointement avec les notes d'orientation)
Notes d'orientation 1. Opportunité des initiatives:
les ressources humaines locales seront utilisées au mieux dans
le cadre de la conception du projet et de l'identification d'activités
appropriées. Dans la mesure du possible, les activités de
type "vivres en échange de travail" (food-for-work -
FFW) et "argent en échange de travail" (cash-for-work
- CFW) seront sélectionnées par les groupes participants
eux-mêmes et planifiées avec eux. Lorsqu'il y a un grand
nombre de personnes déplacées (réfugiés ou
personnes déplacées à l'intérieur de leur
propre pays - PDIP), les possibilités de travail ne se matérialiseront
pas aux dépens de la population locale d'accueil. Dans certaines
situations, il faudra proposer des possibilités d'emploi aux deux
groupes. Il est important de comprendre la gestion et l'utilisation de
l'argent au sein des ménages au moment de décider si les
services de microfinancement pourraient soutenir la sécurité
alimentaire et, dans l'affirmative, sous quelle forme (Cf. également
norme 2 relative à la sécurité alimentaire). 2. Type de rémunération: la rémunération peut se faire en argent liquide ou en nourriture, ou une combinaison des deux, et doit permettre aux ménages en proie à l'insécurité alimentaire de pourvoir à leurs besoins. Plutôt qu'un paiement, la rémunération pourra souvent prendre la forme d'un moyen d'encouragement fourni pour aider les personnes à entreprendre des tâches dont elles peuvent directement profiter. On préférera FFW à CFW lorsque les marchés sont faibles ou non réglementés, ou bien lorsqu'il y a peu de nourriture disponible. FFW sera aussi éventuellement approprié dans les situations où les femmes sont plus susceptibles de contrôler l'utilisation de la nourriture que celle de l'argent. CFW est préférable lorsque le commerce et les marchés peuvent assurer la disponibilité locale de nourriture, et lorsqu'il y a des systèmes sûrs pour la distribution de l'argent. Les besoins des personnes concernant les achats, et l'impact des dons d'argent ou de nourriture sur les autres besoins fondamentaux (scolarité, accès aux services médicaux, obligations sociales) devront être pris en considération. Le type et le niveau de la rémunération sera décidé au cas par cas, en tenant compte de ce qui précède et de la disponibilité de ressources monétaires et alimentaires. 3. Paiements: les niveaux
de rémunération devront prendre en compte les besoins des
ménages souffrant d'insécurité alimentaire, ainsi
que les tarifs locaux de paiement de la main-d'uvre. Il n'y a pas
de lignes directrices universellement acceptées pour l'établissement
des niveaux de rémunération, mais lorsque cette dernière
se fait en nature et est fournie comme un transfert de revenus, il faut
tenir compte de la valeur de la revente de la nourriture sur les marchés
locaux. Le gain net en revenus découlant de la participation des
individus aux activités du programme devra être plus élevé
que s'ils avaient consacré leur temps à d'autres activités.
Ceci s'applique aux activités de type FFW, CFW, ainsi qu'au crédit,
aux aides à la création d'entreprise, etc. Les occasions
de gain de revenus devront améliorer la gamme de sources de revenus,
et non remplacer les sources existantes. La rémunération
ne devrait pas avoir un impact négatif sur les marchés du
travail locaux, par exemple en causant une inflation du niveau des salaires,
en détournant la main-d'uvre d'autres activités ou
en minant des services publics essentiels. 4. Risques dans l'environnement
de travail: il faut éviter un environnement de travail à
haut risque en introduisant des procédures pratiques visant à
réduire au minimum les dangers ou à traiter les blessures,
par exemple briefings, trousses de premiers secours, vêtements de
protection au besoin. On tiendra aussi compte du risque de contact avec
le virus VIH, et on prendra des mesures pour réduire ce risque
au minimum. 5. Risque d'insécurité et de détournement: la distribution d'argent liquide, par exemple dans le cadre de la distribution de prêts ou du paiement en échange de travail effectué, introduit des préoccupations relatives à la sécurité, aussi bien pour le personnel du programme que pour les récipiendaires. Il faut peser les risques d'insécurité pour les deux groupes et examiner une variété d'options. Pour faciliter l'accès et dans l'intérêt de la sécurité des récipiendaires, le point de distribution sera aussi proche que possible de leur habitation, c'est-à-dire décentralisé, bien que ceci puisse compromettre la sécurité du personnel du programme. Si l'on soupçonne un niveau élevé de corruption ou de détournement de fonds, des activités de type FFW pourront s'avérer préférables à celles de type CFW. 6. Responsabilités relatives aux soins et moyens de subsistance: la participation à des activités rémunératrices ne doit pas nuire aux soins dus aux enfants ou autres, car le risque de malnutrition peut s'en trouver accru. Les programmes devront peut-être envisager d'employer des prestataires de soins ou de fournir des installations et services de soins (Cf. norme 2 relative au soutien nutritionnel général). Les interventions ne doivent pas affecter négativement l'accès à d'autres débouchés, dans le domaine de l'emploi ou de l'éducation, par exemple, ni détourner certaines ressources familiales d'activités productives d'ores et déjà en place. 7. Utilisation de la rémunération: une rémunération juste fait que les revenus générés constituent un pourcentage significatif des ressources nécessaires à la sécurité alimentaire. La gestion par le ménage des apports d'argent ou de nourriture (y compris la distribution au sein même du ménage et les utilisations finales) doit être comprise, car la manière dont l'argent est donné peut soit désamorcer soit exacerber les tensions existantes, et de ce fait affecter la sécurité alimentaire et la nutrition des membres du ménage. Les interventions qui génèrent des revenus et des emplois ont souvent des objectifs multiples liés à la sécurité alimentaire; il en est de même pour les ressources au niveau communautaire qui affectent la sécurité alimentaire. Par exemple, la réparation des routes peut améliorer l'accès aux marchés et l'accès aux soins de santé, tandis que la réparation ou la construction de systèmes de collecte de l'eau et d'irrigation peuvent améliorer la productivité.
Indicateurs clés
(à lire conjointement avec les notes d'orientation)
Notes d'orientation 1. Analyse des marchés: les types de marché - local, régional, national - et la manière dont ils sont liés feront l'objet d'une étude. Il faudra réfléchir à l'accès aux marchés actifs pour tous les groupes affectés, y compris les groupes vulnérables. Les interventions qui apportent une rémunération sous forme de nourriture, ou qui fournissent des intrants, comme des semences, des outils agricoles, des matériaux de construction d'abris, etc. devront être précédées d'une analyse des marchés par rapport au produit fourni. L'achat au niveau local de tout excédent apportera un soutien aux producteurs locaux. Les importations sont susceptibles de faire baisser les prix locaux. Lorsque les intrants comme les semences ne sont pas disponibles sur le marché libre, alors qu'ils sont encore accessibles aux agriculteurs au travers de leurs propres réseaux et systèmes d'approvisionnement en graines, il faudra réfléchir à l'effet des intrants externes sur ces systèmes. 2. Plaidoyer: les marchés
fonctionnent dans le cadre des économies nationale et mondiale,
qui influent sur les conditions des marchés locaux. Par exemple,
les politiques générales gouvernementales, y compris les
politiques relatives à la détermination des prix et aux
échanges commerciaux, influencent l'accès et la disponibilité.
Bien que les actions à ce niveau dépassent la portée
des interventions en situation de catastrophe, il est nécessaire
d'effectuer une analyse de ces facteurs, car il peut y avoir des possibilités
pour une approche conjointe entre plusieurs organisations, ou pour des
travaux de plaidoyer auprès des gouvernements et autres organismes
afin d'améliorer la situation. 3. Offre et demande sur les marchés:
l'accès économique aux marchés est influencé
par le pouvoir d'achat, ainsi que les prix et la disponibilité
des produits. Quant à savoir si ces derniers sont vendus à
des prix abordables ou non, cela dépend des termes de l'échange
entre les besoins fondamentaux (dont la nourriture, les intrants agricoles
essentiels comme les semences et les outils, les soins médicaux,
etc.) et les sources de revenus (cultures de rapport, bétail, salaires,
etc.). L'érosion des biens a lieu lorsqu'une détérioration
des termes de l'échange force les personnes à vendre des
biens (souvent à des prix bas) afin d'acheter des articles de base
(à des prix gonflés). L'accès aux marchés
peut aussi être influencé par l'environnement politique et
les conditions de sécurité, ainsi que par des aspects culturels
ou religieux; par exemple, l'accès peut être limité
pour certains groupes minoritaires. 4. Impact des interventions:
l'achat au niveau local d'aliments, de semences ou d'autres produits de
base peut provoquer une inflation locale, aux dépens des consommateurs
mais dans l'intérêt des producteurs locaux. Inversement,
l'aide alimentaire importée peut faire baisser les prix et agir
comme un moyen de dissuasion pour la production locale d'aliments, faisant
augmenter le nombre de personnes confrontées à l'insécurité
alimentaire. Les personnes responsables des achats doivent suivre et prendre
en compte ces effets. La distribution d'aliments affecte également
le pouvoir d'achat des bénéficiaires, car c'est une forme
de transfert de revenus. Certains produits sont plus faciles à
vendre à bon prix que d'autres, par exemple l'huile par rapport
aux aliments composés. Le "pouvoir d'achat" associé
à un aliment ou à un panier alimentaire donné déterminera
en partie s'il est consommé ou vendu par le ménage bénéficiaire.
Il est important de comprendre les ventes et les achats des ménages
pour déterminer l'impact général des programmes de
distribution de nourriture (Cf. également norme 3 relative à
la gestion de l'aide alimentaire). 5. Politiques générales transparentes relatives au march: les producteurs et les consommateurs locaux doivent être conscients des mécanismes de contrôle des prix et des autres politiques qui influencent l'offre et la demande. Il peut s'agir des politiques de l'État en matière d'établissement des prix et de taxation, des politiques qui influencent la circulation des produits de base à travers les frontières régionales, ou des programmes locaux visant à faciliter les échanges commerciaux avec les zones voisines (bien que, dans de nombreuses situations de conflit, il soit possible qu'aucune politique claire sur ces questions n'ait été définie). 6. Articles alimentaires essentiels:
la sélection d'articles alimentaires pour assurer le suivi des
marchés dépend des habitudes alimentaires locales et doit
donc être déterminée au niveau local. Il faudra appliquer
les principes de la planification de rations adéquates sur le plan
nutritionnel au moment de décider des articles alimentaires qui
sont essentiels dans un contexte particulier (Cf. norme 1 relative au
soutien nutritionnel général, et norme 1 relative à
la planification de l'aide alimentaire). 7. Fluctuations saisonnières des prix: si elles sont anormalement extrêmes, elles peuvent affecter négativement les producteurs agricoles pauvres, qui doivent vendre leurs produits lorsque les prix sont à leur niveau le plus faible (c'est-à-dire après la récolte). Inversement, les consommateurs qui n'ont guère de revenus disponibles ne peuvent pas se permettre d'investir dans des réserves d'aliments, mais dépendent plutôt de petits achats fréquents. Ils sont donc forcés d'acheter même lorsque les prix sont élevés (par exemple pendant une sécheresse). Parmi les exemples d'interventions qui peuvent réduire ces effets au minimum figurent l'amélioration des systèmes de transport, la diversification de la production alimentaire ou les transferts d'argent ou de nourriture pendant les périodes critiques.
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