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TABLE DES MATIÈRES DU MANUEL:
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Chapitre 4: Normes minimales dans les secteurs
des abris, Table des matières Comment utiliser ce chapitre Annexe 2 : Références
Ce chapitre se compose de deux sections : 1) Abris et établissements humains, et 2) Articles non alimentaires : vêtements, literie et articles ménagers. Chacune des sections propose des normes générales à utiliser dans plusieurs scénarios d'intervention possibles, comme le retour à des habitations endommagées et leur réparation, l'hébergement chez des familles d'accueil, les abris collectifs dans des bâtiments et structures existants, et les camps planifiés ou spontanés temporaires. Les deux sections englobent les éléments suivants :
Une liste de contrôle pour l'évaluation initiale des besoins est proposée en annexe 1. On trouvera une liste de références, indiquant d'autres sources d'information qui offrent une sélection de conseils sur la marche à suivre, en annexe 2.
Liens avec les instruments juridiques internationaux Les normes minimales dans les secteurs des abris, des établissements humains et des articles non alimentaires constituent une expression pratique des principes et des droits formulés dans la Charte humanitaire. Celle-ci traite des exigences les plus fondamentales afin de préserver la vie et la dignité des personnes affectées par des calamités ou des conflits, exigences stipulées dans l'ensemble des textes juridiques internationaux relatifs aux droits de l'homme, aux interventions humanitaires et aux réfugiés. Dans les interventions humanitaires, les abris et les établissements humains sont des termes familiers qui s'inscrivent dans le domaine du droit au logement, lequel est sauvegardé dans les textes juridiques relatifs aux droits de l'homme. Chacun a droit à un logement adéquat. Ce droit est reconnu dans les instruments juridiques internationaux et englobe le droit de vivre en sécurité, dans la paix et la dignité, avec un bail assuré. Parmi les aspects clés du droit au logement figurent la disponibilité de services, d'installations, de matériaux et d'infrastructures, le caractère financièrement abordable, l'habitabilité, l'accessibilité, l'emplacement et l'opportunité culturelle. Le droit au logement s'étend également aux biens et services, comme l'accès durable aux ressources naturelles et communes, à l'eau potable salubre, à l'énergie pour faire cuire les aliments, pour le chauffage et pour l'éclairage, à des installations sanitaires et destinées à la lessive et la toilette personnelle, à des moyens d'entreposer la nourriture, à l'enlèvement des ordures, au drainage du site et aux services de secours d'urgence. Les personnes doivent jouir d'un espace adéquat et être protégées du froid, de l'humidité, de la chaleur, de la pluie, du vent et d'autres menaces pour la santé, des dangers structurels et des vecteurs de maladies. Le choix approprié de l'emplacement des établissements et des habitations doit favoriser l'accès aux services de santé, aux écoles, aux garderies pour les enfants et aux autres services sociaux, ainsi qu'à des possibilités de trouver un moyen de subsistance. La manière dont les habitations sont bâties, les matériaux de construction utilisés et les politiques générales les soutenant doivent permettre, ce de façon appropriée, l'expression de l'identité culturelle et la diversité des logements. Le droit au logement est inextricablement lié à d'autres droits de l'homme, dont celui de la protection contre l'expulsion forcée, le harcèlement et autres menaces pour la sécurité et le bien-être physiques, le droit de chacun à être protégé de déplacements arbitraires de son habitation ou lieu de résidence habituel, et l'interdiction d'attaques armées commises au hasard contre des objets civils. Les normes minimales figurant dans ce chapitre ne sont pas une expression
complète du droit au logement. Cependant, les normes de Sphère
reflètent les éléments essentiels du droit au logement
et contribuent à la réalisation progressive de ce droit
au niveau mondial.
L'importance des abris, des établissements et des articles non alimentaires dans les situations de catastrophe L'abri constitue un facteur déterminant crucial pour la survie durant les étapes initiales d'une catastrophe. Au-delà de la survie, un abri est nécessaire pour assurer la sécurité et la sûreté personnelle, la protection contre les rigueurs du climat et une résistance accrue aux problèmes de santé et aux maladies. Il est aussi important pour la dignité humaine et pour soutenir le plus possible la vie familiale et communautaire dans des circonstances difficiles. Les interventions dans le domaine des abris et celles, associées, dans les domaines des établissements humains et des articles non alimentaires, doivent soutenir les stratégies d'adaptation communes, en incorporant autant d'autosuffisance et d'autogestion que possible dans le processus. Toutes les interventions de ce type doivent également réduire au minimum l'impact néfaste à long terme sur l'environnement, tout en portant au maximum les occasions pour les communautés affectées de maintenir ou de mettre sur pied des activités de soutien de leurs moyens de subsistance. L'intervention la plus individuelle pour répondre au besoin d'un abri et du maintien de la santé, de l'intimité et de la dignité est la fourniture de vêtements, de couvertures et de literie. Les personnes requièrent également des produits et des fournitures de base pour satisfaire leurs besoins d'hygiène personnelle, pour préparer et consommer leur nourriture, et pour assurer les niveaux nécessaires de confort thermique. Les ménages affectés par la catastrophe et ceux qui ont été déplacés de chez eux ne possèdent souvent que ce qu'ils ont réussi à récupérer ou à transporter, et il sera parfois nécessaire de fournir des articles non alimentaires appropriés pour satisfaire leurs besoins essentiels. Le type d'intervention requise pour satisfaire les besoins des personnes et des ménages affectés par la catastrophe est déterminé par des facteurs clés, dont la nature et l'échelle de la catastrophe, la perte de l'abri en ayant résulté, les conditions climatiques et l'environnement local, la situation politique et en matière de sécurité, le contexte (rural ou urbain) et l'aptitude de la communauté à faire face à la situation. Il faut également accorder une attention particulière aux droits et aux besoins de ceux qui sont affectés de façon secondaire par la catastrophe, comme la communauté d'accueil, s'il y en a une. Toute intervention sera influencée par les mesures prises par les ménages affectés juste après la catastrophe, en se servant de leurs propres compétences et ressources matérielles pour fournir des abris temporaires ou pour commencer la construction de nouvelles habitations destinées à durer plus longtemps. Les interventions dans le domaine des abris doivent permettre aux ménages affectés de passer progressivement de solutions d'abri d'urgence à des solutions plus durables dans un délai raisonnablement court, en fonction des entraves à l'acquisition des ressources supplémentaires requises. En faisant participer les femmes aux programmes d'abris et d'établissements
humains, on peut contribuer à veiller à ce qu'elles et tous
les membres de la population affectée par la catastrophe jouissent
d'un accès équitable et sûr à des abris, à
des vêtements, à des matériaux de construction, à
un équipement de production alimentaire et à d'autres fournitures
essentielles. Les femmes seront consultées sur une variété
de questions, comme la sécurité et l'intimité, les
sources de combustible pour la cuisine et le chauffage et les moyens de
le collecter, et la manière de garantir un accès équitable
au logement et aux fournitures. Il faudra faire tout particulièrement
attention à empêcher et à réagir aux violences
contre l'un ou l'autre sexe (ou violence sexiste) et à l'exploitation
sexuelle. Il est par conséquent important d'encourager la participation
des femmes à la conception et à la mise en uvre des
programmes d'abris et d'établissements chaque fois que c'est possible.
Liens avec les autres chapitres Nombre des normes figurant dans les chapitres consacrés aux autres secteurs sont utiles pour le présent chapitre. Les progrès effectués dans la réalisation des normes dans un domaine particulier influencent souvent, voire déterminent, les progrès effectués dans d'autres domaines. Pour qu'une intervention soit efficace, il faut qu'il y ait une coordination et une collaboration étroites avec d'autres secteurs. La coordination avec les autorités locales et les autres organisations participant à l'intervention est également nécessaire pour veiller à ce que les besoins soient satisfaits, à ce que les efforts ne soient pas répétés, et à ce que la qualité des interventions en matière d'abris, d'établissements humains et d'articles non alimentaires soit optimisée. Par exemple, la prestation complémentaire de services adéquats
d'approvisionnement en eau et d'assainissement dans les zones dans lesquelles
on apporte une assistance en matière d'abris est essentielle pour
assurer la santé et la dignité des ménages affectés.
De même, la fourniture d'abris adéquats contribue à
la santé et au bien-être des ménages déplacés,
tandis que des ustensiles essentiels de cuisine et de consommation des
aliments sont requis pour que l'assistance alimentaire soit utilisée
au mieux et que les besoins nutritionnels soient satisfaits. On fait référence
à des normes ou notes d'orientation spécifiques figurant
dans d'autres chapitres techniques lorsqu'il y a lieu de le faire.
Liens avec les normes communes à tous
les secteurs Le processus selon lequel une intervention est développée
et mise en uvre est crucial pour son efficacité. Ce chapitre
devra être utilisé conjointement avec celui des normes communes
à tous les secteurs, lesquelles englobent la participation, l'évaluation
initiale, l'intervention, le ciblage, le suivi, l'évaluation, les
compétences et responsabilités des travailleurs humanitaires,
et la supervision, la gestion et le soutien du personnel (Cf. chapitre
1, page 21). En particulier, la participation des personnes affectées
par la catastrophe - y compris les groupes vulnérables décrits
ci-dessous - devra être portée au maximum dans toute intervention
afin de veiller à ce que cette dernière soit appropriée
et de bonne qualité.
Vulnérabilités et capacités
des populations affectées par la catastrophe Les groupes qui courent le plus fréquemment des risques lors de catastrophes sont les femmes, les enfants, les personnes âgées, les personnes handicapées et les personnes vivant avec le VIH/sida (PVVS). Dans certains contextes, les personnes peuvent aussi se retrouver en position de vulnérabilité en raison de leur origine ethnique, de leur affiliation religieuse ou politique, ou du fait qu'elles ont été déplacées. Il ne s'agit pas là d'une liste exhaustive, mais elle englobe les raisons les plus fréquemment identifiées. Les vulnérabilités spécifiques influent sur l'aptitude des personnes à s'adapter et à survivre dans le cadre d'une catastrophe, et celles qui courent le plus de risques devront être identifiées dans chaque contexte. Tout au long du manuel, l'expression "groupes vulnérables"
se réfère à tous ces groupes. Lorsque l'un d'eux
court des risques, il est probable que les autres seront également
menacés. Par conséquent, chaque fois que les groupes vulnérables
sont mentionnés, on demande instamment aux utilisateurs de prendre
en considération tous ceux énumérés ici. Il
faut veiller tout particulièrement à protéger et
à assister tous les groupes affectés de façon non
discriminatoire et en fonction de leurs besoins spécifiques. Cependant,
il faut également garder à l'esprit que les populations
affectées par une catastrophe possèdent, et acquièrent,
des compétences et des capacités propres pour faire face
à la situation, lesquelles doivent être reconnues et soutenues.
Les normes minimales 1 Abris et établissements humains On apporte une assistance individuelle en matière d'abris à tous les ménages pour favoriser la réparation ou la construction d'habitations ou pour permettre l'établissement de ménages déplacés dans des habitations ou des communautés existantes. Lorsque ce type d'établissement dispersé n'est pas possible, on fournit des abris collectifs dans des bâtiments ou structures publics de grande taille et adaptés, comme des entrepôts, des grandes salles, des casernes, etc. ou bien dans des camps planifiés ou spontanés (mis en place par les populations elles-mêmes) temporaires. Les solutions d'abris individuels peuvent être de courte ou longue durée, selon le niveau d'assistance fourni, les droits d'utilisation ou de propriété des terres, la disponibilité de services essentiels et d'infrastructures sociales, et les possibilités d'amélioration ou d'agrandissement des bâtiments.
Indicateurs clés (à lire
conjointement avec les notes d'orientation)
Notes d'orientation 1. Retour: la possibilité de retourner à leur propre terre et à leur habitation est un but primordial pour la majorité des personnes affectées par une catastrophe. L'habitation endommagée et les terres qui l'entourent, s'il y en a, constituent des biens importants pour de nombreux ménages affectés par une catastrophe. Cependant, le retour ne sera pas toujours possible, à cause de préoccupations relatives à la sécurité, comme l'occupation de propriétés ou de terres, un conflit violent qui se poursuit, des tensions ethniques ou religieuses, la peur de la persécution, ou des mines terrestres et des pièces d'artillerie non explosées. La fourniture d'abris au travers de la réparation des habitations endommagées épaule les stratégies d'adaptation communes, conserve les modes habituels d'établissement et permet l'utilisation des infrastructures existantes. 2. Accueil au sein de familles et de communautés: les personnes affectées par une catastrophe préfèrent souvent s'installer au sein d'une communauté d'accueil, avec d'autres membres de leur famille ou des personnes qui partagent leurs liens historiques, religieux ou autres. Dans les cas où cette préférence ne peut pas être satisfaite, l'accueil au sein d'autres groupes de la communauté est également possible, après avoir bien réfléchi aux risques de sécurité ou aux conflits sociaux potentiels. L'assistance dans le domaine des abris englobera éventuellement un soutien pour développer ou améliorer l'abri et les installations existants de la famille d'accueil afin de mieux loger le ménage déplacé, ou bien la fourniture d'un abri supplémentaire adjacent à celui de la famille d'accueil. Il faudra évaluer et aborder l'augmentation de la densité démographique et de la demande relative aux services sociaux et à la fourniture d'infrastructures résultant de tels déplacements de population. La fourniture d'un abri au travers de la construction d'habitations supplémentaires ou agrandies au sein de communautés d'accueil appuie également les stratégies communes d'adaptation. 3. Établissement collectif: les camps temporaires planifiés ne doivent pas se transformer en intervention par défaut. Ce type de solution au problème des abris pourra s'avérer nécessaire dans les zones où les menaces pesant sur la sécurité augmentent les risques pour les ménages isolés, ou encore où les services essentiels comme l'eau ou la nourriture sont limités. La fourniture d'abris collectifs dans de grands bâtiments ou structures peut conférer une protection temporaire rapide contre les rigueurs du climat et peut être préférable dans les climats froids, lorsqu'il n'y a pas de ressources matérielles suffisantes pour fournir le niveau requis de confort thermique à l'intérieur des habitations individuelles. Bien que les bâtiments scolaires soient souvent utilisés pour loger les familles affectés, il faudra tenter de trouver d'autres structures adaptées afin de permettre aux enfants de la communauté d'accueil, et peut-être aussi à ceux de la communauté déplacée, de poursuivre leur scolarité. Il faut également veiller à ce que les établissements collectifs ne deviennent pas eux-mêmes la cible d'attaques ou ne posent un risque pour la sécurité de la population environnante. 4. Évaluation des risques et des vulnérabilités: il est crucial d'entreprendre une évaluation complète des risques et des vulnérabilités, y compris des menaces réelles ou potentielles pesant sur la sécurité, et des vulnérabilités sociales ou économiques particulières de différents groupements sociaux, au sein de la communauté affectée et de celle d'accueil, s'il y a lieu (Cf. norme relative à l'évaluation initiale). 5. Dangers naturels: il faudra également évaluer les risques représentés par l'impact localisé de dangers naturels comme les tremblements de terre, l'activité volcanique, les glissements de terrain ou les vents violents dans tout site donné. Les sites proches de bâtiments ou de structures vulnérables aux répliques de tremblements de terre, de formes de terrain sujettes aux glissements, de sites de basse altitude sujets à des coulées de lave supplémentaires et à l'accumulation des gaz d'échappement, de berges et de dépressions risquant des inondations supplémentaires, et les sites exposés à des vents violents seront évités, jusqu'à ce que les risques évalués d'un retour éventuel à ces sites aient été réduits de façon satisfaisante. 6. Matériels et marchandises dangereux: les matériels et les marchandises potentiellement dangereux peuvent être déposés ou exposés suite à des catastrophes naturelles comme un tremblement de terre, une inondation ou un typhon ; des mines ou pièces d'artillerie non explosées peuvent être présentes suite à un conflit antérieur ou en cours. La présence de ce type d'objet et les risques potentiels que comporte leur enlèvement seront identifiés par un personnel doté de l'expérience appropriée. Le temps et les connaissances techniques spécialisées requis pour leur enlèvement sans risque peuvent exclure l'utilisation d'une partie ou de la totalité des emplacements affectés. 7. Évaluations structurelles: la stabilité structurelle des bâtiments dans les zones habitées sera évaluée par un personnel doté des qualifications appropriées. Les évaluations engloberont les effets d'un affaiblissement structurel supplémentaire dû aux répliques des tremblements de terre, d'autres inondations et de vents violents, etc. Pour les abris collectifs, on évaluera l'aptitude de la structure des bâtiments existants à accommoder toute charge supplémentaire et le risque accru d'effondrement de certains éléments du bâtiment comme les sols, les cloisons intérieures, les toitures, etc. 8. Propriété et utilisation des terres et des bâtiments: ces questions sont souvent controversées, en particulier dans les situations où l'on n'a pas conservé de documents ou bien lorsqu'un conflit a affecté les droits de propriété. L'identité du ou des propriétaire(s) du site ou du (ou des) bâtiment(s) sera établie et les titulaires de droits d'utilisation, formels ou coutumiers, seront identifiés dans la mesure du possible. Les droits des groupes vulnérables relatifs aux terres ou aux bâtiments seront identifiés et soutenus. Il s'agit entre autres des droits formels ou sous-entendus d'héritage, en particulier suite à une catastrophe dans laquelle le titulaire du droit ou du titre est décédé ou a été déplacé. 9. Disponibilité de services et d'installations: les installations ou services existants ou réparés seront identifiés et utilisés, lorsque leur capacité est suffisante, avant d'envisager la construction de nouvelles installations (Cf. chapitre relatif à l'approvisionnement en eau, à l'assainissement et à la promotion de l'hygiène). 10. Accès aux sites des établissements: il faudra évaluer l'accès à l'établissement, l'état des infrastructures routières locales et la proximité de pistes d'atterrissage, de têtes de ligne ou de ports pour l'approvisionnement en secours humanitaires, en tenant compte des contraintes, des dangers et des risques pour la sécurité selon la saison. Pour les abris collectifs et les camps temporaires planifiés ou spontanés, le site lui-même et tout point principal d'entreposage et de distribution des aliments devront être accessibles à des camions lourds en provenance d'une route praticable par tous les temps. Les autres installations devront être accessibles aux véhicules légers. 11. Soutien aux moyens de subsistance: une compréhension
des activités économiques pré catastrophe de la population
affectée, et des possibilités dans le contexte post-catastrophe,
devra orienter l'établissement des populations affectées.
Il faudra tenir compte, entre autres, des questions de disponibilité
et d'accès aux terres pour la culture et la pâture, de l'emplacement
et de l'accès aux zones de marchés, et de la disponibilité
et de l'accès aux services locaux essentiels pour certaines activités
économiques. Les besoins et contraintes sociaux et économiques
de certains groupes vulnérables au sein de la communauté
déplacée, ou des communautés d'accueil éventuelles,
seront également évalués et accommodés en
conséquence (Cf. normes relatives à la sécurité
alimentaire).
Notes d'orientation 1. Planification groupée: pour les établissements collectifs, l'assignation d'espace dans les abris collectifs et de parcelles au sein de camps temporaires planifiés sera orientée par les pratiques sociales existantes et la fourniture et l'entretien des ressources communes, y compris les installations d'approvisionnement en eau et d'assainissement, la cuisine, la distribution d'aliments, etc. L'agencement des parcelles dans les camps temporaires devra préserver l'intimité et la dignité des ménages : les ouvertures des portes devront être décalées et chaque abri devra déboucher sur un espace commun. Des zones sûres et intégrées d'habitation seront également fournies pour les groupes vulnérables et les communautés déplacées qui englobent un nombre significatif d'adultes ou d'enfants non accompagnés. Pour les établissements dispersés, les principes de planification groupée s'appliqueront également, par exemple le retour de groupes de ménages à une zone géographique ou l'identification de familles d'accueil proches les unes des autres. 2. Accès aux services et aux installations: l'accès aux services essentiels, y compris l'approvisionnement en eau, les toilettes, les services de santé et sociaux, sera planifié de façon à développer au maximum l'utilisation des installations existantes ou réparées tout en réduisant au minimum les effets négatifs sur toute communauté voisine ou d'accueil. Des installations ou points d'accès supplémentaires seront fournis selon ce qui sera requis afin de satisfaire les besoins d'hébergement de la population cible, et planifiés de façon à assurer l'accès sans risque de tous les habitants. La structure sociale et les rôles assignés aux femmes et aux hommes de la population affectée et les besoins des groupes vulnérables se refléteront dans la planification et la prestation des services. Des zones de jeu sûres seront mises à la disposition des enfants, et l'accès à l'école et autres services d'éducation sera assuré dans la mesure du possible (Cf. chapitre relatif à l'approvisionnement en eau, l'assainissement et la promotion de l'hygiène, et norme 5 relative aux systèmes et infrastructures de santé, note d'orientation 1). 3. Restes humains: les coutumes sociales concernant le traitement des dépouilles mortelles seront respectées. Lorsque les coutumes varient, des zones séparées seront disponibles pour que chaque groupe social puisse suivre ses propres traditions dans la dignité. Lorsque les installations existantes comme les cimetières ou les crématoriums sont inadéquates, d'autres sites ou installations seront fournis. Les cimetières se situeront à au moins 30 mètres des sources souterraines utilisées pour l'approvisionnement en eau potable, et le fond des tombes se situera à au moins 1,5 m de la nappe phréatique. L'eau de surface des cimetières ne devra pas pénétrer dans les zones habitées. La communauté affectée aura également accès aux matériaux lui permettant de satisfaire les besoins relatifs à des bûchers funéraires culturellement acceptables et à d'autres rites funéraires (Cf. également norme 5 relative aux systèmes et infrastructures de santé, note d'orientation 8). 4. Services administratifs et zones de mise en quarantaine: selon les besoins, il faudra prendre des dispositions pour les bureaux administratifs, l'entreposage et l'hébergement du personnel afin de soutenir les activités de l'intervention suite à la catastrophe, ainsi que pour des zones de mise en quarantaine (Cf. norme 4 relative à la lutte contre les maladies transmissibles). 5. Superficie: la ligne directrice de planification de 45 m2 par personne inclut les parcelles des ménages et la surface nécessaire pour les routes, les chemins, les installations scolaires, les installations sanitaires, les pare-feu, les services administratifs, les installations d'entreposage de l'eau, les zones de distribution, les marchés et les espaces d'entreposage, plus des petits potagers pour chaque ménage. La planification de la superficie devra également prendre en compte l'évolution et la croissance de la population. Si la superficie minimale ne peut pas être fournie, on s'attachera à atténuer les conséquences d'une occupation plus dense (par exemple, séparation entre les ménages pour préserver leur intimité, espace pour les installations requises, etc). 6. Topographie et conditions du sol: pour les camps temporaires planifiés, la déclivité du site ne dépassera pas 6%, sauf si des mesures importantes de contrôle du drainage et de l'érosion sont prises, et il ne sera pas inférieur à 1% pour permettre un drainage adéquat. Il faudra peut-être encore prévoir des canaux de drainage pour réduire au minimum les risques d'inondations ou de formation de flaques ou mares. Le point le plus bas du site ne se situera pas à moins de 3 mètres au dessus du niveau estimé de la nappe phréatique durant la saison des pluies. Les conditions du sol influeront également sur le choix de l'emplacement des latrines et autres installations, et donc la planification des établissements. Par exemple, les roches fissurées peuvent disperser les eaux usées sur une surface importante, les argiles fines donnent une percolation médiocre et causent rapidement le dysfonctionnement des latrines, les roches volcaniques rendent l'évacuation des latrines difficile (Cf. norme 2 relative à l'élimination des excréments, et norme 1 relative au drainage). 7. Accès aux emplacements des abris: les voies d'accès existantes ou nouvelles éviteront la proximité de dangers. Dans la mesure du possible, ces voies éviteront également de créer des zones isolées ou cachées qui pourraient supposer une menace pour la sécurité personnelle des utilisateurs. L'érosion résultant de l'utilisation régulière des voies d'accès sera, autant que possible, réduite au minimum au travers d'une planification rigoureuse. 8. Accès et sorties de secours: les abris
collectifs assureront un accès libre aux occupants tout en permettant
une surveillance adéquate par les occupants eux-mêmes pour
réduire au minimum toute menace potentielle pour la sécurité.
Il faudra éviter les marches ou les dénivellations près
des sorties des abris collectifs, et il faudra installer des balustrades
sur tous les escaliers et les rampes. Dans la mesure du possible, on assignera
aux occupants éprouvant des difficultés à marcher
ou ne pouvant pas du tout marcher des espaces au 9. Risques liés aux vecteurs: les zones
de basse altitude, les bâtiments vides et les excavations (comme
celles résultant de la construction en pisé) peuvent fournir
des terrains de reproduction aux insectes et animaux nuisibles, qui peuvent
constituer un risque pour la santé des ménages adjacents
(Cf. norme 2 relative à la lutte antivectorielle).
Indicateurs clés (à lire conjointement avec les notes d'orientation)
Notes d'orientation 1. Climat et contexte: dans les climats froids, les activités du ménage ont en général lieu à l'intérieur de la zone couverte et les personnes affectées par la catastrophe peuvent passer une quantité considérable de temps à l'intérieur pour s'assurer un confort thermique adéquat. En milieu urbain, les activités du ménage se déroulent en général à l'intérieur de la zone couverte, car il y a d'habitude moins d'espace externe adjacent pouvant être utilisé. Dans les climats chauds et humides, il est nécessaire d'avoir un espace permettant une circulation d'air plus importante afin de maintenir un environnement salubre. Une zone au sol couverte de plus de 3,5 m2 sera souvent requise pour satisfaire ces besoins. La hauteur du sol au plafond est également un aspect à prendre en compte ; une hauteur supérieure est préférable dans les climats chauds et humides pour permettre à l'air de circuler, et une hauteur inférieure est préférable dans les climats froids pour réduire au minimum le volume intérieur devant être chauffé. Dans les climats assez chauds, un espace extérieur ombragé adjacent à l'abri peut être prévu pour la préparation des aliments, leur cuisson et pour le couchage. 2. Durée: immédiatement après une catastrophe, en particulier dans des conditions climatiques extrêmes et lorsque l'on ne dispose pas de beaucoup de matériaux d'abri, une surface de moins de 3,5 m2 par personne pourra être appropriée pour sauver des vies et fournir un abri adéquat à court terme au plus grand nombre possible de personnes dans le besoin. Dans ces cas, l'intervention visant à fournir un abri devra être conçue pour atteindre les 3,5 m2 par personne dès que possible, car des délais plus longs pourront commencer à affecter la santé et le bien-être des personnes hébergées. S'il s'avère impossible d'atteindre la cible de 3,5 m2 par personne, ou bien si cette superficie dépasse l'espace habituel utilisé par la population affectée ou voisine, il faudra réfléchir à l'impact sur la dignité, la santé et l'intimité des personnes d'une surface couverte réduite. Il faudra mettre en relief toute décision de fournir moins de 3,5 m2 par personne, ainsi que les mesures prises en vue d'atténuer tout effet négatif de cette décision sur la population affectée. 3. Toitures: lorsque l'on ne peut pas fournir les matériaux nécessaires à la construction d'un abri complet, on donnera la priorité à la fourniture de matériaux de toiture et du soutien structurel requis pour installer la zone couverte minimale. L'enceinte en résultant ne fournira cependant pas forcément la protection nécessaire contre les intempéries, ni le degré de sécurité, d'intimité et de dignité requis, et il faudra prendre des mesures pour satisfaire ces besoins le plus rapidement possible. 4. Pratiques culturelles: les pratiques locales existantes en matière d'utilisation de l'espace de vie couvert, comme les dispositions pour le couchage et l'hébergement des membres de la famille étendue, influeront sur la superficie couverte requise. La consultation fera intervenir les membres des groupes vulnérables, ainsi que ceux qui s'occupent de personnes ayant du mal à se déplacer. 5. Sécurité et intimité: les femmes, les filles et les garçons sont sujets aux attaques, et il faut donc veiller à assurer leur protection contre toute atteinte à leur sécurité personnelle. Au sein des abris individuels des ménages, il faudra prendre des dispositions pour permettre une subdivision interne. Dans les abris collectifs, le regroupement de familles ayant des liens de parenté, des voies d'accès bien planifiées traversant le bâtiment ou la structure, et des matériaux permettant de séparer les espaces personnels et ceux des ménages contribueront à fournir un degré adéquat d'intimité et de sécurité. 6. Activités des ménages: il faut prévoir un espace pour le couchage, la toilette et l'habillement, pour les soins aux nourrissons, aux enfants et aux malades ou infirmes, pour l'entreposage de la nourriture, de l'eau, des biens du ménage et autres biens clés, pour cuisiner et manger à l'intérieur au besoin, et pour que les membres du ménage puissent se réunir. 7. Conception et fourniture d'espace: l'utilisation souple de l'espace couvert fourni pourrait potentiellement accommoder différentes activités à des moments différents du jour ou de la nuit. La conception de la structure, l'emplacement des ouvertures et les possibilités de subdivisions internes alternatives devraient permettre aux espaces internes et externes immédiatement adjacents d'accommoder les activités de soutien aux moyens de subsistance, au besoin. 8. Autres fonctions des abris: il faut reconnaître
que les abris, en plus d'offrir une protection contre les rigueurs du
climat, la sécurité et l'intimité pour chacun des
ménages, etc. revêtent d'autres utilités. Ils peuvent
servir à établir des revendications ou des droits territoriaux,
constituer un site où recevoir une assistance humanitaire, et où
dispenser un soutien socio-psychologique post-catastrophe au travers du
processus de reconstruction. Ils peuvent également représenter
un important bien financier pour les ménages.
Notes d'orientation 1. Conception participative: chaque ménage affecté doit participer autant que possible aux efforts en vue de déterminer la forme finale des abris et les matériaux utilisés. On donnera la priorité aux opinions des groupes ou des individus qui doivent en général passer plus de temps à l'intérieur des abris. L'orientation de l'abri individuel ou de la zone couverte, les dimensions et l'agencement de l'espace fourni, le positionnement des ouvertures des portes et des fenêtres de manière à permettre un accès adéquat, à laisser entrer la lumière et à assurer la ventilation, et toutes les subdivisions internes reflèteront les pratiques locales lorsqu'on sait qu'elles sont sûres. Ceci sera influencé par des évaluations des formes de logement typiques actuellement utilisées pour accommoder les besoins (Cf. norme relative à la participation). 2. Initiatives locales en matière d'abris et réparation des bâtiments endommagés: les populations affectées par une catastrophe improvisent souvent des solutions d'abri à l'aide des matériaux récupérés de leur logement endommagé ou obtenus par d'autres moyens au niveau local, en utilisant des techniques de construction traditionnelles ou improvisées. Elles préféreront peut-être recevoir un soutien matériel et une assistance technique pour rendre une ou deux pièces habitables au sein d'une maison endommagée ou pour améliorer des abris improvisés à des solutions d'abri inconnues ou collectives. Il faut aborder les risques liés à d'autres catastrophes naturelles éventuelles, comme des répliques de tremblement de terre ou des glissements de terrain, les menaces potentielles pour la sécurité et les questions de réconciliation pour les ménages de retour dans des zones affectées par un conflit, ainsi que les risques pour la santé et la sécurité posés par des infrastructures ou des bâtiments endommagés. 3. Matériaux et construction: lorsqu'il n'est pas facile ou conseillé de se procurer des matériaux locaux ou familiers, des conceptions et des matériaux culturellement acceptables seront identifiés au travers d'une consultation participative avec la communauté affectée. On fournit en général des bâches en plastique renforcé aux ménages durant la phase initiale d'une intervention en situation de catastrophe avec, à l'occasion, de la corde et du matériel de soutien, comme du bois, des tubes en plastique ou des sections en acier galvanisé achetés au niveau local. Ces bâches devront satisfaire les spécifications acceptées par la communauté humanitaire internationale. 4. Dans les climats assez chauds et humides: les abris devront être orientés et conçus de manière à assurer une aération maximale et à réduire au minimum l'entrée directe du soleil. Il faudra éviter de bloquer les ouvertures, par exemple par des abris voisins, afin de porter au maximum la circulation de l'air. Le toit sera suffisamment incliné pour permettre l'écoulement de l'eau de pluie et doté de surplombs importants. La construction de l'abri sera légère, puisqu'il ne nécessite pas une capacité thermique importante. On prendra en compte les pluies saisonnières et on réfléchira à un drainage adéquat des eaux de surface autour de l'abri et à des sols surélevés afin de réduire au minimum la pénétration de l'eau. La végétation existante peut accroître l'absorption de l'eau par le sol. 5. Dans les climats chauds et secs: la construction sera lourde pour assurer une capacité thermique élevée et permettre aux changements de température nocturnes et diurnes de rafraîchir ou de réchauffer l'intérieur, ou bien légère mais bien isolée. On accordera une attention adéquate à la conception structurelle des constructions lourdes dans les zones présentant des risques de séismes. Si l'on ne dispose que de bâches en plastique ou de tentes, il faudra fournir un double toit avec une ventilation entre les couches afin de réduire l'augmentation de chaleur radiante. En positionnant les ouvertures des portes et des fenêtres dans la direction contraire à celle du vent dominant, on contribuera à réduire au minimum le réchauffement causé par les vents chauds et le rayonnement du sol environnant. La construction d'abris adjacents, les formes naturelles du terrain et les arbres situés à proximité permettront d'accroître les zones ombragées et la protection contre les vents chauds. Il faudra prévoir un sol attenant aux murs extérieurs afin de réduire au minimum la pénétration du sable. 6. Dans les climats froids: des constructions lourdes dotées d'une capacité thermique élevée seront requises pour les abris occupés toute la journée. Une construction légère dotée d'une capacité thermique faible et d'une isolation importante sera plus appropriée pour les abris occupés uniquement la nuit. La circulation de l'air à l'intérieur de l'abri sera maintenue au minimum nécessaire pour assurer le confort personnel, tout en fournissant également une ventilation adéquate pour les appareils de chauffage ou les fourneaux. Les ouvertures des portes et des fenêtres seront conçues de manière à réduire au minimum les courants d'air. Des fourneaux ou autres formes d'appareils de chauffage sont essentiels et doivent être appropriés pour l'abri. La perte de chaleur corporelle par le sol sera réduite au minimum en veillant à ce que celui-ci soit isolé et en utilisant des nattes isolées, des matelas ou des lits surélevés (Cf. norme 1 relative aux articles non alimentaires, et norme 4). 7. Ventilation: une ventilation adéquate sera prévue dans la conception de l'abri pour maintenir un environnement interne salubre et pour limiter le risque de transmission de maladies comme la tuberculose, laquelle se propage par l'inhalation de microgouttelettes infectieuses. 8. Pratiques locales concernant l'acquisition d'eau, l'assainissement et la gestion des déchets: les pratiques pré-catastrophe concernant l'accès à l'eau salubre et les méthodes de défécation et de gestion des déchets seront établies, et on identifiera les possibilités et les entraves liées à ces pratiques dans la situation post-catastrophe. L'emplacement des w.c. et des installations de gestion des déchets solides ne doit pas compromettre les aspects culturels, environnementaux, sociaux ou relatifs à la sécurité de la conception ou de l'agencement des abris individuels ou de l'établissement (Cf. chapitre sur l'approvisionnement en eau, l'assainissement et la promotion de l'hygiène). 9. Identification des risques vectoriels: on
cherchera à comprendre les pratiques locales de construction, les
modes d'utilisation des abris par les personnes déplacées
et la sélection des matériaux avant de concevoir les abris
et de décider des mesures ultérieures de lutte antivectorielle.
Les risques sont en général liés aux moustiques,
aux rats et aux mouches, ainsi qu'aux animaux nuisibles comme les serpents,
les scorpions et les termites (Cf. normes 1-3 relatives à la lutte
antivectorielle).
Indicateurs clés (à lire conjointement avec les notes d'orientation)
Notes d'orientation 1. Recherche de fournisseurs de matériaux et de main-d'uvre pour construire les abris: il faut promouvoir le soutien aux moyens de subsistance au travers de l'achat au niveau local de matériaux de construction, de compétences spécialisées en matière de construction et de main-d'uvre manuelle. Si l'on pense que la collecte et la fourniture locales de matériaux sont susceptibles d'avoir un effet négatif considérable sur l'économie locale ou sur l'environnement, il faudra prévoir des sources multiples, des matériaux et des processus de production alternatifs, ou bien la fourniture de systèmes d'abri de marque déposée ou de matériaux achetés au niveau régional ou international. La réutilisation de matériaux récupérés de bâtiments endommagés sera encouragée lorsqu'elle est faisable, soit comme matériaux primaires de construction (briques ou pierres de maçonnerie, bois de charpente, tuiles, etc.), soit comme matériaux secondaires (gravats pour les fondations ou pour aplanir les routes, etc.). Il faudra identifier les propriétaires de ces matériaux et se mettre d'accord sur ce point (Cf. norme 6 relative aux abris et aux établissements humains, note d'orientation 3). 2. Participation des ménages affectés: des programmes de formation dans divers domaines de compétences et des plans d'apprentissage peuvent favoriser la participation des individus à la phase de construction, en particulier de ceux qui ne possèdent ni les compétences ni l'expérience requises dans ce domaine. Les personnes qui sont moins à même d'entreprendre des tâches exigeantes sur les plans physique ou technique peuvent apporter des contributions complémentaires, comme le suivi des chantiers et les inventaires, la prestation de services temporaires de garde d'enfants ou d'hébergement et de préparation de repas à ceux qui prennent part aux travaux de construction, ainsi qu'un soutien administratif. Il faut prendre en compte les autres obligations, sur les plans du temps et du travail, de la population affectée. L'inclusion d'initiatives de type "vivres en échange de travail" peut fournir aux ménages affectés la sécurité alimentaire nécessaire pour qu'ils puissent participer. Les femmes célibataires, les ménages ayant à leur tête une femme et les femmes handicapées risquent tout particulièrement d'être victimes d'exploitation sexuelle lorsqu'ils demandent une assistance pour la construction de leur abri. La prestation d'une assistance par des équipes volontaires de travail issues de la communauté ou par une main-d'uvre engagée par contrat pourrait venir compléter les contributions des bénéficiaires (Cf. norme relative à la participation). 3. Normes en matière de construction: il faut convenir de normes relatives aux bonnes pratiques avec les autorités compétentes pour garantir la satisfaction des exigences clés en matière de sécurité et de performances. Dans les lieux où des codes locaux ou nationaux applicables dans le domaine de la construction n'ont pas été habituellement observés ou mis en application, il faudra convenir d'une conformité progressive. 4. Prévention et atténuation des effets des catastrophes: la conception correspondra aux conditions climatiques connues, sera capable de résister à la pression possible exercée par les vents et la neige dans les climats froids. La résistance aux tremblements de terre et la capacité de charge du sol seront évaluées. Les changements recommandés ou effectués au niveau des normes de construction ou des pratiques communes de construction suite à la catastrophe seront appliqués dans le cadre d'une consultation avec les autorités locales et la population affectée par la catastrophe. 5. Amélioration et entretien: comme les interventions d'urgence dans le secteur des abris ne fournissent en général que le minimum nécessaire d'espace couvert et d'assistance matérielle, les familles affectées devront chercher d'autres moyens possibles d'accroître la mesure ou la qualité de l'espace couvert fourni. La forme de la construction et les matériaux utilisés devront permettre à chacun des ménages d'adapter progressivement ou d'améliorer l'abri, ou certains aspects de sa conception, afin de satisfaire ses besoins à plus long terme et d'entreprendre des réparations en utilisant les outils et les matériaux disponibles au niveau local. 6. Gestion des achats et de la construction:
il faudra établir une chaîne d'approvisionnement et un système
de gestion de la construction efficaces et adaptés à la
reddition de comptes pour les matériaux, la main-d'uvre et
la supervision du chantier, en prenant en compte la recherche de fournisseurs,
les achats, le transport, la manutention et l'administration, du point
d'origine au site final, selon les besoins.
Notes d'orientation 1. Durabilité et gestion des ressources environnementales: dans les environnements où les ressources naturelles sont trop limitées pour pouvoir subvenir aux besoins d'un nombre considérablement supérieur d'habitants, il faudra faire des efforts pour contenir la pression non viable sur l'environnement. Il faudra fournir des réserves externes durables de combustible et proposer des options gérées pour la pâture du bétail, la production agricole et les activités de soutien des moyens de subsistance dépendant des ressources naturelles. Dans les environnement dotés de ressources naturelles en quantité importante qui pourraient supporter une augmentation considérable du nombre d'habitants, la population affectée devra être répartie, au besoin, dans plusieurs petits établissements, car ceux-ci seront moins susceptibles de nuire à l'environnement que les établissements humains d'envergure. Les droits d'accès aux ressources naturelles existantes, comme le combustible, l'eau, le bois de construction, la pierre et le sable, etc., ainsi que l'utilisation et l'entretien normaux des terres et des zones boisées existantes seront déterminés. 2. Atténuation de l'impact environnemental à long terme: lorsque la nécessité de fournir un abri aux populations affectées entraîne un impact négatif significatif sur l'environnement, par exemple au travers de la diminution des ressources naturelles locales, il faudra fournir des efforts pour réduire au minimum les effets à long terme au travers d'une gestion environnementale et d'activités de réhabilitation complémentaires. 3. Recherche de matériaux de construction: il faudra procéder à une évaluation initiale de l'impact environnemental des pratiques pré-catastrophe relatives à la recherche de matériaux et de la pression post-catastrophe à grande échelle sur les ressources naturelles, comme l'eau, le bois de construction, le sable, la terre et les herbages, ainsi que le combustible pour la cuisson des briques et des tuiles. On déterminera les utilisateurs coutumiers, les taux d'extraction et de régénération, et la propriété ou le contrôle de ces ressources. Des sources différentes ou complémentaires d'approvisionnement pourraient soutenir l'économie locale et réduire les effets susceptibles de dégrader l'environnement local à long terme. Il faudra spécifier des sources d'approvisionnement multiples et la réutilisation de matériaux récupérés, des matériaux et processus de production alternatifs (comme l'utilisation de blocs de terre stabilisés), ainsi que l'adoption de pratiques durables comme la replantation complémentaire ou les programmes de régénération. 4. Érosion: il faudra entreprendre une évaluation de l'utilisation typique des terres, de la distribution de la végétation existante et des modes de drainage des eaux de surface afin d'évaluer l'impact d'un éventuel déblaiement de terrain. L'utilisation de terres agricoles ou de pâture devra être planifiée de manière à réduire au minimum tout impact négatif sur l'habitat naturel local. Les solutions en matière d'abri seront planifiées de façon à conserver les arbres et autre végétation utiles pour assurer la stabilisation du sol, pour créer d'importantes zones ombragées et pour fournir une protection contre les rigueurs du climat. On planifiera les routes, les chemins et les réseaux de drainage de manière à utiliser au mieux les courbes de niveau naturelles pour maintenir au minimum l'érosion et les inondations. Lorsque ceci s'avère impossible à faire, on prendra des mesures satisfaisantes afin de contenir toute érosion probable, comme des caniveaux de drainage creusés, des tuyauteries de drainage sous les chaussées, ou encore des talus de terre plantés afin de réduire au minimum le ruissellement des eaux (Cf. norme 1 relative au drainage). 5. Transfert: la régénération
naturelle de l'environnement à l'intérieur et aux alentours
des abris collectifs et des camps planifiés ou spontanés
temporaires sera étayée par des mesures appropriées
de réhabilitation environnementale pendant la durée de vie
de l'établissement temporaire. La clôture finale de ces établissements
temporaires sera gérée de manière à assurer
l'élimination satisfaisante de tous les matériaux ou déchets
ne pouvant être réutilisés ou qui pourraient nuire
à l'environnement.
2 Articles non alimentaires : Les vêtements, les couvertures et les articles de literie satisfont les besoins humains les plus personnels liés à la protection contre les rigueurs du climat et au maintien de la santé, de l'intimité et de la dignité. Des articles et des fournitures de base permettront aux familles de satisfaire leurs besoins d'hygiène personnelle, de préparer et de consommer des aliments, d'assurer leur confort thermique et de construire, entretenir ou réparer leurs abris.
Indicateurs clés (à lire conjointement avec les notes d'orientation)
Notes d'orientation 1. Vêtements de rechange: les personnes ont accès à suffisamment de vêtements de rechange pour assurer leur confort thermique, leur dignité et leur sécurité. Pour ce faire, il faudra peut-être fournir plus d'un ensemble d'articles essentiels, en particulier les sous-vêtements, pour permettre aux personnes de les laver. 2. Caractère approprié: les vêtements devront être appropriés pour les conditions climatiques et les pratiques culturelles, convenables respectivement pour les hommes, les femmes, les filles et les garçons ; ils seront en outre fournis dans des tailles adaptées à l'âge. Les articles de literie refléteront dans la mesure du possible les pratiques culturelles et seront fournis en quantité suffisante pour permettre aux membres de chaque ménage de dormir séparément selon leurs exigences. 3. Performances thermiques: il faudra tenir compte des propriétés isolantes des vêtements et des articles de literie, et de l'effet des conditions climatiques, notamment de la pluie ou de l'humidité, sur leurs performances thermiques. Il faudra fournir une combinaison appropriée de vêtements et d'articles de literie pour assurer l'obtention d'un niveau satisfaisant de confort thermique. Il sera peut-être plus efficace de fournir des nattes que des couvertures supplémentaires pour réduire au minimum la perte de chaleur par le sol. 4. Durabilité: les vêtements et les articles de literie fournis seront suffisamment durables pour résister à une usure normale et à l'utilisation prolongée probable due au manque d'articles de rechange. 5. Besoins spéciaux: dans la mesure du
possible, il faudra fournir des vêtements de rechange supplémentaires
aux personnes souffrant d'incontinence, aux personnes séropositives
ou ayant le sida et affectées par la diarrhée associée
au VIH/sida, aux femmes enceintes et qui allaitent, aux personnes âgées,
aux personnes handicapées et aux autres personnes ayant des difficultés
à se déplacer. Les nourrissons et les enfants sont plus
sujets que les adultes à la perte de chaleur du fait de leur rapport
superficie corporelle/masse, et auront peut-être besoin de couvertures
supplémentaires, etc. pour maintenir leur confort thermique. Du
fait de leur manque de mobilité, les personnes âgées
et les malades ou infirmes, y compris les personnes vivant avec le VIH/sida,
demanderont peut-être aussi une attention particulière. On
s'efforcera de leur fournir des matelas ou des lits surélevés.
Notes d'orientation 1. Caractère approprié: il faudra évaluer les pratiques culturelles existantes et les produits familiers au moment de spécifier les articles à fournir. On évitera de spécifier des produits qui ne seraient pas utilisés parce qu'ils ne sont pas familiers ou qui pourraient être utilisés incorrectement (par ex. confondus avec des denrées alimentaires). Lorsqu'elle est appropriée sur le plan culturel ou préférée, on peut spécifier de la lessive en poudre au lieu de savon de lessive, ou bien encourager l'utilisation d'autres solutions appropriées, comme de la cendre ou du sable propre. 2. Remplacement: il faudra veiller à ce que les produits de consommation soient remplacés lorsque c'est nécessaire. 3. Besoins spéciaux: il faudra fournir des quantités supplémentaires de savon pour la toilette et pour la lessive, dans la mesure du possible, aux personnes ayant des problèmes d'incontinence, à celles vivant avec le VIH/sida et souffrant de la diarrhée associée, aux personnes âgées et handicapées, et aux autres personnes ayant du mal à se déplacer. 4. Produits d'hygiène féminine: les femmes et les filles devront recevoir des articles adéquats pour la menstruation. Il est important que ces articles soient appropriés et discrets, et que les femmes prennent part à la prise de décisions concernant ce qui leur est fourni. 5. Produits supplémentaires: les pratiques
sociales et culturelles existantes peuvent exiger que la population ait
accès à des articles supplémentaires pour son hygiène
personnelle. Dans la limite des stocks disponibles, parmi ces articles,
par personne et par mois, pourraient figurer : 75 ml/100 g de dentifrice,
une brosse à dents, 250 ml de shampoing, 250 ml de lotion pour
les nourrissons et les enfants de moins de deux ans, un rasoir jetable.
Par ménage, on pourrait également fournir une brosse à
cheveux et/ou un peigne, et un coupe-ongles.
Notes d'orientation 1. Caractère approprié: les articles fournis devront être culturellement appropriés et permettre l'observation de pratiques sûres. Les femmes ou les personnes qui supervisent en général la préparation des aliments et la collecte de l'eau devront être consultées au moment de spécifier les articles à fournir. Les ustensiles pour la préparation et la consommation des aliments et les récipients pour la collecte de l'eau seront de taille appropriée pour les personnes âgées, les personnes handicapées et les enfants, selon les besoins. 2. Produits en plastique: tous les produits en plastique (seaux, bols, jerrycans, récipients d'entreposage de l'eau, etc.) seront en plastique de grade alimentaire (Cf. également norme 3 relative à l'approvisionnement en eau, note d'orientation 1). 3. Produits métalliques: tous les couverts, les bols, les assiettes et les tasses seront en acier inoxydable ou autre métal non ferreux. 4. Alimentation des nourrissons: on ne fournira
pas de biberons pour nourrir les bébés, sauf si des circonstances
exceptionnelles requièrent l'utilisation de substituts de lait
maternel (Cf. norme 2 relative au soutien nutritionnel général,
note d'orientation 1).
Notes d'orientation 1. Fourneaux: les pratiques locales existantes seront prises en compte au moment de spécifier les solutions relatives aux fourneaux et au combustible utilisés. Il faudra promouvoir les pratiques de cuisson des aliments permettant d'économiser l'énergie, y compris la préparation du bois de chauffe, la gestion du feu, la préparation des aliments, la cuisine partagée, etc. Ceci pourrait supposer des changements possibles des types d'aliment à préparer, comme les rations éventuelles fournies par les programmes d'assistance alimentaire - par exemple, les légumineuses requièrent un temps de cuisson plus long, et donc une quantité de combustible considérable. Lorsque des populations déplacées sont hébergées dans des abris collectifs, il est préférable de fournir des installations communes ou centralisées de cuisine et de chauffage, plutôt que de donner un fourneau à chaque ménage, car ceci permet de réduire au minimum les risques d'incendie et la pollution intérieure par la fumée. 2. Ventilation: s'ils sont utilisés dans un lieu fermé, les fourneaux seront équipés de tuyaux pour évacuer les gaz d'échappement ou la fumée vers l'extérieur de manière sûre. Autrement, on se servira du positionnement des fourneaux et des ouvertures de l'abri les moins exposées aux intempéries pour assurer une ventilation adéquate et limiter le risque de pollution intérieure et de problèmes respiratoires. Les fourneaux seront conçus de manière à réduire au minimum le risque d'incendie et de pollution à l'intérieur et à l'extérieur. 3. Sources durables de combustible: les sources de combustible seront gérées, et des mesures seront prises pour rétablir et régénérer les ressources afin d'assurer la durabilité de l'approvisionnement. 4. Collecte du combustible: on devra consulter
les femmes sur les sites et sur les moyens de collecte du combustible
destiné à la cuisine et au chauffage afin d'aborder les
questions de sécurité personnelle. Il faudra tenter d'atténuer
la pression exercée par la collecte de combustible sur les groupes
tout particulièrement vulnérables, comme les ménages
ayant à leur tête une femme, ou bien ceux qui comptent en
leur sein une PVVS. On prendra des dispositions spéciales dans
la mesure du possible, par exemple le choix de combustibles nécessitant
moins de main-d'uvre, l'utilisation de fourneaux économiques
et des sources accessibles de combustible.
Notes d'orientation 1. Trousses à outils typiques: selon les pratiques locales, une trousse à outils typique pourra inclure un marteau ou un maillet, une hache ou une machette, et une pelle ou une bêche. Ces outils présenteront des caractéristiques facilitant leur réparation au niveau local grâce aux technologies disponibles. Les communautés déplacées auront également accès à suffisamment d'outils pour creuser des canaux de drainage pour les eaux de surface, ainsi que pour conduire les funérailles de leurs défunts de la manière appropriée, c'est-à-dire pour construire des cercueils, creuser des tombes et des fosses ou préparer des bûchers funéraires. 2. Activités liées aux moyens de subsistance: dans la mesure du possible, les outils fournis seront également appropriés pour les activités visant à soutenir les moyens de subsistance. 3. Assistance technique: les ménages ayant
à leur tête des femmes et d'autres groupes vulnérables
identifiés auront peut-être besoin d'une assistance de la
part de membres de la famille étendue, de voisins ou d'une main-d'uvre
engagée par contrat pour entreprendre la construction désignée
ou les tâches d'entretien.
Liste de contrôle de l'évaluation
initiale des besoins en matière d'abris, d'établissements
et d'articles non alimentaires Cette liste de questions se veut un guide et une liste de contrôle
permettant de recueillir les informations appropriées qui devraient
influer sur l'intervention post-catastrophe dans le secteur des abris.
Les questions énoncées ici ne sont pas obligatoires, et
elles seront utilisées et adaptées selon les besoins. On
suppose que les informations relatives aux causes sous-jacentes de la
catastrophe, à la situation en matière de sécurité,
aux données démographiques de base de la population déplacée
et de la population d'accueil éventuelle, et aux personnes clés
à consulter et contacter, seront obtenues séparément
(Cf. norme relative à l'évaluation initiale).
1 Abris et établissements
Données démographiques
Risques
Activités des ménages
Matériaux et conception
Ressources et contraintes locales
Services et installations essentiels
Impact sur la communauté d'accueil et
sur l'environnement
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