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TABLE DES MATIÈRES DU MANUEL:
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Chapitre 5: Table des matières Comment utiliser ce chapitre Annexe 1: Liste de contrôle pour
l'évaluation initiale des services de santé
Comment utiliser ce chapitre Ce chapitre se compose de trois sections principales
: systèmes et infrastructures de santé, lutte contre les
maladies transmissibles et lutte contre les maladies non transmissibles.
L'organisation du chapitre encourage une approche basée sur des
systèmes pour la conception, la mise en uvre, le suivi et
l'évaluation des services de santé durant une catastrophe.
Il s'agit là de la manière la plus fiable de veiller à
ce que les besoins prioritaires en matière de santé soient
identifiés et satisfaits de manière efficace et rentable.
Les principes comme le soutien aux systèmes de santé nationaux
et locaux, la coordination et la standardisation sont soulignés
tout au long du chapitre.
Les annexes en fin de chapitre englobent une liste de contrôle pour les évaluations initiales, des exemples de formulaires pour la collecte de données, des formules pour calculer les taux de mortalité et de morbidité, et une liste de références choisies, qui orientent le lecteur vers des sources d'information portant sur des questions générales ainsi que sur des questions techniques spécifiques liées à ce chapitre.
Liens avec les instruments juridiques internationaux Les normes minimales dans le secteur des services de santé constituent une expression pratique des principes et des droits formulés dans la Charte humanitaire. Celle-ci traite des exigences les plus fondamentales afin de préserver la vie et la dignité des personnes affectées par des calamités ou des conflits, telles que stipulées dans l'ensemble des textes juridiques internationaux relatifs aux droits de l'homme, aux interventions humanitaires et aux réfugiés. Tout le monde a droit à la santé, comme le stipulent un certain nombre d'instruments juridiques internationaux. Ceci englobe le droit à l'accès égal non seulement aux soins de santé mais aussi aux facteurs sous-jacents déterminants pour la santé, dont tous supposent la satisfaction des autres droits de l'homme, comme l'accès à de l'eau salubre et à des installations sanitaires adéquates, un approvisionnement en aliments sans risques, une nutrition et un logement adéquats, des conditions environnementales salubres, l'accès à une éducation et à des informations relatives à la santé, la non-discrimination, et la dignité humaine et l'affirmation de la valeur de chacun. Le droit à la santé ne peut être réalisé que si la population est protégée et si les professionnels chargés du système des soins de santé ont suivi une bonne formation et se sont engagés à observer les principes éthiques et les normes professionnelles universels, si le système au sein duquel ils travaillent est conçu pour satisfaire des besoins minimaux, et si l'État est disposé à établir et à protéger ces conditions de sécurité et de stabilité. Dans cette perspective basée sur les droits de l'homme, les questions d'équité et de dignité sont essentielles, ainsi que les obligations des acteurs publics et autres à faire valoir le droit de l'individu à la santé. En temps de conflit armé, les hôpitaux civils et les installations médicales ne seront en aucun cas la cible d'attaques, et le personnel sanitaire et médical a le droit d'être respecté et protégé. Les normes minimales figurant dans ce chapitre ne constituent pas une
expression complète du droit à la santé. Cependant,
les normes de Sphère reflètent le contenu central du droit
à la santé et contribuent à la réalisation
progressive de ce droit au niveau mondial.
L'importance des services de santé dans
les situations de catastrophe Les soins de santé constituent un facteur crucial de survie durant la première phase d'une catastrophe. Les catastrophes ont presque toujours des effets significatifs sur la santé publique et le bien-être des populations affectées. Ces effets peuvent être décrits comme directs (par ex. blessures, traumatisme psychologique) ou indirects (par ex. taux accrus de maladies infectieuses, de malnutrition, de complications de maladies chroniques). Les impacts indirects sur la santé sont en général liés à des facteurs comme de l'eau en quantité et de qualité insuffisantes, la dégradation des installations d'assainissement, l'interruption de l'approvisionnement alimentaire, la perturbation des services de santé, le surpeuplement et les déplacements de populations. Les principaux buts de toute intervention humanitaire lors d'une catastrophe sont de: 1) prévenir et réduire la mortalité et la morbidité excessives, et 2) promouvoir le retour à la normale. Différents types de catastrophe sont associés à différentes échelles et tendances de la mortalité et de la morbidité, et les besoins médicaux et en matière de santé publique d'une communauté affectée varieront donc en fonction du type et de l'ampleur de la catastrophe. Pour classer les services de santé selon leur priorité,
il faut comprendre clairement l'état de santé antérieur
de la communauté affectée, ses besoins, ses risques de santé,
ses ressources et ses capacités. Durant la première phase
d'une catastrophe, il est possible que les informations dont on dispose
soient incomplètes et que des décisions importantes dans
le domaine de la santé publique doivent être prises sans
que toutes les données pertinentes ne soient disponibles et/ou
analysées. Il faudra donc mener, le plus tôt possible, une
évaluation multisectorielle qui englobe les représentants
de la communauté afin de déterminer l'impact de la catastrophe
sur la santé publique, les besoins prioritaires en matière
de santé publique, la disponibilité des ressources au niveau
local et les exigences concernant une assistance externe éventuelle
(Cf. norme relative à l'évaluation initiale, et annexe 1). La participation des communautés affectées par la catastrophe à la conception, à la mise en uvre, au suivi et à l'évaluation des services de santé est essentielle. Durant ce processus, des efforts seront fournis pour identifier et développer les capacités existantes au sein du secteur de la santé. Renforcer les capacités avec les populations affectées est probablement la manière la plus efficace d'aider les communautés à se remettre de catastrophes et de les préparer en vue de catastrophes futures éventuelles. Les réfugiés et les personnes déplacées à l'intérieur de leur propre pays (PDIP) exerceront vraisemblablement une pression supplémentaire sur les services de santé des populations d'accueil. Les efforts humanitaires devront donc viser, autant que possible, à s'intégrer aux services de santé des populations d'accueil et à les soutenir. Dans la plupart des situations de catastrophe, les femmes et les enfants
sont les principaux utilisateurs des services de santé, et il est
important de demander leurs avis aux femmes afin de veiller à ce
que les services soient équitables, appropriés et accessibles
pour la population affectée en général. Les femmes
peuvent faciliter la compréhension des facteurs culturels et des
coutumes qui affectent la santé, ainsi que celle des besoins spécifiques
des personnes vulnérables au sein de la population affectée.
Elles devront donc, dès le début, participer activement
à la planification et à la mise en uvre des services
de santé.
Liens avec les autres chapitres Nombre des normes figurant dans les chapitres consacrés aux autres secteurs sont utiles pour le présent chapitre. Les progrès effectués dans la réalisation des normes dans un domaine particulier influencent souvent, voire déterminent, les progrès effectués dans d'autres domaines. Pour qu'une intervention soit efficace, il faut qu'il y ait une coordination et une collaboration étroites avec d'autres secteurs. La coordination avec les autorités locales et les autres organisations participant à l'intervention est également nécessaire pour veiller à ce que les besoins soient satisfaits, à ce que les efforts ne soient pas répétés, et à ce que la qualité des services de santé soit optimisée. On fait référence à des normes ou notes d'orientation spécifiques figurant dans d'autres chapitres techniques lorsqu'il y a lieu de le faire.
Liens avec les normes communes à tous
les secteurs Le processus selon lequel une intervention est développée
et mise en uvre est crucial pour son efficacité. Ce chapitre
devra être utilisé conjointement avec celui des normes communes
à tous les secteurs, lesquelles englobent la participation, l'évaluation
initiale, l'intervention, le ciblage, le suivi, l'évaluation, les
compétences et responsabilités des travailleurs humanitaires,
ainsi que la supervision, la gestion et le soutien du personnel (Cf. chapitre
1). En particulier, la participation des personnes affectées par
la catastrophe - y compris les groupes vulnérables décrits
ci-dessous - devra être portée au maximum dans toute intervention
afin de veiller à ce que cette dernière soit appropriée
et de bonne qualité.
Vulnérabilités et capacités
des populations affectées par la catastrophe Les groupes qui courent le plus fréquemment des risques lors de catastrophes sont les femmes, les enfants, les personnes âgées, les personnes handicapées et les personnes vivant avec le VIH/sida (PVVS). Dans certains contextes, les personnes peuvent aussi se retrouver en position de vulnérabilité en raison de leur origine ethnique, de leur affiliation religieuse ou politique, ou du fait qu'elles ont été déplacées. Il ne s'agit pas là d'une liste exhaustive, mais elle englobe les raisons les plus fréquemment identifiées. Les vulnérabilités spécifiques influent sur l'aptitude des personnes à s'adapter et à survivre dans le cadre d'une catastrophe, et celles qui courent le plus de risques devront être identifiées dans chaque contexte. Tout au long du manuel, l'expression "groupes vulnérables" se réfère à tous ces groupes. Lorsque l'un quelconque de ces groupes court des risques, il est probable que les autres seront également menacés. Par conséquent, chaque fois que les groupes vulnérables sont mentionnés, on demande instamment aux utilisateurs de prendre en considération tous ceux énumérés ici. Il faut veiller tout particulièrement à protéger et à assister tous les groupes affectés de façon non discriminatoire et en fonction de leurs besoins spécifiques. Cependant, il faut également garder à l'esprit que les populations affectées par une catastrophe possèdent, et acquièrent, des compétences et des capacités propres pour faire face à la situation, lesquelles doivent être reconnues et soutenues.
Source: adapté de Pan American Health Organization (Organisation panaméricaine de la santé), Emergency Health Management After Natural Disaster (Gestion des services de santé d'urgence après une catastrophe naturelle). Office of Emergency Preparedness and Disaster Relief Coordination (Bureau de la préparation aux situations d'urgence et de coordination des secours en cas de catastrophe) : Scientific Publication Nº 47. Washington, DC. Pan American Health Organization, 1981. NB: même pour certains types spécifiques de catastrophe,
les tendances de la morbidité et de la mortalité varient
considérablement d'un contexte à l'autre. Par exemple, la
mise en application de codes en matière de construction peut entraîner
une réduction spectaculaire du nombre de morts et de blessures
graves associées aux tremblements de terre. Dans certaines situations
d'urgence complexes, les maladies transmissibles et la malnutrition sont
les principales causes de morbidité et de mortalité, et
les complications de maladies chroniques une cause importante de morbidité
excessive.
Les normes minimales
1 Systèmes et infrastructures de santé
Durant une intervention en situation de catastrophe, lorsque les taux de mortalité sont fréquemment élevés ou pourraient bientôt le devenir, les interventions humanitaires prioritaires doivent se concentrer sur les besoins urgents pour la survie, y compris les soins médicaux de base. Une fois les besoins de survie satisfaits, et une fois que les taux de mortalité ont diminué quasiment jusqu'à leur niveau de référence, il faudra développer une gamme plus complète de services de santé. Durant toutes les étapes de l'intervention, une approche liée aux systèmes de santé pour la conception, la mise en uvre, le suivi et l'évaluation des services contribuera à veiller à la satisfaction des besoins les plus importants, à ce que la couverture soit appropriée, à ce que l'accès soit optimisé et à ce que la qualité soit encouragée. Les normes ci-après s'appliquent
à tous les contextes de catastrophe, mais sont tout particulièrement
appropriées pour ceux pauvres en ressources. Elles sont principalement
conçues pour veiller à ce que les communautés affectées
par les catastrophes aient accès à des services de santé
de bonne qualité durant l'intervention lancée après
la catastrophe. Il est tout particulièrement important de promouvoir
la durabilité des services de santé après une catastrophe
lorsque les infrastructures et les services de santé ont été
gravement perturbés. Cependant, pour assurer leur durabilité,
il faudra prendre en compte de nombreux facteurs différents relatifs
à la gestion et d'ordre politique, institutionnel, financier et
technique; c'est donc un but qui ne s'inscrit pas dans la portée
du présent document. Les agences du secteur de la santé
et leur personnel doivent garder à l'esprit que, fréquemment,
les décisions prises durant une intervention en situation de catastrophe
peuvent soit contribuer à promouvoir soit miner la durabilité
à plus long terme des services.
Notes d'orientation 1. Interventions prioritaires dans le secteur de la santé: elles varient selon le contexte, y compris le type de catastrophe et son impact. En basant la conception de ces interventions sur les principes de santé publique, on veillera à offrir les avantages les plus considérables possibles en matière de santé au plus grand nombre possible de personnes. Parmi les interventions prioritaires dans le domaine de la santé publique figurent l'approvisionnement adéquat en eau salubre, l'assainissement, la nourriture et les abris, la lutte contre les maladies infectieuses (par ex. vaccination contre la rougeole), les soins cliniques de base et la surveillance des maladies. Des services cliniques étendus, dont les soins en cas de traumatisme, bénéficient d'une priorité plus importante après une catastrophe associée à un grand nombre de blessés, comme un tremblement de terre. 2. Accès aux services de santé: l'accès se basera sur le principe d'équité, à savoir assurer un accès égal selon les besoins, sans discrimination pouvant entraîner l'exclusion de groupes spécifiques. Dans la pratique, l'emplacement et la dotation en personnel des services de santé devront être organisés de manière à assurer un accès et une couverture optimaux. Les besoins particuliers des groupes vulnérables qui ne peuvent peut-être pas y accéder facilement seront abordés lors de la conception des services de santé. Lorsque des honoraires sont demandés aux utilisateurs, il faudra prendre des dispositions pour veiller à ce que les personnes n'ayant pas les moyens de verser ces honoraires aient tout de même accès aux services, par ex. exemption de paiement d'honoraires, coupons, etc. 3. Taux de mortalité brut et taux de mortalité des moins de 5 ans: le taux de mortalité brut (TMB) journalier est l'indicateur sanitaire le plus spécifique et utile à surveiller dans une situation de catastrophe. Si le TMB de référence double, ceci indique une urgence considérable en matière de santé publique, qui nécessite une réaction immédiate. Le TMB de référence moyen pour les pays les moins développés est d'environ 0,38 morts/10.000 personnes/jour, celui de l'Afrique subsaharienne se situant à 0,44; pour les pays industrialisés, le TMB moyen se situe à environ 0,25/10.000/jour. Lorsque l'on ne connaît pas le taux de référence, les agences de santé viseront à le maintenir à moins de 1,0/10.000/jour. Le taux de mortalité des moins de 5 ans (TMM5) de référence pour les pays les moins développés est d'environ 1,03 morts/10.000 M5/jour, celui de l'Afrique subsaharienne se situant à 1,14; pour les pays industrialisés, ce taux se situe à environ 0,04/10.000 M5/jour. Lorsque l'on ne connaît pas le TMM5 de référence, les agences de santé viseront à le maintenir à moins de 2,0/10.000 M5/jour (Cf. annexes 2-3 et tableau ci contre).
Indicateurs clés (à
lire conjointement avec les notes d'orientation)
Notes d'orientation 1. Autorité responsable en matière de santé: lorsque le ministère de la Santé (MS) n'a pas une capacité suffisante pour assumer le rôle d'autorité responsable dans le domaine de la santé, une agence des Nations Unies assumera en général cette responsabilité, par exemple l'OMS, le HCR ou l'UNICEF. À l'occasion, lorsque ni le MS ni les organes onusiens ne sont dotés de la capacité nécessaire au niveau régional, du district ou local, une autre agence participante sera appelée à coordonner les activités, au moins temporairement. L'autorité responsable en matière de santé devra veiller à ce que les agences de santé participant à l'intervention soutiennent et renforcent les capacités des systèmes de santé locaux. De plus, elle devra s'assurer que les activités des agences de santé soient coordonnées et complémentaires. 2. Stratégie et politique générale dans le secteur de la santé: l'une des tâches majeures de l'autorité responsable en matière de santé consiste à développer une stratégie et une politique générale globales pour l'intervention sanitaire d'urgence. Dans l'idéal, il faudra produire un document de politique générale qui précise les priorités et les objectifs dans le secteur de la santé et fournisse un cadre pour les réaliser. Ce document devra être élaboré après une consultation avec les agences compétentes et les représentants de la communauté. 3. Travailleurs locaux du secteur de la santé: les professionnels de la santé et autres travailleurs sanitaires des communautés affectées par la catastrophe, y compris les assistants d'accouchement qualifiés/traditionnels, seront intégrés dans les services de santé lorsque c'est approprié. Il sera toujours préférable de compter des nombres égaux de femmes et d'hommes, mais ce ne sera pas toujours faisable dans les communautés au sein desquelles les prestataires de services de santé sont principalement de l'un ou l'autre sexe. 4. Normes et lignes directrices nationales: en général, les agences devront adhérer aux normes et lignes directrices en matière de santé du pays où est lancée l'intervention suite à la catastrophe, y compris aux protocoles de traitement et aux listes de médicaments essentiels (Cf. norme 5 relative aux systèmes et infrastructures de santé). Ces normes et lignes directrices seront révisées dans le cadre d'une consultation avec le MS ou l'autorité responsable en matière de santé au début de l'intervention lors de la catastrophe afin d'en déterminer le caractère approprié. Lorsqu'elles sont dépassées ou qu'elles ne reflètent pas la pratique fondée sur des données probantes, il faudra les actualiser. 5. Antennes chirurgicales étrangères: à l'occasion, des antennes chirurgicales étrangères seront le seul moyen de dispenser des soins de santé lorsque les hôpitaux existants ne fonctionnent pas correctement. Cependant, il est en général plus efficace de fournir des ressources aux hôpitaux existants pour leur permettre de recommencer à fonctionner ou de faire face à la charge de travail supplémentaire. Il sera parfois approprié de déployer une antenne chirurgicale pour le traitement immédiat des blessures traumatiques (premières 48 heures), les soins secondaires des blessures traumatiques et les urgences de routine (jours 3 à 15), ou bien comme installation temporaire remplaçant un hôpital local endommagé jusqu'à ce qu'il ait été réparé (jusqu'à plusieurs années). Pour déterminer s'il est approprié de déployer une antenne chirurgicale, il doit y avoir un besoin bien défini, l'antenne chirurgicale doit être en mesure de fournir des services appropriés, elle ne doit pas ponctionner les ressources locales et elle doit présenter un bon rapport coûts-efficacité.
Notes d'orientation 1. Coordination entre les agences de santé: que l'autorité responsable en matière de santé soit le ministère de la Santé ou une autre agence, toutes les agences du secteur de la santé doivent coordonner leurs activités avec les services sanitaires nationaux et locaux. Dans les contextes de réfugiés, les agences doivent coordonner leurs activités avec le système de santé du pays d'accueil. Lorsque plusieurs agences de santé opèrent sur le terrain, en continuant d'assigner les responsabilités, on contribuera à veiller à ce que les lacunes du secteur de la santé soient comblées et à éviter la répétition. 2. Réunions de coordination: elles doivent constituer un forum au sein duquel les informations pourront être partagées, les priorités identifiées et suivies, les stratégies communes en matière de santé développées et adaptées, les tâches spécifiques assignées, et les protocoles et interventions standardisés convenus. Ces réunions auront lieu, pour commencer, au moins une fois par semaine.
Indicateurs clés (à
lire conjointement avec les notes d'orientation)
Notes d'orientation 1. Information et éducation en matière de santé: un programme actif d'éducation et de promotion communautaires en matière de santé devra être lancé dans le cadre d'une consultation avec les autorités sanitaires locales et les représentants de la communauté. Il devra prendre en compte les comportements favorables à la santé et les convictions de la population dans ce domaine. Il devra donner des informations sur les principaux problèmes endémiques de santé, les risques sanitaires majeurs, la disponibilité et l'emplacement des services de santé, et les comportements qui protègent et favorisent la santé. Les messages et matériels relatifs à la santé publique emploieront un langage et des moyens de communication appropriés, et seront sensibles sur le plan culturel. Dans la mesure du possible, le contenu des messages de santé publique sera cohérent entre toutes les agences de santé participant à la mise en uvre de l'intervention. 2. Dispensaires mobiles: lors de certaines catastrophes,
il sera peut-être nécessaire de faire fonctionner des dispensaires
mobiles afin de satisfaire les besoins de communautés isolées
ou nomades qui ont un accès limité aux soins. D'après
l'expérience, lorsqu'ils sont gérés de manière
appropriée, ces services peuvent venir satisfaire un besoin vital.
Lorsqu'ils ne le sont pas, les dispensaires mobiles peuvent être
sous-utilisés, supplanter les services sanitaires existants et
représenter une utilisation inefficace de ressources limitées.
Ils ne seront introduits qu'après une consultation avec l'autorité
responsable en matière de santé et les représentants
locaux du secteur de la santé.
Notes d'orientation 1. Installations de santé et dotation en personnel: le nombre et l'emplacement des installations de santé requises et le nombre et les compétences des membres du personnel à tous les niveaux peuvent varier d'un contexte à l'autre. Si l'on s'assure de la présence de ne serait-ce qu'un agent de santé de sexe féminin ou un représentant d'un groupe ethnique minoritaire au sein du personnel, on pourra augmenter considérablement l'accès aux services de santé des femmes ou des personnes appartenant à des groupes minoritaires. Il est interdit d'entreprendre des actions ou des activités qui mettent en péril la neutralité des installations de santé, comme le port d'armes. 2. Niveau de dotation en personnel: les lignes
directrices ci-après constituent une référence utile,
mais devront éventuellement être adaptées en fonction
du contexte. Le terme "agent sanitaire qualifié" se réfère
à un prestataire de services de santé ayant suivi une formation
formelle, comme par exemple un médecin, un infirmier, un agent
clinique ou un auxiliaire médical.
3. Taux d'utilisation des services de santé: la fréquentation des installations de santé contribuera à déterminer le taux d'utilisation. Il n'existe aucun seuil de référence pour l'utilisation, car elle varie d'un contexte à l'autre, et souvent d'une saison à l'autre. Cependant, elle augmente en général considérablement au sein des populations affectées par les catastrophes. Au sein des populations stables, les taux d'utilisation sont en général de 0,5 à 1,0 nouvelle consultation par personne et par an. Au sein des populations déplacées, on peut s'attendre à une moyenne de 4,0 nouvelles consultations par personne et par an. Si le taux est inférieur à ce que l'on avait prévu, il pourrait indiquer un accès inadéquat aux installations de santé, par exemple du fait de l'insécurité ou de la faible capacité des services de santé. Si le taux est supérieur, il pourrait suggérer une surutilisation due à un problème spécifique de santé publique (par ex. flambée d'une maladie infectieuse), ou à une sous-estimation de la population cible. Lors de l'analyse des taux d'utilisation, il faudra tenir compte du sexe, de l'âge, de l'origine ethnique et des handicaps afin de veiller à ce que les groupes vulnérables ne soient pas sous-représentés (Cf. annexe 3). 4. Protocoles standardisés de traitement et listes de médicaments essentiels: la plupart des pays ont établi des listes de médicaments essentiels ou des formulaires nationaux, et beaucoup ont des protocoles de traitement pour la gestion des maladies et des blessures communes. Ces protocoles et listes de médicaments seront examinés dans le cadre d'une consultation avec le ministère de la Santé ou l'autorité responsable en matière de santé au début de l'intervention lors de la catastrophe pour déterminer si elles sont appropriées ou non. À l'occasion, il sera nécessaire d'apporter des modifications aux protocoles et aux listes de médicaments nationaux établis, par ex. s'il existe des données indiquant une résistance aux antibiotiques ou aux agents anti-paludisme recommandés. S'il n'existe pas de protocoles ou de listes de médicaments essentiels, il faudra suivre les lignes directrices établies par l'OMS ou le HCR, par exemple le "Nouveau kit sanitaire d'urgence". 5. Formation et supervision du personnel: les agents sanitaires doivent avoir suivi la formation correcte et posséder des compétences appropriées pour leur niveau de responsabilité. Les agences de santé sont tenues de dispenser une formation à leur personnel en veillant à ce que leurs connaissances soient à jour. La formation et la supervision seront des priorités absolues, en particulier lorsque les membres du personnel n'ont pas suivi une éducation continue, ou lors de l'introduction de nouveaux systèmes et protocoles de santé. Dans la mesure du possible, les programmes de formation devront être standardisés et reliés aux programmes nationaux. 6. Droits des patients: du fait de nombreux facteurs associés aux catastrophes, il pourra parfois être difficile de faire invariablement respecter les droits des patients à l'intimité, à la confidentialité et au consentement éclairé. Cependant, dans la mesure du possible, le personnel sanitaire devra tenter de protéger et de promouvoir ces droits. Les installations et services de santé seront conçus de façon à assurer l'intimité et la confidentialité (Cf. norme 6 relative aux systèmes et infrastructures de santé, note d'orientation 3). Le consentement éclairé sera demandé aux patients avant toute procédure médicale ou chirurgicale. Les patients ont le droit de savoir ce que chaque procédure entraîne, ainsi que ses avantages prévus, sa durée, son coût et les risques potentiels. 7. Gestion des médicaments: en plus d'utiliser la liste des médicaments essentiels, les agences de santé doivent établir un système efficace de gestion des médicaments. Le but de ce type de système est de garantir l'utilisation efficace, rentable et rationnelle des médicaments. Ce système se basera sur les quatre éléments clés du cycle de gestion des médicaments: sélection, achat, distribution et utilisation (Cf. Management Sciences for Health (1997), Managing Drug Supply (Gestion de l'approvisionnement en médicaments), deuxième édition). 8. Restes des défunts: lorsqu'une catastrophe
entraîne une mortalité importante, il faudra gérer
un grand nombre de cadavres. Les dépouilles ne seront pas jetées
sans cérémonie dans des fosses communes, car ceci ne saurait
être justifié comme mesure de santé publique, viole
des normes sociales importantes et peut gâcher des ressources peu
abondantes. La gestion en masse des restes humains se base souvent sur
la conviction, erronée, qu'ils représentent un danger d'épidémie
s'ils ne sont pas enterrés ou brûlés immédiatement.
En fait, le danger pour la santé représenté par des
cadavres est en général négligeable. Ce n'est que
dans quelques cas spéciaux que les cadavres humains comportent
des risques pour la santé et requièrent des précautions
spécifiques, par ex. lorsque la mort a été causée
par le choléra ou une fièvre hémorragique. Les familles
devront avoir l'occasion d'organiser des funérailles et des enterrements
culturellement appropriés. Lorsque les personnes enterrées
ont été victimes de violences, il faudra tenir compte des
questions médicolégales (Cf. également norme 2 relative
aux abris et aux établissements, note d'orientation 3).
Indicateurs clés (à
lire conjointement avec les notes d'orientation)
Notes d'orientation 1. Système d'information sanitaire (SIS): dans la mesure du possible, le SIS se base sur le système de surveillance déjà en place. Dans certaines situations d'urgence, un système nouveau ou parallèle sera parfois requis, ce qui sera déterminé en consultation avec l'autorité responsable en matière de santé. Le SIS sera conçu de manière à être souple et devra évoluer au fil du temps. Durant l'intervention suite à la catastrophe, les données relatives à la santé engloberont, sans s'y limiter, les éléments suivants:
2. Ventilation des données: les données seront ventilées par âge et par sexe dans la mesure du possible afin d'orienter la prise de décisions. Il pourra s'avérer difficile de ventiler les données de manière détaillée durant les premières étapes d'une catastrophe. Cependant, les données relatives à la mortalité et la morbidité des enfants de moins de cinq ans seront documentées dès le début, car ce groupe court en général des risques particuliers. De plus, il est utile de ventiler les données relatives à la mortalité et à la morbidité par sexe pour détecter les différences sur ce plan. Si le temps et les conditions le permettent, on tentera de ventiler les données de façon plus détaillée, afin de découvrir d'autres différences entre les tranches d'âge (par exemple 0-11 mois, 1-4 ans, 5-14 ans, 15-49 ans, 50-59 ans, 60 ans et plus) et entre les sexes. 3. Confidentialité: la confidentialité des données et des dossiers médicaux doit être assurée. Il faut prendre des précautions adéquates pour protéger la sécurité de l'individu, ainsi que les données elles-mêmes. Les membres du personnel ne partageront jamais des informations relatives à un patient avec toute personne qui ne prend pas directement part aux soins qui lui sont dispensés, sans la permission préalable de ce patient. Les données liées aux traumatismes causés par la torture ou autres violations des droits de l'homme seront traitées avec les plus grandes précautions. On envisagera éventuellement de communiquer ces informations à certains acteurs ou institutions appropriés, si la personne concernée y consent. 4. Sources de données supplémentaires:
parmi les sources de données pertinentes ayant trait à la
santé, on peut citer les rapports de laboratoires, les enquêtes,
les comptes rendus de cas particuliers, les mesures de la qualité
des services et les autres secteurs liés aux programmes. Cf. annexe 2 pour des exemples de formulaires sur la mortalité et la morbidité hebdomadaires et annexe 3 pour les formules de calcul des taux de mortalité et de morbidité.
2 Lutte contre les maladies transmissibles L'augmentation des taux de morbidité et de mortalité due aux maladies transmissibles survient plus fréquemment dans le cadre des urgences complexes que lors d'autres types de catastrophe. Dans beaucoup de ces contextes, en particulier dans les pays en développement, entre 60 et 90% des morts ont été attribuées à l'une de ces quatre importantes causes d'infection: la rougeole, la diarrhée, les infections respiratoires aiguës et le paludisme. La malnutrition aiguë est souvent associée à l'augmentation des taux de létalité de ces maladies, en particulier parmi les jeunes enfants. Il y a également eu des flambées d'autres maladies transmissibles, comme la méningite cérébro-spinale, la fièvre jaune, l'hépatite virale et la typhoïde, dans certains contextes. Les flambées de maladies transmissibles sont bien moins fréquemment associés aux catastrophes survenant subitement. Lorsqu'elles ont lieu, elles sont en général associées à la perturbation de l'assainissement et à la qualité médiocre de l'eau. L'utilisation potentielle d'agents biologiques comme armes par les terroristes et les forces militaires soulève de nouvelles préoccupations pour les agences intervenant dans les situations de catastrophe et celles participant à l'assistance humanitaire. La réaction aux incidents dans lesquels sont présentes des armes biologiques n'est pas spécifiquement abordée dans les normes ci-après, mais plusieurs des normes et des indicateurs sont applicables à ce type d'incident.
Notes d'orientation 1. Mesures générales de prévention: la plupart de ces interventions sont développées en coordination avec les autres secteurs, y compris:
2. Prévention de la rougeole et Programme élargi de vaccination (PEV): étant donné que la rougeole présente un fort potentiel de flambées et de mortalité, la vaccination de masse des enfants contre cette maladie est souvent une priorité au sein des populations affectées par une catastrophe, en particulier celles qui ont été déplacées et/ou affectées par un conflit. La vaccination contre d'autres maladies infantiles au travers d'un PEV est en général une priorité moindre, car les flambées de ces maladies sont moins fréquentes et les risques qui leur sont associés sont plus faibles. Par conséquent, les autres vaccins du PEV sont en général introduits une fois que les besoins immédiats de la population ont été satisfaits. Les exceptions à cette ligne directrice sont, entre autres, les flambées continues de maladies comme la coqueluche ou la diphtérie, auquel cas la vaccination contre ces maladies devient également prioritaire.
Notes d'orientation 1. Prévention de la rougeole: la rougeole fait partie des virus les plus contagieux que l'on connaisse et peut aller de pair avec des taux de mortalité élevés. Dans tous les cas où une situation d'urgence a créé des conditions de surpeuplement, de déplacements de populations et de hauts niveaux de malnutrition, il existe un risque important d'une flambée de rougeole. Il faut donc accorder la plus grande priorité aux campagnes de vaccination de masse contre la rougeole, ce au plus tôt, dans les contextes de ce type. Le personnel, les vaccins, l'équipement de la chaîne du froid et autres fournitures permettant de mener une campagne de masse devront être réunis dès que possible. Si on ne connaît pas la couverture vaccinale de la population, on entreprendra la campagne en se basant sur la supposition que la couverture est inadéquate. 2. Tranches d'âge pour la vaccination contre la rougeole: certains enfants plus âgés auront peut-être échappé aux campagnes antérieures de vaccination contre la rougeole et aussi à la maladie elle-même. Ces enfants continuent de courir le risque de contracter la rougeole et peuvent être source d'infection pour les nourrissons et les enfants en bas âge, qui courent un risque supérieur de mourir de la maladie. C'est pourquoi il est recommandé de vacciner les enfants jusqu'à l'âge de 15 ans. Dans les contextes où les ressources sont peu abondantes, toutefois, il ne sera pas toujours possible de vacciner tous les enfants de 6 mois à 15 ans. Dans ces cas, on donnera la priorité à la vaccination des enfants âgés d'entre 6 et 59 mois. 3. Renouvellement du vaccin contre la rougeole pour
les enfants de 6 à 9 mois: le renouvellement du vaccin contre
la rougeole devra se faire dès que l'enfant a 9 mois, sauf pour
les enfants qui ont reçu leur première dose après
8 mois. Ces enfants recevront la dose répétée après
un délai minimum de 30 jours.
Notes d'orientation 1. Gestion intégrée des maladies infantiles: lorsque la gestion intégrée des maladies infantiles (GIMI) a été développée dans un pays, et lorsque des lignes directrices cliniques ont été adaptées, ces lignes directrices seront de préférence incorporées dans les protocoles standardisés. Il a été démontré que la GIMI améliore la qualité des soins dispensés aux enfants de moins de cinq ans. 2. Paludisme: l'incidence du paludisme est susceptible de s'accroître dans les quelques jours/semaines suivant des mouvements massifs de populations dans les zones endémiques. Étant donné la résistance répandue et croissante à la chloroquine et à la sulphadoxine-pyriméthamine (Fansidar), il peut s'avérer nécessaire d'utiliser des médicaments anti-paludéens plus efficaces. Ceci sera tout particulièrement important pour les populations non immunisées et vulnérables exposées au paludisme à falciparum. Les thérapies combinées utilisant des dérivés de l'artémisinine sont préférables. Le choix des médicaments sera déterminé dans le cadre d'une consultation avec l'autorité responsable en matière de santé, et après un examen des données relatives à l'efficacité des médicaments. Il faudra utiliser les protocoles standardisés de l'OMS pour évaluer l'efficacité des médicaments. 3. Services de laboratoires: l'établissement d'un laboratoire clinique n'est pas une priorité durant la phase initiale de la plupart des catastrophes. Les maladies transmissibles les plus communes peuvent en général être diagnostiquées cliniquement et le traitement sera en général présomptif. Les tests en laboratoires seront tout particulièrement utiles au moment de confirmer le diagnostic lors d'une flambée soupçonnée pour laquelle l'immunisation en masse pourrait être indiquée (par ex. méningite cérébro-spinale) ou dans le cadre de laquelle les tests sur des cultures et de sensibilité aux antibiotiques pourraient influencer les décisions concernant la gestion des cas (par ex. dysenterie). Par conséquent, il sera important d'identifier un laboratoire établi, soit au niveau national soit dans un autre pays, qui soit à même d'effectuer les investigations microbiologiques appropriées. Des lignes directrices concernant la collecte correcte de spécimens et leur transport seront requises. 4. Contrôle de la tuberculose: on a souvent documenté une importante prévalence de tuberculose parmi les réfugiés et autres populations affectées par la guerre. Cependant, les programmes de contrôle de la tuberculose incorrectement mis en uvre peuvent faire plus de mal que de bien, en prolongeant l'infectiosité et en contribuant à la propagation de bacilles résistants à des médicaments multiples. Bien que la gestion de patients individuels atteints de tuberculose puisse être possible durant une situation d'urgence, un programme complet de contrôle de la tuberculose ne devra être mis en uvre qu'après avoir pris en considération les critères reconnus (Cf. OMS, Tuberculosis Control in Refugee Situations: An Interagency Field Manual - Contrôle de la tuberculose dans les situations de réfugiés: un manuel de terrain inter-agences). Lorsqu'ils sont mis en uvre, les programmes de contrôle de la tuberculose dans ces contextes devront être intégrés dans le programme national ou du pays d'accueil, et suivre la stratégie bien établie de la thérapie de courte durée directement observée.
Notes d'orientation 1. Plan d'enquête et de contrôle relatifs
à la flambée: les questions suivantes seront abordées
dans le plan:
2. Stocks de réserve: dans les réserves sur le site devra figurer le matériel à utiliser pour répondre aux flambées probables. Il s'agira entre autres de sels de réhydratation orale, de fluides intraveineux, d'antibiotiques, de vaccins et de fournitures médicales. Des seringues jetables ou s'autodétruisant et des récipients de sécurité pour les aiguilles seront disponibles afin de prévenir la propagation de l'hépatite virale et du VIH. Un kit tout prêt pour le choléra sera indiqué dans certaines circonstances. Il ne sera pas toujours possible de conserver certains stocks sur le site, comme le vaccin de la méningite cérébro-spinale. Pour ces produits, les mécanismes d'achat, d'expédition et d'emmagasinage rapides seront déterminés à l'avance pour qu'on puisse se les procurer rapidement. 3. Laboratoires de référence: un laboratoire de référence sera également identifié au niveau régional ou international qui puisse apporter son assistance pour des tests plus sophistiqués, comme la sensibilité aux antibiotiques pour la dysenterie Shigella ou le diagnostic sérologique des fièvres hémorragiques virales. 4. Milieux de transport et tests rapides: le
matériel de prélèvement d'échantillons (par
ex. prélèvements rectaux) et les milieux de transport (par
ex. Cary-Blair, Amies ou Stuarts pour le choléra, la Shigella,
le E. Coli et la salmonelle, Translocate pour la méningite) seront
disponibles sur le site, ou bien facilement accessibles. De plus, plusieurs
nouveaux tests rapides sont disponibles qui peuvent être utiles
au moment de confirmer les diagnostics de maladies transmissibles sur
le terrain, y compris le paludisme et la méningite.
Notes d'orientation 1. Système d'alerte précoce pour les flambées
de maladies infectieuses: les éléments clés
d'un système de ce type engloberont:
2. Confirmation de l'existence d'une flambée:
il n'est pas toujours simple de déterminer si l'on est en présence
d'une flambée, et il n'existe pas de définitions claires
des seuils pour toutes les maladies.
3. Contrôle de la flambée: il faut
élaborer des mesures de contrôle conçues spécifiquement
pour mettre fin à la transmission de l'agent causant la flambée.
Souvent, les connaissances préexistantes concernant l'agent peuvent
orienter la conception de mesures de contrôle appropriées
dans des situations spécifiques. En général, les
activités de réaction englobent:
(Cf. également chapitre 2: approvisionnement en eau, assainissement et promotion de l'hygiène.) 4. Lutte antivectorielle et paludisme: durant une flambée de paludisme, les mesures de lutte antivectorielle comme la pulvérisation de produits à effet rémanent à l'intérieur des bâtiments et la distribution de moustiquaires imprégnées d'insecticide (MII) devront être orientées par des évaluations entomologiques et des connaissances spécialisées. Ces interventions demandent un soutien et un suivi logistiques considérables qui ne seront pas toujours disponibles durant la phase initiale de la catastrophe. Pour les populations qui ont déjà un niveau élevé d'utilisation de MII (>80%), la réimprégnation des moustiquaires avec des pyréthroïdes pourra contribuer à enrayer la transmission (Cf. normes 1-2 relatives à la lutte antivectorielle). 5. Taux de létalité (TL): si les TL dépassent ces niveaux précisés, une évaluation immédiate des mesures de contrôle sera entreprise, et des mesures rectificatives seront prises pour veiller à ce que ces TL soient maintenus à un niveau acceptable. 6. TL pour la méningite cérébro-spinale: le TL acceptable pour la méningite cérébro-spinale varie selon le contexte général et l'accessibilité aux services de santé. En général, les agences de santé s'efforceront d'atteindre un TL aussi bas que possible, bien que, durant une flambée, il puisse atteindre 20%.
Note d'orientation 1. Contrôle du VIH: durant les phases post-urgence et réhabilitation des catastrophes, l'élargissement des activités de contrôle du VIH se basera sur une évaluation des circonstances et besoins locaux. La participation de la communauté, en particulier celle des personnes vivant avec le VIH et le sida (PVVS) et des personnes qui s'occupent d'elles, à la conception, à la mise en uvre, au suivi et à l'évaluation du programme sera cruciale pour son succès. En plus des services déjà mis en uvre durant la phase initiale, il faudra introduire des services plus complets de surveillance, de prévention, de traitement, de soins et de soutien. La fourniture de médicaments antirétroviraux pour traiter les PVVS n'est pas actuellement faisable dans la plupart des contextes humanitaires post-catastrophe, mais ceci pourrait changer à l'avenir, si les obstacles financiers et autres entravant leur utilisation sont éliminés. Les programmes de protection et d'éducation visant à réduire le stigmate associé à la maladie et à protéger les personnes de la discrimination seront mis en uvre dès que possible. Note Les membres de Caritas Internationalis ne peuvent pas souscrire à la norme 6 de la section consacrée à la lutte contre les maladies transmissibles, car elle est liée à la promotion de l'utilisation de préservatifs, ni la norme 2 de la section consacrée à la lutte contre les maladies non transmissibles concernant le Dispositif minimum d'urgence (DMU) (Minimum Initial Service Package - MISP). Pour cette même raison, les membres de Caritas Internationalis ne peuvent pas approuver les normes relatives à l'utilisation de préservatifs ou du DMU qui pourraient figurer dans d'autres parties de ce manuel.
3 Lutte contre les maladies non transmissibles
Les augmentations de la morbidité et de la mortalité dues à des maladies non transmissibles sont une caractéristique commune de nombreuses catastrophes. Les blessures sont en général la cause principale, suivies des catastrophes naturelles soudaines, comme les tremblements de terre et les ouragans. Les blessures résultant de la violence physique sont également associées à toutes les urgences complexes, et peuvent constituer une cause majeure de mortalité excessive durant les crises de ce type. Les besoins de santé génésique (SG) des populations affectées par des catastrophes ont fait l'objet d'une plus grande attention durant les quelques dernières années, en particulier du fait de la prise de conscience accrue des problèmes comme le VIH/sida, la violence contre l'un ou l'autre sexe (ou "sexiste"), les besoins de soins obstétricaux d'urgence et la disponibilité insuffisante des services de SG les plus fondamentaux dans de nombreuses communautés. La nécessité de programmes améliorés de SG a été tout particulièrement reconnue dans le cadre des urgences complexes, mais elle existe également dans bien d'autres types de catastrophe. Bien que difficiles à quantifier,
les problèmes de santé mentale et psychosociaux peuvent
accompagner tout type de contexte de catastrophe et post-catastrophe.
Les horreurs, pertes, incertitudes et autres facteurs de stress accompagnant
les catastrophes peuvent faire courir aux personnes un risque accru de
problèmes psychiatriques, psychologiques et sociaux de nature diverse.
Enfin, on dispose de données qui indiquent une incidence accrue
de complications aiguës de maladies chroniques associées aux
catastrophes. Ces complications sont généralement dues à
la perturbation des régimes de traitement en cours. Cependant,
une variété d'autres facteurs de stress pourra venir précipiter
une détérioration aiguë d'un problème médical
chronique.
Notes d'orientation 1. Classement des services de traumatisme selon leur priorité: dans la plupart des catastrophes, il n'est pas possible de déterminer le nombre de personnes blessées qui vont nécessiter des soins cliniques. Suite à une catastrophe soudaine comme un tremblement de terre, entre 85 et 90% des personnes sauvées sont en général tirées des décombres par le personnel de secours ou bien par leurs voisins ou leur famille dans un délai de 72 heures. Par conséquent, lors de la planification des opérations de secours dans des régions sujettes aux catastrophes, il faudra surtout mettre l'accent sur la préparation de la population locale à apporter les soins initiaux. Il est important de noter que les interventions prioritaires dans le secteur de la santé sont conçues pour réduire la mortalité excessive évitable. Durant les conflits armés, la plupart des morts violentes traumatiques ont lieu dans des régions dangereuses éloignées des centres de santé, de sorte qu'elles ne peuvent pas en général être prévenues par des soins médicaux. Les interventions qui visent à protéger la population civile sont appelées à prévenir ces morts. Les interventions en matière de santé mises en uvre durant un conflit doivent mettre l'accent sur les soins de santé publique et primaires basés au sein de la communauté, même dans les situations où il y a une incidence élevée de blessures violentes. 2. Le triage: il s'agit du processus consistant à catégoriser les patients en fonction de la gravité de leurs blessures ou de leur maladie, et d'établir des priorités entre les traitements selon les ressources disponibles et les chances de survie des patients. Le principe sous-jacent du triage est l'affectation de ressources limitées de la manière qui confère le plus grand avantage sur le plan de la santé au plus grand nombre possible de personnes. Le triage ne signifie pas forcément que les individus présentant les blessures les plus graves auront la priorité. Dans un contexte de blessés multiples et de ressources limitées, les personnes présentant les blessures les plus graves et potentiellement mortelles pourront, en fait, recevoir une priorité inférieure aux personnes qui ont des blessures auxquelles elles sont plus susceptibles de survivre. Il n'existe pas de système de triage standardisé, et au niveau international plusieurs systèmes sont utilisés. La plupart des systèmes précisent entre deux et cinq catégories de blessures, quatre étant le nombre le plus commun. 3. Soins d'urgence et soins médicaux de base: il est possible que des soins chirurgicaux et de traumatisme définitif ne soient pas facilement disponibles, en particulier dans les contextes où les ressources sont peu abondantes. Mais il est important de noter que les premiers secours, la réanimation de base et les procédures n'entraînant pas d'opération peuvent sauver des vies, même celles de personnes grièvement blessées. Des procédures simples comme le dégagement des voies respiratoires, le contrôle des hémorragies et l'administration de fluides intraveineux peuvent contribuer à stabiliser les personnes présentant des blessures potentiellement mortelles avant leur transfert vers un centre spécialisé. La qualité de la gestion médicale initiale fournie peut par conséquent affecter significativement les chances de survie d'un patient. D'autres procédures non opératoires, comme le lavage et le pansement des blessures, et l'administration d'antibiotiques et de prophylaxie du tétanos, sont également importantes. Beaucoup de patients grièvement blessés peuvent survivre pendant plusieurs jours, voire plusieurs semaines, sans intervention chirurgicale, pourvu que des soins d'urgence, médicaux et infirmiers appropriés leur soient dispensés. 4. Traumatisme et soins chirurgicaux: tous les prestataires de services de santé doivent être en mesure de dispenser des soins d'urgence et d'appliquer les techniques de réanimation de base aux patients blessés. De plus, il est important d'avoir une capacité de triage pouvant sauver des vies à des points stratégiques, avec un lien avec un système d'orientation vers des services spécialisés. Cependant, les soins de traumatisme définitif et la chirurgie de guerre sont des domaines spécialisés qui requièrent une formation spécifique et des ressources que peu d'agences possèdent. Les interventions chirurgicales non appropriées ou inadéquates peuvent faire plus de mal que l'absence de toute intervention. Seuls les organisations et les professionnels dotés des connaissances techniques spécialisées appropriées établiront donc ces services sophistiqués.
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