Une réunion
des représentants
des agences
pilotes
au Caire, en
Egypte
du 26 au 28
février 2001
RESUME ANALYTIQUE
“Il nous faut réussir, en
tant que système humanitaire, à appliquer Sphère –
nous ne pouvons risquer de revenir aux jours d’avant Goma”
Paul Giannone,
CARE-E .U.
BUT DE LA REUNION
La réunion du
Caire a été la première occasion pour toutes les agences pilotes Sphère de
discuter du projet et d’évoquer mutuellement leurs expériences. Le but de cette
rencontre a été de débattre des enseignements tirés par les agences pilotes au
cours de l’an 2000 et d’étudier de quelle manière ces leçons pourraient être
traduites dans la pratique.
Ce compte rendu
est un résumé des conclusions de la réunion et devrait être lu de concert avec
le document sur les enseignements tirés de cette expérience[1]. Il est structuré autour des questions et
points suivants.
Les agences
pilotes peuvent se servir du présent rapport comme base en vue de lancer une
large discussion au sein de leur organisation. Les agences peuvent, en
particulier, débattre des conclusions de la réunion et communiquer ces
avis en retour à l’équipe Sphère et aux représentants du comité de direction.
QU’ONT DONC ACCOMPLI LES
AGENCES PILOTES
EN APPLIQUANT SPHÈRE ?
Application
de Sphère dans l’intervention en cas de catastrophe
L’on a
constaté un usage croissant dans la pratique de la Charte humanitaire ainsi que
des normes minimales. Elles ont été mises à contribution dans les évaluations,
la planification et la mise en oeuvre de programmes dans les cas
suivants :
o
séismes
dans l’Etat de Gujarat et au Salvador,
o
crues
au Mozambique, au Venezuela et à Madagascar,
o
avec
des populations réfugiées au Pakistan, en Afghanistan, en Thaïlande, en
Albanie, en Macédoine et au Kenya,
o
dans
l’intervention consécutive à un séisme et pour la préparation aux catastrophes
en Turquie,
o
auprès
de populations déplacées et résidentes en Angola,
o
auprès
de populations déplacées au Burundi, au Sri Lanka et au Timor oriental.
Les animateurs du
projet Sphère rassemblent des études de
cas (publiées sur site web) au sujet de ces expériences (et d’autres) qui
viendront éclairer le débat plus vaste concernant l’application de Sphère.
Formation
·
Sphère a été
intégré dans bien des cadres différents de formation interne, notamment dans
des cours pratiques en « « école de terrain » (pour appliquer le
manuel dans le contexte d’un camp de réfugiés).
·
Le manuel a
été employé dans le but d’aider à définir les grands moyens requis pour mettre
sur pied une équipe d’intervention rapide en cas d’urgence.
·
Certains
cours sont axés sur des parties prenantes déterminées dans l’intervention en
cas d’urgence (sur les militaires, par exemple, en Australie et au Sri Lanka).
Dissémination
·
Les agences
pilotes apportent leur contribution pour faire traduire le manuel en d’autres
langues, en turc et en langues locales en Asie et aussi en préparant affiches,
brochures, etc.
·
L’on a noté
que le manuel avait été largement distribué dans le cadre de programmes
nationaux à travers le monde (à titre indicatif, la FICR en a distribué, à elle
seule, plus de 700 exemplaires).
Législation
·
En Angola,
des agences pilotes ont été associées au processus d’élaboration de textes de
lois et de procédures de caractère nouveau dans le but de définir les droits
des populations déplacées, en s’inspirant des principes Deng et de Sphère.
Manuels sur les pratiques à suivre
·
Bien des
agences pilotes ont intégré Sphère dans leurs manuels et leurs outils
d’intervention en cas d’urgence (évaluation, suivi).
Partie intégrante de la politique et
des procédures suivies par les agences
·
Les agences
pilotes de plus grande envergure montrent leur sensibilisation et leur
engagement vis-à-vis de Sphère dans les annonces et les descriptions de postes
à pourvoir, les entretiens de recrutement et les procédures d’entrée en
fonction.
Coordination interagences
·
Des agences
pilotes ont, avec succès, exhorté l’OCHA à inclure des mentions de la Charte
humanitaire et des normes minimales dans son processus d’appel consolidé en
faveur de secours.
Promotion d’une cause
·
A bien des
reprises, les normes et les indicateurs ont été mis à contribution comme point
de référence en vue d’argumenter en faveur de crédits supplémentaires, de
programmes appropriées ou d’un accès accru auprès des gouvernements hôtes et
des bailleurs de fonds.
Préparation aux catastrophes
·
Sphère a été
intégré dans la formation et dans les plans de préparation aux catastrophes.
·
Les normes,
les indicateurs et les notes de référence ont servi à dresser des listes
d’articles nécessaires à l’intervention en cas d’urgence (à la fois pour
positionner ces moyens à l’avance, à l’échelle mondiale, et pour distribuer les
articles aux familles).
QU’ONT DONC APPRIS LES AGENCES
PILOTES ?
1.
Une agence ne peut, à elle seule, appliquer la
Charte humanitaire et les normes minimales. A titre indicatif, au Salvador et
au Kenya, des agences pilotes ont découvert qu’elles pouvaient respecter une
partie des normes, mais que d’autres aspects échappaient à leur contrôle car
les programmes sont généralement menés en liaison avec d’autres (par exemple,
les programmes d’aide alimentaire sont mis en oeuvre en coopération avec le
Programme alimentaire mondial). Or, pour être vraiment efficaces, toutes les
agences doivent avoir une bonne compréhension mutuelle de la Charte humanitaire
et des normes minimales avant qu’un désastre survienne et s’engager à
collaborer à la réalisation d’un même but.
2.
Il y a
souvent des obstacles au respect de ces normes et indicateurs (tels que :
la communauté hôte vit en dessous de ces critères, l’accès est limité, les
ressources aussi). Dans ce cas, les agences devraient expliquer les raisons
pour lesquelles il n’est pas possible d’atteindre les normes et les indicateurs
à ce stade. Il ne s’agit pas de
revoir les indicateurs à la baisse en fonction du contexte local (sauf si tel
était le conseil des personnes touchées par la catastrophe), mais plutôt de les
considérer comme des objectifs de développement à une échéance qui s’étend du
moyen au long terme.
3.
Certaines
agences pilotes ont découvert qu’il est possible de promouvoir et de réaliser
le but de faire sien la Charte humanitaire et les normes minimales, sans pour
autant que le personnel applique Sphère dans l’intervention en cas de
catastrophe. Il faut redoubler d’efforts pour que cette acceptation se
concrétise pratiquement sur le terrain.
4.
Il est
essentiel de former, mais en assurant un suivi plus approfondi qu’il n’a été
possible de le faire jusqu’à ce jour.
5.
Un grand
nombre de petites agences locales participent aux interventions en cas
d’urgence. Il faut nettement accentuer les efforts de diffusion de ces informations
en direction des partenaires locaux.
6.
Il faut
poursuivre l’analyse théorique sur un certain nombre de questions :
·
L’utilisation
de Sphère en tant que jeu de normes et d’indicateurs de développement.
·
Les liens
entre responsabilisation, performance et promotion d’une cause.
·
Les moyens
d’établir le lien entre Sphère et les programmes en rapport avec la promotion
des droits de l’enfant.
L’équipe de Sphère devrait prendre l’initiative
dans ce débat dont les résultats seront mis en partage avec les agences pilotes
(et d’autres).
QUELS SONT LES GRANDS DEFIS QUI
SE PRESENTENT ?
·
le suivi et
l’analyse à titre régulier de la situation des personnes sinistrées à la
lumière des indicateurs Sphère. La plupart des agences conviennent que le suivi
par rapport aux indicateurs doit être renforcé,
·
la participation de la population touchée. Si expérimenter une approche fondée sur
les droits des personnes sinistrées suscite beaucoup d’enthousiasme chez
quelques agences pilotes, bien d’autres estiment cela prématuré et devoir
consolider leur propre maîtrise de l’application de Sphère avant d’y associer
les populations. Pour commencer, elles proposent des échanges au sujet de leur
législation et de leurs codes de secours nationaux et, dans le même
temps, de mieux cerner les implications d’une application de Sphère auprès des
populations sinistrées.
PLANS POUR LES 15 MOIS A VENIR
AGENCES PILOTES
Dans cette partie, vous trouverez des exemples de points figurant dans
les plans d’action rédigés par chaque agence pilote.
DIFFUSION DES INFORMATIONS
·
Préparer un résumé de deux pages sur Sphère qui dresse les grandes
lignes de son potentiel et le faire traduire en français, espagnol, portugais
et arabe.
·
Envoyer le bulletin de Sphère, les études de cas et les calendriers de
formation à tous les bureaux de pays.
·
Condenser le manuel pour en produire une version plus courte, la faire
traduire en langues locales (tamoul, sinhala et umbundo) et l’intégrer dans les
programmes communautaires existants.
·
Organiser des exposés lors de grandes rencontres
publiques, par le biais du réseau PARINAC, de l’OCHA et de l’OUA.
·
Diffuser ces informations à d’autres ONG et aux
universités.
·
Explorer les possibilités de diffuser Sphère en Chine, à
Taïwan, au Tadjikistan et en Indonésie.
·
Elaborer des affiches et des brochures sur les modalités
d’application locale de Sphère en Inde et à Sri Lanka.
FORMATION
Formation des formateurs
·
Participer à l’atelier Sphère de formation des formateurs
(11 agences pilotes).
·
Créer un noyau de formateurs intra-muros au sein de
l’agence pilote.
·
Organiser un cours national de formation des formateurs
en Inde.
Ateliers
·
Organiser un atelier destiné aux membres de conseils
d’administration et aux chefs de service, avec production de matériel
pédagogique dont le but est d’introduire la Charte humanitaire et les normes
minimales à l’échelon de la gouvernance et/ou de la politique.
·
Organiser des ateliers de formation pratique en camp de
réfugiés / de personnes déplacées.
·
Intégrer Sphère dans toutes les séances de formation
prévues.
<