Le projet Sphère - Phase trois

Novembre 2000 - Octobre 2003

Un programme du Comité de direction pour l’action humanitaire (Steering Committee for Humanitarian Response ou SCHR) et d’InterAction, soutenu par VOICE et l’ICVA.

 

 

Le Comité de gestion du projet est constitué des organismes suivants :

 

Le Comité de direction pour l’action humanitaire (SCHR)

Alliance pour l’action bénévole entre : CARE International, Caritas Internationalis, le Comité international de la Croix-Rouge, la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant Rouge, l’Alliance internationale Save the Children, la Fédération luthérienne mondiale (ACT), Médecins Sans Frontières International, Oxfam International et le Conseil mondial des Eglises (ACT).

 

InterAction

Coalition de plus de 150 associations sans but lucratif basées aux Etats-Unis qui œuvre en faveur de la dignité humaine et du développement dans 165 pays à travers le monde.

 

En consultation avec :

 

VOICE

(Voluntary Organisations in Co-operation in Emergencies, ou Organisations bénévoles coopérant en situation d’urgence).

 

ICVA

(International Council of Voluntary Agencies, ou Conseil international des agences bénévoles).

 

 


Généralités

 

Le projet Sphère est le fruit des préoccupations communes qu’avaient suscité la performance et la responsabilisation du système humanitaire auprès des ONG actives dans l’aide en situation d’urgence. Le Comité de gestion de Sphère, qui est responsable de ce projet, a commencé son travail collectif à titre purement bénévole et informel, l’opinion collective étant que le Comité pouvait « ajouter de la valeur » au système humanitaire de diverses manières qui étaient hors de portée d’une agence prise isolément ou des réseaux existants. Le projet Sphère a été lancé à la mi-97 par ce consortium d’agences humanitaires craignant que l’augmentation massive de la demande de secours humanitaire dans le monde ne vienne dépasser les capacités de riposte du système, tendance nuisible à une qualité régulière des efforts de secours. Dans le même temps, c’était reconnaître que les victimes de catastrophe ont le droit d’être secourues et que la communauté internationale a l’obligation de réagir en respectant certaines normes de qualité. Le projet Sphère avait deux objectifs : rehausser la qualité de l’assistance humanitaire et mieux responsabiliser les agences d’aide vis-à-vis de leurs bénéficiaires, de leurs membres et de leurs parrains.

 

Le Projet Sphère est devenu un vaste effort international réunissant maintes agences. Il a retenu une démarche de coopération et de collaboration pour élaborer une Charte humanitaire au profit des personnes sinistrées et un jeu connexe de normes minimales dans des domaines essentiels de l’intervention humanitaire.

 

Le projet Sphère est un effort conjoint du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge ainsi que d’organisations non gouvernementales (dirigées par InterAction et le Comité de Direction pour l’Action humanitaire) que soutiennent VOICE et l’ICVA.

 

 

Sommaire des phases I & II

 

Durant la phase I (1997 – 1998) du Projet Sphère la version préliminaire du manuel Sphère a été préparée. Elle regroupe, outre la Charte humanitaire, les normes minimales à respecter dans les secteurs de l’approvisionnement en eau et de l’hygiène, de la nutrition, de l’aide alimentaire, de l’aménagement des abris et des sites, et des services médicaux.

 

La Charte humanitaire définit les droits des victimes de catastrophes en se fondant sur le droit humanitaire international, le droit des réfugiés et les conventions des droits de la personne. Les normes minimales et les indicateurs clés décrivent respectivement les besoins des personnes ainsi que les étalons permettant de mesurer le degré de satisfaction de ces besoins. Ces normes et indicateurs prennent en compte des questions telles que la promotion de l’équité entre les sexes, le respect des cultures locales, la réduction du risque de violence pour les populations sinistrées et la réduction maximum de l’impact sur l’environnement.

 

Puisque le système humanitaire se compose d’agences multiples respectant divers jeux de mesures et de normes, il a été crucial de parvenir à un accord inter-agences sur tous les aspects du manuel Sphère.

Cette démarche axée sur la recherche d’un consensus a amené de nombreuses organisations à participer directement aux cinq groupes sectoriels, à inclure les réseaux d’experts d’un éventail d’ONG et d’agences des Nations unies, à analyser en détail les documents de diverses associations et à partager largement les informations au fil de l’élaboration du manuel.

 

Par conséquent, nombreux sont les acteurs humanitaires à avoir reconnu la Phase I du projet Sphère comme un processus exceptionnel de coopération entre agences qui s’est traduit par l’élaboration d’un cadre de travail et un engagement en faveur de la qualité et de la responsabilisation dans la pratique humanitaire.

 

Durant la phase II (1998 – 2000), les activités ont été axées sur les moyens de concrétiser cet engagement de trois façons : diffusion, débat et application du manuel. La phase II du projet Sphère s’est déroulée selon la même formule de collaboration et d’inclusion qui avait été couronnée de succès en phase I. Pendant deux ans, la phase II a vu se dérouler les premières étapes de diffusion de la Charte humanitaire et des normes minimales de Sphère à travers le système humanitaire international. Ces tâches se sont traduites, entre autres, par l’ouverture d’un site web indépendant doté de documents disponibles en anglais, espagnol et français, par la distribution d’un bulletin électronique trimestriel à plus de 2.000 personnes, par la production d’une vidéo de neuf minutes pour faire l’esquisse du projet et par la présentation de cette initiative à plus de 200 réunions d’agents de l’aide humanitaire, conférences, établissements d’enseignement, dans le cadre de programmes de formation et de rencontres au siège de diverses ONG.

 

En phase II, les animateurs du projet ont aussi appuyé l’application de la Charte humanitaire et des normes minimales par les agences de secours. Un programme de formation d’envergure a été élaboré et mis en œuvre dans le but de promouvoir la participation et la formation du personnel des agences de secours humanitaire, d’affiner le contenu technique du manuel et d’aider les agences à évoluer vers une position qui leur permettra de respecter la Charte humanitaire et les normes minimales. Quinze ateliers inter-agences ont été organisés sur les cinq continents. En liaison avec le programme de formation et dans le contexte d’une stratégie intégrée visant à faire adopter la Charte humanitaire et les normes minimales, plusieurs ONG nationales et internationales ont collaboré avec le personnel de Sphère dans le but d’incorporer systématiquement ces normes dans la politique et la pratique de leur agence. Un rapport documentant les enseignements tirés de cet effort a été rédigé et rendu public par toutes les agences ayant participé à ce processus pilote.

 

Enfin, la phase II a aussi inclus deux analyses formelles de la version préliminaire du manuel. Des paragraphes sur les questions faîtières de dynamique hommes-femmes et de protection des personnes, que l’on retrouve dans toute situation d’urgence, ont été intégrés dans la première version définitive publiée par la suite en anglais, en espagnol, en français, en portugais et en russe.

 

Au nombre des accomplissements significatifs en phase II du projet, citons :

 

·                     la vente de 5.500 exemplaires du manuel et la réimpression de 8.000 copies supplémentaires,

·                     la traduction spontanée du manuel en hindi, turc, indonésien, japonais, cingalais et tamoul,

·                     la reconnaissance par cinq gouvernements bailleurs de fonds de pays de l’OCDE de la valeur que présentent les normes et les indicateurs communs proposés dans le manuel Sphère et  l’exigence de leur part, à présent, d’inclure dans les demandes de financement l’engagement à essayer de respecter les normes minimales,

·                     des ateliers pédagogiques de Sphère suivis par plus de 500 personnes,

·                     les premiers exposés sur Sphère devant les représentants de plus de 60 ONG,

·                     les engagements pris publiquement par 20 ONG à travers le monde d’incorporer systématiquement la Charte humanitaire et les normes minimales dans la politique et les pratiques de leur organisation,

·                     la rédaction de lettres de soutien au manuel par l’UNHCR, l’UNICEF et l’OCHA et la commande de plus de 500 exemplaires pour leurs antennes,

·                     l’inclusion du manuel Sphère dans les cours de base de nombreux établissements d’enseignement (Harvard, Columbia, Faculté d’économie de Londres, Faculté d’hygiène et de médecine tropicale de Londres, NOHA – le diplôme universitaire européen en assistance humanitaire internationale, etc.),

·                     l’explosion du nombre de visites sur le site web : de 3.000 à 20.000 par mois,

·                     la commande et la distribution dans le monde de plus de 2.000 copies de la bande vidéo,

·                     l’analyse des plans d’intervention en cas de catastrophe par divers gouvernements à la lumière de la Charte humanitaire et des normes minimales.

 


Proposition pour la phase III du projet Sphère

 

Si les buts de la phase II – tel que définis au départ – ont largement été atteints, l’occasion se présente et le besoin se fait sentir désormais de veiller, d’une part, à véritablement enraciner la Charte humanitaire et les normes minimales dans la politique et la pratique des agences participant aux interventions en cas d’urgence et, d’autre part, à assurer la pérennité de l’approche intégrée prévue en phase II. Inspiré par l’envergure de l’intérêt et de la participation extérieurs suscités par le projet ainsi que par la perception, intra-muros, de la nécessité de conduire une évaluation, le Comité de gestion de Sphère estime qu’une troisième et dernière phase se justifie pour cette initiative.

 

Dans cette phase finale, l’intention est de poursuivre bon nombre des activités lancées en Phase II et d’ouvrir un nouveau domaine de travail – dresser le bilan de l’impact de Sphère. Il est jugé essentiel de prolonger les travaux engagés en phase II par des tâches de nature à promouvoir spécifiquement une compréhension plus profonde de la Charte humanitaire et des normes minimales qui encourageront le système humanitaire à s’en servir et à les appuyer sur le long terme, et de mesurer l’ampleur globale de l’influence qu’a eu le projet Sphère.

Pour améliorer la qualité et mieux responsabiliser dans le contexte d’une intervention complexe en cas d’urgence, chaque agence humanitaire et toute institution appuyant ses activités doivent adopter une approche à facettes multiples.

 

Les arguments plaidant en faveur d’une phase III sont les suivants :

 

1.                    La réaction et la participation globales au projet Sphère ont dépassé les attentes. Cela vaut pour ce qui a été du concours apporté pour produire le manuel, de la demande de formation dans toutes les régions, de l’intérêt manifesté, de manière indépendante, par les agences en vue d’incorporer la Charte humanitaire et les normes dans tous les aspects de leurs travaux, de l’intention chez beaucoup de faire un usage pratique des normes pour mettre en œuvre et coordonner l’intervention en cas d’urgence ainsi qu’améliorer leur état de préparation, de l’utilité pressentie par les bailleurs de fonds et les administrations de disposer d’un vocabulaire et d’un cadre communs pour l’intervention en cas d’urgence et de l’emploi de la Charte humanitaire de Sphère et des normes minimales comme outil permettant de clarifier et d’approfondir la maîtrise de bien des questions liées à une intervention probante en cas de catastrophe. La phase III cherchera à répondre à cet intérêt par un renforcement des systèmes de formation et l’intégration institutionnelle de ces normes afin de veiller à la pérennité du projet, lorsque la présente initiative sera close.

 

2.                   En phase II, il est clairement apparu que l’objectif général était de faire en sorte que les ONG comprennent le processus pilote et s’engagent envers lui, deux buts servis par la participation à des ateliers sur le terrain, et des séances de formation des formateurs qui ont permis des travaux pratiques et directs. Cette formule intégrant formation, processus pilote et promotion de la collaboration entre agences au siège et sur le terrain s’est révélée probante. Les mêmes activités de liaison croisée, axées sur le soutien mutuel, formeront le cadre de la phase III.

 

3.                   Enfin, la nécessité d’évaluer l’impact global du projet Sphère est essentielle. Il se peut que ce bilan accompagne et complète l’intérêt général suscité par une évaluation d’ensemble de la qualité et de la responsabilisation du système humanitaire. Un groupe d’agences extérieures et indépendantes (le CDC, le Centre de gestion des catastrophes de Cranfield, l’ALNAP, par exemple) pourrait être le mieux placé pour mener une telle étude à plusieurs niveaux, l’équipe du projet Sphère fournissant le soutien et la coordination requis.

 

Dans cette évaluation, il s’agirait, à la fois, de définir l’efficacité du projet Sphère en tant qu’outil pédagogique au sein de la communauté humanitaire ainsi que de compiler, éventuellement, un jeu de données de référence pour analyser, en termes quantitatifs et qualitatifs, le degré de qualité et de responsabilisation de l’intervention humanitaire. Un deuxième jeu de données serait collecté au cours de la dernière année de la phase III afin, précisément, de déterminer dans quelle mesure l’initiative Sphère a contribué à améliorer la qualité et le degré de responsabilisation des acteurs de l’aide humanitaire.

 

Conscients de la nécessité d’adopter une stratégie de clôture de projet qui soit dénuée d’ambiguïtés, nous proposons une phase finale sur trois ans, en limitant progressivement l’ampleur des activités et des besoins en ressources. (Se reporter au budget et calendriers ci-joints). Toutefois, en fin de phase III, le Comité de gestion de Sphère veillera à ce que le site web du projet soit maintenu et que l’on révise le manuel comme il se doit – assurant ainsi la continuité du projet.

 

 

Objectifs généraux et activités pour la phase III

Les animateurs du projet Sphère poursuivront leurs efforts aux fins d’améliorer l’action humanitaire de la manière suivante :

 

1. Programme de formation

Une des pierres angulaires des activités de la phase III sera de continuer à élaborer et à promouvoir les ateliers de formation ainsi que les supports pédagogiques connexes.

1.1   A la lumière de l’expérience et des avis communiqués en retour, continuer à mettre à jour et à affiner les modules pédagogiques existants. Cette activité exigera la tenue de réunions occasionnelles entre le chef de la formation, les stagiaires et les consultants.

 

1.2   Dispenser une formation des formateurs destinée à divers publics. En phase III, il y aura, au moins, deux séminaires de ce type. Comme la phase II l’a montré avec succès, ces sessions s’adresseront principalement au personnel pilote des agences qui soutiendront et élargiront les efforts entrepris au sein de leurs propres agences en vue d’intégrer la Charte humanitaire et les normes minimales dans la politique et la pratique de leur organisation. De plus, des instructeurs clés d’agences donatrices, des professeurs et des organismes pédagogiques indépendants seront invités à participer à ces sessions. L’on envisage d’organiser une séance de formation des formateurs en Europe et une autre aux Etats-Unis. Si un troisième séminaire était organisé, il aurait lieu en Afrique.

 

1.3   Animer 15 ateliers inter-agences à travers le monde. Compte tenu de l’expérience positive de la phase II, Sphère organisera une autre série de séminaires inter-agences. Ces ateliers accueilleront environ 35 personnes et dureront trois jours. Les stagiaires seront des employés d’ONG nationales et internationales, des représentants de bailleurs de fonds, des agences des Nations unies et des fonctionnaires. Les modules pédagogiques de Sphère sont souples et peuvent être combinés pour produire des ateliers pertinents, adaptés aux besoins du personnel de terrain. Plus de 500 agents d’aide humanitaire provenant de 15 pays participeront à ces séminaires.

 

 

2. Vulgarisation

Le manuel Sphère offre aux divers acteurs œuvrant dans le domaine humanitaire un vocabulaire et un cadre communs pour discuter de l’efficacité opérationnelle ainsi que des problèmes et des questions qui les affectent mutuellement. La diffusion en cours de ce manuel amène à approfondir le débat et la discussion ; elle rend aussi le manuel plus applicable et plus pertinent pour la communauté humanitaire dans son ensemble.

 

 

 

2.1   Mener une politique volontariste auprès de la communauté humanitaire, en mettant un accent particulier sur les situations et les voix des personnes du Sud et de l’Est. Le but est d’élargir le nombre ainsi que l’expérience représentative et la fonction des acteurs qui connaissent Sphère, se servent de son manuel, en soutenant notamment des initiatives de formation, et en cherchant les occasions de présenter et de faire adopter Sphère par les  établissements d’enseignement, les instituts de formation et les groupes de recherche. Cet objectif sera atteint en s’appuyant sur les contacts établis lors de l’élaboration du manuel, en donnant suite aux avis reçus des ONG nationales et, de manière volontariste, en s’appuyant sur les agences membres du Comité de gestion de Sphère.

 

2.2   Faciliter l’incorporation et la ratification des normes du manuel auprès des agences des Nations unies travaillant sur le terrain, en privilégiant la coordination avec les partenaires qui les appliqueront. Bien que les agences de l’ONU aient commencé à reconnaître le bien-fondé du manuel Sphère et à s’en servir, il est toutefois nécessaire d’organiser des exposés supplémentaires et d’identifier d’autres méthodes pour la diffusion et l’intégration de ces normes au sein de l’organisation.

 

2.3   Elaborer des plans de travail ainsi que des montages pédagogiques de soutien adaptables aux consortiums d’ONG qui souhaitent établir un point de contact Sphère dans leur pays. A la suite de chaque atelier inter-agences consacré à Sphère, l’on constate généralement un intérêt marqué en vue de la nomination d’agents de liaison (ou « points de contact ») Sphère qui permettront de dispenser une formation supplémentaire, de coordonner les travaux de groupes de travail sectoriel et, dans l’idéal, d’utiliser le manuel dans les prochaines interventions en cas de catastrophe.

 

2.4   Passer en revue, actualiser et tenir à jour le contenu du site web. Ce site étant le vecteur principal d’informations sur Sphère, il faut le surveiller en continu pour que les données accessibles soient précises, pertinentes et à jour. Il est envisagé d’offrir à partir de ce site les résultats obtenus des études de cas et des applications concrètes du manuel.

 

2.5   Produire une vidéo d’une heure sur des situations réelles de catastrophe aux fins d’illustrer très clairement les modalités d’application pratique du manuel Sphère sur le terrain. La forte tradition de communication orale au sein de  la communauté des ONG sera mise en exergue au moyen d’extraits de témoignages empreints de réflexion. Cette bande vidéo alliera aux séquences d’origine tournées sur place lors d’une catastrophe des éléments à visée pédagogique. La vidéo suivra le cycle programmatique et comprendra six segments de 10 minutes consacrés à des thèmes. En outre, ce sera un moyen de rehausser l’efficacité des modules de formation, de compléter les ateliers où ne seront pas forcément présents des formateurs expérimentés et d’appuyer les sessions d’orientation destinées aux agents de l’aide humanitaire. De plus, cette vidéo permettra d’étendre l’apprentissage institutionnel au-delà de la durée de vie du projet proprement dite.

 

2.6   Préparer, en consultation avec la communauté universitaire, des méthodes en vue d’intégrer le manuel dans le programme de cours des universités, en mettant particulièrement l’accent sur les établissements d’enseignement supérieur des pays de l’hémisphère Sud.

 

2.7   Continuer à distribuer le bulletin et d’autres documents d’information.

 

3.  Incorporation du manuel dans la pratique des agences

Le processus pilote a pour but de tester des méthodes d’application probantes de la Charte humanitaire et des normes minimales. C’est la raison pour laquelle aucune agence nouvelle ne sera associée à la phase III. Les travaux seront plutôt axés sur l’acquisition et la consolidation des connaissances, en s’appuyant sur les agences existantes du processus pilote. Ces organisations incluent des agences qui font partie de réseaux internationaux (comme le CICR, le groupe Oxfam, la Fédération luthérienne mondiale, CARE) ainsi que d’autres consortiums d’agences.

 

3.1. Systèmes de suivi et d’évaluations réalistes :

La plupart des ONG internationales s’accordent pour dire que le suivi et l’évaluation en situation d’urgence sont extrêmement difficiles à effectuer pour deux raisons : la première est que les agences ont une expérience limitée en matière de suivi et d’évaluation probants de projets, en général (y compris pour ce qui est des projets de développement) et, la deuxième, que la collecte et la compilation de données sont rarement une priorité en situation d’urgence. Certaines organisations ont exprimé le souhait d’identifier et de mettre à l’essai des systèmes simples de recueil et d’analyse des données. Le projet réunira plusieurs agences pour contribuer à élaborer des systèmes réalistes de suivi et d’évaluation qui seront jugés crédibles par les diverses organisations et bénéficieront de leur soutien. Le projet pilote aura pour but de regrouper des organisations, de trouver les points d’intérêts communs, puis de documenter et de faire connaître les systèmes proposés.

 

 

3.2               Documenter l’expérience en matière d’application du manuel Sphère, en situation de catastrophe.

A ce jour, l’expérience de mise en œuvre du manuel Sphère en situation d’urgence s’accumule au coup par coup : certaines organisations s’en servent pour l’évaluation, d’autres font du manuel un outil de référence technique et l’on recense quelques antécédents limités de coordination dans le contexte de la Charte humanitaire. Toutefois, jusqu’à présent, l’application complète du manuel par diverses agences en cas d’urgence n’a pas été mise à l’épreuve. En phase III, nous chercherons à obtenir cette expérience soit en envoyant un point de contact Sphère sur le terrain au début d’une nouvelle urgence, qui servira de facilitateur pour les agences, soit en encourageant les grandes organisations à envoyer sur le terrain du personnel qui a suivi une formation Sphère. C’est Sphère qui devra documenter l’expérience du processus et de la pratique car il est improbable que les agents humanitaires aient le temps ou le recul nécessaire pour assumer cette fonction.

 

3.3               Documenter l’expérience en matière d’application du manuel Sphère, pour améliorer l’état de préparation à l’intervention humanitaire.

Certaines agences pilotes souhaitent se servir de Sphère comme cadre propice à la préparation pour les interventions en cas d’urgence. Si certaines parties des documents pédagogiques traitent de la préparation à l’intervention et de la réduction des difficultés, nous ne disposons pas encore d’expériences solides pour ce qui est des plans et de leur application pratique dans ces deux domaines. Nous prévoyons aussi de regrouper et de documenter ces expériences.

 

3.4        Participation d’agences de pays du Sud :

De pair avec le programme pédagogique, le programme pilote est capable d’associer une masse critique d’ONG internationales toujours impliquées dans l’intervention en cas d’urgence. Toutefois, il sera impossible de faire participer la même masse critique d’agences de pays du Sud, étant donné leur nombre, leur diversité et leur répartition géographique. C’est pourquoi des efforts supplémentaires doivent être déployés pour renforcer la participation des agences représentant les pays du Sud, comme par exemple analyser :

- les rapports que ces agences entretiennent avec leurs partenaires du Nord et la mesure dans laquelle elles pourraient permettre de faire connaître et comprendre le manuel Sphère,

- l’expérience de travail avec le Comité Sphère Inde et d’autres organisations faîtières ou groupes de mise en réseau.

 

Il sera essentiel de creuser l’analyse concernant les rapports Nord-Sud dans l’intervention en cas d’urgence. Les animateurs du projet s’attacheront à localiser les relations qui tirent au mieux profit des capacités de logistique et de gestion du Nord en alliant les capacités et les connaissances locales afin d’atteindre les résultats les plus probants.

 

Une fois que l’on aura recueilli une expérience de mise en œuvre plus approfondie, il sera possible de promouvoir et de faciliter la discussion sur Sphère à travers toute la base d’agences pilotes. De la sorte, le programme pourra atteindre un grand nombre d’organisations et profiter de l’expérience acquise par chaque membre de l’alliance ayant participé à la phase II.

 

4. Gestion du manuel Sphère

Poursuivre les efforts visant à promouvoir l’utilisation du manuel Sphère à travers le monde et préparer d’éventuelles révisions et traductions dans d’autres langues. Elaborer des mécanismes systématiques en vue de produire, de collecter et de comparer les modifications techniques et les recherches en cours ayant trait à la pertinence des normes minimales pour préparer une deuxième édition du manuel en dernière année de phase II, en donnant un poids particulier aux avis communiqués par les organisations des pays du Sud.

 

4.1   Identifier, nommer et appuyer des chefs d’équipe de secteur pour qu’ils passent en revue et révisent le manuel au cours de la troisième année du projet.

 

4.2   Soutenir et faciliter les efforts menés à travers le monde pour produire des publications du manuel en langue locale, étant donné le succès d’initiatives semblables menées en phase II.

 

4.3 Produire, si cela n’a déjà fait en phase II, les versions du manuel en arabe, chinois et/ou kiswahili.

 

4.4 Etablir les liaisons avec d’autres consortiums d’ONG actives dans l’aide humanitaire et les encourager dans leurs efforts visant à regrouper et à produire des normes minimales dans d’autres secteurs, et promouvoir la démarche de Sphère fondée sur une vaste collaboration, les compétences sectorielles et la recherche du consensus.

 

4.5 L’on pourrait incorporer des normes minimales et des indicateurs clés sur la sécurité alimentaire en situation de catastrophe et de calamité dans les versions futures du manuel, à condition qu’ils soient le produit d’une démarche vaste, fondée sur la collaboration et étayée par des preuves. Les animateurs du projet Sphère peuvent fournir des conseils et un soutien limité à la gestion, si besoin est. L’inclusion d’autres normes et indicateurs renvoie à un engagement précédent pris par le Comité de gestion du projet Sphère.

 

 

5.      Evaluation

Dresser le bilan final du projet Sphère est un aspect crucial des critères d’acquisition des connaissances et de responsabilisation d’ensemble dans les travaux entrepris jusqu’à ce jour. Cette évaluation doit répondre à deux questions :

1. Le projet a-t-il rehaussé l’efficacité de l’aide humanitaire telle que mesurée en comparant la qualité des services fournis par les agences :

             

            - avant et après l’intégration de la Charte humanitaire et des normes minimales dans leurs opérations d’urgence, et ;

 

- qui n’ont pas intégré les normes Sphère dans leurs opérations d’urgence ?

 

2. La démarche empruntée par le projet Sphère a-t-elle permis, à toutes les étapes, d’atteindre les buts recherchés, soit mieux faire connaître et comprendre la finalité et le bien-fondé de la Charte humanitaire et des normes minimales ?

 

Plusieurs établissements de recherche ont déclaré souhaiter entreprendre, indépendamment, l’évaluation du projet Sphère. Il est proposé de lancer un appel d’offres dans le but de choisir le consortium approprié selon les critères d’indépendance absolue, de rigueur académique ainsi que d’applicabilité pratique (en termes de méthodologie proposée) et de couverture internationale (une organisation, au moins, du consortium devra représenter un pays du Sud). Un autre critère de sélection sera la participation des bénéficiaires de l’assistance à l’élaboration du cadre d’évaluation.

 

En termes généraux, ce bilan devrait couvrir une période de trois ans :

Année 1 : passer en revue les documents et les expériences de chaque organisation pour établir des « données de référence » (explorer la pratique de l’intervention humanitaire depuis 1990). Se servir de ces données pour créer des indicateurs d’un cadre de suivi.

Année 2 : mettre en place le cadre de suivi (sur une période de 18 mois).

Année 3 : analyser les résultats de suivi, les entretiens complémentaires et analyser les ouvrages sur le sujet pour les comparer aux résultats du bilan.

 

L’évaluation sera supervisée par un comité directeur composé : du consortium de recherches, du chef du projet Sphère, de représentants d’agences bilatérales et d’agences de Nations unies, d’InterAction et du Comité de direction pour l’action humanitaire.

 

 

Gestion, personnel et financement du projet

Ce projet continuera à être mené sous les auspices d’InterAction, consortium d’organisations bénévoles privé dont le siège est aux Etats-Unis, en collaboration avec le Comité de direction pour l’action humanitaire (SCHR). Le projet sera géré sous la supervision du Comité de gestion du projet Sphère, lequel, outre le SCHR et InterAction, regroupe les agences suivantes qui n’ont pas le droit de vote : Conseil international des agences bénévoles (International Council of Voluntary Agencies ou ICVA) et Organisations bénévoles coopérant en situation d’urgence (Voluntary Organisations in Co-operation in Emergencies ou VOICE).

 

Comme il sied à un système de vaste envergure, le projet Sphère continuera à rechercher une large base de soutien financier tant auprès des ONG participantes que des agences donatrices d’aide humanitaire.

 

Comité de gestion du projet

Le Comité de gestion du projet sera composé de représentants de chaque agence marraine (membres du SCHR plus trois délégués d’InterAction) et d’un représentant de chaque organisation ayant statut d’observateur. Ces délégués devront connaître le travail de leur agence tant sous l’angle opérationnel que théorique. Le but du Comité de gestion est de fournir des conseils d’ensemble au chef du projet et à l’équipe Sphère et, à intervalles réguliers, de passer en revue les tâches dont le chef de projet aura fait rapport.

 

Il incombera également aux membres du Comité de gestion du projet :

¨   d’assurer la viabilité financière du projet,

¨   de trouver le personnel pour mettre le projet en œuvre,

¨   d’assister aux réunions du Comité de gestion,

¨   de communiquer les informations en rapport avec le projet aux agences qu’ils représentent,

¨   de faciliter le processus d’institutionnalisation du manuel au sein de leurs propres agences,

¨   de promouvoir les buts visés par le projet auprès des acteurs de l’aide humanitaire.

 

Il est suggéré que le Comité de gestion du projet se réunisse au moins deux fois par an, dans le courant de la phase III.

 

Chef de projet

Le chef du projet fera rapport au Comité de gestion du projet ainsi qu’au directeur de la politique en cas de catastrophe du CICR lequel, en qualité de coordonnateur du projet, sera son supérieur hiérarchique immédiat ainsi que son soutien dans les activités courantes. Le chef du projet devra définir le champ d’application d’ensemble et la méthodologie de travail des nouveaux domaines à étudier en phase III ainsi que fixer et gérer le calendrier des tâches. Une responsabilité clé du chef de projet sera d’établir la liaison avec d’autres agences sur le terrain, les institutions donatrices et les organismes de recherche pour accumuler les connaissances sur les travaux entrepris et mesurer le degré d’engagement vis-à-vis du projet. Il devra aussi collaborer étroitement avec les agences opérationnelles compétentes de l’ONU et les établissements d’enseignement pour incorporer les normes de Sphère dans la gestion des catastrophes ainsi que dans la formation pratique et théorique à l’intervention en cas d’urgence.

 

Personnel chargé de la formation et de la mise en œuvre

Le chef de la formation continuera à affiner et à diffuser les supports pédagogiques et sera principalement chargé de gérer les ateliers consacrés à Sphère et les cours de formation des formateurs. En outre, les pédagogues de Sphère devront souligner l’importance d’une gestion professionnelle, d’une bonne évaluation des besoins et d’une planification de projets basée sur la conception de modules d’application pratique et sur l’élaboration d’applications pratiques fondées sur des cas concrets. Le chef de la formation collaborera aussi étroitement à la production de la vidéo de la phase III.

 

L’équipe de mise en œuvre au sein des ONG sera chargée de diagnostiquer le degré de mise en œuvre dans les agences, de préparer un cadre de travail et d’en favoriser l’application dans les organisations qui font partie du groupe pilote, de trouver les liens qui existent entre agences et de coordonner les modalités de participation à la campagne de formation. Il s’agira, entre autres, de traduire les spécifications propres à chaque secteur en plan programmatique compréhensible et de faire comprendre pleinement le fondement de la Charte humanitaire ainsi que les rapports entre la théorie et la pratique.

 

Plan de travail

Il est prévu de mener la phase III du projet sur une période de trois ans, selon le calendrier de travail ci-joint.

 

Budget

Le budget approximatif est estimé, approximativement, à 1.675.000 dollars des Etats-Unis et reflète les coûts, en termes réels, à Genève, siège du projet. Cette somme, qui correspond, en moyenne à 550.000 dollars par an, cadre avec l’ampleur des dépenses en phase I et II.

 

Financement

Comme lors des phases précédentes, il est supposé que les grands bailleurs de fonds bilatéraux et multilatéraux souhaiteront continuer à être associés et à participer financièrement au projet Sphère. Il est proposé d’user, à nouveau, de la stratégie de financement précédente qui s’est révélée probante, à savoir que les membres du SCHR, ainsi qu’InterAction, s’engagent à verser pour la phase III du projet non moins de 15.000 dollars par an, et qu’un noyau d’agences donatrices débloque des sommes comprises entre 20.000 et 400.000 dollars.

 

Il est prévu que les frais d’évaluation de l’impact du projet Sphère seront couverts séparément par les établissements d’enseignement et de recherches intéressés.